Chapitre 7 - Des bulles chaudes et du foutre
Kylie me prend par la main sans demander mon avis, comme si j’étais déjà un objet qu’on déplace, et elle m’entraîne hors de la foule pendant que la musique continue de cogner derrière nous comme un cœur en train de faire un infarctus.
On traverse un couloir éclairé par des lumières trop basses, trop intimes, trop calculées, et je sens déjà que je vais me foutre dans un autre niveau de merde luxueuse.
Elle ouvre une porte vitrée.
Le jacuzzi privé est là, posé sur la terrasse comme une cuve de vice sous les étoiles.
L’eau bouillonne comme une bouche impatiente.
La vue sur l’océan est obscène, noire, immense, et la villa derrière nous respire encore la débauche.
Kylie enlève ses talons d’un geste sec, comme si elle jetait une arme inutile.
Elle me regarde.
Pas un sourire gentil.
Un sourire de salope qui sait exactement ce qu’elle fait.
« Tu crois toujours que tu contrôles ? » elle dit en faisant glisser sa robe le long de ses épaules.
Je sens ma gorge se serrer.
« Je contrôle toujours », je réponds, même si je sens déjà que je mens comme un abruti.
Elle entre dans l’eau sans pudeur, sans hésitation, et le contraste entre sa peau et la vapeur me fout une claque visuelle.
Je la rejoins.
L’eau est chaude, presque brûlante, et je sens immédiatement mon corps réagir comme un chien qu’on aurait lâché.
Elle s’approche.
Pas doucement.
Pas timidement.
Elle pose ses mains sur mon torse comme si elle vérifiait la marchandise.
Son regard descend, remonte, me déshabille sans politesse.
Je sens l’envie monter, sale, brutale.
Je veux la plaquer contre le rebord.
Je veux l’embrasser jusqu’à lui faire oublier son propre prénom.
Mais elle ne me laisse pas prendre le rythme.
Elle me touche, puis recule.
Elle chauffe, puis s’éloigne.
Elle me frustre avec une précision presque scientifique.
Je comprends que ce n’est pas un moment de passion.
C’est un test.
Aušra apparaît à la porte vitrée, silhouette blanche dans la nuit, et je sens la pression monter d’un cran.
Elle ne parle pas.
Elle observe.
Elle me regarde comme on regarde un chien qu’on a dressé et qu’on veut voir obéir.
Kylie glisse contre moi dans l’eau chaude, son corps contre le mien, et murmure à mon oreille : « Tu n’es pas venu ici pour être aimé. »
Je serre la mâchoire.
« Je ne viens jamais pour être aimé. »
Elle rit, un rire bas, sale.
« Non. Tu viens pour être utilisé. »
La phrase me frappe plus fort que n’importe quelle gifle.
Je sens que je pourrais la renverser, prendre le contrôle, montrer que je ne suis pas un putain de jouet.
Mais je reste là.
Je la laisse décider.
Je la laisse mener.
Je bande pour le fait d’être désiré par deux femmes qui savent exactement comment me faire perdre pied.
Aušra finit par entrer dans l’eau, lentement, sans un mot, et je me retrouve entre elles deux comme un abruti de luxe pris en étau.
Leurs regards se croisent au-dessus de moi.
Je ne suis plus le centre.
Je suis le projet.
Et dans cette eau chaude qui bouillonne comme ma connerie, je comprends que je suis en train de plonger dans un truc qui va me coûter beaucoup plus que ma dignité.
Mais je reste.
Parce que je suis assez con pour préférer me faire consumer que de retourner à ma vie tiède.
L’eau bouillonne autour de nous comme si la nuit elle-même avait envie de se foutre à poil, et je me retrouve coincé entre ces deux déesses toxiques avec la sensation d’être le seul connard à ne pas comprendre que je suis déjà à genoux.
Kylie se colle à moi comme une salope qui aurait décidé d’explorer chaque centimètre de ma connerie, ses mains glissent sur mon torse avec une lenteur calculée, pas pour me donner, mais pour me rendre dingue.
Aušra, elle, ne se presse pas, elle s’approche avec cette froideur qui donne envie de mordre, ses doigts passent dans l’eau, longent ma peau comme si elle testait la résistance d’un animal avant l’abattage.
Je bande pour la situation entière, pour l’électricité entre elles, pour la façon dont leurs regards se croisent au-dessus de mon épaule comme si j’étais un projet commun, une expérience de luxe.
Kylie attrape le visage d’Aušra et l’embrasse sans pudeur, sans timidité, comme deux salopes magnifiques qui savent exactement comment faire monter la pression d’un type déjà prêt à exploser.
Je les regarde se toucher, se dévorer, s’embrasser avec cette insolence tranquille des femmes qui n’ont pas besoin d’un homme pour exister.
Je ne suis pas indispensable.
Je suis un bonus.
Je suis un putain d’accessoire vivant.
Et ça me rend encore plus affamé.
Elles reviennent vers moi comme si j’étais le centre de leur terrain de jeu, leurs mains glissent, me chauffent, me provoquent, me tiennent à distance juste assez pour me faire perdre la tête.
Je veux prendre le contrôle.
Je veux les plaquer contre le rebord du jacuzzi et leur rappeler que je ne suis pas un jouet.
Mais chaque fois que j’avance, l’une recule et l’autre me retient.
Je suis manipulé comme un abruti de luxe.
Leur bouche se retrouve encore, leurs corps se pressent l’un contre l’autre pendant que je reste là, au milieu, à moitié dominant, à moitié humilié.
Je comprends un truc brutal.
Elles ne me veulent pas pour me donner du pouvoir.
Elles me veulent pour amplifier le leur.
Quand enfin je prends l’initiative, quand je les attire contre moi, quand je décide que je vais imposer mon rythme, je sens que ce n’est qu’une illusion.
Je les tiens, oui.
Mais c’est elles qui ont créé le moment.
Elles jouent entre elles pendant que je les touche.
Elles se chauffent pendant que je crois diriger.
Je suis la force physique.
Elles sont l’intelligence du vice.
La vapeur colle à nos peaux, l’eau éclabousse, la nuit avale nos silhouettes, et je sens mon ego fondre comme du sucre dans l’eau chaude.
Je me dis que je les prends.
Je me dis que je domine.
Mais au fond, je sais que je suis en train de me faire posséder par deux femmes qui orchestrent chaque seconde de cette saloperie luxueuse.
Quand la tension atteint son point de rupture, quand je sens que je vais perdre le contrôle complètement, je les regarde s’embrasser encore, leurs lèvres brillantes sous la vapeur, leurs regards brûlants, et je comprends que je ne suis qu’un déclencheur.
Pas le centre.
Pas le maître.
Un catalyseur.
Et pendant que je me vide de toute illusion de puissance, je comprends que ce jacuzzi n’est pas un fantasme.
C’est un piège doré où mon ego est en train de se noyer.
Et je reste.
Parce que je suis assez con pour confondre cette violence excitante avec une forme d’amour.

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