Papi,
J'avais à peine 22 ans quand tu nous as quittés. Cela fera presque dix ans dans quelques mois.
Je vais etre honnête, je ne suis pas sûre d'avoir fini mon deuil.
Je pleure toujours quand je revois des photos, ma gorge se serre quand je pense à toi, mon estomac se tord quand je pense à tout ce que j'aurais à te raconter.
Tu étais etais mon seul grand-père. Tu étais et tu seras toujours sur un piédestal. Tu es dans chacun des battements de mon cœur et dans chacune des larmes qui coulent sur mon visage.
Je me souviens des vacances en Bretagne, des fois où tu m'emmenais à l'équitation, de ton odeur qui m'apparait encore des fois, sortie de nulle part.
Je me souviens de ta façon de dire bonjour en entrant dans un commerce, de ton ronflement quand la nuit tombait, de la forme de tes lunettes encore sagement rangée chez mamie.
Je me souviens des trajets à l'hôpital pour venir te voir. Je me souviens de te forcer à te nourrir pour que tu reprennes des forces. Je me souviens de toutes ces machines branchées à toi et de la panique qui m'a prise. Je me souviens sortir de cette salle en pleurant dans les couloirs de l'hôpital et voir mamie s'inquiéter pour moi alors que je n'étais clairement pas la plus à plaindre.
Je me souviens que tu as attendu une dernière fois que je te rende visite pour fermer tes yeux à jamais. J'ai vu une larme quitter ton oeil ce jour-là. J'avais tellement de peine, j'ai été incapable de t'embrasser sur ce lit de mort. Je suis désolée et je m'en veux chaque jour de ma vie.
Je ne sais pas si j'arriverais un jour à te dire au revoir. Tu vis chaque jour dans mes souvenirs, seule preuve restante de ton existence et de l'amour que tu as pu nous porter.
Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerais pour toujours.
Ta petite fille chérie.