Chapitre 17

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Le palais avait retrouvé son silence.

Pas celui, brut et irrégulier, de Kareth, où l’absence de bruit signifiait souvent un danger imminent, une tension prête à éclater au moindre mouvement, mais un silence construit, organisé, presque discipliné, comme si chaque pierre, chaque surface, chaque couloir participait à maintenir une forme d’équilibre que rien ne devait troubler.

Et pourtant…

il n’avait jamais paru aussi plein.

Apolline avançait.

Ses pas résonnaient légèrement contre le sol lisse, une résonance propre, nette, sans écho inutile, comme si le lieu lui-même refusait toute amplification, toute exagération, se contentant de renvoyer exactement ce qui lui était donné.

Rien de plus.

Rien de moins.

Elle avait quitté le parc depuis peu, mais la sensation ne l’avait pas quittée.

Les regards.

Les mots.

Les silences.

Tout s’était déposé en elle sans réellement disparaître, comme une fine couche qu’elle ne pouvait pas encore retirer, qui modifiait imperceptiblement la manière dont elle percevait chaque espace, chaque mouvement, chaque présence.

Elle ne fuyait plus.

Mais elle ne s’était pas apaisée non plus.

Le couloir s’étirait devant elle, long, bordé de parois de cristal sombre dans lesquelles le monde se reflétait en fragments, déformé, morcelé, comme si rien ne pouvait être vu ici dans sa totalité, seulement en éclats.

Des silhouettes passaient.

Moins nombreuses que dans le parc.

Plus définies.

Plus conscientes.

Certaines inclinaient légèrement la tête sur son passage.

D’autres non.

Mais aucune ne semblait surprise.

Comme si, en quelques heures à peine, sa présence avait déjà cessé d’être une anomalie pour devenir autre chose.

Une donnée.

Un fait installé.

Et cette normalité nouvelle…

était presque plus dérangeante que le rejet.

Apolline ralentit légèrement en approchant d’une ouverture plus large, un espace de transition entre deux ailes du palais où la lumière descendait davantage, filtrée par des structures de verre qui découpaient le ciel en formes géométriques, laissant passer une clarté froide, précise, qui accentuait chaque détail au lieu de les adoucir.

C’est là qu’elle la vit.

Pas immédiatement.

Pas frontalement.

D’abord comme une présence.

Une immobilité différente des autres.

Puis une silhouette.

Debout, légèrement en retrait, comme si elle occupait un espace qui n’avait pas besoin d’être revendiqué pour exister.

Meryl

Elle ne bougeait pas.

Ses mains étaient jointes devant elle, ses doigts reposant l’un contre l’autre avec une précision qui ne semblait ni tendue ni relâchée, simplement… contrôlée, comme tout le reste.

Ses vêtements étaient d’une simplicité trompeuse, taillés avec une rigueur parfaite, sans ornement inutile, sans excès, comme si chaque élément avait été choisi non pour attirer le regard, mais pour ne laisser aucune faille à celui qui l’observerait.

Apolline ralentit.

À peine.

Juste assez pour enregistrer.

Meryl leva les yeux.

Le mouvement fut infime.

Presque imperceptible.

Mais il fut suffisant.

Leurs regards se croisèrent.

Et ce ne fut pas un regard de curiosité.

Ni même de jugement immédiat.

C’était autre chose.

Plus stable.

Plus installé.

Comme si Meryl ne cherchait pas à la découvrir.

Mais à confirmer ce qu’elle savait déjà.

Apolline soutint.

Sans agressivité.

Sans défi.

Mais sans détour.

Une seconde.

Puis deux.

Et quelque chose, dans ce silence, dans cet échange sans mot, s’imposa avec une clarté dérangeante :

elle était évaluée.

Pas sur ce qu’elle faisait.

Pas encore.

Sur ce qu’elle était.

Sur ce qu’elle pourrait être.

Sur ce qu’elle représentait.

Meryl détourna le regard.

Pas brusquement.

Pas comme quelqu’un qui aurait été dérangé.

Comme quelqu’un qui avait terminé.

Qui n’avait plus besoin de regarder.

Et dans ce simple geste…

il y avait plus de rejet que dans les murmures du parc.

Parce qu’il n’y avait aucune hésitation.

Aucune surprise.

Aucune émotion visible.

Seulement une décision silencieuse.

Apolline continua d’avancer.

Ses pas restèrent réguliers.

Mais quelque chose en elle s’était déplacé.

Les murmures pouvaient être ignorés.

Les regards pouvaient être évités.

Mais ça…

cette absence totale de réaction…

cette manière d’exister comme si elle n’était déjà plus une inconnue, mais une erreur identifiée…

elle ne pouvait pas la contourner.

Elle passa à côté d’elle.

À quelques pas seulement.

Assez près pour sentir la différence.

Pas une odeur.

Pas un bruit.

Une présence.

Dense.

Stable.

Comme un point fixe dans un espace qui, jusqu’ici, n’avait fait que réagir à elle.

Meryl ne bougea pas.

Pas un muscle.

Pas un souffle visible.

Comme si Apolline n’avait rien changé à l’équilibre du lieu.

Comme si elle ne méritait même pas une correction.

Apolline continua.

Un pas.

Puis un autre.

Puis encore.

Jusqu’à ce que la distance s’installe.

Jusqu’à ce que le regard ne puisse plus exister.

Mais la sensation resta.

Plus nette que tout le reste.

Et pour la première fois depuis qu’elle était entrée dans ce palais, une pensée se forma, claire, froide, structurée :

les autres parlaient.

elle, non.

Et c’était précisément ce qui la rendait plus dangereuse.

Apolline n’alla pas loin.

Pas réellement.

Elle fit quelques pas de plus, suffisamment pour que la distance existe, pour que la scène précédente puisse, en apparence, se refermer comme n’importe quel échange sans importance dans un lieu où tout semblait se dissoudre dans la continuité des gestes et des déplacements, puis quelque chose en elle ralentit.

Pas une hésitation.

Pas une peur.

Une sensation.

Cette impression précise que partir maintenant reviendrait à accepter une place qui venait d’être définie sans qu’elle n’ait eu son mot à dire.

Elle s’arrêta.

Très légèrement.

Assez pour que le mouvement se brise.

Puis elle se retourna.

Le couloir était toujours là, inchangé dans sa structure, dans sa lumière, dans cette stabilité presque irréelle qui caractérisait le palais, et pourtant, quelque chose avait bougé.

Ou peut-être…

avait toujours été là.

Meryl

Meryl n’avait pas quitté sa place.

Elle n’avait pas avancé.

Pas reculé.

Mais cette fois, son regard était posé sur elle avant même qu’Apolline ne parle, comme si elle avait su, comme si elle avait anticipé ce retour, ce moment précis où le mouvement ne suffirait plus à contenir ce qui venait d’être amorcé.

Apolline fit quelques pas en sens inverse.

Mesurés.

Pas rapides.

Pas lents.

Juste… assumés.

Elle s’arrêta à une distance correcte.

Ni trop proche.

Ni trop éloignée.

Suffisamment pour parler.

— Vous saviez que j’allais me retourner.

Ce n’était pas une accusation.

Pas vraiment une question non plus.

Meryl la regarda.

Un instant.

Puis ses yeux glissèrent légèrement, comme si elle évaluait non pas la phrase, mais ce qui l’avait motivée.

— Les gens qui refusent une place imposée ont rarement la patience de s’en contenter.

Sa voix était calme.

Parfaitement posée.

Sans aspérité.

Apolline soutint son regard.

— Et ça vous dérange ?

Un léger silence.

Meryl inclina très légèrement la tête.

— Non.

Un temps.

— Cela confirme simplement certaines hypothèses.

Le mot resta.

Hypothèses.

Comme si tout cela n’était encore qu’un cadre d’analyse.

Comme si elle n’était pas encore une personne.

Apolline croisa légèrement les bras, sans y penser.

— Lesquelles ?

Meryl observa le mouvement.

Pas longtemps.

Mais assez pour l’enregistrer.

— Que vous ne resterez pas là où l’on vous place.

Un silence.

Puis :

— Et que cela posera problème.

Pas une menace.

Pas encore.

Mais une ligne.

Claire.

Apolline ne détourna pas.

— Pour qui ?

Meryl la fixa.

Un peu plus longtemps cette fois.

Comme si la réponse importait moins que la capacité d’Apolline à poser la question.

— Pour ceux qui tiennent à ce que les choses restent lisibles.

Le mot était précis.

Lisibles.

Apolline fronça très légèrement les sourcils.

— Lisibles pour eux.

— Lisibles pour le système.

Correction immédiate.

Sans haussement de ton.

Sans insistance.

Mais définitive.

Apolline laissa passer une seconde.

— Et moi, je suis quoi, dans ce système ?

Meryl ne répondit pas tout de suite.

Son regard descendit légèrement, comme si elle observait autre chose que son visage — la posture, les mains, l’équilibre, les détails que la plupart ignoraient — puis remonta.

— Une variable.

Le mot tomba.

Froid.

Mathématique.

Déshumanisé.

Apolline sentit quelque chose réagir.

Pas violemment.

Mais profondément.

— C’est tout ?

Meryl esquissa quelque chose.

Pas un sourire.

Une infime variation.

— Pour l’instant.

Le silence s’étira.

Et dans ce silence…

le mot se transforma.

Pour l’instant.

Pas fixe.

Pas définitif.

Évolutif.

Dangereux.

— Et après ? demanda Apolline.

Meryl ne détourna pas le regard.

— Cela dépendra de votre capacité à comprendre ce qui peut… être déplacé.

Un temps.

— Et ce qui ne le peut pas.

La phrase resta suspendue.

Et cette fois, elle portait quelque chose de plus.

Pas une simple observation.

Une limite.

Invisible.

Mais réelle.

Apolline sentit son souffle se ralentir légèrement, non pas par apaisement, mais parce que son esprit cherchait déjà à comprendre, à démonter chaque mot, chaque inflexion, chaque espace entre les phrases.

— Et si je dépasse cette limite ?

Le silence fut plus long.

Plus dense.

Meryl ne bougea pas.

Pas un muscle.

— Alors vous découvrirez à quel point certaines structures savent se refermer.

Le mot n’était pas violent.

Pas directement.

Mais il suffisait.

Apolline soutint.

— Sur moi ?

Meryl pencha très légèrement la tête.

— Pas seulement.

Le mot tomba doucement.

Mais il frappa plus fort que les autres.

Pas seulement.

Donc…

les autres aussi.

Sira.

Maël.

Le peuple.

Ceux qui étaient liés à elle.

Ou qui pouvaient l’être.

Apolline ne bougea pas.

Mais quelque chose, en elle, se figea.

Meryl observa ce micro-changement.

Sans commentaire.

Puis :

— Vous avez été… extraite d’un environnement instable.

Le choix du mot était précis.

Extraite.

Pas sauvée.

Pas choisie.

Sortie.

— Il serait regrettable que cet environnement retrouve un moyen d’interagir avec vous.

Le silence tomba.

Brutal.

Parce que cette fois…

ce n’était plus abstrait.

Apolline sentit son cœur ralentir.

Pas de panique.

Pas de réaction immédiate.

Juste…

une compréhension.

Plus claire.

Plus froide.

— C’est une menace ?

Meryl la regarda.

Longuement.

Puis :

— Non.

Un temps.

— C’est une observation.

Et dans ce simple mot…

il n’y avait aucune protection.

Parce qu’une observation, ici…

pouvait devenir une décision.

Sans transition.

Meryl recula d’un pas.

Léger.

Contrôlé.

— Apprenez vite.

Sa voix était toujours calme.

— Ou apprenez… autrement.

Elle marqua une pause.

Puis ajouta, presque doucement :

— Les deux existent.

Le silence resta.

Apolline ne répondit pas.

Parce qu’il n’y avait rien à répondre.

Pas ici.

Pas maintenant.

Mais quelque chose venait de changer.

Pas dans le palais.

Pas dans les autres.

En elle.

Parce que pour la première fois depuis qu’elle était entrée ici…

elle ne faisait plus face à un rejet.

Elle faisait face à quelqu’un

qui pouvait agir.

Et qui n’aurait pas besoin d’élever la voix pour le faire.

Meryl détourna le regard.

Comme plus tôt.

Comme si l’échange était terminé.

Comme si cela avait suffi.

Et cette fois…

Apolline comprit pourquoi.

Parce que tout avait déjà été dit.

Même ce qui ne l’avait pas été.

Apolline ne bougea pas immédiatement.

Le silence laissé par le départ de Meryl ne se referma pas comme les autres.

Il resta.

Plus dense.

Plus lourd.

Comme si les mots, une fois prononcés, avaient modifié quelque chose dans l’air lui-même, quelque chose qui ne pouvait pas simplement disparaître avec le mouvement.

Elle inspira lentement.

Le couloir était identique.

Les lignes.

La lumière.

Les surfaces.

Tout était resté à sa place.

Et pourtant, rien ne l’était vraiment.

Elle se retourna finalement.

Pas pour fuir.

Pas pour chercher.

Parce qu’elle savait.

Avant même de la voir.

Elyndra

Elyndra était là.

Appuyée légèrement contre l’une des parois de cristal sombre, à quelques mètres seulement, comme si elle avait toujours été présente, comme si elle n’avait jamais eu besoin d’arriver, ni même de se montrer plus tôt.

Son regard était posé sur elle.

Calme.

Attentif.

Mais différent.

Pas amusé.

Pas léger.

Pas cette présence fluide qu’elle adoptait souvent, comme si tout restait sous contrôle quoi qu’il arrive.

Il y avait quelque chose de plus fixe.

Plus ancré.

Apolline la fixa.

Une seconde.

Puis :

— Depuis combien de temps ?

Sa voix était basse.

Pas agressive.

Mais pas neutre non plus.

Elyndra ne répondit pas immédiatement.

Elle se redressa lentement, quittant le mur sans précipitation, ses pas absorbés par le sol lisse alors qu’elle réduisait la distance entre elles avec cette assurance tranquille qui lui était propre.

— Suffisamment.

Le mot resta.

Apolline sentit une pointe plus sèche remonter.

— Donc t’as tout entendu.

— Oui.

Pas d’hésitation.

Pas d’excuse.

Rien.

Le silence s’étira.

Apolline croisa les bras.

— Et tu fais rien.

Elyndra s’arrêta à une distance mesurée.

— Si.

Un temps.

— Je regarde.

Le mot tomba.

Et il ne suffisait pas.

— Elle m’a menacée.

Elyndra inclina légèrement la tête.

— Non.

Apolline la fixa.

— Tu te fous de moi ?

— Elle t’a prévenue.

Correction nette.

Sans agressivité.

Mais sans détour.

Le silence devint plus tendu.

— C’est pareil.

— Non.

Un temps.

— Pas ici.

Apolline laissa échapper un souffle plus court.

— Elle parle de Kareth.

— Oui.

— Elle parle de gens qui pourraient…

Elle s’interrompit.

Mais Elyndra termina pour elle.

— Être utilisés.

Le mot fut posé calmement.

Comme un fait.

Et cette absence totale de réaction, cette manière de dire les choses sans chercher à les adoucir, fit monter quelque chose de plus brut chez Apolline.

— Et ça te va ?

Sa voix avait changé.

Plus basse.

Mais plus tranchante.

— Qu’elle menace ceux que j’ai laissés derrière ?

Elyndra ne détourna pas le regard.

— Je ne l’ai pas empêchée de le dire.

Pas la même chose.

Mais pas très différent.

Apolline fit un pas.

— Tu devrais.

Elyndra ne recula pas.

— Pourquoi ?

La question tomba.

Simple.

Directe.

Sans provocation.

Et c’est précisément cela qui la rendit plus dure.

Apolline resta un instant sans répondre.

Parce que la réponse lui semblait évidente.

— Parce que c’est pas un jeu.

Le silence suivit.

Elyndra la regarda.

Longuement.

— Non.

Un temps.

— Ce n’en est pas un.

Puis :

— C’est exactement pour ça que je ne peux pas intervenir à chaque fois que quelqu’un te teste.

Le mot resta.

Teste.

Comme si ce qui venait de se passer n’était pas encore une attaque.

Seulement une mesure.

Une évaluation.

Apolline sentit quelque chose se tendre en elle.

— Elle va pas s’arrêter.

— Non.

— Et tu vas la laisser faire.

— Jusqu’à un certain point.

Le mot arriva.

Enfin.

Mais il n’apaisa rien.

— Et c’est où, ce point ?

Elyndra ne répondit pas immédiatement.

Son regard glissa brièvement sur les parois, sur les lignes du couloir, comme si elle mesurait quelque chose d’invisible, puis revint vers elle.

— Là où ça cesse d’être utile.

Apolline fronça légèrement les sourcils.

— Utile pour qui ?

Un silence.

— Pour toi.

Le mot resta suspendu.

Et cette fois…

il heurta.

— Tu penses que c’est utile ?

Elyndra soutint.

— Oui.

Pas une seconde d’hésitation.

Apolline la fixa, incrédule.

— Elle parle de menacer les gens que je connais.

— Elle parle de ce qui peut être utilisé contre toi.

Correction.

Encore.

Toujours.

— C’est pareil !

— Non.

Le ton resta calme.

Mais plus ferme.

— Ce n’est pas la même chose de dire qu’une chose existe… et de décider de l’utiliser.

Un silence.

— Elle t’a montré ce qui est possible.

Apolline sentit quelque chose se figer.

— Et tu trouves ça normal ?

Elyndra fit un pas de plus.

Réduisant encore la distance.

— Je trouve ça nécessaire.

Le mot tomba.

Plus lourd que les autres.

— Parce que maintenant…

sa voix baissa légèrement,

— tu sais.

Apolline ne bougea pas.

Mais son regard changea.

— Je savais déjà.

— Non.

Un temps.

— Tu le savais de loin.

Elle marqua une pause.

— Maintenant, tu sais comment ça fonctionne ici.

Le silence s’étira.

Et quelque chose, lentement, se recomposa.

Pas une acceptation.

Pas encore.

Mais une compréhension plus nette.

Plus dure.

— Et si j’accepte pas ?

Elyndra ne détourna pas.

— Alors tu tomberas.

Simple.

Net.

Sans menace.

Sans émotion visible.

— Et personne ne te retiendra.

Le mot resta.

Personne.

Apolline sentit son souffle ralentir.

Pas par calme.

Par lucidité.

Parce qu’au fond…

elle le savait déjà.

Mais l’entendre…

le rendait réel.

— Et toi ?

Le mot lui échappa.

Plus bas.

— Tu feras quoi ?

Elyndra la regarda.

Longuement.

Plus longtemps que d’habitude.

Et pour la première fois depuis le début de l’échange…

quelque chose passa.

Très léger.

Presque imperceptible.

— Je serai là.

Un temps.

— Mais pas à ta place.

Le silence tomba.

Et cette fois…

il ne laissa rien à ajouter.

Parce que tout était dit.

Apolline détourna légèrement le regard.

Pas pour fuir.

Pour respirer.

Pour réorganiser.

Pour tenir.

Parce que c’était ça, maintenant.

Tenir.

Pas contre eux.

Pas encore.

Mais contre ce que tout ça faisait remonter.

Kareth.

Nerin.

Les regards.

Les mots.

Et cette nouvelle règle.

Invisible.

Implacable.

Si elle restait ici…

elle ne serait protégée par rien.

Pas même par Elyndra.

Elle releva les yeux.

— Alors j’apprendrai plus vite.

Le mot sortit.

Calme.

Posé.

Différent.

Elyndra l’observa.

Une seconde.

Puis :

— Bien.

Un léger silence.

Puis elle se détourna.

— Parce que la prochaine fois…

sa voix glissa, presque douce,

— elle ne te parlera peut-être pas directement.

Le mot resta.

Et Apolline comprit.

Ce n’était pas fini.

Ça ne faisait que commencer.

Et cette fois…

elle ne recula pas.

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