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Quelques pas au-delà de la place suffisent pour voir que le hameau n’offre aucune de surprise : pas la moindre découverte au-delà des arbres qui s’imposent, à perte de vue. Si Simon est étonné qu’ils n’aient pas vu l’Inanuki Dam et l’ancien tunnel condamné, il ne partage pas cette information de peur de raviver la mémoire pas si vive de Doriane. A n’en point douter, elle veillerait à ce qu’ils les trouvent, quitte à s’enfoncer dans cette forêt qui lui donne les miquettes et n’en ressortir qu’une fois ces choses vues, peu importe l’heure. Hors de question de s’attarder davantage !

« Bon, je crois qu’on a fait le tour, constate Doriane, dépitée. Tout ça pour ça !

- C’est un petit village. Qu’en attendais-tu ?

- Je sais pas, le frisson ultime, tonne-t-elle, les yeux écarquillés. C’est une légende urbaine, bordel, et on se fait chier comme des rats crevés. Le lieu est limite désert ! On a vu que trois pélots. T’as aimé la visite ?

- Heu, je sais pas, le magasin oui, malgré l’étrangeté, ça m’a bien plu. Je crois que je vais préférer lire le manga. J’ai même hâte.

- Pareil, il a l’air cool, même s’il ne ressemble pas à ceux qu’on connaît.

- Justement, ça va nous changer ! Finalement, c’est cool qu’on soit venu. Tu avais raison, j’ai trop flippé pour rien, je me sens bête.

- C’est ce qui fait ton charme mon bébé ! »

Ils quittent ainsi Inunaki, bras dessus bras dessous. Très vite, un nouveau sujet monte aux lèvres bavarde de Doriane : le massacre de Tsuyama, que Simon pressent aussitôt comme la nouvelle marotte de Doriane, à intercaler entre deux vides au planning de leur trépidant séjour. Mais, curieusement, point de peur à l’horizon. La Toyota, à l’ombre des arbres, les attend. Ils filent en direction de leur hôtel, retrouvant le confort d’une vie moderne. Simon conduit, fenêtre ouverte, le vent dans les cheveux : il se sent libre, libéré de toutes ses peurs, comme s’il les avaient laissé au porte d’Inunaki. Doriane, plus que jamais, le regarde avec les yeux de l’amour.

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Note de l’auteur : Malgré lui ce segment a tout d’une fin, mais ce qui oppose la fiction à la réalité sur le terrain (dé)miné des légendes urbaines est la propension à ne pas vouloir de fin qui se terminent bien et moins encore de cette espèce. Le lecteur qui souhaiterait achever l’aventure sur une note positive peut néanmoins s’arrêter ici et la considérer comme telle : Inunaki suppose des choix, doivent-ils tous être indiqués explicitement par la main qui écrit, et le chien qui pleure ?

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