29. Les fils invisibles
Le vent s’était calmé sur la mer, et les vagues roulaient doucement tandis que John quittait le rivage. Son cœur battait encore au rythme des mots de Marc, de cette symphonie romantique qui l’avait ensorcelé. Pourtant, il savait que la nuit appartenait à un autre théâtre : celui de sa maison, de Sophie, et du choix qu’il devait afficher.
Lorsqu’il ouvrit la porte, la lumière chaude du salon l’accueillit. Sophie l’attendait, debout, impatiente et rayonnante, comme si elle lisait déjà la décision dans son regard.
— John… murmura-t-elle, un mélange de soulagement et de fierté dans la voix. Tu es rentré… Alors tu as choisi ?
Il sourit, fatigué mais maître de son apparence, et avança vers elle. Chaque pas, chaque geste était calculé, une chorégraphie silencieuse entre vérité et dissimulation.
— Oui, dit-il doucement, en prenant ses mains dans les siennes. Je vous ai choisis… toi et Clara. Ma famille. Mon foyer.
Sophie soupira, les yeux brillants de joie. Elle croyait qu’il avait tourné définitivement la page de Marc.
— Oh… John… c’est merveilleux ! Je savais que tu ferais le bon choix.
Il hocha la tête, affirmant ses mots avec conviction.
— J’ai rompu avec Marc… Tout est fini, dit-il avec assurance.
Mais dans l’ombre de son esprit, Marc n’était jamais parti. Le vertige de son amour, la fascination de ses gestes et la douceur dangereuse de sa voix restaient, indélébiles. John savait qu’il pouvait maintenir les apparences, jouer son rôle auprès de Sophie tout en gardant Marc dans une proximité secrète, un fil invisible tendu entre eux.
— Merci de m’accueillir, murmura-t-il en serrant Sophie contre lui, la chaleur de sa main rassurante sur son épaule. Je suis ici… avec vous. Toujours.
Sophie s’abandonna à cette étreinte, convaincue que John avait choisi sa famille et sa liberté. Elle ignorait la duplicité silencieuse, ce double jeu que John s’apprêtait à jouer. Il avait trouvé un équilibre fragile : rester avec Sophie, protéger son foyer, mais continuer à ressentir l’ombre de Marc, sans jamais s’exposer entièrement.
Dans le silence de la maison, alors que la lumière douce enveloppait le couple, John sourit intérieurement. Il avait choisi… mais le choix restait ambigu, suspendu entre loyauté et désir, entre amour et fascination. Un jeu dangereux, parfaitement maîtrisé, que lui seul connaissait.

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