Chapitre 7.3 - L'épreuve du feu

13 minutes de lecture

Continuant de l'observer, ce dernier manipule la capsule avec sang-froid. Puis, sans un mot, il actionne un bouton dissimulé au niveau de son épaule droite. Un cliquetis métallique résonne, suivi d'un grincement mécanique, tandis qu'un compartiment s'ouvre dans sa prothèse. Les yeux de la jeune femme s'agrandissent sous ce spectacle étrange.

Restant immobile, son adversaire introduit la capsule dans le logement avec une rigueur millimétrique, réalisant des mouvements circulaires d'une justesse calculée. Le compartiment se verrouille dans un claquement net. Aussitôt, des éclats lumineux jaillissent sur le bras articulé, soulignant des motifs complexes d'une lueur émeraude. Une vibration électrique emplit l'atmosphère, semblable au réveil d'une machine. Un brouillard diaphane émane de la jonction entre l'épaule d'Hilaris et le membre mécanique, intensifiant l'ambiance troublante.

— Astralyth concentrée, annonce-t-il d'un ton glacial. Ça décuple la puissance des machines Atlantes.

Aléanna, toujours en position défensive, ne perd pas la vue sur cette métamorphose qui se déroule, oubliant même de ciller.

La main de la prothèse se serre avec une vigueur telle qu'un souffle puissant jaillit des doigts métalliques, balayant le brouillard alentour.

— Prépare-toi, déclare-t-il, sa voix aussi glaciale que l'acier.

Il bondit. Subitement, le monde autour d'elle semble ralentir. Aléanna distingue le poing fendre l'air avec une netteté troublante. Plus vite. Beaucoup plus vite qu'auparavant. Le bracelet à son poignet s'embrase, brûlant presque sa peau. Bouge ! Elle plonge sur le côté. Le poing métallique effleure sa joue, arrachant un cri. Une ligne de feu explose sur sa peau. Du sang perle. Sa prothèse ne s'arrête pas. Des évents s'ouvrent le long de l'avant-bras, crachant des jets de vapeur sous pression. Cette dernière pivote à mi-course, propulsée par cette force. Trajectoire inversée. Retour fulgurant. Merde ! Elle se jette en arrière dans un réflexe désespéré.

Le poing s'arrête à quelques centimètres du sol. Un souffle brûlant soulève un nuage de poussière et de débris. Les cheveux mi-longs d'Hilaris fouettent son visage dans le tourbillon de chaleur. Hilaris se redresse, haletant. Ses yeux brillent d'une rage froide, fixés sur elle avec une intensité brûlante.

Elle se relève péniblement. Ses jambes tremblent. Le bracelet pulse si fort qu'elle sent son cœur battre au rythme de l'artefact. Concentre-toi. Lis ses mouvements. Hilaris pivote brusquement. Son bras décrit un arc meurtrier. Elle anticipe. Baisse la tête au dernier instant. Le poing siffle au-dessus d'elle, manquant ses cheveux de quelques centimètres. Un nouveau jet de vapeur s'échappe de la prothèse. Le membre change de direction en plein vol, défiant toute logique physique. Descente verticale. Droit vers son crâne.

Aléanna bondit en arrière, le souffle court. Le poing percute le sol avec une violence inouïe. Cette fois, les dalles de pierre se fissurent en toile d'araignée. Un grondement sourd fait trembler la cour. — Arrête ! hurle Zeronne depuis la bordure. Tu vas la tuer !

Mais Hilaris ne l'entend pas. Ses traits sont déformés par la colère, les mâchoires serrées, le souffle rauque. Il se jette sur elle une fois encore. Aléanna esquive d'un mouvement vif, mais son pied glisse sur un éclat de bois. Elle trébuche. Le poing arrive. Droit vers son visage. Trop près. Trop rapide. Je ne peux pas... Elle lève les bras instinctivement. Geste dérisoire. Le métal va la broyer. Le temps semble se figer. Le poing s'arrête à un centimètre de son nez. Non. Pas arrêté. Suspendu. Immobilisé par un mur d'air invisible.

Hilaris pousse, grogne, force de toutes ses forces. La prothèse vibre sous l'effort. Mais elle ne bouge pas d'un millimètre.

— J'en ai assez vu pour aujourd'hui, déclare une voix calme.

Flostia se tient debout, une main levée. Ses cheveux flottent légèrement, soulevés par une brise imperceptible. Son manteau écarlate ondule comme porté par des vents invisibles. Elle ferme le poing. Un claquement retentit, semblable au tonnerre. Hilaris et Aléanna sont projetés dans des directions opposées. Le lieutenant s'écrase contre un mur de pierre. Aléanna roule sur plusieurs mètres avant de s'arrêter contre une pile de caisses.

Silence. Seul le sifflement de la vapeur qui s'échappe encore de la prothèse d'Hilaris rompt la quiétude retrouvée. Aléanna se relève péniblement, le souffle court. Ses mains tremblent. Son cœur cogne contre ses côtes. Elle porte une main à sa joue ensanglantée. Hilaris, adossé au mur, fixe le vide. Ses yeux retrouvent lentement leur clarté. Il regarde sa prothèse comme s'il la voyait pour la première fois. Puis Aléanna. Puis Flostia.

— Je... murmure-t-il, la voix brisée. Je... Il ferme les yeux. Sa tête retombe en arrière contre la pierre.

Des applaudissements résonnent dans le silence retrouvé, dissipant la tension ambiante.

— Quelle captivante démonstration ! Vous nous avez offert un spectacle des plus intéressants.

Cette voix... La jeune femme se tourne et observe Flostia s'avancer d'une démarche gracieuse, le regard brillant, presque espiègle, comme si tout ceci n'avait été qu'un simple divertissement pour elle. Cette dernière lui tend une main pour l'aider à se relever.

— Tu es impressionnante ! Tenir tête à Hilaris va bien au-delà de mes espérances !

Aléanna, frottant ses genoux, la fixe avec une expression perplexe.

— C'est vous qui avez fait ça ? Vous pouvez manipuler le vent ?

— Je n'allais tout de même pas laisser mourir ma nouvelle recrue, n'est-ce pas ? Le doyen m'aurait encore réprimandé.

Hilaris, toujours assis au sol, lance un regard noir à Flostia.

— Ce combat n'était pas terminé ! La femme au manteau écarlate pose son regard perçant sur lui, coupant court à sa plainte d'un ton glacé :

— Et toi, tu as outrepassé les limites. Ce combat était un test, pas un duel à mort.

Elle se redresse, les bras croisés en signe d'autorité.

— Je n'hésiterai plus à intervenir si tu mets en danger l'un des nôtres pour satisfaire ton ego.

Le lieutenant mordille sa prothèse métallique.

— Oui, cheffe, grommelle-t-il.

Flostia, radieuse, se tourne vers la jeune femme et conclut, un sourire aux lèvres :

— Bienvenue dans l'Ordre, Aléanna.

— Oh, je sens que cette expérience va être très particulière, lance-t-elle avec un sourire crispé. Zeronne s'approche, un large sourire éclairant son visage.

— Bravo Aléanna, tu es forte.

Au loin, Hilaris, encore assis, les coudes sur les genoux, marmonne :

— Si je n'avais pas été interrompu, je gagnais facilement.

La chasseuse le regarde, un peu essoufflée :

— C'est un adversaire redoutable.

Le lieutenant cligne des yeux. Sa bouche s'entrouvre. Se referme. Puis il détourne le regard, se racle la gorge, comme pour reprendre contenance :

— Je sais. J'essaie d'être modeste, mais ça me réussit moyen.

La jeune femme s'approche de lui, époussetant ses vêtements. Elle lui tend une main avec sincérité et s'exprime d'une voix chaleureuse :

— J'ai aimé ce combat et, je reconnais ma défaite. La prochaine fois, tu devras constater ma victoire. Hilaris relève la tête et examine la main tendue avec surprise. Après un moment d'hésitation, il murmure :

— Mon bras... il me fait parfois perdre le contrôle. Désolé. Aléanna sourit.

— Tu t'excuses ? Le lieutenant Hilaris ?

Il détourne le regard, gêné.

— Ferme-la et aide-moi à me relever, sinon tu devras respecter ton pari et me donner Topaze.

Elle rit et, d'un geste mesuré, il accepte la main et se redresse.

— Tu es tenace gamine. Peu de gens osent affronter leur défaite avec tant de dignité. Moi le premier.

Prenant une profonde inspiration pour savourer cet échange, la chasseuse change de sujet, curieuse d'obtenir des réponses à une question qui la taraude. Aléanna désigne le manteau :

— C'est ça, ton artefact ?

Flostia sourit sans rien dire. Le manteau arbore une teinte écarlate profonde, rehaussée par des broderies discrètes aux motifs tourbillonnants complexes. À l'intérieur du col on peut apercevoir un diamant, suspendu à une fine chaînette qui scintille sous la lumière tamisée.

— Pourquoi ton objet a-t-il une forme aussi particulière ? s'exclame-t-elle, intriguée, tout en examinant le vêtement. La femme au manteau écarlate garde le silence un instant, perdue dans ses pensées. Elle cherche les mots justes pour expliquer cette situation.

— C'est un mystère. À l'origine, tous les « artefacts » sont extrêmement rares et ils abritent tous une pierre précieuse. Comme ton bracelet.

Des bruits sourds proviennent de l'arrière de la grange. Aléanna se retourne vivement.

— Papa ? souffle-t-elle.

Elle s'élance, abandonnant ses compagnons.

Devant la grange, la chasseuse découvre son paternel debout, le cœur lui manque une pulsation avant de s'emballer. Elle se rue vers lui comme une tornade.

— Papa !

Elle l'étreint avec force, manquant de lui couper le souffle.

— Doucement, ma fille... Tu vas m'achever ! gémit-il sous son étreinte écrasante.

Elle se recule, les yeux brillants.

— J'ai cru que tu ne te relèverais jamais. Avec la maison en flammes... toi qui t'effondres...

Son père pose une main rugueuse sur son menton pour l'apaiser et capter son regard.

— Aléanna, regarde-moi, dit-il d'une voix apaisante.

Elle obéit, les larmes aux bords des paupières.

— Je vais bien. Et toi aussi, non ? Un léger hochement de tête lui répond.

— J'ai frôlé la mort deux ou trois fois aujourd'hui, mais sinon, ça peut aller ! plaisante-t-elle malgré l'émotion qui perce dans sa voix.

— Parlons au présent. Tu es en vie. Et c'est tout ce qui compte.

Un silence complice s'installe entre eux avant que son père n'esquisse un sourire malicieux.

— Et puis... je ne mourrai pas avant d'avoir vu la tête de mes petits-enfants !

— Arrête tes sottises ! rétorque la jeune femme en reculant, un sourire moqueur aux lèvres.

Ils échangent un rire léger, comme une mélodie familière. Après un instant, son père observe les alentours avec curiosité.

— Dis-moi, où sommes-nous ?

La chasseuse se redresse, déterminée à le rassurer.

— Ne t'inquiète pas, papa. On est en sécurité. Zeronne t'a porté jusqu'ici sur son dos.

Son père hausse un sourcil, surpris et admiratif.

— Vraiment ?! Pourtant, les chevaliers, ça sauve les demoiselles en détresse, pas les vieux mineurs ! Un sourire amusé éclaire le visage d'Aléanna devant cette répartie inattendue. Mais, en l'espace d'un instant, son expression devient grave, teintée d'une légère incertitude. Elle se rapproche de lui, son regard intense. La jeune femme inspire profondément. Ça va être délicat, mais je n'ai pas le choix.

— Écoute-moi. Aujourd'hui... je dois partir. Quitter cette citadelle aux côtés de Zeronne.

Son père se fige. Ses yeux se durcissent.

— Non.

— Papa, je n'ai pas le choix...

— Tu as TOUJOURS le choix ! tonne-t-il, la voix tremblante de colère et de peur. Et je refuse de te laisser mourir dehors comme ta mère !

Aléanna recule, frappée par ces mots comme par une gifle.

— Maman est morte ici ! Dans cette citadelle « sûre » !

Le silence pèse, lourd et oppressant. Son père détourne le regard, les mâchoires serrées.

— C'est différent.

— Comment ? Comment c'est différent ?

Il ne répond pas. Ses mains tremblent. Puis, d'une voix brisée :

— Si tu pars... tu ne reviens peut-être jamais.

La chasseuse sent les larmes lui monter aux yeux, mais elle les retient.

— Je sais, papa...

Une larme roule sur la joue du père. Il la laisse couler sans chercher à l'essuyer. Après un long moment de silence, il inspire profondément.

— Alors promets-moi... promets-moi de survivre.

La voix d'Aléanna tremble quand elle répond :

— Je te le promets.

Il la scrute, son visage mêlant sérénité et angoisse. Les rides autour de ses yeux semblent s'être creusées en quelques instants.

— Cette citadelle est une prison, ma fille. Un lent déclin vers la mort. Quand maman est partie... j'ai abandonné mes rêves d'exploration pour une mission plus noble : veiller sur toi, te garantir sécurité et épanouissement.

Les mots se coincent dans sa gorge. Elle déglutit. Ses jambes tremblent. La jeune femme lutte pour articuler ses idées.

— Je serais un misérable père si je t'empêchais de t'épanouir, poursuit-il en posant ses deux mains sur ses épaules. Car le plus beau présent que je puisse t'offrir, c'est ton bonheur.

Elle s'immobilise un instant, essuyant les larmes de son visage maculé de poussière. Puis elle se redresse, adressant à son père un regard empreint de gratitude.

— Merci, papa. Merci de me comprendre. Je te le promets. Je reviendrai.

— Tu dois partir te mettre en sécurité. Reste avec ceux qui pourront te protéger.

Elle lui lance une œillade chargée d'émotion avant de s'éloigner vers l'arrière de la grange, rejoignant les autres. Resté en solitude, son père observe un instant la porte par laquelle elle a disparu.

— Ma fille est devenue grande.

Il ferme les yeux, laissant les larmes couler librement sur ses joues.

À l'arrière de la grange, Zeronne, Flostia et Hilaris échangent des coups d'œil tendus, reflétant l'urgence du sujet qu'ils abordent.

— La réunion avec le roi ne s'est pas déroulée comme prévu, confie Flostia d'une voix grave au chevalier noir.

— Notre Ordre et ses membres risquent l'exclusion ou même la persécution. Les motivations des Atlantes m'échappent, ils semblent vouloir créer des conflits politiques.

Le guerrier à l'armure noire croise les bras et baisse la tête, l'air pensif.

— Ces satanés Peaux-Bleues. N'ont-ils donc rien d'autre à occuper leurs journées ? lance Hilaris, irrité.

La femme au manteau écarlate relève le menton en remarquant l'arrivée d'Aléanna. Sans perdre une seconde, elle change de sujet, adoptant un ton plus léger.

— Oh, Aléanna, comment va ton père ? demande-t-elle avec un sourire chaleureux.

— Il se rétablira. Il a juste besoin de repos.

Flostia et Zeronne échangent un regard avant d'acquiescer. Le chevalier se retourne vers elle, avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

— Cette nuit, nous quittons la citadelle. As-tu des affaires à emporter ? Nous n'y reviendrons pas de sitôt.

La chasseuse marque une brève hésitation.

— Ma maison a été réduite en cendres... Je n'ai donc rien à récupérer. Sauf à mon atelier. J'aimerais saluer mes collègues avant notre départ.

Le lieutenant laisse échapper un soupir empreint de lassitude.

— Le temps presse. Plus nous tardons, plus nous risquons d'attirer l'attention des chasseurs d'objets. Un éclair d'espoir traverse le regard de la jeune femme.

— En passant par mon atelier, nous pourrions nous procurer des montures. Ce serait bien plus pratique pour notre voyage, non ?

Flostia et Zeronne échangent un coup d'œil rapide.

— À moins que Flostia ne puisse nous faire voler avec son pouvoir ? ajoute-t-elle en scrutant tour à tour ses compagnons.

Un sourire amusé se dessine sur les lèvres de l'intéressée.

— Belle tentative, jeune fille, mais non. Je ne puis nous transporter sur de si longues distances.

— Des montures seraient une bonne idée, approuve le chevalier noir.

Hilaris, bien qu'encore réticent, lève les yeux au ciel dans un geste d'exaspération.

— Soit, grommelle-t-il.

Aléanna se tourne vers les Précurseurs, une inquiétude soudaine lui serrant la gorge.

— Mon père ne pourra pas marcher seul.

— Il ne vient pas avec nous, répond Flostia d'une voix ferme.

La chasseuse se fige.

— Comment ça ? Je ne vais pas l'abandonner !

Flostia soutient son regard sans ciller.

— Écoute-moi bien. Ton père ne possède pas d'artefact. Aucun chasseur d'artefact ne s'intéressera à lui. Mais s'il reste près de toi, il devient une cible. Un moyen de pression. Un otage.

Elle marque une pause, laissant ses mots pénétrer.

— Nos alliés le cacheront. Le protégeront. Mais il doit rester loin de nous. C'est le seul moyen de le garder en vie pour l'instant.

La jeune femme serre les poings, les ongles s'enfonçant dans ses paumes. Les mots de son père résonnent encore dans sa tête : « Promets-moi de survivre. »

— Je... je comprends.

Flostia tend le communicateur atlante à Zeronne.

— Préviens Calilus. Qu'elle vienne le chercher dans l'heure. Le chevalier noir active l'appareil. Un signal bref confirme l'envoi du message.

— C'est fait. Aléanna, refoulant les larmes qui menacent de déborder, se redresse, le menton relevé. — Merci. Suivez-moi. D'un geste ferme, elle désigne le chemin.

Le groupe se met en route vers le quartier des chasseurs explorateurs. Ils sortent de la grange, avançant dans les ruelles sombres des entrailles de la citadelle. Aléanna ouvre la marche, guidant ses nouveaux compagnons à travers le dédale qu'elle connaît par cœur. Ses pas résonnent sur la pierre humide. Malgré la fatigue qui pèse sur ses épaules, elle sent une étrange énergie l'habiter. Le bracelet à son poignet émet une faible lueur orangée, pulsant au rythme de ses battements de cœur. Derrière elle, Zeronne reste vigilant, la main près de son épée. Flostia avance avec une grâce désinvolte, comme si le danger n'existait pas. Hilaris ferme la marche, scrutant les ombres avec méfiance. La citadelle est étrangement silencieuse. Trop silencieuse. Le chevalier noir pose la main sur son épée.

— Quelque chose ne va pas, murmure-t-il.

La chasseuse s'arrête, tendant l'oreille. Les sens amplifiés par Topaze captent chaque son : le goutte-à-goutte lointain de l'eau, le crissement des rats dans les murs, le souffle de ses compagnons... Et puis, autre chose. Des pas. Nombreux. Lourds. Se rapprochant. Au loin, des torches apparaissent. Des dizaines. Leur lumière danse sur les murs de pierre, se rapprochant. Flostia plisse les yeux, concentrée. — La garde royale. Ils nous cherchent déjà. Le bracelet d'Aléanna pulse plus fort. Une chaleur intense irradie dans son bras. Elle serre les poings.

— Par ici. Je connais un passage. Elle désigne une ruelle étroite sur leur gauche, à peine visible dans l'obscurité. Sans attendre de réponse, elle s'y engouffre. Les trois Précurseurs la suivent sans hésiter. Le passage serpente entre les murs, si étroit que Zeronne doit se tourner de côté pour passer. L'obscurité est totale. Seule la faible lueur du bracelet guide leurs pas. Derrière eux, les voix de la garde résonnent.

— Par là ! Ils sont descendus vers les niveaux inférieurs !

— Fouillez chaque recoin ! Le roi les veut vivants ou morts !

La chasseuse accélère le pas, ignorant la douleur qui lance dans ses jambes. Sillonnant les méandres obscurs des ruelles étroites, ils accèdent à une immense place où s'élève un fort sobre et dominant. Une plaque de pierre ciselée, soigneusement gravées dans la roche, affiche :

COHORTES EXPLORATIONIS ET VENATIONIS

Aléanna s'arrête, tendant l'oreille. Les sens amplifiés par Topaze balayent les environs. Rien. Pas de présence proche.

— C'est une zone réservée aux équipes d'exploration, murmure-t-elle. Rare de voir des gens ici à cette heure.

Hilaris scrute les ombres, la voix grave :

— On pense qu'une personne proche de la famille royale est capable de localiser les possesseurs d'objets... Comme la cheffe.

Zeronne serre le pommeau de son épée.

— Si c'est vrai, nous ne sommes à l'abri nulle part dans cette cité. Dans les ruelles au loin, les torches illuminent la ville.

Des ombres se découpent contre les murs. Des ordres fusent, de plus en plus proches. La traque s'intensifie.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Quentin GUELF ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0