Chapitre 5.7
— Pourquoi il l’aurait emmené, lui aussi ?
— J’en sais rien. Ses explications ne tenaient pas debout, releva Arthur. Il ne fait que mentir, mais c’est pas comme si toi ou moi on pouvait le forcer à parler ou l’empêcher de faire ce qu’il veut.
Lucas se tassa, maussade. Il s’engouffra une lampée de café comme on ingurgite de l’alcool pour imbiber ses problèmes. Arthur le suivait dans ses gestes triturés dans une acuité inquiète.
— C’est quoi ton souci avec Bastien ?
— Je voudrais juste un peu de calme, grogna Lucas. Si on pouvait savoir ce qu’il mijote, on n’aurait pas ces deux-là sur le dos. S’ils pouvaient se la fermer deux minutes…
En bruit de fond, Clément et Stephen enchaînaient sur leur dialogue de sourds sans la moindre gêne, chacun retranché sur ses positions incendiaires.
— Vous vous parlez en français au quotidien, vous ne pratiquez l’anglais qu’au bahut, sauf Cate, et vous osez nous faire croire que vous ne pigez pas un mot ! Vous avez trouvé hilarant de nous voir galérer en massacrant votre langue, pas vrai ? Et après vous osez venir vous plaindre qu’on ne fait pas d’efforts pour vous inclure ?
— On ne trouvait pas ça drôle du tout ! Je te l’ai dit, c’était une idée à la con de Ninon pour nous inciter à garder nos distances.
— Et vos secrets !
— Oh c’est pas possible… il recommence ? gémit Mathieu, affalé sur le comptoir.
Clément ne décolérait pas. Refusait de lâcher l’affaire sur leur mise en scène, bloqué sur une trahison superflue qui ne constituait qu’un arbre sur toute la forêt de mensonges. Qu’il choisisse de se frapper en cadence à ce tronc en particulier dépassait les limites de compréhension de Mathieu. Pour sa part, ce qui l’irritait davantage qu’entendre les autres parler des mensonges de Bastien alors qu’il peinait à les maintenir, c’était d’entendre parler de Ninon et de son attitude de vipère. Elle et sa définition du terme « loyauté » laissaient proprement à désirer.
Toi aussi tu bloques dessus
Écrase, remballa-t-il en automatisme.
— C’est impossible de dormir dans cette maison, ronchonna Rémi en s’introduisant dans la cuisine, seule pièce suffisamment isolée pour réduire les éclats de voix en une vague bande-son de salle d’attente – dans l’unique cas où l’on choisirait consciencieusement de l’ignorer.
— T’arrives à dormir dans ta cabane, toi ?
— Faut bien survivre. Pourquoi Stephen est dans le coin ?
— Ils cherchent ses potes. Caitlin est… quelque part, certainement, et Kiernan est parti avec Bastien.
— Pour quoi faire ? s’enhardit Rémi.
— Pour aider Cécile.
— Non, ça je sais. Pourquoi aurait-il besoin de Kiernan ? À quoi il joue, cet abruti ?
— On ne va pas recommencer !
Mathieu se leva d’un bond. Il était cerné par les incapables ici.
— Le traite pas d’abruti.
— Oh, calmos.
— Non, il a raison, appuya Lucas. On sait tous que ton jugement sur Bastien n’est jamais très objectif, mais ne le traite pas d’abruti.
— Quoi ? Pourquoi tu le défends ?
— Mais qu’est-ce que vous avez tous, avec Bastien ? Vous êtes trop aveugles pour voir ce que ce con essaie de faire ou quoi ? explose Mathieu.
— Je n’ai pas le droit de le traiter d’abruti, mais lui il a le droit de traiter son meilleur ami de con ?
— C’est bien un con, admet Cécile du tac au tac en se projetant droit vers Arthur sans s’embarrasser de faire état de sa présence. Mais c’est loin d’être le seul.
Sa main se déploya vers la joue d’Arthur qui l’intercepta par réflexe, avant même d’enregistrer à qui elle appartenait.
— Cécile, nota-il dans le silence médusé.
Elle ne parvint pas à étouffer son cri complètement, et ce soupir aigu s’élança en même temps que son autre main.
— Ne fais pas ça ! cria Arthur en se recroquevillant dans un sursaut involontaire.
Cécile eut un frisson qui parcourut en vague son corps, laissant son mouvement suspendu en bout de bras. Un spasme contracta son visage hostile frémissant et la frustration enrayée de ses mains se déversa sur tous les mugs qui dormaient en face d’elle sur les étagères. Ils se seraient écrasés en joyeuse cacophonie au sol si Mathieu ne les avait pas retenus, prolongeant un peu plus longtemps dans les airs leur extase d’Icare (le pied dans une vie d’anse).
— Ah mais non, ça va pas le faire si vous les bousillez ! Comment je boirais mon chocolat sinon ? s’exclama Thomas en se précipitant à son tour cueillir les tasses une à une pour les reposer à leur place.
— T’en as pas marre de tout ramener à toi ? marmonna Claire à sa suite.
— J’essaie de détendre l’atmosphère ! C’est tellement tendu qu’on va droit sur la corde raide !
Cécile grimaça mais ne s’emballa pas plus loin dans la violence.
— Tu aurais pu avoir la décence de te pointer avec Claire et Bastien pour voir comment je m’en tirais après nous avoir abandonnés comme tu l’as fait, martela la jeune fille impavide.
— Je sais, d’accord ? Je me suis défilé, encore. J’avais pas le courage de t’affronter, pas dans ton état. Mais je vois que je n’ai pas envoyé Bastien pour rien.
— J’en étais sûr, dit calmement Bastien sans quitter Cécile des yeux. Des fois, t’es tellement prévisible, Arthur.
— Et toi tu ne l’es pas assez en ce moment, lâcha Arthur dans une contrepartie véhémente.
— Connard, décida Cécile.
— Je suis désolé. J’étais parti pour de mauvaises raisons, mais s’il y avait bien une chose que je voulais éviter, c’est de te laisser vivre ce que j’ai vécu avec… avec Émile.
— Oh, je t’en prie, ne me fais pas une scène ! Ce que j’ai vécu avec Fanny n’a rien de comparable avec la mort d’Émile sous tes yeux !
— Mais tu l’as revu en boucle, chevrota Arthur, très pâle dans ses yeux sombres. Personne n’était là pour l’empêcher.
Cécile se troubla une première fois.
— C’est moi qui ai choisi de le revivre en boucle, déglutit-elle.
— Quoi ?!
Arthur se leva d’un bond hystérique.
— Qui est Fanny ? voulut se renseigner Rémi en tentant de se glisser entre le duo explosif.
— Ce n’est pas du tout ce que tu crois.
Cécile perdait toute son énergie revendicatrice qu’Arthur revendiquait comme sienne à présent, penaude comme une enfant sermonnée par son père dictateur.
— Je… la vérité c’est que…
— Dis-leur, Cécile, l’encouragea Claire devant son silence tremblant.
Cécile avait manifestement besoin de se faire prier davantage. Thomas voulut prendre la parole, mais une pression discrètement exercée sur son bras par Bastien le dissuadait fortement d’y songer. Mathieu qui les étranglait tous les deux du regard n’aidait pas non plus.
— Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait un truc aussi débile ? Qu’est-ce qui peut justifier que tu choisisses de rester coincée dedans pendant presque un mois ? T’es maso à ce point ? hurla Arthur.
— Je trouve gonflé cette remarque dans la bouche d’un type qui se sentait tellement coupable qu’il s’était laissé couler durant des semaines pour s’auto-infliger une punition.
Clément qui venait de se pointer émettait son opinion cynique sur le plus tranquille des flegmes. Et Stephen dardait un œil furieux sur Arthur et sa réaction démesurée.
— N’écoute pas ce reac’, Cécile. Il essaie juste de cacher sa joie de te revoir en prenant son nouveau rôle trop au sérieux.
Cécile lui adressa un sourire reconnaissant.
— Je suis contente de te revoir. Toi aussi, Clem, avoua-t-elle sincèrement.
Elle sourit à Mathieu dans le même élan chaleureux.
— Tu m’avais manqué. Je vois que toi au moins tu utilises la télékinésie autrement que pour détruire. Désolée, ça m’a échappée.
— T’as pas à t’excuser. Je t’aime bien, mais je dois te contredire, j’en connais pas mal sur la volonté de détruire, reconnaît Mathieu en ramenant Bastien dans sa ligne de mire.
— Cécile, il faut leur dire, insiste ce dernier en s’échappant délibérément.
Elle hésita une deuxième fois.
— Ce que j’ai fait, que j’ai voulu faire, risque de ne pas te plaire, Arthur. Mais maintenant au moins, je sais comment…
— Piiiiiiiizaaaaaas ! tonitrua Alexis en slalomant entre les jambes de Kiernan et de Natacha pour forcer le passage dans la cuisine, les bras encombrés de cartons de pizzas surgelées.
— Pour la dernière fois, calme-toi ! ordonna Mel en trimballant péniblement des sacs surpeuplés. On a besoin d’aide pour décharger le reste des courses, si vous pouviez…
Elle ouvrit des yeux ronds quand elle découvrit Cécile en visu. Léane, qui déboulait à son tour tout aussi chargée, se la mangea de plein fouet.
— Aïeeeuh ! Mel, mais qu’est ce que tu… oh merde !
— Les filles…
Le sourire de Cécile se mua en un rictus geignard qui prenait l’eau. Son menton s’affaissait et remontait par grandes goulées surannées qui migraient en haut-le-corps très démonstratifs. Thomas le connaissait bien, ce masque. Dans ses débuts en famille d’accueil, il avait adopté le même quand il avait été pris sur le fait de flagrant délit de cookies. Il ne l’avait plus jamais adopté par la suite.
Nope.
— Je… je vais chercher les autres sacs, se défila Garance direct en se désolidarisant du tableau.
— Je viens t’aider, renchérit Natacha dans un soulagement qui ne se sentait pas du tout de trop.
Mélissa restait de glace, figée sous la pression.
Léane paniquait grave sous celle qui déferlait dans sa poitrine comme un manque non assouvi, comme une envie de fraises en plein rationnement hivernal. Les démangeaisons qui grouillaient au bout de ses doigts laissaient échapper l’affolement et le morcellement de sa maîtrise durement acquise de sa forteresse. Cécile revenait mettre à nu la faute de Léane, et Léane allait mettre à sac ce qu’il lui restait de contrôle.
Nope. Recule, Cécile.
Léane amorça un sautillement de crabe vers la direction opposée. Un coup d’œil de côté : oh, non… Clément la regardait faire sans bouger ; et le tressaillement s’intensifia dans ses ongles et perça le pus de brouillard qui s’épandait dans son crâne. Il était presque confortable, le brouillard, l’invitant à abattre ses dernières défenses, réduisant le capharnaüm de la Voix à un doux ronronnement…
Nope. Nope-Nope-Nope, nope.
Elle sautilla presque en rond sur ce leitmotiv de la panique, un chien doté d’une envie pressante coincé entre quatre murs inhospitaliers. Pas question de perdre la boule ici, maintenant. Pas avec les petits dans les parages !
— Thélia, n’enlève pas ton manteau, je te ramène chez maman, broda Léane à toute vitesse en remontant à la même allure la fermeture, éclair, du manteau de la petite.
— Mais les pizzaaaas, je veux en manger, moi.
— Alex, prends-en une, Thélia et toi allez la partager chez nous. À l’appartement.
— Ben, pourquoi pas ici ?
Alexis misa sa question sur sa sœur. Mélissa ne bougeait pas, engluée. Et merde, ça allait être coton.
— Mel. Tu viens, on les raccompagne ensemble ?
Cécile gémit lentement, blessée par la remarque, mais ne dit rien. Elle posait ses yeux éclaircis sur Mélissa qui les soutenaient d’un écho vide, engourdis de choc et de déni. Sous son crâne aussi, sans doute rien ne tournait rond. Elle ne réagissait même pas aux tentatives de Léane de la dépêtrer de ce fourbis traîtreusement escarpé. Foi d’une danseuse experte sur talons aiguilles.
— Mélissa…
— Mélie ? rebondit Alexis.
Nettement plus inquiet.
Pas de réponse.
— Je sais comment briser la Boucle.
Coup de tonnerre. L’énergie pulse dans ses veines : le monstre s’éveille en la griffant le long de ses bras, remonte jusque dans ses poignets. Non, retiens-toi ma vieille, Thélia est pile devant toi !
Elle vocifère, la Voix. Elle entend sa multitude houspiller en cœur, refléter ses nausées, appuyer sur le trou que creuse son vorace besoin de libération. Appeler au lâcher-prise, ou à la lu-tte fi-naa-leee ! Quand tout part en vrille, Léane part à la dérive. Et elle ne peut se le permettre. Clem la regarde. Cécile la regarde. La Voix la regarde.
L’œil la regarde.
— Alex, remets ton manteau, ramasse ton cartable, on remonte dans la voiture ! Exécution !
Une voix de stentor qui n’admet pas la réplique couvre les hoquets sidérés et les pâlissements effrayés par la violence des parasites sous les caboches, lesquels ne laisseront pas Cécile compromettre tous leurs efforts. C’était les miroirs qui luttaient pour la survie, au prix du maintien de leurs esclaves dans leur combat quotidien.
— Je suis désolée.
Le murmure de Cécile se raffermit sur la dernière syllabe, rehaussée d’une dièse fortement marquée, pour éloigner ses propres démons.
— C’est vrai, je me suis laissée piéger plus longtemps que prévu. Je ne voulais pas vous faire peur, ni vous culpabiliser, mais je ne pouvais pas partir sans comprendre le système. C’était prévu. C’est un des schémas des Rebelles.
— C’était son plan depuis le début et tu le savais ! assaisonna Mathieu qui virait à l’aigre.
— Elsie le savait, rétorqua Thomas, pas peu empressé de le remballer. Moi, j’étais pas au courant des détails, elle m’avait juste dit que c’était nécessaire.
— Ta gueule !
— Dis-nous comment la briser, vite ! beugle Rémi qui ne semble pas loin de s’assommer, lui aussi très crispé autour de son self-control.
— Aïe !!!
Thélia sursaute et se met à se rouler par terre à grands renforts de cris de mouette, braillant qu’une abeille venait de la piquer et qu’elle allait mourir à l’hôpital.
— Calme ! hurle Léane qui l’avait perdu, en revanche.
Scotchés, Alexis et Cécile la contemplent se couvrir les mains des manches longues de son trench et empoigner Thélia couinant comme un porcelet pour la remettre sur ses pieds. Son cœur se soulève. Une minute en position de faiblesse et elle qui se venge sur sa sœur qu’elle avait sous la main. Une petite décharge peut virer rapidement en plus forte secousse nettement moins dissuasive. Léane papillonne, ne peut plus se contenir.
— Léane, tu n’y étais pour…, essaie Cécile.
— Mélie ? Mélie, tu viens ?
— Ta sœur a eu beaucoup d’émotions, elle est émue, voilà. On va la laisser tranquille pour ce soir, tu veux ?
— Mélie… je m’en vais. Tu me raccompagnes ?
Têtu la tête de nœuds. Hého, on ne parle pas d’Alexis comme ça ! Recule, toi ! Sors de ma tête, ce sont mes pensées, ma caboche, celles de moi, Léane, pas les tiennes !
Mel s’ébroue soudainement et se tourne vers Alexis. Elle a des gestes saccadés, rouillés, ahuris quand elle s’agenouille à sa hauteur pour lui ébouriffer les cheveux. Alexis se dérobe légèrement, troublé.
— Tu viens avec nous ? Une soirée pizza chez Thélia…
— C’est important… pour moi, elle a raison, Léane : je suis… émue. On se revoit ce week-end… mon… bonhomme.
— Ok, souffle Alexis, pas super convaincu. Tu aimes vraiment mon cadeau ?
Le sourire forcé mécanique prend de l’assurance et s’ébranle. Permute en large sourire banane.
— Je l’adore ! Il est vraiment magnifique !
Alex hoche la tête et attrape la main enroulée de Léane. Qui a toutes les peines du monde à se retenir de la retirer.
— Je les ramène et je reviens, marmonne-t-elle au tapis.
On ne sait jamais, des fois que le tapis se sentirait investi de ses occupations.
— Mélissa n’a pas l’air d’aller bien du tout, signale-t-elle à Garance quand ils la croisent dans le vestibule en compagnie de Natacha. Et surveille Rémi en passant, il serait pas loin de nous taper la crise de sa vie.
— Le retour, rigole Garance de ses yeux froids. Qui ne lui revient pas, cette fois ?
— C’est surtout ce qu’a dit Cécile qui ne lui revient pas.
— Elle a dit quoi ?
Elle n’avait pas envie d’en parler. Encore moins devant Natacha.
— Zavez qu’à lui d’mander, grogne-t-elle en utilisant les deux gosses comme bélier afin de se frayer un chemin.
— Elle a quoi ?
— À mon avis ? Une bestiole dans la cervelle, certifie Garance dans son dos.
Espèces de pétasses.
— Tu me feras une pizza, avant de partir ?
Thélia tente sa chance alors qu’elle l’installe sur son réhausseur de grande en prenant garde de ne pas la toucher de trop. Ses petites lèvres plus fines que des ailes de papillon se posent sur son oreille pendant que Léane se penche pour ajuster la ceinture.
— Rien qu’à moi, une pizza ? Avec plein de chatouilles en supplément.
Elle a envie de dégoupiller sa bile sur le gravier. Peut-être que la limace sortirait avec le lot. Il n’est plus question que je te fasse ce genre de pizzas, choupette. Que je te malaxe la peau, que je te parfume d’olives sur tes yeux à croquer et de tomates sur ton nez en trompette, que je te fasse cuire dans mon four secoueur et que je te mange en te dévorant de baisers et de chatouilles. Tu pourras toujours raconter à tes copines que ta sœur est méchante.
— On verra si on a le temps, ma puce. Alex, ta ceinture s’il te plaît ?
— …
— … Bon, on y va les gars !
— Elle est bizarre. Mélissa est bizarre.
— Je sais. Je te l’ai dit, elle est émue. Elle est contente de retrouver Cécile, mais elle se sent mal parce que… parce que la dernière fois que l’on s’est vues, on n’a pas été gentilles avec elle.
Limite si Alexis ne levait pas les yeux au ciel. Je te vois dans le rétro, petit imbécile !
— Non. Elle est vraiment bizarre.
Même la voix du garçon fronçait des sourcils, ses inflexions en bataille.
— Bizarre comment ? demande Léane, distraite.
Pressée de s’éloigner pour réduire l’influence de sa bestiole au plus vite.
— Ses yeux… on dirait qu’elle a mis du maquillage dessus ?
— Oui, elle en avait non ?
— Raaah, soupire Alexis. Pas ses paupières, ses yeux !
— Du maquillage ? Sur les yeux ?
— De la peinture ! triomphe Alexis. Comme sur les billes, des grands coups de pinceaux dans ses yeux !
— Je ne te suis pas, Alex, avoue Léane, mal à l’aise.
— Ses yeux étaient grands ouverts, hyper bizarres, comme peints sur ses vrais yeux. Très flippant. On dirait les poupées porcelaines de chez tata Agathe et…
Le freinage sec en urgence l’empêcha de terminer sa phrase.
*

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