Chapitre 34 / Chapitre 7

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Carson pensait que l'ancien dieu n'avait pas connaissance de toutes les informations concernant ses prisonniers. Sans en être certain.

Ainsi, le Grand Maître ignorait ce que Michael et lui étaient l’un pour l’autre. Il ignorait que le véritable Carson Beckett était mort dans une explosion. Mais il n’ignorait pas qu’il était un clone et avait gardé cette information pour lui.

Comment l’avait-il su ? Était-ce inscrit dans le journal ? Ou dans un autre qu’il avait en sa possession ? Pourquoi lui avait-il parlé de cela des semaines après leur rencontre ? Comptait-il utiliser cette information ? Plus tard ? Ou bien souhaitait-il l’étudier comme on étudie un animal de laboratoire auquel on aurait fait subir une mutation génétique ?

C’était peut-être ce qui lui valait d’être encore en vie.

Ou bien, était-ce simplement parce qu’il se révélait utile en tant que médecin ?

Il avait extrait le projectile que Ba'al avait reçu à l’épaule lors de sa fuite du marché aux esclaves et l’avait soigné. Pour une raison qu’il ne s'expliquait pas, la blessure cicatrisait moins vite qu’il ne l’aurait pensé chez un Goa'uld.

Normalement, les symbiotes accéléraient les guérisons de leurs porteurs...

En plus, il avait dû pratiquer l’extraction dans des conditions pour le moins compliquées.

Ba’al avait refusé de se dévêtir plus qu’il ne le fallait.

Carson avait compris que cela n’avait rien à voir avec un excès de pudibonderie lorsqu’il avait vu, dans son cou, l’amorce de cicatrices antérieures à la blessure qu’il devait soigner sur l’épaule de l’extraterrestre. Celles-ci devaient se prolonger dans son dos.

Le médecin s’était alors abstenu de poser des questions. Cela l’avait tout de même intrigué.

Environ deux mois plus tard, l’ancien dieu était revenu d’un conseil de Grands Maîtres après vingt-quatre heures d’absence. Il avait tenu à ce qu’Alixe l’accompagne.

À son retour, l’humeur du seigneur goa’uld était particulièrement exécrable.

Carson avait craint que quelque chose soit arrivé à Alixe. Il s’était rendu dans les appartements de la jeune femme. Ne l’ayant pas trouvée, il avait alors couru jusqu’au tel'tak qui les avait ramenés du sommet goa’uld, Ba'al et elle, et l'avait trouvée épuisée, bouleversée, mais saine et sauve.

Ils avaient longuement parlé. Puis il l'avait raccompagnée à ses quartiers en lui conseillant de se reposer autant qu'elle le pourrait. Il avait promis de repasser la voir.

En retournant, à ses propres quartiers, il avait croisé Ba’al qui donnait des ordres à son Prima. Ils semblaient très inquiets.

Carson n’eut pas de difficulté à reconnaître les signes d’une tension qui ne se dissiperait pas avant quelques jours. Dès lors, il avait lui été gagné par l’inquiétude.

Qu'est-ce qui se tramait ? Qu'est-ce qui inquiétait autant Ba'al ?

Généralement, ses colères étaient brutales et vives comme des orages, mais tout aussi rapides. Ces derniers jours, l'orage avait du mal à passer.

Quel mauvais présage cela annonçait-il ?

Même les jaffas se trouvaient dans l'attente de quelque chose.

Ba'al était leur chef. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il décide, ils le suivraient.

D’après ce que Carson avait pu constater, aucun de ses hommes ne le trahirait intentionnellement. Non par crainte de représailles, mais parce qu’ils le respectaient réellement et profondément.

Durant les jours qui suivirent, les mesures de sécurité à bord du vaisseau grimpèrent de plusieurs échelons. Ce qui n’était pas peu dire.

Ba’al était si convaincu de la sécurité à bord de son ha’tak qu’il ne s’était jamais donné la peine d’emprisonner Carson dans une zone limitée. Non seulement, il ne l’avait jamais enfermé dans une cellule, mais il avait mis à sa disposition une partie du quartier des invités.

L’autre était réservée à Alixe.

Le scientifique allait et venait à son gré dans le vaisseau sous les regards des jaffas, et celui d’autres dispositifs de surveillance dont le maître des lieux, seul, avait la connaissance.

Quelques fois, les gardes lui refusaient l’entrée d’une pièce ou l’accès à un couloir. Néanmoins, Carson avait pu se familiariser avec la configuration du bâtiment pour aller là où il le voulait sans passer par les jaffas.

Il savait où se trouvaient les anneaux de transport, la réserve d’eau et de nourriture, l’armurerie, la mini Porte des étoiles, sa nouvelle infirmerie, le laboratoire de Ba’al, et les aires de stationnement des différents vaisseaux.

Que pouvait-il faire d’autre dans ce vaisseau grand comme une petite ville de province, si on alignait tous les étages, à part le visiter ?

En plus, à cause de leur bonne santé, les jaffas venaient rarement le consulter pour des problèmes médicaux. Lorsqu’ils y consentaient, c’était sur l’ordre de leur maître, et moins par besoin que par obéissance lorsque Ba’al leur ordonnait de garder un œil sur le Tau’ri.

Quelque part, cela lui convenait. Il n'était pas médecin, après tout. Pas de ceux qui pratiquaient. Lui, son domaine, c'était la recherche. Pour le reste, il se limitait aux premiers soins. Il n'avait jamais travaillé sur les vivants, ou si peu. L'autre Carson Beckett avait de véritables connaissances en médecine.

Carson comprenait pourquoi le faux dieu agissait ainsi. Il n'en appréciait pas moins ces moments où il pouvait se rendre utile. Il avait à peu près tout ce qu’il souhaitait à bord, notamment des livres, de quoi écrire et même des plantes vertes avec lesquelles il pouvait entretenir de longues conversations à sens unique.

Il n’avait pas été autorisé à avoir de la musique ou des films. De toute façon, cela n’aurait pas servi à grand-chose, il n’y avait pas de prises électriques, du moins de prises compatibles avec les objets de diffusion terrestres, et il ne connaissait rien à l'électricité. Il n’avait pas non plus eu le droit d’avoir un téléphone portable. D’un autre côté, il n’avait personne à appeler. Même pas Rodney depuis qu’ils s’étaient fâchés.

Contrairement à Alixe, il n’avait pas d’instrument de musique sur lequel jouer. Il avait plusieurs fois pensé que cela aurait été amusant de jouer de la cornemuse dans les coursives. Ce qu’en bon écossais, il savait faire.

Chaque fois qu'Alixe jouait, les jaffas migraient hors de la zone sonore. Les couloirs se vidaient aussi vite que si l’on y avait vaporisé un antiparasitaire.

Dans ces moments-là, Ba’al, dont les appartements se trouvaient à côté de ceux d'Alixe, s’arrangeait aussi pour se trouver le plus loin possible, généralement du côté du poste de pilotage, à l’autre bout du vaisseau.

À dire vrai, la jeune femme jouait du violoncelle de façon assez personnelle. Ce n'était franchement pas mauvais, et comme musiques, il y avait franchement pire que celles Bach ou Haydn. Sauf qu'à sa manière de les jouer, il était difficile de les reconnaître.

Si le SG-C avait su que la musique répugnait les Goa’ulds à ce point, il aurait passé la main au NSO, le National Symphony Orchestra de Washington.

Et si Teal’c n’avait jamais fait montre d’une telle répugnance de la musique, peut-être était-ce parce que son symbiote était l’exception à la règle…

Vingt jours après le retour de Ba’al et d'Alixe, Carson sortait des quartiers de celle-ci après avoir dîné avec elle, lorsqu'il était tombé nez à nez avec une femme magnifique qu'il n'avait jamais vue jusqu'à cet instant bord du vaisseau. Son allure de danseuse indienne, et son parfum enivrant avaient un-il-ne-savait-quoi d'ensorcelant.

Ils ne s'attendaient ni l'un, ni l'autre à ce face-à-face.

Elle avait vivement reculé en baissant l'un des voiles qu'elle portait sur son beau visage aux traits fins, comme si elle avait eu peur qu'il la touche et ternisse sa beauté intemporelle.

Il avait été saisi par ses grands yeux verts.

L’espace d’un instant, il n’y avait eu plus rien d’autre qu’elle. Elle et son parfum excitant…

Il en avait eu le souffle coupé, pas seulement parce qu’elle était magnifique, mais surtout parce que les voiles de couleur brique qui couvraient tout son corps, comme ses longs cheveux sombres et bouclés censés dissimuler ses seins nus, n’en cachait absolument rien.

Elle l’avait toisé d’une manière méprisante avant de prendre, hautaine, la direction des appartements du maître des lieux.

Elle avait été rejointe par trois autres femmes qui devaient être ses gardes du corps.

Ces dernières étaient caparaçonnées de la même manière, et donnait l’impression que si elles étaient plus vêtues que leur maîtresse, elles ne l'étaient certainement pas encore assez pour un esprit puritain.

Chacune d'elle était chauve, à l'exception d'une courte natte sur leur tempe droite pour deux d'entre elles, et sur la nuque pour la troisième. Un serpent en forme de hiéroglyphe égyptien était tatoué à l'encre noire au milieu de leur front hâlé.

Chacune portait, en plus d'une hache accrochée à leur hanche gauche, un bouclier circulaire, et un modèle de lance-serpent qu'il n'avait jamais vu auparavant.

Les trois femmes ressemblaient à des guerrières divines tant leurs armes et leurs armures étincelaient.

Carson ne doutait pas un instant qu'elles sachent se servir de leurs armes.

En outre, physiquement, elles pouvaient être des sœurs, et même des sœurs de la femme voilée.

Elles avaient de longs membres, fins et musclés, comme celle qu’elles protégeaient, et qui était la seule à ne pas être armée.

Leurs grands yeux bruns auraient pu être très beaux s’ils n’avaient pas été si durs.

Quelque chose d'autre, en elles, stupéfia Carson. Elles étaient comme des spectres : mortes à l’intérieur.

Furtivement, l’idée que le vaisseau subissait une invasion de la part d'un Grand Maître ennemi lui traversa l’esprit. Il avait la certitude que ces étranges créatures qui avaient l’apparence de femmes, parasitées par des Goa’ulds, étaient dangereuses. Elles tueraient sans le moindre état d’âme.

Il ne se sentit pas plus rassuré lorsque la porte coulissante des appartements de Ba’al s’ouvrit, et qu’il les accueillit sur un ton aimable.

Trop aimable pour être honnête.

Qui était donc cette mystérieuse et belle visiteuse qu’il ne prenait pas plaisir à accueillir malgré les apparences, et dont les effluves parfumées continuaient à l’étourdir ?

Carson ne comprenait pas le langage goa’uld, excepté quelques mots ou expressions.

Il put donc saisir « Shal’Met » qui signifiait Heureux de te revoir, même si au ton de sa voix, il sentit que Ba’al ne l’était vraiment pas, « Kree'No'Tel », nous avons un problème et, bizarrement « Kree Shok », tu vas souffrir.

C’était la femme voilée qui avait prononcé ces deux dernières répliques, et le seigneur goa’uld n’avait pas eu l’air de s’offusquer de la menace pour une fois.

Au contraire, sa voix s’était nettement adoucie.

Le ton de la femme avait également changé. Il se faisait plus suave à mesure qu'elle parlait et démontrait la puissance de sa séduction.

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