Chapitre 13

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Apolline franchit le seuil sans ralentir, bien que chaque pas l’enfonçât davantage dans une sensation d’irréalité dont elle n’arrivait plus à se défaire, ses yeux s’adaptant lentement à la lumière diffuse qui baignait la pièce d’essayage, une clarté douce et pourtant précise, filtrée à travers les parois de cristal sombre qui composaient le palais de Lysoria et qui, en captant la lumière extérieure, la fragmentaient en reflets mouvants, presque liquides, donnant à l’espace une profondeur étrange, comme si les murs eux-mêmes n’étaient jamais complètement immobiles.

La pièce était vaste, bien plus qu’elle ne l’avait imaginé, et pourtant rien n’y paraissait vide : des portants de métal fin, presque invisibles, soutenaient des dizaines de robes suspendues avec une régularité parfaite, leurs tissus tombant en lignes fluides, certaines matières captant la lumière avec éclat tandis que d’autres l’absorbaient, créant des contrastes subtils entre les teintes claires et les nuances plus profondes, des bleus pâles aux rouges discrets, en passant par des blancs presque irréels qui semblaient trop purs pour appartenir à ce monde.

Une odeur flottait dans l’air.

Pas une odeur forte.

Pas quelque chose qui s’imposait.

Plutôt une présence diffuse, composée de notes florales très fines, presque froides, mêlées à quelque chose de plus sec, plus minéral, comme si le cristal lui-même avait une empreinte olfactive, une signature invisible qui s’infiltrait dans chaque tissu, dans chaque surface, jusque dans la respiration d’Apolline.

Elle s’arrêta.

Un instant.

Juste assez longtemps pour sentir que tout ici avait été pensé, organisé, contrôlé à un niveau qui lui échappait complètement.

Et au centre de cet espace...

Elyndra.

Toujours immobile.

Toujours droite.

Toujours parfaitement présente.

Sa robe blanche semblait encore plus lumineuse dans cet environnement, la soie captant les reflets du cristal sombre pour les transformer en éclats doux qui glissaient le long du tissu, tandis que les joyaux bleus et rouges, incrustés avec une précision presque irréelle, ponctuaient sa silhouette sans jamais l’alourdir, comme si chaque détail avait été placé avec une intention précise, calculée.

Ses yeux se posèrent sur Apolline.

Sans hésitation.

Sans surprise.

— Approche.

Sa voix était douce.

Mais elle n’appelait aucune discussion.

Apolline avança.

Lentement.

Ses pas étaient silencieux, mais elle avait l’impression qu’ils résonnaient quand même, amplifiés par l’espace, par la hauteur du plafond, par cette sensation constante d’être observée non seulement par les personnes présentes, mais par le lieu lui-même.

Elle s’arrêta à quelques pas.

Et aussitôt...

le mouvement commença autour d’elle.

Des silhouettes qu’elle n’avait pas remarquées au premier regard s’approchèrent, discrètes, précises, vêtues de tissus neutres qui ne retenaient pas la lumière, comme si elles avaient été pensées pour disparaître dans le décor, pour ne laisser exister que ce qu’elles manipulaient.

Apolline sentit une tension immédiate parcourir son corps lorsque les premières mains s’approchèrent d’elle, non pas brusquement, mais avec une assurance tranquille qui ne laissait aucune place à l’hésitation.

Ses vêtements furent défaits.

Retirés.

Remplacés.

Le premier tissu qu’on posa sur sa peau était d’une légèreté presque déconcertante, une robe claire, fluide, dont la matière semblait glisser contre elle comme de l’eau, sans accroche, sans résistance, tombant en plis souples jusqu’à ses chevilles, effleurant à peine ses jambes lorsqu’elle bougeait.

Elle baissa légèrement les yeux.

Ses pieds n’étaient plus dans ses bottes.

À la place—

des chaussures.

Fines.

Souples.

Le cuir était si lisse qu’il semblait presque vivant sous ses doigts lorsqu’elle en effleura le bord, ajusté parfaitement à la forme de son pied, ni trop serré, ni trop lâche, comme si elles avaient été faites pour elle.

Elle se redressa.

Mal à l’aise.

Pas à cause de la matière.

Mais à cause de ce qu’elle impliquait.

— Tourne.

La voix d’Elyndra la ramena immédiatement.

Apolline obéit.

Lentement.

Ses mouvements étaient plus rigides qu’elle ne l’aurait voulu, son corps peu habitué à ce type de vêtement, à cette absence de contrainte qui, paradoxalement, la désorientait plus qu’un tissu serré ou qu’une tenue pensée pour courir.

Elyndra l’observait.

Longuement.

Son regard glissant sur chaque détail, sur la manière dont la robe suivait ses gestes, sur la posture de ses épaules, sur la tension encore visible dans ses bras.

— Tu n’es pas à l’aise.

Apolline releva légèrement les yeux.

— Non.

La réponse était immédiate.

Brute.

Elyndra inclina légèrement la tête.

— Ça viendra.

Un léger geste de la main.

— Changez.

Et la robe disparut.

Remplacée presque instantanément.

Une autre.

Plus structurée cette fois.

Le tissu était plus épais, légèrement texturé, parcouru de motifs discrets qui apparaissaient seulement lorsque la lumière les effleurait sous un certain angle, et la coupe dessinait davantage sa silhouette, marquant sa taille, structurant ses épaules.

Les chaussures changèrent aussi.

Plus rigides.

Un peu plus hautes.

Elle fit un pas.

Puis un autre.

Testa.

Le sol était lisse.

Trop lisse.

Chaque mouvement demandait une adaptation.

Un ajustement.

Elyndra observa.

Encore.

— Tu viens de Kareth.

Apolline s’immobilisa légèrement.

— Oui.

— Depuis combien de temps ?

Un silence s’installa.

Apolline sentit la question glisser vers quelque chose de plus précis.

Plus dangereux.

— Longtemps.

Elyndra ne détourna pas le regard.

— Ce n’est pas une réponse.

Apolline haussa légèrement les épaules.

— C’est celle que j’ai.

Un léger silence.

Puis—

— Changez.

Encore.

Une nouvelle robe.

Puis une autre.

Puis encore une autre.

Le rythme s’installa, presque hypnotique dans sa répétition, chaque changement apportant une nouvelle sensation, une nouvelle contrainte, ou au contraire une nouvelle liberté à laquelle Apolline n’était pas habituée.

Certaines robes étaient si légères qu’elle avait l’impression de ne rien porter, les tissus effleurant à peine sa peau, se soulevant au moindre mouvement comme une respiration.

D’autres étaient plus lourdes, plus ancrées, leurs couches multiples créant une présence physique qu’elle ressentait à chaque pas, chaque déplacement devenant plus lent, plus mesuré.

Les couleurs variaient.

Blancs éclatants.

Bleus translucides.

Rouges profonds.

Parfois mêlés.

Parfois opposés.

Et toujours—

ces détails.

Ces broderies fines.

Ces pierres discrètes.

Ces coutures invisibles.

Rien n’était laissé au hasard.

Rien n’était approximatif.

Apolline perdit rapidement le compte.

Ses gestes devinrent automatiques.

Lever les bras.

Tourner.

Marcher.

S’arrêter.

Ses pensées, elles, dérivaient.

Entre l’analyse.

Le rejet.

Et une forme de fatigue étrange, non pas physique, mais mentale, liée à cette répétition constante, à cette perte de contrôle progressive.

Elyndra reprit la parole.

— Tu as toujours vécu comme ça ?

Apolline s’arrêta.

— Comme quoi ?

— En t’adaptant.

Un temps.

— En survivant.

Le mot resta suspendu.

Apolline détourna légèrement les yeux.

— Oui.

— Toujours ?

Le silence s’étira.

Un peu trop.

— Oui.

Elyndra la fixa encore une seconde.

Puis...

elle se ravisa.

Subtilement.

Comme si elle avait décidé que ce n’était pas le moment.

— Ça n’a pas d’importance.

Sa voix se fit plus douce.

— Nous avons le temps.

Apolline ne répondit pas.

Parce que cette idée...

le temps...

ne signifiait rien pour elle.

Pas ici.

Pas comme ça.

Les essayages continuèrent.

Encore.

Et encore.

Une vingtaine de tenues.

Peut-être plus.

Apolline n’en était plus certaine.

Elle n’avait jamais changé de vêtements autant de fois de toute sa vie, et chaque transition semblait effacer un peu plus la précédente, comme si aucune de ces identités ne tenait réellement, comme si elle glissait de l’une à l’autre sans jamais s’y fixer.

Elyndra validait.

Souvent.

— Celle-ci.

— Garde.

— Et celle-là.

Ses décisions étaient rapides.

Assurées.

Sans hésitation.

Comme si elle ne cherchait pas.

Comme si elle savait déjà.

Enfin...

le mouvement ralentit.

Puis s’arrêta.

Les silhouettes s’éloignèrent, emportant avec elles les robes sélectionnées, laissant derrière elles un espace plus calme, plus respirable.

Le silence revint.

Mais il n’était pas vide.

Il était… posé.

Elyndra s’approcha.

Lentement.

Ses pas à peine audibles sur le sol lisse.

Elle s’arrêta à une distance mesurée.

— C’est suffisant.

Apolline resta immobile.

— Pour aujourd’hui.

Un temps.

Puis...

Elyndra inclina légèrement la tête.

Ses yeux accrochèrent les siens avec une intensité tranquille, presque déstabilisante.

— Maintenant…

Un léger silence.

— Nous allons marcher.

Apolline fronça légèrement les sourcils.

— Où ?

Un souffle presque imperceptible passa sur les lèvres d’Elyndra.

— Dans le palais.

Comme si c’était évident.

Comme si cela allait de soi.

Comme si Apolline...

avait déjà sa place ici.

Et cette idée, plus que tout le reste, fit naître en elle un trouble profond, une tension nouvelle, différente de la peur, différente du danger… quelque chose de plus insaisissable, de plus dérangeant.

Parce que pour la première fois depuis son entrée dans Lysoria...

elle ne savait plus si elle devait chercher à s’échapper.

Ou rester.

Elles quittèrent la salle d’essayage dans un silence qui n’était ni pesant ni confortable, mais suspendu, comme si chaque pas qu’Apolline faisait à la suite d’Elyndra l’enfonçait un peu plus dans une réalité qu’elle n’arrivait toujours pas à accepter entièrement, ses sens restant en alerte malgré l’absence apparente de menace, comme si son corps refusait encore de croire que rien ici ne cherchait à lui nuire.

Les portes se refermèrent derrière elles sans bruit.

Le couloir qui s’ouvrit devant elles semblait différent de ceux qu’elle avait déjà traversés, non pas parce qu’il était plus grand ou plus richement décoré, mais parce qu’il portait une forme de présence plus marquée, une impression diffuse que cet espace n’était pas simplement un lieu de passage, mais un endroit où quelque chose se jouait, se décidait, se transmettait.

Les murs de cristal sombre s’élevaient de part et d’autre, parfaitement lisses, et pourtant parcourus de veines presque invisibles qui captaient la lumière pour la faire circuler lentement, comme un flux silencieux qui traversait la matière elle-même, donnant l’impression que le palais n’était pas figé, mais vivant, respirant à un rythme que seule une attention prolongée permettait de percevoir.

Le sol, lui, était d’une régularité parfaite, sombre lui aussi, mais poli au point de refléter les silhouettes avec une netteté troublante, si bien qu’Apolline eut l’impression, à plusieurs reprises, de marcher au-dessus d’un double d’elle-même, légèrement déformé, légèrement décalé, comme si une autre version de ses gestes existait en dessous, suivant ses mouvements avec un infime retard.

Elyndra avançait sans hésitation.

Son pas était calme, fluide, parfaitement maîtrisé, et la robe qu’elle portait glissait autour d’elle sans jamais entraver ses mouvements, comme si le tissu lui obéissait plus qu’il ne la suivait, les joyaux captant la lumière à chaque déplacement, projetant de brefs éclats colorés contre les parois sombres.

— Le cristal n’est pas seulement un matériau.

Sa voix résonna doucement, sans qu’elle se retourne.

Apolline releva légèrement les yeux.

— C’est une mémoire.

Un silence s’installa, le temps que les mots trouvent leur place.

— Il enregistre, il retient, il amplifie.

Elyndra ralentit légèrement, passant sa main à quelques centimètres du mur sans le toucher réellement, comme si le simple fait de s’en approcher suffisait à établir un contact.

— Chaque pierre ici a été taillée à partir des profondeurs de Lysoria, là où le cristal pousse encore, là où il capte les flux invisibles que les autres royaumes ignorent.

Apolline observa.

Plus attentivement.

Les reflets.

Les mouvements.

Et pour la première fois, elle eut l’impression que la lumière ne se contentait pas de rebondir.

Qu’elle circulait.

Qu’elle suivait des lignes invisibles.

— Tu crois à ça ?

La question lui échappa avant qu’elle ne puisse la retenir.

Elyndra tourna légèrement la tête.

Un sourire discret.

— Tu n’y crois pas ?

Apolline haussa légèrement les épaules.

— J’ai jamais vu un mur faire autre chose que tenir debout.

Un souffle léger, presque amusé, échappa à Elyndra.

— Alors regarde mieux.

Elles continuèrent.

Le couloir s’ouvrit progressivement sur une salle plus large, un espace circulaire où plusieurs arches donnaient accès à d’autres parties du palais, chacune marquée par des motifs légèrement différents, comme si chaque direction portait une fonction particulière.

Au centre—

un mobilier minimaliste.

Mais d’une précision extrême.

Des sièges aux lignes fines, sculptés directement dans le cristal, recouverts de coussins aux tissus riches, profonds, dans des teintes sombres qui contrastaient avec la clarté de la lumière, une table basse, parfaitement lisse, sur laquelle reposaient quelques objets dont Apolline ne comprenait pas immédiatement l’usage.

Tout semblait à la fois simple et incroyablement travaillé.

Comme si rien n’avait été ajouté.

Mais que tout avait été pensé.

— Ma famille règne sur Lysoria depuis des générations.

Elyndra reprit, avançant lentement autour de la pièce.

— Mais ce n’est pas le pouvoir qui a fondé ce royaume.

Un temps.

— C’est la compréhension.

Apolline fronça légèrement les sourcils.

— De quoi ?

Elyndra posa enfin sa main sur la surface d’un pilier.

Le cristal réagit.

À peine.

Une vibration.

Un changement de reflet.

— Du cristal.

Le silence se fit plus dense.

— Mes ancêtres ont été les premiers à entendre ce qu’il avait à dire.

Apolline resta immobile.

— Un mur qui parle.

Un léger sourire passa sur les lèvres d’Elyndra.

— Pas avec des mots.

Elle retira sa main.

— Avec des réponses.

Un temps.

— Des possibilités.

Elles quittèrent la salle.

Les couloirs s’enchaînèrent.

Mais aucun ne ressemblait complètement au précédent.

Certains étaient bordés de niches où reposaient des objets anciens, des fragments de cristal aux formes irrégulières, des pièces de métal finement travaillées, des artefacts dont l’usage semblait oublié mais dont la présence restait importante.

D’autres donnaient sur des espaces ouverts, des balcons intérieurs qui surplombaient des niveaux inférieurs, laissant apparaître la complexité du palais, ses étages imbriqués, ses passerelles suspendues, ses jeux de lumière qui se répercutaient d’un point à un autre avec une précision presque irréelle.

— Chaque génération a appris.

La voix d’Elyndra était constante.

Calme.

— À écouter un peu mieux.

— Et toi ?

Apolline ne savait pas pourquoi elle avait posé la question.

Mais elle l’avait fait.

Elyndra ralentit.

Très légèrement.

— Moi, j’ai appris plus tôt.

Un silence.

— Et plus vite.

Elles s’arrêtèrent devant une nouvelle porte.

Plus discrète.

Moins imposante.

Elyndra l’ouvrit.

La chambre était différente.

Moins froide.

Moins vaste.

Mais pas petite pour autant.

Les murs de cristal étaient recouverts en partie de tentures claires qui adoucissaient l’espace, atténuant les reflets pour créer une atmosphère plus intime, plus contenue, tandis que le mobilier, toujours aussi précis, semblait ici pensé pour le repos plutôt que pour la représentation.

Un lit.

Large.

Bas.

Recouvert de tissus épais, aux textures riches, invitant au contact, à la chaleur.

Une table.

Quelques sièges.

Rien de trop.

Mais tout parfaitement placé.

Apolline resta à l’entrée.

— C’est ici.

Elle tourna légèrement la tête vers Elyndra.

— Pour moi ?

— Pour toi.

Un temps.

Puis :

— Pour deux jours.

Apolline cligna des yeux.

— Deux jours ?

Elyndra hocha légèrement la tête.

— Ensuite…

Un léger silence.

Un sourire presque imperceptible.

— Tu dormiras avec moi.

Le temps sembla se suspendre.

Une fraction de seconde.

Puis...

— Quoi ?

Le mot sortit plus fort qu’elle ne l’aurait voulu.

Ses yeux s’écarquillèrent légèrement.

Son corps se tendit.

— Sérieusement ?

Elyndra la regarda.

Puis...

elle ricana.

Doucement.

Sans moquerie.

Mais avec une légèreté inattendue.

— Tu es très expressive.

Apolline resta figée.

Entre incompréhension.

Et incrédulité.

— C’est une blague ?

Elyndra ne répondit pas directement.

Elle se contenta de hausser légèrement les épaules.

— Tu verras.

Puis elle se détourna.

Déjà.

Comme si la conversation était terminée.

— Repose-toi.

Sa voix redevint calme.

— Tu en as besoin.

Et sans ajouter un mot de plus...

elle sortit.

La porte se referma derrière elle.

Sans bruit.

Apolline resta immobile.

Plusieurs secondes.

Peut-être plus.

Ses yeux parcoururent la pièce.

Encore.

Comme si elle la découvrait réellement pour la première fois.

Le lit.

Les tissus.

La lumière.

Le silence.

Puis, lentement

elle s’avança.

Ses pas étaient plus hésitants maintenant.

Moins assurés.

Comme si l’absence de tension immédiate rendait chaque mouvement plus difficile à définir.

Elle s’assit sur le bord du lit.

Le tissu céda légèrement sous son poids.

Souple.

Chaud.

Trop confortable.

Elle posa ses mains de part et d’autre d’elle.

Respira.

Une fois.

Puis une autre.

Et enfin...

elle laissa ses pensées revenir.

Tout.

D’un coup.

La corde.

Le diadème.

La princesse.

Ses mots.

Ses décisions.

Ses gestes.

La salle d’eau.

Les robes.

Le palais.

Chaque détail.

Chaque instant.

Tout s’entremêlait.

Sans ordre.

Sans logique.

Et au milieu de ce chaos...

une seule chose restait claire.

Elle n’avait plus aucun contrôle.

Et pour la première fois depuis longtemps...

ce n’était pas la peur qui dominait.

C’était autre chose.

Quelque chose de plus instable.

De plus dangereux.

Elle fixa le vide.

Longtemps.

Sans bouger.

Et dans le silence parfait de la chambre...

Apolline comprit une chose qu’elle n’était pas prête à accepter :

elle aurait dû fuir.

Mais elle était restée.

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