Chapitre 5.2 - L'ordre des précurseurs
Durant le même instant, au sein des entrailles de la ville, Aléanna avance avec agilité parmi la foule dense entassée face à l'ascenseur principal. La construction de la citadelle d'Arianna évoque un calice renversé : les quartiers pauvres en contrebas, le pilier central orné d'une fontaine monumentale et de plates-formes mobiles, puis les hauteurs réservées aux aisés et aux nobles. Ce jour-là, une agitation insolite règne. L'effervescence dépasse l'ordinaire.
— Une personnalité doit emprunter l'ascenseur, suppose-t-elle en examinant l'environnement.
Inconnu. Peu importe. Je dois trouver un ascenseur vacant, sinon je vais attendre des heures.
Elle évalue promptement les environs, à la recherche d'une plateforme sur le départ. La foule grossit. Subitement, son œil repère une plate-forme proche, presque prête à s'élever.
— Ce sera serré, mais jouable, se dit-elle avec un sourire malicieux.
Elle ajuste sa besace sur l'épaule, inspire profondément, et fonce.
Un homme avec un sac de grains — elle glisse sous son bras. Une femme aux paniers — elle pivote. Un enfant surgit — elle bondit. Une charrette branlante — elle se courbe juste à temps. Des gardes royaux bloquent le passage — elle se faufile entre eux comme un chat.
Plus que quelques mètres.
Elle bondit sur la plateforme, s'accroche aux cordes. L'adrénaline pulse.
— Waouh ! J'ai réussi !
Son rire s'étrangle. La foule la dévisage, hostile.
Elle esquisse un sourire gêné.
— Bonjour ! Désolée, je suis très en retard !
La plateforme s'élève lentement. Au milieu de ce désordre, elle ressent une étrange sérénité. Peut-être que le véritable défi n'est pas seulement d'être agile et rapide, mais aussi de savoir s'élever.
Avec un sourire satisfait, elle lève les yeux vers le sommet.
En gravissant les derniers étages, la jeune femme émerge sur l'immense terrasse surplombante. Une brise douce effleure son visage. Un azur pur strié de nuages indolents s'étire au-dessus d'elle, conférant à ce moment une saveur de liberté oubliée.
Mais cette sensation se dissipe vite. La cité fourmille de monde. Des exclamations fusent, les passants échangent avec vivacité.
— Tu as entendu ? C'est aujourd'hui que se tient la réunion. Les Atlantes sont déjà présents. Leur ambassadeur est arrivé.
— Je te parie qu'ils vont encore négocier pour retarder les livraisons. Ils veulent toujours plus en donnant moins, dit un vieux marchand qui ajuste ses sacs de céréales.
— Ce n'est pas si simple. Si l'accord est rompu, c'est notre puissance militaire qui en pâtira, répond une jeune femme, les bras chargés de parchemins.
Elle se faufile discrètement entre eux, roulant des yeux.
Encore ces histoires de noblesse et de politique... J'ai déjà donné avec mon éducation.
Au détour d'une ruelle, une boutique attire son regard. Des étagères remplies de livres anciens attisent sa curiosité. En s'approchant de l'entrée, une douce odeur d'encre et de vieux parchemins flotte dans l'air. Des piles d'ouvrages usés bordent les murs, des rouleaux anciens s'entassent comme des trésors oubliés.
Un vieil homme à la barbe grise lève les yeux de son comptoir.
— Bienvenue dans le sanctuaire du savoir, mademoiselle.
La chasseuse esquisse un sourire, les yeux déjà accrochés à une couverture vieillie montrant une hydre. Elle se perd dans les rayonnages, effleurant les tranches des ouvrages. Chaque titre semble éveiller une mémoire, une image, une idée : créatures oubliées, récits de chasse, écosystèmes exotiques, contes ésotériques sur des artefacts anciens.
— Vous avez une belle collection.
Elle pose une pile de trois livres sur le comptoir.
— Ah, ceux-là ? Vous avez l'œil ! Les jeunes préfèrent les histoires de guerre ou les récits romancés de chevaliers...
Il se penche vers elle, baissant la voix.
— Mais ces livres-là... ils sont bien plus précieux qu'ils en ont l'air.
— Je suis chasseuse et exploratrice. J'ai rencontré un événement étrange récemment. Je pense que ces ouvrages pourront répondre à mes questions.
Elle tapote la couverture d'un manuel sur les espèces disparues.
— Une chasseuse ? Vraiment ?
Tandis qu'il emballe les livres dans un sac de toile, son regard s'attarde sur le poignet de la jeune femme.
— Dites-moi... Ce bracelet que vous portez. Où l'avez-vous trouvé ?
Elle s'arrête net, interloquée.
— Mon bracelet ? Pourquoi cette question ?
Il se penche davantage, yeux brillants.
— Je connais un collectionneur qui paierait très cher pour un tel objet. Cinq cents pièces d'or, peut-être.
Cinq cents ? Pour un bracelet trouvé dans une ruelle ?
— Je vous remercie, c'est une belle somme, mais j'ai besoin de réfléchir.
Le sourire du vendeur se crispe.
— Mille pièces. Si vous acceptez maintenant.
Il insiste trop. Quelque chose cloche.
— J'ai dit non. Voici l'argent pour les trois livres.
Elle pose sept pièces de bronze sur le comptoir et saisit ses ouvrages.
— Deux mille, mademoiselle !
Le vendeur la suit jusqu'à la rue, criant dans son dos.
Mais elle disparaît déjà dans la foule.
— Je suis trop rapide pour toi, l'harceleur, se convainc-elle en constatant qu'il n'est plus derrière elle.
Poursuivant sa promenade dans les hauteurs de la cité, son esprit retourne sans cesse à l'étrange conversation avec le vieux marchand.
Pourquoi ce bracelet revêt-il une telle importance ?
Elle baisse les yeux vers son poignet, se remémorant la lueur orangée-marron qui avait jailli la veille au contact de l'objet. Un frisson lui parcourt l'échine.
Absorbée par ses pensées, elle ralentit le pas. Une sensation bizarre envahit ses tempes, comme un bourdonnement subtil résonnant dans son crâne.
Quelle est cette sensation ? Pourquoi je peux entendre toutes les conversations à cette distance ?
Sans même regarder, elle croit ressentir une silhouette se faufiler entre deux passants derrière elle. Elle se retourne brusquement : personne. Juste une vieille femme discutant avec un marchand d'artisanat.
— Je suis en train de perdre l'esprit..., murmure-t-elle en plissant les yeux.
Elle secoue légèrement la tête et reprend sa marche lorsqu'un individu vêtu d'une longue cape sombre la bouscule à l'épaule. Elle recule sous l'impact, mais il ne s'arrête pas.
— Hé ! crie-t-elle.
Il se retourne à peine, jetant un regard glacial dans sa direction avant de poursuivre son chemin.
— Un mot d'excuse serait trop demander ?
Elle souffle bruyamment pour calmer son irritation, consciente que ce n'est pas seulement l'homme qui l'énerve. Quelque chose ne tourne pas rond. Cette sensation étrange persiste. Le monde autour d'elle semble trop vif, trop précis.
La chaleur de la ville haute bat son plein. Un homme corpulent, richement vêtu, l'arrête soudain.
— Mademoiselle ! Vous ! Attendez !
Elle s'immobilise, surprise par le ton pressant.
Mais quoi, encore ? Pourquoi on vient m'embêter toutes les cinq minutes ?
— Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-elle en le dévisageant d'un regard méfiant.
L'homme essuie son front en sueur avec un mouchoir en dentelle avant de s'approcher.
— Avez-vous vu un homme étrange passer par ici ? Grand, une cape sombre, le visage à moitié dissimulé... Il m'a volé un objet très précieux.
La chasseuse plisse les yeux, réfléchissant une seconde.
— Oui, un individu avec une cape m'a bousculée en courant il y a deux minutes. Pas un mot d'excuse.
Elle indique une allée sur la droite.
— Il a pris cette voie, j'en suis certaine.
— Par le roi, merci ! s'exclame l'homme.
Elle esquisse un demi-sourire.
— Combien vous payez si je réussis à récupérer votre bien ?
Le noble écarquille les yeux, surpris par son audace.
— Ne vous mettez pas en danger, jeune fille, mais... une pièce d'or.
Elle hausse les épaules avec un petit sourire amusé.
— Et à quoi ressemble votre bien ?
— C'est un petit médaillon d'or, rond comme une pièce, que l'on peut ouvrir.
— L'affaire est réglée. Restez ici.
Elle place les ouvrages dans ses mains sans autre explication.
Sans attendre davantage, elle fait demi-tour et s'élance dans la direction indiquée. Son corps se faufile naturellement entre les passants, ses réflexes de traqueuse prenant le dessus.
Ses sens sont en éveil. Son instinct lui crie qu'elle approche de quelque chose... de singulier. Son cœur bat plus vite, pas de crainte, mais d'excitation.
Une poursuite urbaine. Voilà un défi amusant.
Autour d'elle, les cris s'entremêlent en une cacophonie assourdissante. Elle zigzague entre eux, sa concentration totale, ses yeux en alerte.
— Impossible de distinguer quoi que ce soit dans ce chaos, grogne-t-elle entre ses dents.
Elle repère un petit muret de pierre non loin, grimpe dessus d'un bond agile et se redresse pour dominer la foule. De là-haut, elle distingue une artère principale qui s'étend jusqu'à un château, tout au loin. Des étals colorés débordent de marchandises.
— Allez, approchez ! Plumes d'Argentavis pour cet hiver ! crie un marchand au loin.
— Rien. Aucune silhouette ressemblant à ma cible...
Soudain, elle aperçoit une cape sombre dissimulée dans un tas de paille. D'un bond gracieux, elle s'élance depuis le muret, atterrissant six mètres plus loin.
C'est la même qu'il portait... j'en suis sûre. Personne n'abandonnerait cette tenue. Cela signifie que l'objet qu'il a dérobé doit valoir très cher.
Perdue dans ses pensées, elle porte instinctivement une des manches sous son nez, comme par réflexe, puis renifle. Une odeur subtile et singulière lui monte aussitôt aux narines : cuir vieilli, musc, avec une étrange note métallique.
Ignorant les passants qui la regardent, elle ferme les yeux un instant. Elle inspire profondément à nouveau, tentant de capter la direction de cette odeur étrange.
Je ne comprends pas ce qui m'arrive, mais je sens distinctement son odeur.
Brusquement, elle se remet à courir, serrant la cape dans sa main comme un trophée de chasse. Chaque pas la rapproche du frisson de la traque, comme dans les forêts denses ou les vallées escarpées.
Tu ne m'échapperas pas. La traque est ma spécialité.
La jeune femme traverse la foule en sautant à travers chaque étal. L'odeur de sa cible la guide comme un fil invisible.
Il est proche.
Les venelles s'enchaînent, les visages défilent, mais elle ne se laisse pas distraire. Puis, au détour d'un passage étroit, elle l'aperçoit. L'inconnu avance nonchalamment, les mains enfouies dans ses poches, cherchant à se noyer dans l'anonymat de la cohue.
Trop tard, voleur.
Elle accélère le rythme et le rattrape en quelques foulées. Elle lui barre le chemin sans hésiter.
— Fin de la course, le voleur. Si ta mère t'avait éduqué à la politesse, je ne me serais pas donné autant de mal pour te retrouver.
L'homme sursaute, les yeux écarquillés. Il se retourne lentement, une moue narquoise aux lèvres.
— Petite, tu es tombée sur la tête ? Tu penses pouvoir m'arrêter, toute seule ?
Elle ne répond que par un regard dur, inébranlable.
— Je te propose une sortie sans humiliation. Refuse, et je te couche.
L'homme éclate d'un rire grinçant. Il sort alors une lame de sa poche, la faisant briller à la lumière du jour.
En un clin d'œil, il se jette sur elle, arme levée.
Le monde ralentit.
Qu'est-ce que... ?
Elle voit chaque détail : la tension de ses muscles, la trajectoire du couteau, l'angle de l'attaque. Trop d'informations. Son cerveau hurle. Elle pivote instinctivement — trop tôt. La lame frôle son épaule, déchire sa manche.
Merde !
Mais son corps réagit avant son esprit. Sa main jaillit, percute le menton de l'homme. Plus fort qu'elle ne le voulait. Il vacille, ses jambes flageolent sous l'impact, puis il s'écroule lourdement sur le sol, les mains serrées contre sa gorge, haletant.
Elle recule, tremblante.
J'aurais pu le tuer. Qu'est-ce qui m'arrive ?
Ses mains tremblent. Un vertige la saisit — contrecoup de l'adrénaline, ou du pouvoir qu'elle ne contrôle pas.
Elle ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits. D'un geste vif, elle s'approche et arrache le pendentif dissimulé sous sa chemise, le glissant rapidement dans sa poche.
— Ne pleure pas, petit voleur. Tu ne mourras pas. Mais la prochaine fois que tu me bouscules sans t'excuser, tu finiras au fond du fleuve Olaus avec les Sarcosuchus pour te tenir compagnie.
Le pendentif en sa possession, elle tourne les talons et s'éloigne d'un pas rapide, laissant l'homme suffoquant derrière elle.
Elle rejoint le noble, le pendentif tendu vers lui.
— Voici votre bien. Comme s'il n'avait jamais quitté votre cou.
Le noble s'empare du pendentif, l'ouvre avec précaution et soupire de soulagement en observant l'intérieur. Il lève les yeux vers elle, une lueur de gratitude dans son regard.
— Merci, jeune fille, dit-il en lui tendant une pièce d'or avec ses livres. Cela devrait récompenser votre courage et votre honnêteté.
La chasseuse examine la pièce, équivalente à plusieurs semaines de salaire. Elle lève ensuite les yeux vers le noble, intriguée par l'objet dans sa main.
— Qu'est-ce donc que ça ? On dirait un tableau peint, mais plus réaliste.
Le noble sourit, amusé par son innocence.
— C'est une photographie, un art qui capture la lumière pour immortaliser les instants. Vous devriez voir ces merveilles de vos propres yeux, un jour.
Elle hoche la tête, fascinée, tandis qu'elle glisse la pièce d'or dans sa poche.
— D'où ça provient ?
— Dans la nation de Neuter, vous y trouverez d'incroyables inventions, comme la photographie.
Son esprit s'emballe déjà à l'idée de ces découvertes.
— Neuter... Je n'y suis jamais allée. Leur avance technologique sur nous est impressionnante... Peut-être devrais-je m'y rendre un jour.
Le noble acquiesce avec un sourire énigmatique.
— Qui sait ? Peut-être que nos chemins se croiseront là-bas.
Il replace son pendentif autour du cou.
— Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai des affaires pressantes à régler. Prenez soin de cette pièce, elle pourrait vous ouvrir bien des portes.
Elle sourit, serrant la pièce d'or dans sa main.
— Merci, Monsieur. Je n'y manquerai pas.
Elle observe le noble s'éloigner, son esprit déjà ailleurs, rêveur et avide de nouvelles explorations.
Il est temps de rentrer, pense-t-elle en s'étirant, bâillant.
Après avoir dévalé les marches usées de la citadelle, elle parvient enfin devant sa demeure. Une modeste maison, bâtie de pierres grises et de poutres robustes, au milieu d'un quartier pauvre. Le toit de chaume, légèrement penché. La porte en chêne, ornée de ferrures anciennes, attend patiemment son retour.
À des lieues de là, sur le plateau de la citadelle, un édifice se dresse au milieu d'une place déserte, ses murs imposants et sévères captant les derniers rayons du jour déclinant. Zeronne franchit la lourde porte, le cœur battant à tout rompre. Ses pas résonnent sous la voûte majestueuse, tandis que des murmures lui parviennent depuis l'autel. Au centre de la pièce, deux silhouettes se tiennent face à lui. Hilaris observe le chevalier noir avancer vers eux, tandis qu'une seconde personne reste dissimulée derrière une étoffe aux reflets changeants selon la lumière.
— Zeronne, déclare Hilaris d'une voix qui porte sans effort, nous avons un problème.
Un frisson parcourt l'échine du guerrier. Sa gorge se serre.
— Toi non plus, tu n'as pas retrouvé le bracelet de Topaze ?
— Pire que cela. Une nouvelle personne s'est emparée de l'objet. Elle a blessé un homme durant une altercation en pleine rue.
Les poings de Zeronne se serrent. Ses épaules se raidissent.
— Flostia n'est plus avec toi ?
— Elle est toujours à la réunion. J'ai préféré gagner du temps et poursuivre les recherches.
Une voix féminine s'élève de derrière la capuche, douce mais empreinte d'une autorité glaciale.
— C'est une jeune femme nommée Aléanna qui s'amuse à utiliser son pouvoir en pleine rue, poursuit-elle en agitant ses mains avec agacement.
Le Précurseur baisse la tête, mâchoire contractée.
— Une innocente de plus maudite par notre faute... Nous n'avons pas été assez rapides. Calilus, sais-tu où elle se trouve ?
La mystérieuse femme esquisse un sourire qui éclaire son visage et révèle ses cheveux blonds, savamment tressés en une couronne.
— Oui, elle réside au huitième étage du pilier de la citadelle, rue des Achatina, dans une maison en pierre grise. Ainsi, vous pourrez la tuer durant son sommeil.
Il relève brusquement la tête, les yeux écarquillés.
— Tu es folle ! Nous sommes les protecteurs du monde, pas des assassins !
— Si vous voulez vous compliquer la vie, ça ne regarde que vous. Vous n'aurez de toute façon pas mon aide, dit-elle en ravalant son sourire.
Hilaris, tout en croisant les bras, pose une question :
— Tu ne veux pas nous aider ?
— Je traque un ennemi de notre ordre très puissant, il est prioritaire sur votre petite mission. Si je me montre, ma mission échouera.
— D'accord, je comprends. Zeronne, je viens avec toi. On va faire ça vite.
— Non merci, Hilaris. Je vais m'y rendre seul. On connaît ta patience pour les conversations avec d'autres « êtres humains », dit le chevalier noir sur un ton ironique.
Calilus étouffe un ricanement derrière sa main. Hilaris lance un regard noir à son compagnon avant de répondre :
— Très bien. Alors je vais aller chercher Flostia. Nous te recontacterons pour fixer un nouveau lieu de rendez-vous.
Zeronne hoche la tête et se dirige vers la sortie du temple. Ses pas résonnent sur les dalles de pierre. Avant de franchir le seuil, il s'immobilise et se retourne vers Calilus.
— Cette fille... Aléanna. Tu es certaine qu’elle a utilisé Topaze ?
Calilus déploie un parchemin et en parcourt brièvement le contenu, rédigé sous forme de rapport.
— Aucun doute, « Manifestation des pouvoirs confirmée ». C’est trop tard.
Le chevalier noir acquiesce. Sa main se referme sur le pommeau de son épée sombre. Un instant, son regard se perd dans le vide, comme s’il pesait une décision difficile.
— Si elle refuse de te donner Topaze, que vas-tu faire ? demande-t-elle.
Il ne répond pas immédiatement. Le silence s’étire, lourd de sens.
— Je ne lui laisserai pas le choix.
Puis, il disparaît dans la nuit.

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