Chapitre 6.1 - Le jugement du roi
Ouvrant la porte en chêne de sa maison, Aléanna entre dans la pièce et pose délicatement sur la table les livres achetés. Le parfum sucré d'une orange fraîche flotte dans l'air. Son père, installé dans son fauteuil, termine de l'éplucher.
— As-tu trouvé quelque chose d'intéressant ? demande-t-elle, brûlant d'impatience
Son père la regarde avec un sourire en coin, tenant encore l'orange à moitié épluchée.
— Tout d'abord, ma chérie, as-tu rapporté ce que je t'avais demandé ?
Aléanna désigne la table où s'étalent les livres.
— Parfait, je crois pouvoir trouver des réponses en parcourant ces ouvrages.
— Dis-moi ce que tu as découvert aujourd'hui.
Il détache un quartier d'orange et le mange, plongé dans ses notes. Puis, fronçant légèrement les sourcils, il répond :
— Alors, pour le Qianzhousaurus, c'était très intéressant. Mais cette histoire de fleuve gelé en pleine saison chaude... C'est étrange.
— Oui... Moi non plus je ne comprends pas.
Son père détache un nouveau quartier d'orange et lève lentement les yeux vers elle. Son regard se fait plus grave.
— En observant les tissus du Carnotaurus carbonisé que tu m'as rapporté, j'ai remarqué quelque chose de troublant.
Intriguée par le ton sérieux de son père, elle s'approche. Le père pose l'orange sur la table, repousse les papiers et tire un petit plateau métallique contenant des fragments de peau noircis sous une loupe.
— Regarde... C'est comme si le tissu avait commencé à chauffer depuis l'intérieur de son corps.
La jeune femme se penche pour observer, perplexe.
— Chauffée à l'intérieur ? Tu veux dire que cet animal a été « cuit » ?
Son père hoche lentement la tête avant d'ajouter, horrifié :
— Exactement. Il a subi un phénomène thermique ultra-rapide, une chaleur si intense que sa peau s'est fendillée sous pression.
Fronçant les sourcils en voyant son père manipuler les pinces, elle demande :
— Qu'est-ce qui a provoqué cela ?
Ce dernier se redresse lentement et prend l'air pensif.
— Je n'exclus rien. Si c'était un phénomène naturel... sans trace de combustion classique ni résidu chimique... Cela défie mes connaissances. Peut-être une technologie avancée Atlante...
Aléanna hoche lentement la tête pour marquer sa compréhension avant qu'un soupir ne s'échappe de ses lèvres.
— Ma seconde hypothèse est en lien avec le destin d'un village qui a été détruit.
Il observe une pause avant de reprendre, le visage empreint de gravité :
— D'après les histoires populaires, tous les villageois sont retrouvés brûlés sans la moindre marque de combustion. Leurs demeures pulvérisées par une puissance inexplicable... « Un fléau ».
Aléanna suspend sa respiration.
— Brûlés de la même façon que le reptile ? Sans aucune trace de feu naturel ?
Le père répond avec un regard empli d'une sombre certitude :
— Ils ont brûlé depuis l'intérieur de leur corps. Tous les habitants et les animaux... sauf un survivant...
— Qui a survécu ? Dit fermement Aléanna dont le tapotement du pied au sol signe son impatience.
— Le seul survivant se fait appeler le Chevalier Noir. On dit qu'il a permit de vaincre le fléau.
— Et, les « histoires populaires » n'expliquent rien d'autres ? Je dois conclure que c'est « magique » ?
Le silence s'installe dans la pièce, seulement brisé par le grésillement léger d'une lanterne à huile posée près du bureau.
Aléanna secoue la tête, haussant un sourcil avec un léger sourire ironique.
— Je vais être franche... ta première hypothèse avec les Atlantes et leur technologie avancée me semble bien plus plausible. Ton histoire de village carbonisé et du chevalier noir charismatique vainquant une menace dont on ne sait rien... on croirait entendre une légende pour enfants.
Son père se met à rire doucement, tapotant du doigt sur le carnet devant lui. Alors qu'ils discutent encore, le père d'Aléanna est pris d'une quinte de toux violente. Il se plie légèrement en deux, une main contre la table pour garder l'équilibre, l'autre portée à sa bouche.
Sa fille, alarmée, s'approche et tend la main fermement en tapotant avec force dans le haut du dos.
— Papa, tu vas bien ? Demande-t-elle inquiète
Il lui fait un petit signe de la main, comme pour balayer sa peur d'un revers.
— Oui, oui...C'est... le travail dans les mines qui n'est pas toujours facile
Il se redresse lentement, reprend son souffle, le teint un peu pâle. Il prend une gorgée d'eau sur le coin de la table avant de reprendre, d'un ton las :
— On doit charger trois fois plus de minerai ce mois-ci.
Aléanna écarquille les yeux, choquée par l'ampleur de la charge de travail.
— Trois fois plus ! Mais bon sang... Que fait le roi ? Il vous fait travailler comme des bêtes pour une misérable bouchée de pain !
Son père esquisse un haussement d'épaules empreint de résignation teintée d'amertume.
— Cela doit sans doute concerner la visite de l'émissaire Atlantéen aujourd'hui. Il souhaite probablement exhiber sa puissance, démontrer que tout fonctionne à merveille ici. D'ici quelques jours, les quotas reprendront leur cours normal.
Aléanna observe un silence avant qu'un soupir ne s'échappe de ses lèvres.
— Papa... Ne souhaiterais-tu pas renouer avec ton passé ? Reprendre tes recherches scientifiques là où tu les avais abandonnés ?
Son père l'enveloppe d'un regard empreint de tendresse et effleure doucement sa chevelure en murmurant :
— C'est très aimable à toi, ma chérie... Mais j'avais tourné cette page. Depuis le départ de ta mère... La travail dans la mine nous rapporte de l'argent.
Sa voix se trouble légèrement avant qu'il ne détourne les yeux pour dissimuler son émotion.
— Elle me manque aussi... murmure-t-elle en baissant les yeux vers un souvenir exposé sur l'étagère : la plume d'un animal de contrées lointaines.
Son père lève alors les yeux vers elle et lui fait signe de s'approcher. Aléanna le rejoint, sentant son cœur se gonfler sous une vague de tendresse quand il l'enlace brièvement.
— J'avais peut-être suspendu mes travaux... mais en croisant le chemin de ta mère, j'ai trouvé un trésor inestimable. Toi, ma fille.
Un sourire ému illumine son visage avant que le sommeil n'emporte son père, terrassé par la fatigue. Aléanna quitte la pièce d'un pas léger, encore réchauffée par l'échange affectueux qu'elle vient d'avoir avec son père.
Gravissant quelques marches, elle entre dans la salle de bain, enveloppée d'une atmosphère sereine et réconfortante. L'eau chaude de la baignoire en bois cerclée de métal dégage des volutes de vapeur qui s'élèvent doucement vers les poutres du plafond. Ces traces éphémères témoignent que son père a précédé son arrivée. Elle tourne le levier de distribution de l'eau chaude, libérant davantage de vapeur dans la pièce. Elle accroche sa tenue à un porte-vêtement, retire lentement ses bottes poussiéreuses et ses sous-vêtements, puis se dirige vers la baignoire. Lorsqu'elle s'immerge enfin dans l'eau chaude, un soupir de soulagement s'échappe de ses lèvres. La fatigue de la journée semble se dissoudre peu à peu. Les muscles tendus par la traque, le combat et les révélations du jour se relâchent. Elle lève les yeux vers le plafond en bois sombre, se laissant porter par le silence et les odeurs familières de savon aux herbes. Dans cette pièce figée dans le temps, Aléanna sent qu'elle peut, l'espace d'un instant, vider son esprit. Ses paupières se ferment tandis que son souffle ralentit... jusqu'à ce qu'une voix moqueuse, claire comme le cristal, brise le silence :
— Je le savais... une primate bipède glabre.
Aléanna sursaute si brusquement que l'eau jaillit hors de la baignoire. Elle bondit dans un grand splash et plaque ses bras contre sa poitrine, le visage rouge de colère.
— Qui... Qui a dit ça ?! Montre-toi !
Elle reste figée un moment, tremblante, luttant contre le froid qui lui mord l'échine. Après quelques secondes de silence, elle glisse à nouveau dans l'eau, ne laissant dépasser que ses yeux.
— Bloup... ma parole... je perds la tête... se murmure-t-elle, la voix dissoute dans l'eau.
Mais alors qu'elle s'apprête à repousser cette étrange hallucination, la voix retentit de nouveau, narquoise et parfaitement audible :
— Non, tu ne perds pas la tête. Je suis bel et bien là.
— AAAAAHHH ! hurle-t-elle.
Elle s'exclame sous le coup de l'émotion, jaillit de la baignoire avec fracas. Elle dérape, parvient à se retenir péniblement, la fureur surpassant toute pudeur.
— Nom d'un Stégosaure ! Où es-tu, espèce de pervers ? Je vais t'apprendre à mater une femme pendant qu'elle prend son bain !
Elle fouille la pièce du regard. Ses pieds mouillés claquent sur le sol détrempé. Chaque recoin, chaque ombre est suspect. Une lueur incendiaire traverse son regard.
La voix, amusée, résonne à nouveau :
— Allons, allons... quel tempérament. Je ne regarde rien. Je suis juste... dans ta tête.
— « Dans ma tête ? » demande Aléanna
Au moment où elle tente de comprendre l'origine de cette voix, la porte de la salle de bain s'ouvre lentement. Paniquée et persuadée qu'un pervers entre sans permission, Aléanna attrappe une petite bassine en bois posée au sol et la lance de toutes ses forces vers l'ouverture. Le projectile traverse la salle d'eau et frappe son père en pleine figure. Il s'écrase au sol, sonné, les bras écartés, la bassine roulant à côté de lui. La stupeur gagne la chasseuse. Elle écarquille les yeux, plaque une main sur sa bouche :
— Oh non... Papa !
Elle s'enveloppe hâtivement dans un drap de bain, laissant ses mèches ruisseler, et se précipite vers son père. Ce dernier se redresse péniblement, la main posée sur son visage.
— Aïe aïe aïe... Qu'est-ce qu'il t'a pris ?
Pétrifiée, elle est incapable de révéler l'existence d'une voix dans sa tête. Un nœud se forme dans sa gorge tandis qu'elle invente une explication hâtive :
— J'ai vu une énorme araignée... Elle m'a surprise et j'ai paniqué.
— Toi, ma fille... Tu t'es effrayée d'une simple araignée ? Un mégalodon, passe encore, mais une araignée ?! Avec tout le bruit que tu faisais je me suis inquiété.
Il lui lance un regard mi-rieur, mi-exaspéré, puis se détourne vers le couloir.
Après s'être séchée et vêtue, Aléanna quitte la salle de bain. Elle parcourt le couloir en silence, puis regagne sa chambre, refermant la porte derrière elle. La lueur atténuée des lanternes instaure une atmosphère douce et feutrée, idéal à la détente. Elle s'installe sur son lit, les jambes croisées. Levant les yeux au plafond, elle dit :
— L'heure est venue de clarifier la situation.
D'une voix hésitante, elle chuchote :
— Montre-toi.
Rien ne se passe.
— Esprit, es-tu là ?
Aucune réaction. Quelques secondes s'écoulent. Se laissant choir sur le lit, les bras en croix, les yeux rivés au plafond comme pour percer l'invisible, elle établit une constatation rigoureuse :
— Je suis vraiment idiote de parler à un plafond...
La voix retentit de nouveau :
— Oui, je confirme, tu as l'air complètement idiote là.
Aléanna se redresse d'un bond, les yeux grands ouverts.
— Tu es où ?! Montre-toi, parasite de l'esprit !
— Je n'ai pas de corps. Mais si tu veux me voir, regarde ton bracelet.
Aléanna baisse les yeux vers son poignet gauche. Ce bracelet... du métal noir et une pierre orangée... serait-il la source de mes tourments ?
— Donc, tu n'as ni corps, ni bouche. Tu peux m'expliquer comment tu fais pour parler ? Dit-elle sur un ton pragmatique.
— Ah, on ne m'a jamais posé cette question.
Aléanna attendant une explication fini par perdre patience :
— Alors ! Tu ignores mes questions ?
— Absolument ! Tes interrogations frôlent le ridicule ! C'est comme si je te demandais pourquoi vous, les primates, vous mangez alors que vous allez déféquer après.
Un silence gênant s'installe. Puis la pierre orangé reprend, d'une voix presque candide :
— À propos... Cela fait-il mal ?
Aléanna cille, stupéfaite par cette question.
— Cette conversation est vraiment d'un médiocre niveau... Dis-moi comment tu t'appelles « pierre orangée »
— Je suis Topaze. Un éclat de ce que vous nommez « Dieu ». Et attention : pas le moindre d'entre nous ! Je suis le plus puissant !
Aléanna plisse les yeux, perplexe.
— Un... éclat ? Et tu prétends être un dieu ? Moi je ne vois qu'un bijou sans bouche très bavard...
— Tsst... Je suis loin d'être un simple accessoire de mode. Je suis bien plus que cela. Mais poursuis donc tes interrogations insignifiantes, ça me fera passer le temps.
Aléanna reste figée un long moment, le souffle court. Une voix... Dans ma tête. Qui prétend être un dieu. C'est impossible. Les artefacts magiques n'existent que dans les légendes pour enfants... Non ?
Elle tente d'arracher le bracelet, tirant sur le métal de toutes ses forces. Rien. Il ne bouge pas d'un millimètre.
— Tu perds ton temps, primate prétentieuse. Nous sommes liés maintenant.
Aléanna sent sa gorge se serrer. Liés ? Pour combien de temps ? À vie ? Une sueur froide perle sur son front.
— Je... je ne veux pas de toi. Pars. Sors de ma tête.
Un silence. Puis, d'une voix étrangement douce :
— Impossible jeune humaine.
Aléanna inspire profondément. Je n'ai pas le choix, je vais devoir comprendre ce qu'il se passe avant d'agir.
— D'accord... Alors explique-moi. Quel est ton pouvoir ?
— Une question pertinente. Bien sûr que tu peux utiliser mon grand pouvoir.
Elle se lève du lit, son excitation surpassant son scepticisme initial puis, fait les cent pas dans sa chambre, trop excitée pour rester immobile.
— Refaisons le point. Tu es une entité divine enfermée dans un bijou et qui donne des pouvoirs à son porteur ? demande-t-elle rapprochant d'un geste impatient le bracelet de sa bouche.
— Bravo Aléanna ! Poursuis ainsi, ta perspicacité me comble, dit la pierre d'un ton sarcastique.
Sans se laisser distraire par ses remarques acerbes, elle continue d'examiner l'objet avec attention.
— Dis-moi... Tu n'es pas le seul ? Il y en a d'autres ? Es-tu vraiment le plus puissant ?
— Rassure toi, les autres fragments ne sont que de minables cailloux à côté de moi.
Topaze tarde à répondre, jouant sur la montée d'intérêt de sa détentrice.
— Tu es loin du compte. Mon don dépasse largement ce que tu imagines.
Aléanna s'arrête net, les sourcils froncés.
— Alors ? Parle ! Quel est ton pouvoir ? Je peux lancer des flammes ? Voler dans les airs ? Avoir une force titanesque ? Ou alors... je peux arrêter le temps ?
Un silence théâtral précède la réponse.
— Mon pouvoir est l'amplification des sens.
Aléanna cligne des yeux. Elle ouvre la bouche, la referme, puis la rouvre à nouveau, cherchant ses mots.
— Attends une seconde... les sens ? Tu veux dire entendre ? Voir ? Entendre ?
Elle marque une pause. L'enthousiasme s'éteint en un instant.
— Est-ce une plaisanterie ? C'est nul comme capacité !
La gemme s'embrase d'une lueur orangée, pulsant avec une intensité croissante. Tel un cœur battant, elle semble exprimer une colère sourde.
— Primate prétentieuse... Ne rabaisses plus jamais mon don au rang de simple babiole !
Aléanna recule d'un pas, un peu surprise par l'irritation du bracelet.
— Excuse-moi, mais tu ne peux pas m'en vouloir. Tu m'annonces être une entité divine, et tu m'offres des sens améliorés ?
— Pas seulement des sens, idiote ! C'est ta perception du monde qui est plus grande !
Il énumère.
— Tu peux entendre une goutte tomber au bout d'un couloir, voir dans l'obscurité la plus totale, détecter les mensonges, percevoir les battements de cœur, les vibrations du sol...
Aléanna, bouche bée, reste figée un instant. Peu à peu, son expression s'adoucit. Un sourire naît au coin de ses lèvres.
— Je ne suis pas vraiment convaincu pour l'instant.
Elle sourit.
— J'aurais quand même préféré pouvoir voler dans les airs.
— Sotte petite ingrate ! murmure l'objet.
Alors qu'Aléanna s'apprête à répondre à Topaze, elle perçoit un changement dans sa voix. Lui, d'habitude si impertinent et sarcastique, semble troublé.
— Je me sens un peu nauséeux tout à coup...
Sa voix résonne étrangement plus sourde qu'à l'accoutumée.
Aléanna fronce les sourcils.
— Comment un bracelet peut-il être nauséeux ?
— Tais-toi et reste concentrée ! rétorque Topaze avec urgence. Une présence. Je la sens se rapprocher. Sombre, hostile...
La soudaine gravité de l'artefact la fige sur place. Elle esquisse une interrogation, mais les paroles s'étranglent dans sa gorge au son d'un martèlement sec de trois heurts contre le battant de l'entrée. Ce bruit résonne à travers toute la maison, brisant la tranquillité presque sacrée du soir.
— Cela fut rapide, chuchote-t-elle, anxieuse.
Elle s'extirpe en hâte de sa chambre. Le parquet gémit sous ses pas précipités tandis qu'elle dévale les marches étroites. Parvenue au couloir principal, elle distingue la silhouette de son père qui se dirige déjà vers l'entrée, sa main effleurant la poignet avec l'aisance de celui qui ne redoute nulle menace. Pourtant, l'éclat vacillant de Topaze à son poignet s'atténue progressivement, semblable à un avertissement muet. Aléanna, saisie de stupeur, reste un instant figée. Arrête-le ! rugit la voix dans sa tête. Empêche-le d'ouvrir cette porte ! La jeune femme étouffe un cri derrière ses doigts tremblants, sentant son pouls s'emballer. Son père entrouvre lentement la porte, les gonds grinçant dans le silence nocturne. Devant lui se tient un jeune homme blond, vêtu d'une armure noire au style singulier, élégant et austère. Sa fine cape écarlate frémit doucement sous la brise nocturne. Les deux hommes échangent un regard silencieux. Puis, dans un geste empreint de courtoisie, le jeune homme s'incline légèrement.
— Excusez-moi de vous déranger à une heure aussi tardive, déclare-t-il d'une voix calme, presque gênée. Je cherche une jeune femme, cheveux châtains, et s'appelant Aléanna. Ce ne serait point votre fille, par hasard ?
Le père fronce légèrement les sourcils, puis tourne la tête, apercevant sa fille debout dans le couloir, mi-cachée par l'embrasure de la porte. Elle observe la scène, visiblement sur ses gardes. Le jeune homme, la repérant aussitôt, esquisse un léger sourire, presque imperceptible.
— C'est vous mademoiselle. J'aimerais vous parler, s'il vous plaît, déclare-t-il d'une voix rassurante, un sourire apaisant aux lèvres.

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