Chapitre 8

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Elle digéra l’information. Elle savait déjà qu’il existait au moins une espèce extraterrestre, alors pourquoi pas plusieurs. Elle avait tant d’autres questions à lui poser, et il avait l’air disposé à y répondre…

« Lorsque les Goa’ulds prennent un hôte, ils deviennent humains ?

─ Physiquement, oui. Sauf qu’ils prolongent la vie de leur hôte, et que leurs blessures guérissent plus rapidement que celles d’un humain normal. Mais n’y voyez aucune bienveillance de leur part, c’est probablement parce que cela les arrange. Ils gagnent aussi des yeux qui s’illuminent lorsqu’ils veulent impressionner leurs adversaires, mais ils perdent l’acuité de leurs autres sens.

─ Et Ba'al, quel âge a-t-il ?

─ Difficile à dire. Il y a eu plusieurs dieux portant ce nom. D’après un Tok’ra… une sorte de résistant goa’uld, pour faire court, lui, il aurait autour de deux mille ans. »

Elle ne put s’empêcher de pencher la tête pour observer à nouveau le "dieu" phénicien qui leur tournait le dos.

« Un âge qui vous coûte plus cher en bougies qu’en gâteau », lâcha-t-elle avec un léger sourire en se souvenant de cette phrase qu'avait dite son père adoptif lors de son dernier anniversaire.

Ba'al se retourna. Leurs regards se croisèrent.

L'avait-il entendue, ou avait-il lu sa pensée ?

Elle vit une lueur moqueuse dans son regard.

Il n’ignorait pas que le militaire l’informait à son sujet.

Alixe brava son regard. Après tout, il n’était qu’un vulgaire parasite dans un corps humain dont il avait annihilé l’âme, "la créature" qu'elle avait sentie, enfant, dans une autre vie. Une sorte de monstre reptilien.

Elle ne craignait pas les monstres.

Un sourire plus carnassier que les précédents se dessina sur les lèvres du Grand Maître.

Elle réprima un frisson tandis qu’il retournait à sa transaction.

« Plutôt bien conservé pour un vestige archéologique mais du genre à garder enfermé dans une chambre froide, ironisa-t-elle en revenant à Carson Beckett.

─ Ne le prenez pas à la légère, la prévint-il. Ba’al est un fervent ennemi de l’Humanité, et des civilisations évoluées en général. Il en a déjà exterminé quelques-unes. Mais c’est une attitude et, plus exactement, une aptitude propre à tous les Goa’ulds. »

Son regard bleu se posa un instant, songeur, sur les quatre Goa’ulds en pleine discussion. Visiblement, ils étaient en parfait désaccord. C’était du trois contre un.

« Nous ne savons pas jusqu’à quel âge peut vivre un Goa’uld dans le même hôte. En général, une fois mort, un Goa’uld le reste. Mais, on dit que leurs sarcophages peuvent les ressusciter peu de temps après leur mort. Ba’al, lui, a trouvé un moyen "parallèle". Il s’est fait cloner. Comme je vous l’ai dit, on a découvert, et tué une vingtaine de ses clones. Lui-même… enfin le Ba’al originel a aussi fait le ménage dans ses rangs… Ce qui est assez compréhensible à bien y réfléchir… Ils devaient se taper sur les nerfs les uns et les autres. Il y a cinq ans, l’une de nos équipes a cru avoir mis la main sur le Ba’al originel. La Tok’ra a procédé à une extraction sur l’hôte, et le symbiote… le parasite a été exécuté.

─ Qu’est-il arrivé à l’hôte ?

─ Il est mort quelques jours plus tard… d’une dégénérescence cellulaire. Vieillissement accéléré, si vous préférez.

─ Il ressemblait à celui-ci ?

─ Trait pour trait.

─ Et vous en concluez quoi, docteur ? »

Carson Beckett prit un temps de réflexion avant de répondre.

« Soit celui-ci est un clone qui a su se faire oublier jusqu'à aujourd'hui, soit nous avons affaire à l’original qui a tout autant su se faire oublier ?

─ Ou bien, comme vous le présumez pour moi, il vient d’un autre univers. »

L'écossais acquiesça. Pour la première fois, il sembla se détendre. Il se força à sourire, mais une autre idée assombrit soudain son regard.

« Ou encore il voyage dans le temps. Dans ce cas précis, il viendrait du passé. Cela impliquerait des changements, et pas des moindres. Cela expliquerait, en partie, que vous veniez de la Terre sans connaître le programme Stargate… et pourquoi mes… mes amis… ne sont pas encore intervenus. Je devrais aussi en être affecté… normalement. Pourquoi ne le suis-je pas ?

─ Peut-être que vous l’êtes mais que vous ne vous en rendez pas compte. Revenons-en à nos moutons, s’il vous plaît. Il y a d’autres Goa'ulds que je devrais connaître ? Tous les dieux connus sont-ils des Goa’ulds ? »

Il voyait où elle souhaitait en venir.

« Tous les Goa’ulds ont des noms de dieux, mais cela ne signifie pas pour autant que tous ceux qui ont des noms de dieux soient des Goa’ulds. Il existe des théories, dont celle du docteur Jackson, prétendant qu’ils pourraient néanmoins être à l’origine des croyances terriennes, et des civilisations.

─ Ils ne sont donc pas totalement mauvais.

─ Ou bien, ils ne l’étaient pas, au début, et quelque chose les a corrompus. Le pouvoir, un virus, un autre parasite ou le temps… Selon un de mes amis, Rodney McKay, la thèse de Jackson serait erronée. Pour lui, les Goa’ulds sont des conquérants qui ont profité des croyances des humains en leur donnant une réalité. Pour ce qui est des conquérants, il faut reconnaître que les Goa’ulds ne sont pas très partageurs. Pourtant, à un moment, ils se seraient partagés la Terre les uns avec les autres, d’où cette multitude de croyances sur notre planète. Mais à un autre, ils en auraient tous été chassés et bannis.

─ Qui les en aurait bannis ?

─ À mon avis, plus d’une civilisation devait faire la queue pour cela. Plus sérieusement… une autre religion, je suppose.

─ Et aujourd’hui, que sont-ils devenus ?

─ L’empire goa’uld s’est totalement effondré, il y a dix ans environ. Aux dernières nouvelles, il est aussi éteint que les derniers Grands Maîtres.

─ Ah, oui ? Il se trouve que nous en avons un, juste devant nous… »

La discussion entre les quatre Goa’ulds cessa subitement.

Ba'al cracha un mot bref qui ressemblait à un juron.

Visiblement, le conflit persistait, mais l’un des asiatiques venait de trouver une solution pour y mettre fin. Il lâcha quelques mots secs au marchand d’esclaves qui le regarda avec des yeux ronds avant d’interroger Ba'al du regard.

Celui-ci inclina brièvement la tête.

Le marchand courba alors l’échine, un peu trop bas, en signe d’assentiment en direction des trois Goa’ulds.

Le Grand Maître revint vers Carson et elle. Il était visiblement mécontent de la tournure que prenaient les évènements. Le regard qu’il posa sur eux était glacial. L’une des veines de son cou palpitait méchamment, et ses mâchoires étaient contractées. Son attitude devenait de plus en plus inquiétante.

L’un des hommes du négociateur vint à lui et lui tendit une plaque de schiste et un morceau de craie.

Ba'al les prit sans y poser son regard.

Un autre homme remit la même chose au chef du trio.

Alors que le Grand Maître inscrivait une série de signes sur son ardoise, les membres du trio entrèrent dans une nouvelle et rude discussion, à voix basse.

Ils n’étaient pas d’accord entre eux.

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