Chapitre 12
La Princesse ne détourna pas le regard, pas une seule seconde, comme si tout ce qui venait de se produire n’avait rien d’inhabituel, comme si annoncer, avec un calme presque déconcertant, une décision aussi irrévocable qu’un mariage avec une inconnue suspendue au-dessus d’un diadème relevait simplement d’un choix réfléchi, posé, évident, et non d’un bouleversement complet de toute logique.
Puis, sans hausser la voix, sans modifier cette douceur étrange qui semblait pourtant porter une autorité naturelle impossible à ignorer, elle reprit, avec une simplicité presque dérangeante :
— Je m’appelle Elyndra.
Elle marqua une légère pause, pas pour créer un effet, mais comme si elle laissait simplement le temps au monde de suivre son rythme.
— Princesse de Lysoria.
Elle n’insista pas davantage sur son titre, comme si cela n’avait pas besoin d’être renforcé par autre chose que sa simple présence, comme si chaque détail de sa posture, de son maintien, de la précision de ses gestes suffisait déjà à rappeler qu’elle n’avait jamais été autre chose que cela.
Ses yeux, d’un bleu si clair qu’ils semblaient presque irréels sous la lumière sombre du cristal, se reposèrent sur Apolline avec une attention intacte, presque intacte depuis le début, comme si elle cherchait encore à comprendre quelque chose, ou peut-être à confirmer une intuition qu’elle n’avait pas encore formulée à voix haute.
— Et toi ?
Apolline ouvrit la bouche, mais son esprit, encore coincé dans l’écho de ce qui venait d’être dit, ne parvint pas à aligner ses pensées assez rapidement pour produire une réponse cohérente, comme si le simple fait d’exister dans cette pièce, face à cette femme, rendait chaque réaction plus lente, plus lourde, plus incertaine.
— …Apolline.
Le mot sortit finalement, bas, presque fragile, comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre, comme s’il ne lui appartenait plus vraiment dans cet instant précis.
Elyndra hocha légèrement la tête, comme si ce nom suffisait, comme si elle venait d’ajouter une pièce à un ensemble déjà presque complet dans son esprit.
— Bien.
Un court silence s’installa, mais il n’était pas vide, il semblait au contraire chargé d’une continuité invisible.
Puis, avec la même simplicité désarmante :
— Tu vas aller te laver.
Le monde sembla vaciller légèrement.
Apolline cligna des yeux, lentement, comme si elle espérait que ce simple geste suffirait à remettre les choses à leur place, à redonner une forme logique à ce qui venait d’être dit.
— …quoi ?
Elyndra ne montra aucune surprise face à cette réaction, comme si elle s’y attendait, comme si tout cela faisait déjà partie d’un déroulement parfaitement anticipé.
— Tu es entrée ici en traversant des zones que même les serviteurs évitent, en rampant dans la poussière, en te glissant dans des conduits qui n’ont pas été entretenus depuis des années, et en franchissant des passages qui ne sont pas faits pour être empruntés.
Sa voix restait douce, presque posée, mais chaque mot semblait s’inscrire avec une précision nette, comme une évidence qui ne demandait pas à être discutée.
— Et si tu dois rester… autant commencer par ça.
Rester.
Le mot s’accrocha immédiatement dans l’esprit d’Apolline, tournant sur lui-même sans parvenir à trouver une place stable, comme une pièce qui ne correspondait à aucun ensemble logique.
Rester où ?
Rester pourquoi ?
Rester combien de temps ?
Mais déjà, Elyndra s’était légèrement décalée, lui ouvrant un passage sans insister, désignant d’un geste calme une porte presque invisible, parfaitement intégrée dans le cristal sombre du mur, comme si elle avait toujours été là sans jamais être remarquée.
— La salle d’eau est là.
Apolline ne bougea pas.
Son corps semblait suspendu entre plusieurs décisions qui ne parvenaient pas à s’imposer.
— Et après, on fera un essayage.
Cette fois, le mot frappa différemment, plus profondément, comme s’il venait toucher quelque chose de plus concret, de plus irréversible.
Essayage.
Comme si tout cela était réel.
Comme si ce n’était pas un piège.
Comme si elle n’était pas en train de commettre une erreur irréparable.
Un rire nerveux monta dans sa gorge, qu’elle écrasa immédiatement, presque violemment.
— Tu te moques de moi.
Sa voix n’était pas accusatrice, elle cherchait simplement une issue logique, une explication, une faille dans ce qui se passait.
Elyndra la regarda longuement, sans détourner les yeux, sans modifier son expression, puis inclina très légèrement la tête.
— Non.
Le mot tomba, simple, net, sans la moindre trace d’ironie.
Et c’est cela, précisément, qui rendait tout encore plus dérangeant.
Apolline sentit une tension sourde remonter dans sa poitrine.
— Je vais partir.
Elle ne savait même pas pourquoi elle disait ça, si ce n’est pour tester, pour voir si quelque chose, enfin, allait réagir normalement.
Elyndra ne bougea pas.
Mais son regard changea imperceptiblement, devenant plus précis, plus ancré.
— Non.
Toujours ce même calme.
— Tu ne peux plus.
Un silence s’installa, plus lourd cette fois.
— Les gardes sont déjà en place.
Apolline sentit son estomac se contracter.
— Autour de la salle.
— Et dans les couloirs.
Un temps.
— Tu es entrée seule… mais tu ne sortiras pas seule.
Le sens mit un instant à s’imposer.
Puis il frappa.
Apolline resta immobile, non pas retenue physiquement, mais enfermée dans quelque chose de plus large, de plus invisible, de plus total.
Et puis...
contre toute attente...
Elyndra lui fit un clin d’œil.
Rapide.
Presque léger.
Presque humain.
— Va.
Dit-elle simplement.
Puis elle se détourna sans attendre, comme si tout était déjà réglé, comme si Apolline n’avait plus besoin d’être guidée.
Et c’était vrai.
Apolline resta quelques secondes sans bouger, figée dans cet instant qui refusait encore de prendre un sens clair, puis elle fit un pas, puis un autre, jusqu’à atteindre la porte.
Sa main se posa sur le cristal.
Froid.
Lisse.
Parfait.
Elle ouvrit.
Et entra.
La porte se referma derrière elle dans un silence presque irréel.
Et là...
elle s’arrêta.
Complètement.
Son dos glissa lentement contre le mur jusqu’à s’y appuyer, ses doigts restant crispés contre la surface, comme si elle avait besoin d’un point d’ancrage pour ne pas se perdre complètement.
Et enfin...
son esprit céda.
Qu’est-ce qui venait de se passer ?
Les images revenaient en désordre.
La corde.
Le diadème.
Le regard d’Elyndra.
Sa voix.
Ses mots.
“Je compte épouser cette femme.”
C’était absurde.
Totalement.
Forcément une blague.
Un piège.
Un garde allait entrer.
Maintenant.
Tout de suite.
Et tout redeviendrait logique.
Elle fixa la porte.
Attendant.
Une seconde.
Puis deux.
Puis dix.
Rien.
Aucun bruit.
Aucun mouvement.
Aucune intrusion.
Le silence.
Encore.
Toujours.
Son cœur battait trop vite, comme s’il tentait de combler l’absence totale de réaction autour d’elle.
— C’est pas possible…
Le murmure glissa hors de ses lèvres sans qu’elle ne s’en rende compte.
Elle passa lentement une main sur son visage, comme pour vérifier qu’elle était encore là, encore réelle, encore elle-même.
Mais tout semblait légèrement décalé.
Instable.
Et pourtant—
le visage d’Elyndra revenait.
Clair.
Précis.
Trop précis pour être une illusion.
Son regard.
Sa voix.
Sa manière de parler.
Elle n’avait pas menti.
Pas une seule seconde.
Elle était…
sincère.
Et c’était ça, le plus inquiétant.
Apolline resta là encore quelques instants, le temps s’étirant sans repère, puis releva lentement les yeux.
Et découvrit la pièce.
Et le choc revint.
Différent.
Mais tout aussi puissant.
La salle d’eau n’avait rien à voir avec ce qu’elle connaissait.
Rien.
Les murs de cristal sombre ne renvoyaient pas la lumière comme dans le reste du palais, ils semblaient au contraire l’absorber et la diffuser en douceur, créant des reflets profonds, presque liquides, comme si la lumière elle-même avait été domptée pour ne jamais agresser.
Le sol, parfaitement lisse, semblait conçu pour épouser chaque pas sans jamais devenir traître, comme si même la marche avait été pensée pour être silencieuse.
Au centre, une large baignoire taillée directement dans le cristal, aux formes arrondies, contenait une eau d’une clarté presque irréelle, parfaitement immobile, comme si rien ne pouvait troubler sa surface.
Autour, des dizaines d’objets soigneusement disposés.
Des flacons.
Des huiles.
Des savons sculptés.
Des tissus d’une douceur presque inconcevable.
Apolline s’approcha lentement, son regard glissant d’un élément à l’autre, incapable d’absorber tout ce qu’elle voyait, comme si chaque détail ajoutait une couche supplémentaire à l’irréalité de la situation.
Elle tendit la main vers un flacon.
Hésita.
Puis l’ouvrit.
Une odeur douce s’en échappa, fine, subtile, presque fragile, loin des senteurs fortes et agressives qu’elle connaissait.
Elle referma lentement.
Ses doigts effleurèrent un tissu.
Doux.
Trop doux.
Comme si la matière refusait toute aspérité.
Elle recula légèrement.
Cherchant encore un piège.
Quelque chose.
Mais il n’y avait rien.
Juste…
le luxe.
Pur.
Total.
Presque oppressant.
Elle resta là encore quelques secondes, puis, lentement, mécaniquement, elle commença à retirer ses vêtements, ses gestes précis mais absents, comme si son corps agissait sans attendre que son esprit suive.
Chaque mouvement soulevait une nouvelle question.
Chaque geste une nouvelle incertitude.
Quand est-ce que tout ça va s’arrêter ?
Quand est-ce que quelqu’un va entrer ?
Quand est-ce que la réalité va reprendre ?
Mais rien ne venait.
Alors finalement...
elle entra dans l’eau.
Et le choc fut immédiat.
Pas froid.
Pas chaud.
Parfait.
Une température qui semblait s’ajuster à elle.
Son corps se relâcha malgré elle.
Ses épaules s’abaissèrent légèrement.
Sa respiration changea.
Et pendant une seconde...
juste une...
elle ferma les yeux.
Mais même là...
le visage d’Elyndra resta.
Clair.
Présent.
Immuable.
Et cette phrase...
toujours là.
“Je compte épouser cette femme.”
Apolline rouvrit les yeux brusquement, le cœur serré, incapable de repousser cette idée, incapable de la comprendre.
C’était impossible.
Et pourtant...
rien, dans ce palais, ne semblait vouloir lui prouver le contraire.
L’eau glissait encore le long de sa peau, tiède, régulière, presque trop douce pour être réelle, et Apolline resta immobile sous ce flux constant, les yeux fermés, comme si elle cherchait à s’ancrer dans quelque chose de simple, de tangible, dans une sensation qui ne mentait pas, qui ne calculait pas, qui n’attendait rien d’elle.
Mais même là…
même dans cet instant suspendu…
elle n’arrivait pas à oublier.
Le palais.
Elyndra.
Ses mots.
Ses gestes.
Sa certitude.
Sa respiration se fit légèrement plus courte, presque imperceptiblement, tandis que ses doigts glissaient le long de son bras pour en chasser l’eau, répétant le geste sans vraiment y penser, comme un réflexe vide, une manière de s’occuper pour empêcher son esprit de replonger là où il refusait pourtant de rester.
Parce que plus elle essayait de rationaliser ce qui venait de se passer…
moins cela avait de sens.
Elle inspira lentement, sentant la vapeur chaude emplir ses poumons, alourdir l’air autour d’elle, adoucir les contours de la pièce jusqu’à rendre les surfaces presque floues, irréelles, comme si elle était enfermée dans une bulle coupée du reste du monde.
Mais cette bulle…
n’était pas sûre.
Elle le savait.
Les gardes étaient là.
Dehors.
Silencieux.
Invisibles.
Présents.
Et cette pensée suffisait à maintenir une tension constante dans son corps, une alerte sourde qui ne disparaissait pas, même sous l’eau, même dans cette chaleur artificielle qui contrastait trop violemment avec tout ce qu’elle avait connu jusqu’ici.
Ses yeux s’ouvrirent lentement.
La pièce lui apparut à nouveau dans ses détails : les parois de cristal sombre, légèrement opaques à cause de la condensation, les reflets déformés qui glissaient sur les surfaces comme des ombres mouvantes, les étagères chargées de flacons dont certains étaient encore ouverts, libérant dans l’air des odeurs fines, presque enivrantes.
Elle tourna légèrement la tête.
Son regard s’arrêta sur l’un de ces flacons.
Un liquide translucide, légèrement bleuté, qui captait la lumière d’une manière presque hypnotique.
Elle tendit la main.
Ses doigts hésitèrent une seconde avant de le saisir, comme si même ce geste pouvait être une erreur, une intrusion de plus dans un monde qui n’était pas le sien.
Elle le porta légèrement à son nez.
L’odeur était… étrange.
Pas agressive.
Pas sucrée.
Quelque chose de froid.
De propre.
Presque métallique, mais sans dureté.
Comme le palais lui-même.
Elle reposa le flacon.
Lentement.
Trop lentement.
Parce qu’au fond, elle comprenait.
Tout ici était pensé.
Contrôlé.
Rien n’était laissé au hasard.
Pas même ça.
Pas même une salle d’eau.
Ses doigts se crispèrent légèrement contre le rebord de pierre.
— Pourquoi…
Le mot mourut avant même de se former complètement.
Elle n’attendait pas de réponse.
Parce qu’elle savait déjà qu’elle ne viendrait pas.
Pas comme ça.
Pas ici.
Elle passa ses mains dans ses cheveux, les ramenant en arrière, laissant l’eau s’écouler le long de sa nuque, de ses épaules, le long de sa colonne, et pendant un instant très bref, elle sentit son corps se relâcher… vraiment.
Juste une seconde.
Une seule.
Avant que tout revienne.
Le regard.
Toujours ce regard.
Elyndra.
Pas accusateur.
Pas surpris.
Pas même méfiant.
Non.
Pire.
Assuré.
Comme si elle savait déjà.
Comme si tout était déjà décidé avant même qu’Apolline ne pose le pied dans cette salle.
Son cœur accéléra légèrement.
— Non…
Elle secoua la tête, comme pour repousser l’idée, mais elle ne disparut pas.
Au contraire.
Elle s’imposa davantage.
Parce qu’elle ne pouvait pas l’ignorer.
Elle avait été vue.
Pas découverte.
Pas surprise.
Vue.
Et ça…
ça changeait tout.
Ses mains ralentirent leurs mouvements.
L’eau continua de couler.
Mais elle n’y prêtait plus attention.
Parce qu’une autre pensée venait de s’imposer.
Plus froide.
Plus dérangeante.
Si Elyndra l’attendait…
alors…
depuis combien de temps ?
Un frisson la traversa malgré la chaleur.
Elle inspira brusquement, coupant le flux de ses pensées avant qu’il n’aille trop loin, avant qu’il n’ouvre des portes qu’elle n’était pas prête à franchir ici, maintenant, enfermée dans un lieu où elle n’avait aucun contrôle.
Elle coupa l’eau.
Le silence tomba immédiatement.
Brutal.
Presque violent.
Plus de ruissellement.
Plus de bruit.
Juste…
elle.
Et le palais.
Et ce qu’il représentait.
Elle resta immobile quelques secondes, l’eau continuant de glisser le long de sa peau, tombant en gouttes irrégulières sur le sol lisse, chaque impact résonnant légèrement dans le silence retrouvé.
Puis elle bougea.
Lentement.
Ses gestes étaient précis.
Contrôlés.
Pas par calme.
Par nécessité.
Elle attrapa un tissu.
Blanc.
Doux.
Trop doux.
Elle le passa sur sa peau, absorbant l’eau avec une attention mécanique, évitant de penser, évitant de ressentir, évitant surtout de se projeter dans ce qui allait suivre.
Parce qu’elle le savait.
Elle le sentait.
Quelque chose allait arriver.
Pas violent.
Pas brusque.
Mais inévitable.
Comme tout depuis qu’elle avait franchi les murs de ce palais.
Elle s’habilla lentement.
Les vêtements qu’on lui avait laissés n’étaient pas les siens.
Évidemment.
Plus légers.
Plus souples.
Moins pratiques.
Mais parfaitement ajustés.
Comme si—
Elle s’arrêta.
Son regard glissa sur ses mains.
Puis sur le tissu.
Puis autour d’elle.
Et cette fois…
elle ne rejeta pas la pensée.
Comme si on savait.
Son souffle se coupa légèrement.
Pas de panique.
Pas encore.
Mais quelque chose de plus profond.
De plus insidieux.
Parce que ce n’était plus une impression.
C’était une possibilité.
Et elle était beaucoup trop plausible.
Elle termina.
En silence.
Puis resta immobile.
Debout.
Au centre de la pièce.
Ses bras le long de son corps.
Ses doigts légèrement crispés.
Son regard posé sur la porte.
Elle ne bougeait plus.
Parce qu’elle savait.
Elle n’avait pas besoin d’entendre.
Pas besoin de voir.
Elle savait qu’ils étaient là.
Toujours.
Et que dès qu’elle ouvrirait cette porte…
elle ne serait plus seule.
Pas vraiment.
Pas du tout.
Un battement.
Puis deux.
Son cœur reprit un rythme plus stable.
Forcé.
Construit.
Elle inspira.
Puis expira lentement.
Et enfin…
elle avança.
Chaque pas était mesuré.
Pas lent.
Pas hésitant.
Juste précis.
Comme toujours.
Comme on lui avait appris.
Elle s’arrêta devant la porte.
Sa main se leva.
Se posa sur le bois.
Un instant.
Très court.
Puis...
elle ouvrit.
Et immédiatement…
le monde revint.
Plus vaste.
Plus froid.
Plus réel.
Deux gardes.
De chaque côté.
Immobiles.
Silencieux.
Leurs regards se posèrent sur elle sans agressivité.
Mais sans chaleur.
Ils ne parlaient pas.
Ils n’avaient pas besoin.
L’un d’eux inclina légèrement la tête.
— La princesse vous attend.
Sa voix était neutre.
Parfaite.
Sans nuance.
Apolline ne répondit pas.
Elle n’en voyait pas l’intérêt.
Mais son regard glissa brièvement autour d’elle.
Le couloir.
Toujours ce cristal sombre.
Toujours ces reflets mouvants.
Toujours cette sensation d’être observée par le lieu lui-même.
Elle fit un pas.
Puis un autre.
Encadrée.
Sans contrainte visible.
Mais sans liberté réelle.
Et au fond d’elle…
une certitude s’installa.
Lentement.
Froidement.
Elle n’était plus en train de fuir.
Elle n’était plus en train de voler.
Elle entrait…
dans autre chose.
Et au bout du couloir…
quelque part derrière ces murs de cristal sombre…
Elyndra l’attendait.
L’essayage…
allait commencer.

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