CHAPITRE 2 : APRÈS LA BATAILLE (La Santirine)

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La pluie glacée lui martelait le visage, la terre avait un goût de sang et d’acier. En se relevant, Lixur regardait ennemis et compagnons d’armes tomber. Son épée ensanglantée continuait de faire des ravages parmi les troupes ennemies. Elle n’y prenait aucun plaisir, le bruit de la lame entrant dans la chair lui donnait des hauts le cœur.

La bataille durait depuis deux jours… deux jours sans boire et manger, sans dormir ; deux jours où la vie avait laissé place à la mort. Ses funestes pensées furent balayées par le souvenir de son foyer et malgré ce déferlement de haine et de violence, elle se félicitait que son père puisse être épargné par ce combat.

Au cinquième jour, après une trêve convenue par les deux armées afin de soigner les blessés et d’honorer les morts, le combat repris. Pierre et Lixur combattant toujours côte à côte afin de pourvoir veiller l’un sur l’autre.

C’est en début d’après-midi, que le moral remonta. Ils avaient d’abord entendu le son du cor, puis ils avaient vu les centaines de cavaliers qui venaient à leur secours, menés par le roi en personne. Galvanisée, l’armée avança sur les Saxons espérant renverser le cours de la bataille qui continua jusqu’à la nuit.

C’est aux dernières lueurs du jour, alors que le soleil disparaissait à l’horizon que le roi, monté sur son magnifique étalon noir, scrutait le champ de bataille jonché de cadavres. Il vit au loin le chef Saxon et chargea. Ce dernier parvint à le désarçonner d’un coup de hache qui atteignit le roi dans son plastron.

Le visage dans la boue, le roi parvint de justesse à esquiver le coup ennemi. Désarmé, il ne pouvait se protéger qu’avec son bouclier qu’un ultime coup de hache fit voler en éclat. Le chef Saxon fit tournoyer son arme avant d’abattre le roi rival, mais il ne put terminer son geste. Une épée venait de se planter dans son dos et au bout de cette épée : Lixur.

Le chef Saxon se retourna et attrapa le soldat par la gorge, serrant de toutes ses forces. Un second coup d’épée, asséné par le roi, le fit lâcher prise. Le chef Saxon tomba face contre terre.

La bataille était gagnée.

La nouvelle de la victoire fut vite relayée à travers tout le royaume. Pour remercier Lixur de l’avoir sauvé, le roi le nomma capitaine et l’invita à sa cour. Lixur accepta avec joie et demanda une dernière faveur au roi : que Pierre puisse se joindre à lui. Le roi très en joie par cette victoire, accepta.

Une fois de plus, les deux amis purent goûter aux plaisirs d’une vie insouciante, avant qu’elle ne tourne de manière tragique pour le nouveau capitaine.

La reine était une femme fort peut aimable, d’un caractère autoritaire et d’un fond qu’on ne serait qualifier de bon. Mais l’arrivée du nouveau capitaine avait quelque peu adouci ce mauvais caractère. En effet, la reine s’était entichée du capitaine Lixur au moment même où il avait franchi les portes en héros. Elle demanda alors au roi d’en faire son page personnel. Le roi ne pouvant rien refuser à sa femme accepta et Lixur se retrouva au service de la reine.

Malgré toutes les avances insistantes et déplacées, Lixur parvenait toujours à s’en sortir grâce à un trait d’esprit. Mais un soir, lasse d’attendre, la reine décida de surprendre Lixur dans sa chambre. Et surprise il y eut : Lixur avait des attributs féminins.

Le château fut en alerte.

Le roi, à la demande de la reine, fit enfermer Lixur que tout le monde appelait maintenant par son véritable prénom : Lilys. Une enquête fut menée pour savoir d’où venait la jeune fille et sa famille fut prévenue. Personne ne vint.

Et le soir même, sous l’influence de la reine, le roi décida de mettre Lilys à mort.

Quelques heures à peine après la prononciation de la sentence, Pierre se faufila dans les geôles, assomma le geôlier et lui prit les clefs. Il ouvrit la cellule où Lilys était enfermée et la serra dans ses bras. Au creux de son oreille il lui murmura « On s’en va », elle déposa alors sur ses lèvres un baiser qui le fit rougir.

Ils réussirent à sortir subrepticement du cachot et à se rendre aux écuries. Afin de laisser de l’avance à Lilys, Pierre fit croire aux soldats qu’il avait vu la prisonnière s’enfuir en direction du Sud.

Une troupe de vingt soldats en arme se mit à la poursuite de la jeune femme.

Lilys fut dans un premier temps, tentée de rentrer chez elle, mais il y avait fort à parier que c’est le premier endroit que les soldats fouilleraient. Tandis qu’elle réfléchissait à une issue de secours, elle se dirigeait inconsciemment ou non, vers la tour désaffectée. Quand elle se rendit compte de sa destination, elle eut un mouvement de recul. Puis, considéra tout compte fait que l’idée n’était pas si mauvaise ; après tout, les soldats n’auraient pas l’idée de venir la chercher ici et la forêt tiendrait les curieux à distance.

La nuit se faisait de plus en plus fraiche et après quelques essais infructueux, Lilys parvint à allumer un feu et se nourrir de quelques baies qu’elle avait trouvé. Alors que le sommeil commençait à la gagner, un étrange murmure la maintenait éveillée. Elle crut d’abord à des hallucinations dues à son état de fatigue, mais elle se rendit à l’évidence : une voix doucereuse, venant de la forêt maudite, l’appelait.

Elle fixa l’entrée de la forêt et se concentra sur la voix qui l’encourageait à venir à elle. Comme envoûtée, Lilys se leva et pénétra dans les bois sombres.

Le chemin était difficile d’accès. Des arbres morts et des ronces, voilà la seule flore qui poussait en ce lieu maudit. Lilys avança péniblement avant d’arriver devant une caverne.

Elle s’arrêta.

La voix l’appela de nouveau : « Rejoins-moi Lilys » lui murmurait-elle. Effrayée mais déterminée, Lilys entra.

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