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Il est noir, du sang qui sali les toiles vierges. Un trait droit et terrible qui a déchiré le ventre calme du Ṣĭfr et qui a fait saigner des myriades d’enfants malheureux, alignés sous la triste corde de deux lacs embrassés, l’icône de son empire sans fin.
Il est noir, et il murmure des mots-couleurs qui m’emplissent d’effroi. Il tait les temps paisibles où le serant ne pouvait blesser, pleurer et soupirer. Il fait fondre les neiges souillées du néant cave et quiet ; elles tombent du ciel crevé criblé cruoré, et pourtant, rien n’en demeure ici-bas.
Il fait noir, et tu es allongé et tu regardes fixement, tu scrutes ces points pâles ; tes yeux ne peuvent se détacher de ces cicatrices sublimes qui couvrent le Monde. Tristes stigmates qu’elles sont, elle saignent des larmes qui découpent le ciel et cette idée fend ton âme. C’est ce qu’il reste de l’avant qu’agoni le Moment.

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