Chap 1 : Victor

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Je ne sais pas ce qui m'a pris de faire ça, mais me voilà à attendre dans le salon d'un inconnu. Enfin, inconnu, pas vraiment.

Putain, qu'est-ce qui m'a pris...

Quelques heures plus tôt.

Ce jour là, 10h30...

Depuis quelques jours, je communiquais avec un homme via les réseaux sociaux, plus âgé, je suis jeune et naïve à ses yeux. Tout avait commencé innocemment, avec un petit "Bonjour" timide ma part. Mais il avait été plus direct.

"Je peux t'offrir la nuit de tes rêves, et toi tu me permettras de me vider de mon stress. Gagnant-gagnant, poupée."

Mon cul ! Il me croit innocente, j'aurais aucun mal à me le taper. Okay, pardon, je ne devrais pas le dire ainsi. J'ai dix-huit ans, aucun expérience et toutes mes potes ont déjà eu de nombreux moments intimes, et moi rien. Donc là, c'est mon moment.

Et ce moment s'appelle Victor, il a vingt-sept ans et c'est un Apollon comme on en trouve pas deux. Avec ses cheveux blond un peu ondulé, ses yeux verts qui transpercent tes vêtements et te déshabille d'un haussement de sourcils, et il a des lèvres qui semblent être faite pour embrasser. Pis, il est grand et, croyez moi, sacrément bien gaulé. Il m'avait dit être un prof à la recherche d'un soulagement.

"Hell yeah, je passe sous le bureau quand vous voulez." lui avais-je envoyé, commençant la série d'ébats qui suivit.

Jusqu'ici, nous n'avions rien fait d'autre que de se chauffer par messages, et il est bien plus doué que moi à ça, pour mon plus grand plaisir (son très gros plaisir surtout). Je m'amusais à être assez... chieuse ? Oui, c'est ça. Le faire enrager, faire monter la pression dans ses veines et dans son pantalon, c'était facile derrière une écran.

"Bah alors, un prof parle d'une façon si malsaine à une fille qui pourrait être son étudiante...

"Qui t'as dit que ça ne m'excitait pas plus ?

Et voilà, maintenant je vais devoir assumer tous mes mots parce que monsieur veut me voir. Mais au fond, je savais que j'en avais envie.

"J'ai eu une dure journée, et il n'y a pas que ça qui dure. Viens au bar rue Cordelier, je t'y attendrais au comptoir pour 20h. Me fait pas attendre, poupée. Sois sexy."

C'est exactement pour ça que je ne le fus pas. C'est tellement plus drôle de le chercher. Ouvrant ma penderie, je trouve exactement ce dont j'ai besoin... Pour mes dix huit ans, pour une blague, mon meilleur ami m'a offert de la lingerie, un ensemble en dentelle noire qui laisse peu de place pour l'imagination. Je l'enfile et la sensation du vêtement lacé sur ma peau me fait frissonner de désir. C'est délicat et provocateur. Je prends la pose dans le miroir, prends mon temps et fais quelque photos. Mon téléphone vibre, c'est Victor.

"Ta loc dit que t'es encore chez toi ? Sérieux ?"

Je roule mes yeux et réponds, agacée.

"Une femme, ça s'attend, Victor."

"J'espère que l'attente vaudra le coup..."

"Je suis celle qui espère le plus."

Je mets mon téléphone de côté et choisis la tenue parfaite pour cacher ma lingerie. Quoi de mieux qu'un maillot extra large à manches longues et un pantalon baggy qui couvre mêmes mes chaussures. Je suis diabolique, je m'adore.

Je me dépêche enfin de rejoindre le bar et j'atteins sa devanture avec trente minutes de retard. L'enseigne "Bar la Rouge" clignote au-dessus de moi et je ne me sens plus si confiante maintenant. Je prends une grande inspiration et passe la porte. Je suis enveloppée par l'ambiance convivial et chaleureuse qui règne dans le Rouge. Il y a des rires partout, des couples qui profitent d'un moment et enfin, au comptoir, comme promis... Victor. Il est encore plus grand que ce que je pensais. Je déglutis et m'accoude à côté de lui, essayant d'être nonchalante. Rien que d'être là me rend nerveuse, et probablement plus excitée que je ne l'ai jamais été. Une petite voix me murmure dans l'oreille toutes les promesses de plaisir qu'il m'a fait.

Il se tourne enfin vers moi, et son regard me passe dessus, comme si mes vêtements ne cachaient en rien l'excitation qui s'évade de mon corps.

  • Je t'avais dit de t'habiller sexy et... te voilà. Quel effort...

J'ai presque honte de lui avoir désobéi, mais je me reprends. Oh, c'était le plan, pourquoi ça te fait cet effet là.

  • Parce que tu en as fais toi ? T'es plus basique que moi dans ta chemise et ton pantalon...
  • Je dois déjà porter l'uniforme de l'université où je bosse tous les jours, va pas croire que je vais en plus m'apprêter en dehors du travail.
  • Alors ne juge pas ce que je porte.

J'ai à peine fini ma phrase que ses mains passent sous mon t-shirt, et remontent assez haut pour caresser la lingerie qui couvre ma poitrine. Indignée, je repousse ses mouvements.

  • Oh, on est en public, connard ! Sois un peu plus gentleman, non ?

Mais il en fait que sourire, et c'est presque carnassier. Par le ciel, je viens probablement de ruiner ma lingerie pour ce sourire.

  • J'en étais sûr que cet accoutrement cachait quelque chose... Je le savais. Mh, lacé, n'est-ce pas ?

Je rougis, et commande une bière pour oublier cet affront bien singulier.

  • T'es vraiment un dalleux.
  • Dis celle qui me cherche dans l'espoir que je lui fasse pire que ce que j'ai pu lui dire. De nous deux, c'est toi qui as plus envie de moi que l'inverse.
  • N'importe quoi, c'est faux.

C'est parfaitement vrai. Je veux quitter ce bar et qu'il me ruine. Purée, je suis censée être une vierge, pas une dévergondée comme ça. Je soupire.

  • C'est de ta faute de toute façon.
  • Pardon ?

Sa voix grave me fait frémir et je sens ses lèvres près de mon cou. Son parfum, un truc sans doute cher au vue de la puissante odeur, se mélange à mon odeur à moi.

  • De ma faute ? Alors que tu me rends fou depuis des semaines ? Quand tu me supplies de t'apprendre à utiliser ton corps par messages ? Quand tu m'envoies ces photos de toi ? Dois-je te les mettre sous le nez pour que tu cesses de penser que je suis fautif ?

Mon cœur bat la chamade, son torse est pressé contre mon dos et ses mains me tiennent prisonnière contre le comptoir. Je suis coincée là, et je le sens qui se frotte à moi.

Comment suis-je censée penser à quoique ce soit quand il me fait tant de bien, alors qu'il ne fait quasiment rien.

  • Mh, madame n'ose plus parler ?

Il se recule enfin et je respire un grand coup. Cet homme est un monstre... Et le pire c'est qu'il s'est arrêté là. Il ne refait aucun geste pour me chauffer, me parle de sa vie, de ses élèves comme s'il ne venait pas de me faire vivre un des trucs les plus sexy de ma vie. C'est enrageant, mais je ne peux pas me plaindre, je lui ai fait le coup aussi... Il doit remarquer que je boude parce qu'il sourit d'un air trop malin.

  • Qu'est-ce tu m'veux ? je marmonne.
  • Rien, rien... Mais tu es frustrée, je me trompe ?
  • Je ne vois pas de quoi tu parles...

Et il ose me le faire encore, s'approcher de moi par derrière, mains sur mes hanches et ses lèvres contre mon oreille.

  • Je te vois te tortiller sur place... Tous ses vêtements t'embêtent, n'est-ce pas... ? Finissons de boire, et allons chez moi, veux-tu ? J'ai eu une longue journée, mais je ne suis pas contre te donner, disons une "leçon particulière"...
  • ... Okay, dépêchons-nous.

Je finis ma bière en une gorgée ou presque, mais le voilà qui prend son temps. Pas cette fois-ci, j'attrape son verre et le vide cul sec, avant de tousser fortement. Il se presse de me caresser le dos et me soutient par la taille.

  • Mon Dieu, il ne faut pas avaler mon whisky cul sec voyons...
  • Je pensais que tu prenais une bière, comme une personne normal... C'est un truc de vieux, le whisky...
  • Je te rappelle que je suis "vieux" selon toi. C'est pour ça que tu me désires.

Il a raison en plus. Mais trêve de parlotte, je le traîne dehors si rapidement qu'il a à peine le temps de payer nos consommations. L'alcool commence déjà à me monter à la tête et ça n'aide pas mon cas. J'ai l'impression d'être prit de bouffée de chaleur, ça me rend confuse et prête à faire des dingueries. Dès qu'il déverrouille sa voiture, je grimpe et m'installe sur le siège passager avant. Il s'installe au volant et commence à rouler vers son appartement. J'ai pas envie d'attendre, et mon taux d'alcoolémie me rend plus osée. Ma main caresse sa cuisse une première fois, et il freine si brutalement que je suis un peu projetée en avant. Il déglutit mais se remet à rouler.

  • Alors toi...

Mais ça ne m'arrête pas du tout, mais alors loin de là. Je continue mes caresses et je me surprends moi-même en remontant ma main jusque son entrejambe. Encore une fois, on manque de valser dans le décor.

  • Attends au moins chez moi avant que je nous tue à cause de tes gestes...

Mais je refuse, et c'est alors qu'il s'arrête à un feu rouge, prend la cravate qui traîne dans la boîte à gants (que fait-elle là, mystère) et m'attache les mains avec. Puis il se remet à rouler. La simple idée d'être ainsi prisonnière et restreinte me rend folle... Je le sens en moi, cet appel venant de mon bas-ventre, et cette chaleur proche de la lave qui embrouille mes sens. C'est délicieux. Je profite du reste du trajet pour l'observer, la nuit resplendissant sur son visage bien taillé. Je me surprends à imaginer cette même tête entre mes jambes, et ses mains qui serrent le volant sur mon corps, guidant mes mouvements alors qu'il s'enfonce en-

  • On est arrivé.

Je suis tirée de ma rêverie par sa voix qui semble essayer de contenir toutes ses défenses. Il m'ouvre la portière et prend ma main. Je ne suis pas déçue par sa maison. C'est simple, mais plutôt grand pour un gars qui vit seul.

  • Attends, t'es pas marié, hein ?
  • Jamais de la vie, j'ai juste beaucoup de chats.
  • Combien ?
  • Huit, et demi parce qu'il y a un chaton.
  • Oh, trop chou ! Je peux aller les voir ?
  • Demain matin, là je refuse d'attendre plus.

Son ton est final, je ne résiste pas. J'entre chez lui, et il me dit d'attendre sur le canapé le temps qu'il prépare un peu la chambre. Me voilà assise, à essayer de dégriser, pendant que mon plan cul de première fois prépare sa chambre pour nous.

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