7 - Retrouvailles

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La bulle fluorescente qui les accueillait et les protégeait semblait bienveillante. Mais il devenait urgent de trouver une sortie.

Lilia posa ses mains sur la surface de la roche. Elle invoqua une ouverture. Rien.

— Pense à une ouverture, souffla Island.

Toujours rien.

Après de nombreuses tentatives, ils renoncèrent. Épuisés, ils s’allongèrent sur le sol. Lilia parla à la Mémoire, mais aucune réponse ne vint.

Elle revoyait pourtant la roche s’ouvrir, l’intention qui l’accompagnait, la douceur de l’accord.

Une explication s’imprima alors dans sa pensée :

« La roche se repose. »

Leur maigre provision disparut vite. Le temps devint flou, cotonneux.

Un bruit sourd les tira de leur léthargie.

Devant eux, un passage étroit venait de s’ouvrir.

À quatre pattes, ils débouchèrent dans une galerie. Le boyau rocheux s’étirait devant eux, étroit, humide, silencieux. Impossible de savoir où ils se trouvaient.

Island sortit son mobile. Il pâlit.

— Lilia… nous avons passé plus de deux jours dans la bulle. Il est quatre heures du matin.

Deux directions s’offraient à eux : deux couloirs sombres qui semblaient se perdre dans la pierre.

Island scruta les parois, chercha une trace, un signe, une orientation. Rien. La roche avait été creusée il y a très longtemps, pour un usage oublié. L’humidité avait lissé la surface, mais par endroits, elle révélait un modelage étrange, comme si des mains anciennes avaient laissé une intention que le temps n’avait pas tout à fait effacée.

Lilia finit par trancher.

— Allons y. Nous verrons bien. Et s’il le faut, nous rebrousserons chemin.

Island acquiesça.

— On devrait marquer notre point de départ. Faisons un cairn.

Ils empilèrent quelques pierres, un repère fragile mais nécessaire. Puis ils s’enfoncèrent dans le tunnel, éclairés par une seule lampe torche.

— Gardons l’autre en réserve, murmura Island. On ne sait pas combien de temps ça va durer.

Le passage se resserra peu à peu. Des roches, des branchages, des rouleaux de grillage rouillé encombraient le sol.

— On dirait un ancien entrepôt, souffla Island.

— Pas si vieux que ça, répondit Lilia. Regarde ce pilier… Il est plastifié.

Elle passa la main dessus.

— Ce n’est clairement pas une technologie préhistorique. Quelqu’un est venu ici récemment.

Island fronça les sourcils.

— Alors ce tunnel sert. Et pas seulement il y a des siècles.

Un peu plus loin, une lueur naturelle filtra à travers une grille de communication. Ils s’approchèrent. De l’autre côté, seulement de la végétation. La grille était verrouillée. Impossible de sortir par là.

Ils poursuivirent. L’eau tombait de la voûte en gouttes régulières. Le sol devenait glissant. La mousse dissimulait les aspérités. Ils ramassèrent chacun un bâton pour éviter de chuter.

Après une longue marche, une porte métallique apparut. Massive. Inattendue.

Le verrou était simple : une molette côté intérieur, une clé côté extérieur. Island déverrouilla la porte. Elle s’ouvrit dans un grincement sourd.

L’air extérieur les accueillit comme une délivrance. Un sentier. Étroit. Discret.

Ils le suivirent jusqu’à une route. Ils observèrent. À droite. À gauche. Personne.

Island se tourna vers Lilia.

— Je reconnais. Si on monte, on arrive au parc Lunaret. Là où était le zoo.

Lilia hocha la tête.

— Alors… nous étions dans les galeries de l’ancien four à chaux.

— C’est bien possible, répondit Island. Mais pour atteindre le centre ville, il va falloir poursuivre. Prendre l’avenue Vert Parc, puis la route de Mende… et rejoindre les facs.

Il marqua une pause.

— Si quelqu’un a échappé à la capture, c’est là que nous le trouverons.

Lilia hésita.

— Tu ne penses pas que c’est trop risqué…

Elle n’eut pas le temps de finir.

Un grondement sourd remonta la route. Un camion. Proche. Très proche.

Island attrapa Lilia par le bras. Ils se jetèrent dans le fossé, se plaquèrent contre la terre humide. Le faisceau des phares balaya la route au dessus d’eux. Le moteur rugit, passa, s’éloigna.

Ils restèrent immobiles quelques secondes encore, le souffle suspendu.

Puis Island murmura :

— On ne peut pas rester ici.

Ils se relevèrent, glissèrent hors du fossé et redescendirent vers l’entrée du tunnel, cherchant l’ombre protectrice de la roche.

Ils rebroussèrent chemin, tout le parcours à l’envers, jusqu’au cairn. Le tunnel les avala à nouveau, sombre et patient, comme s’il refermait ses bras sur eux.

Le silence minéral les accompagnait. Leurs pas résonnaient faiblement. L’air se faisait plus frais.

Sur le trajet, Lilia sentit une question monter en elle. Un besoin. Une urgence douce.

Elle posa la question :

— J’aimerais retrouver nos copains… ceux que les mercenaires ont enlevés.

Pas de réponse.

Elle voudrait parler à la Mémoire. Mais comment faire ?

Elle ralentit légèrement, laissa Island avancer de quelques pas. Elle ferma les yeux un instant, écouta la pierre, l’humidité, son propre souffle.

Le dialogue avec la Mémoire n’était pas une demande. C’était une initiation. Elle devait d’abord ressentir… avant de s’accorder.

Une vibration ténue se glissa dans sa poitrine. Comme une présence qui attendait qu’elle ouvre la porte.

Lilia ralentit encore.

Le tunnel respirait autour d’elle : gouttes, échos, souffle minéral. Elle sentait quelque chose… Une attente.

Comme si la roche elle même retenait son silence pour lui laisser la place.

Elle ferma les yeux.

Ce n’était pas une porte qu’elle cherchait. C’était une ouverture. Une fréquence.

Elle inspira. Longuement.

Elle laissa tomber les questions, les peurs, les images. Elle ne demanda rien. Elle accueillit.

D’abord, il n’y eut que son propre cœur. Puis un frémissement. Infime.

Une vibration qui n’était pas en elle… mais qui n’était pas extérieure non plus.

Un entre deux.

Cette perception faisait partie intégrante de son existence.

Elle ne savait pas si c’était la Mémoire qui s’approchait, ou elle qui s’ouvrait.

Les frontières se dissolvaient. Le tunnel s’effaçait. Le temps aussi.

Une sensation douce, presque chaude, glissa dans sa poitrine. Pas une voix. Pas une image. Une présence.

Elle comprit soudain :

La Mémoire ne répond pas aux mots. Elle répond à l’accord. À l’état intérieur. À la disponibilité. À l’essence même de l’être.

Une lumière intérieure — non visuelle, mais sensible — se déploya. Comme si quelque chose en elle venait de trouver sa juste note.

Island se retourna, inquiet de ne plus entendre ses pas. Il la vit immobile, les yeux clos, respirant lentement.

— Lilia… ça va ?

Elle ouvrit les yeux. Ils brillaient d’une clarté nouvelle.

— Je crois… que je viens de l’entendre. Ou plutôt… de la sentir.

Elle posa une main sur sa poitrine, comme pour vérifier que la vibration était toujours là.

— Ce n’est pas une voix, Island. C’est… une dimension. Un univers.

Lilia avança lentement dans le tunnel. Elle sentait encore cette vibration intérieure, fragile, comme une note tenue.

Elle ne savait pas quoi en faire. Elle ne savait pas comment “parler” à la Mémoire.

Alors elle fit ce qu’Island lui avait conseillé : elle simplifia.

Elle inspira. Elle laissa tomber les questions compliquées.

Elle pensa à quelque chose de clair, de pur, de facile à reconnaître.

La mer.

Pas une image précise. Juste l’idée de la mer. Le souffle. La lumière. Le mouvement.

Et soudain, sans effort, sans transition, la mer apparut en elle.

Pas comme une vision imposée. Comme un souvenir qu’on lui rendait.

Une vague. Un éclat de soleil. Une odeur d’iode. La sensation de l’eau sur ses pieds.

Elle ouvrit les yeux, surprise.

— Island… je crois que ça marche.

Il sourit.

— Continue. Ne cherche pas à contrôler. Laisse venir.

Alors elle pensa à autre chose.

Une montagne.

Simple. Stable. Immobile.

La montagne surgit. Massive. Paisible. Imposante.

Puis un arbre…

Un oiseau posé sur une branche.

L’image se forma, nette, naturelle, comme si elle avait toujours été là. Lilia sentit son cœur s’accorder.

Elle comprit :

La Mémoire ne répond pas aux demandes. Elle répond à la clarté des souvenirs. À la simplicité. À l’intention juste.

Elle tenta quelque chose de plus difficile.

Un verre. L’eau. Le robinet. Le bassin.

Les images défilèrent comme un film :

les conduites, les pompes dans la source, l’eau qui ruisselle dans la roche, la pluie sur la montagne…

— Island…

Sa voix trembla légèrement.

— Le résultat est stupéfiant. Mes souvenirs… se mêlent à ceux de la Mémoire.

Alors elle osa quelque chose de plus précis.

Elle visualisa le visage de leurs amis retenus. Une salle close.

L’image apparut. Brutale. Grise. Froide.

Elle sursauta.

— Je le vois… Island, je le vois. C’est le bâtiment du campus.

Island la regarda, impressionné.

— Tu es en train d’apprendre. Pas à pas. Comme il faut.

Lilia hocha la tête.

Elle sentait la Mémoire, non pas comme une entité extérieure… mais comme un univers dans lequel elle apprenait à marcher. Ou plutôt… à réfléchir.

Elle chercha dans ses souvenirs. Elle laissa venir des images simples, familières :

l’entrée de la fac, les allées entre les bâtiments, les salles des travaux pratiques…

Ces fragments apparurent d’abord comme des réminiscences ordinaires. Puis quelque chose changea.

La Mémoire glissa dans ses visions. Elle ne les remplaçait pas. Elle les complétait.

Les allées devinrent plus nettes. Les ombres se précisèrent. Les portes qu’elle avait oubliées réapparurent. Des détails minuscules — une rampe, un panneau, une fissure dans un mur — se recomposèrent avec une exactitude troublante.

Lilia sentit la différence.

Ce n’étaient plus seulement ses souvenirs. C’était comme si une intelligence douce venait poser une lumière nouvelle sur ce qu’elle croyait connaître.

Elle murmura :

— Island… elle m’aide. Elle complète ce que je vois.

Island acquiesça, attentif.

— C’est normal. Tu lui donnes une base. Elle t’offre la précision.

Lilia ferma les yeux un instant. Elle laissa la Mémoire affiner encore :

les escaliers, le hall, les sous sols, les couloirs qu’elle n’avait jamais visités mais que la Mémoire semblait connaître.

Une sensation étrange la traversa. Pas de peur. Une lucidité nouvelle.

Elle comprit que la Mémoire ne lui imposait rien. Elle amplifiait ce qu’elle ouvrait. Elle éclairait ce qu’elle osait regarder. Elle la guidait vers son désir, sans jamais la contraindre.

Alors Lilia laissa venir une dernière image. Elle ne força rien. Elle suivit simplement le fil.

Un couloir. Un garde immobile. Elle passa devant lui comme si elle glissait dans une pensée.

Une porte massive.

Elle la traversa — non pas physiquement, mais intérieurement — et l’espace s’ouvrit.

Et là…

Ils étaient tous là. Rassemblés. Vivants. Attendant.

Un souffle lui échappa.

— Je sais où ils sont… Island, je sais, je sais.

Elle se tourna vers lui, submergée par l’émotion, et lui sauta au cou.

Island la rattrapa, surpris, mais son sourire disait tout :

Lilia venait de franchir un seuil de connaissance. Pas scientifique. Plus intime. Comme si une nouvelle manière de percevoir venait de s’ouvrir en elle.

Ils étaient revenus au cairn.

Island observa les deux directions possibles, inquiet.

— Y a t il au moins une façon d’accéder à la fac…? murmura t il. La Mémoire doit pouvoir t’aider.

Lilia ferma les yeux.

— Oui… tu as raison. Je me concentre.

Elle visualisa le tunnel. Le couloir du sous sol. La porte. Ses amis.

Alors, comme une carte intérieure qui se dépliait, le trajet lui apparut clair.

Elle rouvrit les yeux, le souffle un peu court.

— Après le cairn… il faut poursuivre encore. Jusqu’à un passage étroit, sur la droite.

Elle avança d’un pas, comme si elle suivait déjà le chemin.

— On marche un bon moment. Ensuite, il y a un escalier qui descend vers une grande canalisation d’eau, avec un quai tout le long.

Island écoutait, concentré.

— À mi hauteur, reprit Lilia, il y a une conduite des eaux de pluie. Une grille.

Elle marqua une pause, laissa la Mémoire compléter.

— Puis la cour… une porte fermée avec un digicode… un couloir… on tourne à droite…

Sa voix se fit plus basse.

— Le garde. Et la porte où nos copains sont retenus.

Elle releva la tête, sûre d’elle.

— C’est le trajet que nous devons suivre.

Island la regarda, impressionné par la précision, par la certitude tranquille qui émanait d’elle.

Ils trouvèrent facilement leur chemin : le petit canal où coulait une eau boueuse, puis le passage étroit qui menait à la conduite donnant sur la cour.

Mais une fois devant, le constat fut brutal.

La conduite ne mesurait que trente centimètres de diamètre.

Island souffla :

— Interroge la Mémoire.

— Elle ne fait pas de miracle, répondit Lilia. Il faut être sérieux.

Elle n’eut même pas le temps de fermer les yeux.

La Mémoire surgit d’elle même.

Une image. Simple. Évidente.

Un serpent qui se faufile dans un tube. Souple. Patient. Adapté.

Lilia resta un instant immobile, surprise par la clarté du symbole.

— D’accord… murmura t elle. Je comprends.

Island la regarda, perplexe.

— Qu’est ce qu’elle t’a montré ?

Lilia désigna la conduite.

— Pas une solution. Une manière de passer. Une manière de… penser autrement.

Elle s’accroupit, observa l’ouverture, évalua l’espace, la posture, le mouvement.

— Ce n’est pas impossible, Island. Pas confortable, mais pas impossible.

Island secoua la tête, sceptique.

— La Mémoire n’a pas de solution pour tout, tu sais.

Lilia ne répondit pas. Elle s’accroupit devant l’ouverture. Inspira profondément. Puis se glissa dans le tuyau, les deux bras tendus devant elle.

Island posa ses mains sur ses pieds et la poussa doucement.

Contre toute attente, elle avança. Centimètre après centimètre.

Le PVC râpait ses coudes. La paroi serrait ses épaules. Elle ne savait pas si c’était elle qui s’adaptait… ou si la canalisation, imperceptiblement, se dilatait autour d’elle.

La progression était lente, presque irréelle.

Le souffle court, elle sentait la Mémoire comme une présence discrète, un fil qui l’accompagnait sans intervenir.

Enfin, elle aperçut la grille. Elle tendit les doigts, la souleva d’un geste sec.

L’air de la cour lui parvint, plus frais, plus vaste.

Elle se hissa à l’extérieur.

Island la rejoignit aussitôt, sortant du conduit avec un soupir de soulagement.

— Il ne faut pas être claustrophobe, souffla t il.

— Nous y sommes parvenus. C’est l’essentiel.

Il secoua la tête, encore surpris.

— L’incroyable… la canalisation. Elle s’est dilatée. Il n’y a pas d’autre explication.

Lilia ne répondit pas. La Mémoire n’avait pas fait de miracle, mais quelque chose avait bel et bien accompagné leur passage.

Island referma doucement la grille derrière eux.

La cour était silencieuse. Trop silencieuse.

Le garde, posté près de l’entrée, semblait tendu. Il regardait dans une autre direction, comme s’il attendait un signal.

Island se redressa, se plaqua contre le mur, longea le bâtiment en silence.

Arrivé près de la porte, il s’arrêta net.

Un digicode. Une petite lumière rouge clignotait faiblement.

Island leva la main, hésita. Ses doigts flottèrent au dessus des touches, incertains, comme s’il craignait de déclencher une alarme invisible.

— Si seulement on savait le code… murmura t il.

Lilia fixa le digicode.

Et soudain, le voyant passa du rouge au vert.

Elle sursauta.

— Je… je suis connectée. La Mémoire agit suivant ma pensée… c’est incroyable.

Island n’eut pas le temps de répondre.

Une autre image se forma en elle. Plus nette. Plus urgente.

Un interrupteur. Un simple bouton. Stable. Évident.

ON / OFF.

Dans sa vision, il basculait sur Off.

Au même instant, un léger claquement résonna dans le couloir derrière la porte.

Island sursauta. Son résonateur vibra contre sa poitrine. Le champ changea, comme si une onde venait de se dissiper.

— Tu l’as fait… souffla t il. Tu as désactivé le système.

Lilia resta immobile, encore traversée par la sensation. Elle n’avait pas “agi”. Elle avait simplement pensé. Et la Mémoire avait répondu.

La porte s’ouvrit. Un souffle froid les accueillit.

Le couloir était étroit. Ils avancèrent lentement.

À droite, une ombre. Le garde.

Il ne bougeait pas. Il attendait.

Ils restèrent un instant immobiles.

Lilia décida.

Elle se pencha vers Island, murmura à son oreille :

— Je m’avance, je lui parle, je le fais se retourner… Tu interviens.

— D’accord.

Lilia s’approcha du garde. Elle le regarda, le contourna, effleura son bras.

Il s’effondra aussitôt.

Island s’agenouilla près de lui, examina rapidement le corps.

— C’est un drone humanoïde… il est désactivé.

Devant eux, la porte massive. Grise. Immobile.

Island posa sa main sur le métal froid.

— C’est là. Nos amis sont là.

Il actionna le verrou. La porte grinça, lourde, réticente.

Le local apparut. Sombre. Vide en apparence.

Island s’avança prudemment. Des tables et des chaises traînaient un peu n’importe comment.

Il buta dans l’une d’elles et laissa échapper un juron étouffé.

Une voix. Faible. Tremblante.

— Island… Island, c’est bien toi ?

Son cœur bondit. Ce n’était pas une fréquence. Pas une illusion. Une voix. Vivante.

Il avança. Ses yeux s’habituèrent lentement à l’obscurité.

Dans un coin, ils étaient tous là, blottis les uns contre les autres pour se tenir chaud. Leurs visages étaient pâles. Leurs yeux brillaient d’un mélange de fatigue et de joie.

Lilia s’élança. Elle tomba à genoux parmi eux. Elle prit une main, puis une autre. Les corps se serrèrent. Les larmes coulèrent — des larmes de soulagement.

Island s’approcha à son tour. Il posa une main sur une épaule. Un sourire éclata.

Les voix se chevauchèrent, fragiles, incrédules, vivantes.

— Nous ne pensions jamais vous revoir… — Vous êtes venus… — Vous nous avez trouvés… — Ils ne vous ont pas… — Comment êtes vous passés ?

La pièce, glaciale quelques instants plus tôt, se remplit d’une chaleur nouvelle. Pas celle du feu. Celle de la présence retrouvée. Celle de l’amitié qui résiste.

Lilia sentit une vérité se déposer en elle. Une vérité simple, mais immense.

Il est des vérités qui troublent les esprits les plus brillants.

Je comprends Papa et Maman.

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