INTRO : Les murmures du crépuscule
“ Être un Homme ne suffit plus pour être humain. Il a recomposé seul sa nature, et s’est désavoué de son espèce.”
A Berlin, en 2022, la vérité et la cruauté ont frappé un cœur qui avait peur de les voir. Ainsi, il a considéré ce qu’il était, et rien n’a été en capacité de le consoler.
L’humain s’était oublié, avait négligé la raison dont il a été doté, pour n'être plus qu’une chair s’élançant chaque jour dans une course éperdue vers les richesses.
“ Tu sais, Yussuf, ton cœur sera ce qui causera ta chute. Parmi nous, il ne vaut rien, et tout le monde piétinera la gentillesse dont tu fais preuve.”
Le cœur se contente de battre, il ne ressent plus. Les valeurs se sont évadées des âmes, martyrisées par l’ambition.
“ On vit dans un monde où tout se paye. Et si tout l’or du monde ne suffit plus à laver honneur et recouvrer fierté, on payera avec le sang.”
Les regards sont vides, amorphes, ils détaillent la réalité, la percevant avec une rétine brisée. Mais dans leur noir, une vie défile. Les corps avancent au milieu des ruelles que personne ne visite, tant elles effraient même le soleil.
“ On gagnera pas. Mais on continue le combat par haine et par honneur, pour tenter vainement de reprendre ce qu’ils nous ont arraché. Parce que rester à la merci des puissants sous prétexte qu’ils nous battront à jamais serait trop lâche.”
Le choix n’appartient qu’à ceux qui détiennent déjà tout. Au milieu des trafiquants, criminels et délinquants, la société n’est-elle pas le seul voleur blâmable ?
“ On mourra tous, quoi qu’il arrive. Simplement de façon différente. Tâche de mourir avec honneur.”
Peu importe qu’une cause soit juste ou détestable : il est essentiel qu’elle ait un sens, que son existence en une âme passe un message à la vie. Chacun a oublié son devoir, a perdu le goût du bien. Et pour eux, le seul désirable était celui de la drogue.
“ Y'a pas qu'ici que t'as pas le choix. T’as pas le choix nulle part, c’est comme partout.”
“ Arrête de croire que l’on te voit comme tu vois les gens. C’était stupide de ta part que j’étais là pour toi.”
“ J’ai cru le voir passer dans tes yeux. J’ai cru voir, juste le temps d’un regard, une sincérité immuable dans tes pupilles.”
“ Tu as vu le reflet de ton propre regard.”
Les Hommes hurlent, et leurs cris les déchirent. Ils se battent, se poursuivent, puis s’oublient par fierté s’ils ne se sont pas entretués. Ils ne trahissent plus rien de ce qu’ils ressentent, de peur que ce que leurs cœurs renferment soit utilisé à leur insu.
Au milieu de tout ça, un homme, accablé de sa propre réalité. Il vit et mourra comme chacun, mais lui, a eu le tort de percevoir jusqu’au fond des âmes : tous partagent le même malheur.

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