Champ Mutilatoire
L'odeur de la stérilité envahie l'espace,
De larges murs d'une blancheur étincelante.
Une lumière clignotante prends alors place.
Place à l'opération en toute dilettante.
Sur cette table d'acier à l'allure glaciale,
Un patient couvert d'un drap vert pâle.
L'air détendu, accompagné d'un instinct de confiance.
Il voue alors son corps dans la moindre méfiance.
Une masse bleuté vint alors le rejoindre,
Deux petites billes viennent d'apparaître.
Aussi brillantes que pétillantes qu'elles puissent être.
Un regard impatient,tel un enfant jubilant,
Devant un cadeau posé devant le sapin.
Il enfile alors ses gants d'un geste certain,
Prêt à oeuvrer à propos d'un avenir incertain.
Les instruments s'entrechoquent, tonnerre metalique
La symphonie du bistouri va devenir machiavélique.
Aucune anesthésie, tout dans le sensationnel,
Les lames du scalpel viennent alors chanter,
Douce mélodie charnelle sur une note ensanglantée.
Taches écarlates, cris de douleurs en additionnel.
Tel un sculpteur taillant sa pierre,
Celle ci est alors sans aucun doute de chaire.
Sujet spasmodique surplombé d'un regard sadique,
Comme une cible sous les coups aiguilles d'un vaudou.
Le sujet est prit alors dans la torpeur clinique,
Orchestré tel un maestro, animé tel un gourou.
Entre eviscerations et dissections barbabes,
Version d'une expérience digne d'un cauchemar.
Plus aucune expression n'apparaît sur ce corps mutilé,
Dans ses yeux seuls, la souffrance s'est incrustée.
Rictus d'un homme torturé devenant libéré.
Rictus d'un homme comblé ayant été possédé.

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