Chapitre 25

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Carson et elle prirent le temps de visiter la ville en se fondant parmi les touristes assez nombreux en cette période automnale. Ils purent donc admirer les paysages. Ils regrettèrent de ne pas pouvoir s'asseoir à une table de restaurant et commander un repas typiquement terrien, ne sachant pas quel type de monnaie ou de moyen de paiement était encours dans ce monde. Sortir des pièces du XXIe siècle risquait, de toutes les façons, d'attirer l'attention sur eux. 

Lorsqu’elle se sentit mieux, ils retournèrent à l’entrepôt.

Ils y restèrent les cinq jours suivants.

Elle se sentait vraiment très mal. Elle se demanda si elle n'avait pas attrapé un virus, un genre de grippe ou de rhume extraterrestre.

Néanmoins, elle aida Carson à fouiller les caisses avec Carson en attendant l’arrivée de Ba’al.

Les lieux, comme les caisses, semblaient avoir été oubliés depuis la Crise de 1929. La date la plus récente qu’ils avaient pu trouver sur les étiquettes des caisses, et les feuilles de journaux qui emballaient les objets qu’elles contenaient.

L'argent et les billets contenus dans un petit coffre qu'ils découvrirent dans l'une des caisses n'avait plus cours. Sauf pour les collectionneurs. Carson décida de le laisser de côté.

Ils y avaient aussi découvert des artéfacts de diverses origines, et pas mal de choses dont l’utilisation ne semblait pas évidente pour des êtres humains normalement constitués.

Ils avaient donc porté leur intérêt sur des choses faciles et rapides à comprendre, et utiles pour leurs futurs voyages.

Pour Carson, cela incluait des objets scientifiques.

Pour elle, des armes.

Depuis son retour de voyage avec Ba'al, elle éprouvait une certaine fascination pour ces dernières. Le paradoxe, c'était qu'elle n’en avait pratiquement jamais touché. Pourtant, elle savait exactement ce qu’il fallait faire avec chacune d’entre elles, comme si elles lui étaient familières.

Ça, plus ses pouvoirs de téléportation, cela commençait à faire beaucoup.

Elle se demandait ce qui lui arrivait, et dans quelle mesure cela affectait son corps et son esprit.

Carson l’avait auscultée, mais il n’avait rien découvert d’alarmant. Lorsqu’il avait voulu la scanner avec son pad, elle avait simplement refusé. Il avait insisté pour la forme, mais elle n’était pas revenue sur sa décision. Elle avait peur de ce qu’il pourrait découvrir.

Avait-elle aussi peur que ses sentiments, à son égard, changent ?

Le cinquième jour, ils décidèrent de quitter enfin le hangar. Ils en avaient assez d'y dormir. De plus, ils commençaient à ressentir les effets de l'enfermement plus encore que dans le vaisseau. Cela commençait à les rendre irascibles l'un comme l'autre.

Sa santé ne s'améliorait pas. Elle s’était mise à tousser. Enfin, leurs denrées étaient épuisées.

Dans les caisses, ils avaient découvert de nombreux bijoux. Plutôt que de les vendre tels quels, ils en avaient ôté les pierres précieuses et avaient déposés celles-ci chez un prêteur sur gages. Ils récupérèrent suffisamment d’argent pour louer une chambre double avec un téléviseur, s’acheter de la nourriture et quelques journaux locaux et nationaux.

Ils devaient connaître ce monde, car ils commençaient à croire qu'ils y vivraient un moment à attendre Ba’al.

Carson lui avait confié que s’installer dans un tel monde ne le dérangeait pas. Tant qu’il n’y avait pas d’invasions extraterrestre et d’expériences qui tournaient mal à cause d’apprentis sorciers inconscients.

Elle partageait son opinion. Mais en même temps, elle avait aussi ce désir irrépressible de repartir.

Où ?

Elle l'ignorait. C'était comme un appel...

Voyager, c'était une possibilité. Surtout avec une Porte des étoiles qui leur permettrait d’aller faire un tour dans une autre galaxie, et d’autres planètes habitables, de cet univers, de temps à autre, et un super pouvoir qui lui permettait d’aller où elle le voulait sur la planète.

Alixe avait fait un saut à Paris pour voir le Louvre qui était bien différent de celui qu’elle avait connu.

Elle était allée à Glasgow avec Carson.

Elle avait incité à voir sa famille, mais il avait refusé net.

La jeune femme n’avait pas insisté. Il avait respecté sa décision de ne pas être scannée, le moins qu’elle puisse faire, c’était d’accepter son attitude vis à vis de sa famille.

Elle avait alors tenté de voir la sienne, ce qu'elle devenait sans elle... ou avec une autre elle mais n’en avait trouvé aucune trace.

La maison familiale était en ruines et la propriété semblait avoir été abandonnée depuis des dizaines d’années.

Elle aurait aimé revoir ceux qu’elle aimait et qui lui manquaient. Elle ne savait pas si elle devait en être heureuse, car elle craignait aussi les conséquences d’une rencontre avec son double.

D’après Carson, deux personnes identiques mais venant d’univers différent ne pouvaient coexister dans le même espace-temps.

Toutefois ici, ce n’était pas une histoire de voyage dans le temps…

Mais à quoi bon se poser la question ?

Elle ne s’était pas découverte de double. Peut-être parce qu’elle n’en avait pas.

Sa vie risquait d’être aussi tranquille que ce monde. Cela non plus elle ne savait pas si elle devait l’apprécier ou non. Elle s’était habituée à une vie mouvementée en quelques semaines.

Ce fut Carson qui entendit parler le premier de la série de meurtres à Las Vegas.

Le fait que le tueur laissait derrière lui des cadavres ressemblant à des momies les avait interpellés.

Après plusieurs siècles de séjour dans leur sarcophage, les Goa’ulds qui n’avaient pas été régénérés, pour une raison ou pour une autre, ressemblaient autant à des momies qu’à des vampires à la diète depuis trop longtemps.

Quelqu’un, peu scrupuleux, avait peut-être mis la main sur un lot de sarcophages hors service. Il les avait vidés de leur contenu au bord d’une route en plein désert avant de repartir avec pour les vendre ou en faire autre chose.

La police était tombée sur les restes et en avait déduit, de son côté, qu’il s’agissait de l’œuvre d’un serial killer.

Elle se méfiait des mondes trop tranquilles. Ils pouvaient recéler les pires pièges.

Et voilà qu’un type semait des Goa’ulds desséchés dans un désert non loin de Las Vegas...

L’après-midi même, après avoir acheté une voiture tout terrain, Carson et elle partaient pour Las Vegas.

Contrairement à eux, les autorités n’avaient pas capté ce message qui annonçait aux initiés : "Attention, passage récent d’un E-T., mais pas du genre à faire voler les petits vélos au clair de lune et à demander à rentrer à la maison".

C’était plutôt "Troisième planète après le soleil, terrain de chasse privé pour visiteurs venus de l’espace".

Elle avait appris, toujours par Carson, que la plupart des Goa’ulds possédaient un sarcophage qui leur permettait de rester en vie et de se régénérer durant des millénaires, ou encore de ressusciter.

Ba’al en avait eu un dans son ha’tak.

Elle s'était demandé où il avait bien pu se trouver. Elle n'avait rien vu dans ses appartements qui ressemble à un sarcophage ou à un appareil de régénération.

Toujours d’après Carson, les sarcophages altéraient l’esprit de celui qui les utilisait.

Ba'al avait déjà l’esprit bien tordu...

En matière d’incongruités extraterrestres, Carson était devenu incollable. Pour lui, il pouvait y avoir d’autres explications concernant l’existence de ces momies, mais il pressentait que ces affaires n’étaient pas ordinaires.

C’était comme un signal d’alerte chez lui, une forme d’instinct.

Alixe reconnaissait que trouver des sarcophages égyptiens dans un désert américain était effectivement très inhabituel, mais Las Vegas n’était pas loin. Possible que ce ne soit pas une histoire de pillages de tombeaux et de Goa’ulds. Ou pas que cela.

Elle sentait que son compagnon ne lui disait pas tout.

Elle avait discrètement sondé son esprit et avait senti qu’il pouvait bien y avoir une créature extraterrestre dans cette histoire, mais autrement plus dangereuse qu’un Goa’uld. Cet être dont elle avait seulement entendu parler à plusieurs reprises existait bel et bien. Il réduisait les êtres vivants en vieilles carcasses desséchées. Elle n’avait jamais vu cela. Mais ils n'étaient pas une légende.

Elle lui avait demandé ce que c’était.

Il ne s’était pas fait prier, sans même lui demander d'où elle tenait cette information.

Carson avait alors évoqué des créatures qu’il avait appelé « Wraiths ». Les fameux Wraiths que les Goa’ulds avaient évoqué lors du conseil… dans son rêve...

À mesure qu’il lui donnait des détails sur ces créatures, elle avait senti le comportement et la détermination du médecin changer.

Jusqu'ici pourchassé par un ancien dieu, puis par d'autres, ainsi qu'une chasseuse de primes, il avait décidé, en à peine une journée, de devenir le chasseur.

« Pour la sauvegarde de l’Humanité de cette planète », lui avait-il certifié sans ciller.

Pour elle, qui n’avait pas eu l’occasion de voir un Wraith tel qu’il devait être, en vie, ces quelques preuves signifiaient surtout que cette créature ne ressemblait pas plus à un être humain qu’à un faux dieu comme Ba’al.

Elle ne savait pas à quoi ressemblait un symbiote ou un parasite goa’uld, mais elle s’en faisait une image située entre l’anguille et le mille-pattes.

Là, elle songeait plutôt à quelque chose situé entre la goule et le vampire.

Arrivés sur les lieux de la découverte des momies, en plein désert, ils avaient joué de malchance.

Un flic, nommé John Sheppard, avait déjà mis la main sur un Wraith.

La caravane où s’était établi le cauchemar ambulant de Carson avait été littéralement atomisée.

Le médecin avait trouvé un doigt dont l’ongle évoquait une griffe, quelques dents qui auraient pu être celles d’un énorme chat ou d'un fauve, et des fragments d’os éparpillés sur tout le site détruit.

Tout indiquait que la créature était bien morte. À moins qu’elle ait aussi eu des capacités régénératrices, elle aussi…

En ce qui concernait Ba'al, et compte tenu de ce qu'il savait sur les Goa'ulds, Carson trouvait que la symbiose entre l’hôte et le parasite s’était accomplie de manière anormalement complète. Mais peut-être était-ce tout à fait normal. Après avoir cohabité ensemble plus de deux mille ans, il était impossible de dissocier l’un de l’autre.

Le scientifique avait sa théorie sur le sujet.

Elle s’appuyait sur les rapports des membres de l’équipe SG-1 qui avaient assisté à l’extraction du parasite du corps de son hôte. Un autre Ba'al, justement.

La créature et son hôte s’étaient montrés pleins de "vitalité" au moment de l'extraction. Or, parasite ou non, une créature extraite de son milieu après y avoir vécu au moins deux mille ans aurait dû se trouver désorientée, paniquée, et même inadaptée à une vie sans hôte.

Rien dans les observations de Jackson, de Carter ou de O’Neill, ou encore de Teal’c ne l’avait confirmé. D'autant que le parasite avait été éliminé, exécuté peu après son extraction.

Son porteur, lui, n’avait pas survécu plus trois jours, à la séparation.

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