13.5 * VICTORIA * TROIS PORTES D'ECART

14 minutes de lecture

CHAPITRE 13.5

TROIS PORTES D'ÉCART

* *

*

V.R.de.SC

30.10.22

04 : 20

♪♫ … — … ♪♫

Essoufflée, les joues incandescentes d’excitation, j'improvise une chorégraphie de signaux gesticulants pour attirer l’attention de Mati. Sa fonction de borne kilométrique mise à part, n'aurait-il pas pu nous dégoter un toboggan gonflable pour la descente, celui-ci, non ? Que nenni, épreuve à la dure : sinon, où est le sel ?

Pendant qu’Isla bénéficie du service de portage haut de gamme, option pectoraux d'acier, j’en profite pour faire un rapide topo aux filles. Flora ne réfléchit pas une seconde et nous emboîte le pas. Nina, jette un œil vers le bar et décide d’y rejoindre Baptiste, sa boussole interne pilotée vers l’envie. Prévisible au possible. Leslie, naturellement, quittera la scène quand on coupera le courant. Les rois ont leur trône, les stars, leur estrade. L'en déloger relèverait du miracle biblique ou de l'extraction chirurgicale. Toutefois, Lauri, semble-t-il, possède l'art de l'argument qui fait mouche et la convainc de gagner la piste. Eh oui, avec les bons leviers, la diplomatie est un jeu d’enfant ! La clé ? Suivez la flèche : les éclairs d’yeux de ma cousine foncent droit vers un coin précis de la salle. Au bout : un inconnu taillé dans l’ombre. Ce marivaudage de pupilles n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde : Lauri a visiblement flairé un candidat potentiel. Magistral. Tant mieux pour elle, elle mérite une escapade ludique après ce que lui a fait vivre son cuistre de Versaillais. Après tout, on n'est pas ici pour filer la laine. La nuit garde encore quelques as dans sa manche, et j’entends que nous raflions la mise, elle comme moi.

Oh non. Oh ciel. Oh l’énorme boulette… Félicitations, cher encéphale, superbe synchronisation neuronale ! Lauri. James. Un seul toit… Ma cousine de passage crèche chez moi et mes ambitions polissonnes viennent de se faire kamikazer en live. Comment ai-je pu occulter ce mégagigadétail ? Que dis-je… cet éperon continental de trois tonnes fiché en travers de mon autoroute du désir ! Mince, alors ! Un étendoir et une cousine… double coup de grâce. Trop de paramètres pour ma modeste arithmétique hormonale, donc, carambolage logistique garanti.

Grrrr, j'ai horreur des puzzles érotiques ! Moi, je veux du simple, du direct, pas une quête en dix étapes. Ce genre de configuration, très peu pour moi. L’intimité, j’y tiens. Or, bourrée… disons que je perds vite le contrôle du volume. Faire chanter les ressorts du matelas et les cordes vocales avec des invités derrière une cloison ! Inconcevable. Et puis... James est une tentation, pas une attraction de fête foraine pour l'entourage. Discrétion et dignité, sacro-saint credo. Je ne fais pas ma prude, mais l’idée de… copuler avec mes proches en audience forcée, c’est absolument en dehors de mes capacités. Minimum trois portes d’écart, ou séance annulée. Le désir déteste les résonances généalogiques. Papa pourra confirmer !

Par chance, j’ai grandi entre les murs d'un château, où chaque génération possède son aile. Ma chambre se trouve d’ailleurs séparée de celle de mes frères par une super salle de jeu. Espace charnière, no man’s land parfois aussi, permettant à nos univers respectifs de se frôler sans fusionner complètement. Je me remémore nos batailles sonores d’anthologie : Daft Punk assourdissait le R&B impérial de ma Beyoncé, qui elle-même se faisait tirer la bourre à coup de décibels par le rock vénéneux de Linkin Park ou des Artic Monkeys vénéré par Bastos. Seule la voix de Kurt Cobain parvenait à rallier les troupes et pacifier nos croisades tapageuses.

Mes charmants aînés n’ont malheureusement pas la même retenue que moi. Leurs exploits nocturnes — lesquels ne se limitaient guère à la contemplation des astres — j’en ai eu ma dose et ma claque. Ces deux petits cons ont traumatisé mes chastes oreilles d’adodelescente avec leurs concertos de débauche. Précisons que le supplice venait moins d'eux que des vocalises démonstratives de leurs caquetantes partenaires. Eurk. Bref. Pour ma part, point d'honneur : ma chambre demeure un territoire vierge de toute intrusion sentimentale. Aucun petit-ami n'a jamais franchi son seuil. Jamais. En revanche, j’ai aaaaaamplement pratiqué le pelotage et le chapardage de lèvres sous la voûte céleste, livrant aux annexes et aux ombres du parc mes premiers soupirs d’initiation au monde des grandes, sans jamais me faire gauler. Contrairement à ce balourd de Gab, dont le fessier exposé en plein meeting anatomique reste, pour moi, une commotion visuelle indélébile. Quant à Bastien, chopé en flagrant délit de baignade clandestine avec une sirène alpine — hôtesse du gite du domaine le temps d’un été, blonde, plantureuse et surtout mariée — il a écopé d’une saison entière de corvée nettoyage de piscine. Pas par charité, nooon. La discrétion a un prix, et je sais le facturer.

Me voilà perdue dans ce flot de pensées, brocardant mes frangins à leur état naturel de lapins en rut — ce qu’ils sont vraiment la plupart du temps — lorsque j’atteins le bas des escaliers. J'abandonne là la moitié de la cavalerie et entame l'ascension. Nina a galopé comme une étoile filante dans l’orbite amoureuse de son barman de copain. Lauri est occupée à roucouler à l'oreille du fameux beau brun, d'après ce que ma ligne de mire me permet de capter, pendant que Leslie, fidèle à son protocole, fédère une cour de nouveaux admirateurs avec son magnétisme habituel. La flamme brûle déjà à plein régime. Parfait ! À chacune ses plaisirs ! Je croise mes doigts — tous, même mes orteils ! — dans l’espoir ahurissant, pour ne pas dire indécent, que Lolo s'autorise une escapade épidermique de circonstance pour clôturer sa soirée en beauté. Après, au point où j’en suis et, en dépit du fait que je sois rétive au possible et allergique par principe à la promiscuité orgasmique, je renierai de gaîté de cœur mon clan et dérogerai à mes règles contre une nuit d’extase avec mon Highlander… Au petit-déjeuner, demain matin, bonjour la gênance carabinée ! Mais je survivrai. On survivra…

J’endurerai sans rechigner les vacheries de ma cousine concernant ma future fort probable complainte de cris à décorner les anges parce que je vous jure que, si James atterrit — ou trébuche ou titube, .quelle qu’en soit la modalité — dans mon lit tout à l’heure, mon vernis de fille de bonne famille s’effondrera en moins de temps qu’il n’en faut pour soupirer : « Encore ». À moins qu’il me bâillonne ou m’étouffe ! Quoique, retenir mes gémissements ? Quelle utopie ! Expression libre, voilà le mot d’ordre de nos retrouvailles. S’il existe un terrain où je peux vraiment ouvrir les vannes, c’est bien sous la couette !

À mesure que je progresse vers le carré VIP, Flora dans mon sillage, j’aperçois Isla campée au milieu de l’espace feutré, mains sur les flancs, posture guerrière. Je devine sans peine qu’il se trame un… truc et je ne vais pas tarder à le découvrir.

Au détour du voilage qui cloisonne le salon, mes yeux interceptent la source de l’irritation apparente de la belle rousse : son jumeau. Un soupir d'aise m'échappe : le fugitif n'a pas encore pris le maquis. Par contre... la tension palpable sur ses traits durcis démontre une altercation imminente. James fulmine contre sa sœur, mais, à cause du brouhaha ambiant et de leur accent rocailleux, pas un traître mot ne filtre à mes oreilles curieuses. Un dialogue crypté… ça, c’est frustrant.

Je pénètre dans leur périmètre d’un pas hésitant, le cœur en alerte. Antoine, de face, puis, James me remarquent aussitôt. L'Écossais se pétrifie, sa bouche se scelle, ses pupilles arrondies dévorent mon visage, et ses bras capitulent, balayés par leur propre fatalité.

Isla relance le fil de la discussion sur un ton étrangement posé. Cette fois, quelques bribes de leur joute oratoire me parviennent enfin.

All anyone's tryin tao do, Jamie, is help ye het better and see ye on yer feet again.[1]

Son intonation danse entre tendresse, ténacité et désespoir. Tente-t-elle de raisonner son frère ? De l’apaiser ? Mais à quel propos ? De quoi doit-il se remettre ?

Ce poids invisible qui les écrase me taraude.

— Bébé, maybe now's not the best time[2], glisse Antoine, prudent.

Rien de moins qu'un coup d'épée dans l'eau. L'implacable Isla ne relève pas. Ses prunelles toujours rivetées à celles identiques de son frangin, elle enchaîne sans la moindre hésitation.

It’s no’ just yersel ye’re hurtin’, ye ken? We’re all watchin’, hopin’ ye’ll stop slippin’ further away. Ye’re no’ made o’ stone, Jamie. Allow someone in before ye break yersel in two. Again.[3]

James ouvre la bouche, prêt à riposter, je suppose, mais son regard se dérobe et vient s’échouer dans le mien. Foudroyant… Ce torrent fulgurant d’émotions refoulées me frappe de plein fouet. Détresse, douleur, vulnérabilité.

Paralysée, le souffle coupée, incapable de trouver la moindre réaction appropriée, je laisse mon esprit s’échiner à reconstituer, mot à mot, le sens des paroles d’Isla.

If it’s no’ us, then her.[4]

— Victoria, murmure-t-il, en me fixant droit dans les yeux.

Aye, Victoria, répète Isla avec douceur. Ye’re fair smitten wi’ her, Jamie, an’ dinna think we cannae see it. Ye’d cross fire an’ flood for her, wouldnae ye? Thae were yer ain words, wisnae they ?[5]

Qu’a-t-elle dit ? Ses phrases détiennent une poésie brute, mais je nage dans un océan d’incompréhension face à l’intonation et aux tournures écossaises. J’ai beau avoir un niveau C2 de compétition en anglais, je réalise que ce parlé forgé au nord du mur d'Hadrien requiert un apprentissage à part.

Antoine coulisse alors contre sa chérie et l'exfiltre méthodiquement. Isla capte enfin ma présence. D’abord, sa bouche s’ouvre en un rond parfait, puis ses lèvres se pincent et sa mine pique vers le sol. Culpabilité ? Embarras ? Une intuition cinglante me serre le ventre. J’ai comme l’impression que je n’aurais pas dû entendre cet échange… Est-ce que je viens de fourrer mon nez là où je risque de m’ébouillanter les doigts ?

— Euh… tout va bien ? hasardè-je, œil balançoire entre James et sa sœur.

Dois-je m’alarmer ? M’évaporer ? Jouer la bonne samaritaine ?

Isla relève le menton.

— Oui, ne t’inquiète pas, on-

— Tout va bien, tranche aussitôt son frère. On s’en va.

On ? Qui ça, « on » ? Ce pronom est l’indéfini le plus fourbe de la langue française.

— Reste avec elle. Antoine et moi, on-

— Ma vie, mes décisions, Izy, la coupe-t-il à nouveau.

L’interpellée ricane.

— Tu peux toujours faire l’autruche, mais ça n’empêche que tu dois tenir ta parole.

OK… pause. Qu’y a-t-il à comprendre dans cette affirmation ?

— Je gère, pas besoin de manœuvres pour me pousser à agir.

— Ah, ouais ? Tu comptes te terrer dans ta tanière combien de temps au juste ? Ça fait un mois déjà.

Un mois ? Cette précision temporelle me fustige l'esprit n mois que quoi ? Que s’est-il passé il y a un mois ? Et moi, j’étais où, trente jours en arrière ?

À la crispation de son profil et de ses poings, James accuse mal le coup.

Perdue au milieu de leur passe d’armes, je quête un appui silencieux auprès d’Antoine. Tout aussi bredouille que moi, il hausse les épaules. Message reçu : on ne s’en mêle pas. De toute façon, pour m’en mêler, faudrait d’abord faire apparaitre un fil d’info en bas de mon écran mental. Bon, eh bien, nous voilà ipso facto contraints de jouer les murs invisibles entre deux éclairs. J’hésite encore à agiter le rameau d'olivier, mais j’ai peur d’enflammer le poudrier.

Tout à coup, silence. Pas du genre paisible, mais visqueux. Leurs dernières répliques ont fusé, truffées de sonorités escarpées et de termes totalement barbares à mon ouïe non initiée. Demander à mon anglais académique de traduire ce charabia, c'est comme exiger d'une habituée de la place du Capitole qu'elle saisisse les nuances d'un ch'ti pur jus après trois demis. Je n'ai capté que des ondes de choc, pas du sens. Enfin, si : il semblerait que l'un se soit retranché derrière des barbelés de reproches et que l'autre ait endossé le rôle de la procureure aux abois. Rien de neuf sous le soleil.

Dans la faille, je surprends un bref échange oculaire entre le couple. Je reste à l’écart du courant et ça… m’énerve. James, lui, ne bronche plus. L’incertitude gravée sur ses traits me donne envie de lui secouer les miches. Finalement, sa main grimpe à sa nuque, son regard glisse en biais. Pas vers moi. Pas vraiment vers sa sœur non plus. Plutôt vers la sortie.

La vague de froid est rude. Et pas seulement entre eux : moi aussi, je commence à grelotter d’appréhension.

— Ma chérie, finit par soupirer Antoine, on ferait mieux de les laisser entre eux.

— Je te ferai dire que c’était, ça, mon plan, à la base, lui signifie-t-elle.

James se fend d’un ricanement caustique.

Que m'a-t-il lâché, déjà, tout à l’heure ? Qu’il n’était pas prêt à me revoir. Une vérité jetée comme un pavé dans l’eau, mais qui fait des cercles plus larges qu’il ne l’imagine. On en revient à mon intuition de tout à l'heure : les propos d'Isla viennent-ils d'exposer au grand jour son rôle dans ce joli guet-apens, sous couvert de bringue huppée destiné à bousculer le cours des choses… ou du moins, à bousculer le jumeau indécis ?

Aye, conclut James, dont la mâchoire trahit un agacement mûr pour l'explosion, certains s’ennuient tellement qu’ils en viennent à organiser des soirées surprises… pour les autres.

Tout concorde et s’assemble : Isla a bel et bien tiré les ficelles. Ce qui ne m’éclaire absolument pas sur la raison pour laquelle Monsieur a coché sciemment la case « zéro Victoria » dans son agenda.

Ach, c'mon, Jamie, ye cannae hide fae yer ain heart forever. Whit’s the use o’ scribblin’ her oot if she keeps knockin’ doon yer door ?[6]

— Encore eût-il fallu que je sache à quel interphone sonner, étant donné que j’ignorais qu’il se promenait dans les parages…

Six iris convergent vers moi. Oups. J’ai parlé tout haut… Isla plisse les paupières, une lueur malicieuse point dans son regard, tandis qu’un rayon complice vient fleurir sa bouche. À son tour, elle module un petit raclement de gorge discret. Tic de famille.

Aye, lass ! Pardonne la bornitude de mon frangin, tête de mule notoire, au cas où tu ne l’aurais toujours pas découvert. Chapeau pour avoir décrypté notre accent épineux. Mea culpa aussi : j’aurais dû parler en français, c’était mal poli. Mais c’est de sa faute. Si tu veux, je te file quelques insultes en écossais pour malmener son indécrottable mauvaise foi et son étanchéité mentale de coque de sous-marin.

— Pas la peine, grommelle direct James entre ses dents.

Oh, wahou ! Quel florilège d'amabilités ! « Bornitude », « tête de mule », « indécrottable mauvaise foi », « étanchéité de sous-marin » ! Est-ce un portrait fraternel ou la description d'un brise-glace-burnes destiné aux mers arctiques ? Pas vraiment le genre de pub qui m'encouragerait à tomber dans ses bras, à moins d'avoir une passion masochiste pour les collisions frontales…

— Oh que si ! Elle en aura bien vite besoin vu ton sale caractère. Et d’un casque pour supporter tes râleries et tes mauvais traits d’esprit aussi. Qu’est-ce qu’il peut être lourdingue parfois ! Non, sérieux, son pesant d'obstination est incalculable !

Je confirme : on a connu plus engageant comme argumentaire de vente… Heureusement que j'ai déjà mis un pied sur cette paroi, parce que si je devais commencer l'ascension de ce sommet après un tel topo, je rentrerais direct m'acheter une vie beaucoup plus plate et moins risquée.

Haud yer wheesht, will ye ?[7]

Ouille… Sa sœur m’a félicité trop tôt : qu'est-ce qu'un « ouichte » ?

Pas le temps de cogiter, Isla s’abaisse vers mon l’oreille :

— Si jamais il t’embête, réponds-lui : « Jist jog oan ! » C’est un équivalent pour « Va voir ailleurs si j’y suis ». Ou si tu souhaites un truc plus coloré : « Faw off, ye numpty ! » Ce qui peut se traduire grossièrement par « Dégage, Ducon » ou « Parle à mon cul, ma tête est malade », selon Antoine.

Amusée, j’acquiesce, puis jette un coup d’œil espiègle à James, qui se retient visiblement de rouspéter. Par bonheur, il semble un tantinet plus relax et d’un coup, gagne dix points de mignonnerie. Bien que cette moue bougonne jusque là inconnue a titillé mes nerfs et… mes envies… Faut croire que les allures de sale gosse m’allument un peu. Je me réserve le droit d'excaver cette faille lors d'un tête-à-tête moins encombré.

Pour l'heure, une impulsion impérieuse me somme d'agir. James pourrait s'imaginer que je suis révulsée ou effrayée par ce tableau clinique peu flatteur suffisamment pour que je l'estime impropre à la fréquentation, alors que... pas du tout. S'il savait comme je suis pétrie de contradictions, entre mon control-freak, ma mémoire sélectivement vindicative, mon désenchantement systématique, ma fâcheuse tendance à corriger mentalement la syntaxe d'autrui, ma manie de tout disséquer au lieu de simplement vivre, mon intolérance aiguë aux bruits de bouche, mon hydrophobie sociale face aux sécrétions adverses, tout ça, tout ça. Bref.

Je réduis drastiquement l'espace entre nous jusqu'à ce que la chaleur de son bras irradie contre le mien, avec l'espoir qu'il décode dans ce non-verbal mon envie d'être près de lui coûte que coûte. Qu'ai-je dit à propose des collisions frontales déjà ? J’achète le pack complet, hermétisme de forteresse inclus — ça me fera les jambes, de le gravir ! — et j’en redemande, au mépris de mon instinct de survie le plus élémentaire.

L’atmosphère se détend un chouia et le signal de départ d'Isla et Antoine est donné sans bruit. Dans le flou de leurs mouvements, je ne vois plus que l’étreinte des jumeaux ; Isla enlace James et lui murmure un aparté, son visage soudain traversé par une émotion que je n'arrive pas à décrypter.

Dinnae fash[8], Yelly.

Isla recule, puis s'humecte les lèvres, en proie à une cogitation manifeste. Une mine solaire égaye sa bouche quand elle me fixe enfin.

— Encore joyeux anniversaire, Victoria. Ça m’a fait plaisir de te revoir. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, je serai là. Indépendamment de mon frère… et de ce qu’il décidera de faire.

Prise de court, je lui renvoie son sourire et articule une gratitude polie du bout des lèvres.

— Toi, tu me remercieras demain, Jamie.

Sa réponse ? Son fameux raclement de gorge sexy qui me donne des palpitations. Je glisse mes doigts dans les siens : il s’y accroche aussitôt.


[1]  Tout ce que tout le monde essaie de faire, James, c’est t’aider à aller mieux.

[2] ce n’est peut-être pas le meilleur moment

[3] Tu ne fais pas que te blesser toi-même, tu sais ? On t’observe tous, en espérant que tu cesses de t’effriter davantage. Tu n’es pas de pierre, Jamie. Permets à quelqu’un d’entrer avant de te briser en deux.

[4] Si ce n'est pas pour nous, alors elle.

[5] Tu es complètement sous son charme, Jamie… et ne crois pas qu’on ne le voie pas. Tu traverserais le feu et les eaux pour elle, n’est-ce pas ? Ce sont tes propres mots, non ?

[6] Oh, allez, James, tu peux pas te cacher de ton propre cœur pour toujours. À quoi ça sert de la rayer si elle continue de frapper à ta porte ?

[7] Boucle-la, tu veux !

[8] te tracasse pas

Annotations

Vous aimez lire D. D. Melo ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0