Chapitre 52 / Chapitre 25

7 minutes de lecture

Ba'al n’avait absolument pas bronché. Il semblait n’avoir rien entendu. Carson avait compris leur tactique. Ils essayaient de le monter contre Ba'al. Essayaient-ils aussi de monter l'Ancien Grand Maître contre lui ? Séparer pour mieux régner, et dans le cas présent, pour tuer plus facilement.

Midas eut un petit rire sadique.

« On dirait que tu ne te démontes pas facilement, mon frère. Toutefois, je sens bien qu'à chaque seconde qui passe, ta peur grandit. La fréquentation des humains ne te vaut rien.

─ Je ne me souviens pas t'avoir eu pour frère, Midas. Un cousin éloigné, et indésirable, de la famille qui m’a élevé, peut-être. Du genre que l'on oublie d’inviter lors des cérémonies officielles...

─ Ah oui, c'est vrai. Ceux des airs ne se mélangent pas à ceux de la terre, encore moins à ceux des eaux. Tout le monde connaît la chanson. Au fait, rappelle-moi combien d’Aériens sont toujours de ce monde, ou d’un autre ? »

Midas éclata d’un rire fort désagréable avant de reprendre.

« Nous n’avons aucune intention de nous salir les mains avec quelqu'un de ton... espèce. Nous sommes d’avis de laisser les jaffas s'occuper de toi. Ensuite, nous nous occuperons de ton ami. Je n’aime pas beaucoup le corps que j'occupe actuellement. Tout le monde dit que je ressemble à un âne. Ton compagnon n’a pas le physique dont je rêve, mais je suis convaincu qu'il me fera un excellent hôte, et grâce à lui, je m'immiscerai auprès de ton hjà’kô, et je la tuerai.

« Tu parles trop Midas », soupira Ba'al plus exaspéré que véritablement en colère. « Tu fais des promesses que tu ne tiendras jamais. »

Midas se rengorgea, vexé.

Cela ne parut pas déplaire à la déesse celte qui eut un horrible sourire.

Ba'al s'adressa à elle.

« Ainsi, vous aviez tout prévu ?

─ Dans les moindres détails », lui assura Scáthach de sa voix basse et rocailleuse.

Ba’al fit mine de réfléchir un court instant, avant de se décider.

« D’accord. Je règle leur compte aux jaffas. Ensuite, je m’occupe du vôtre.

─ À ton service, seigneur Ba'al. », ricana Midas.

Carson crut avoir mal entendu. Jusque-là, songea-t-il, les choses allaient de plus en plus mal, et cela ne semblait pas être sur le point de s'arranger.

Ba'al n’était pas connu pour affronter ses ennemis de manière directe, surtout lorsqu’ils étaient en nombre. Ce n’était pas qu'il cherchait à éviter les combats. En règle générale, c'était lui qui les provoquait.

Carson se souvenait de la façon dont il avait vaincu Susanoo, mais il était aussi connu pour être un maître dans l'art de l'esquive comme dans celui de la fuite. d’un autre côté, c'était sûrement ce qu'il avait trouvé de mieux pour rester en vie tout au long de ses deux mille ans d’existence.

Carson était curieux de voir ce qu'il allait faire.

À condition de ne pas servir de pâture ou de monnaie d’échange.

Les trois Goa’ulds se regroupèrent sans échanger un mot derrière Scáthach qui leva de nouveau la main à l'intention des jaffas qui bloquaient les différentes issues, et ne laissaient aucune possibilité de fuite à leurs cibles.

Lorsqu'elle baissa la main, ce fut comme si elle ouvrait les portes invisibles.

Les guerrières se déployèrent aussitôt dans le jardin. Par chance, aucun d’entre elles n’avait la traditionnelle lance-serpent, encore moins de Zat'nik'tel. Et par une malchance sans commune mesure, elles étaient armées de sabres, d’épées, de haches, de masses et massues.

Carson ne vit aucune de ces hallebardes connues sous l'appellation de lances Soaka'rel dont les deux hommes ne connaissaient que trop bien les dégâts qu'elles étaient capables de faire.

Dans son dos, Carson sentit l'ancien dieu phénicien se préparer à l'attaque.

« Mon ami, suivez exactement le mouvement.

─ Quel mouvement ? »

En même temps, il eut cette pensée saugrenue : ennemis dans la vie, amis dans la mort.

Il devait y avoir une quarantaine de jaffas.

D’un mouvement aussi rapide que fluide, Ba'al retira son sabre de son fourreau.

Ce fut comme un signal.

Un premier jaffa armé d’une épée, suivi de quatre autres s'élancèrent sur eux.

Carson tourna la tête vers Ba'al au même moment que lui. Leurs regards se croisèrent. Une fraction de seconde. Une seule petite fraction de seconde, et il sut exactement ce qu'il devait faire.

Il se baissa tandis que le bras de l'ancien dieu, prolongé de son sabre passa au-dessus de lui, brisant net l’épée. Il entendit siffler les petites lames que l’ancien dieu lança, de son autre main, en direction de ses ennemis. Il toucha les cinq jaffas à la gorge, l'un après l'autre.

Le médecin sentit l'air vibrer au-dessus de sa tête, ainsi que l'odeur du sang aussi...

Cinq autres jaffas les assaillirent sans prendre le temps de la réflexion.

Ils subirent un sort identique.

Carson avait l'impression d’être autant un bouclier qu'une parade, et une arme qui, lorsqu’elle ne se déstabilisait pas l'adversaire, le frappait de plein fouet à coups de poings ou de pieds.

À un moment, il prit l'initiative, en s'appuyant sur le bras de son compagnon, d’envoyer ses deux pieds en avant dans le torse d’une guerrière qui l'avait pris pour cible.

Il rata son coup, et atterrit lourdement sur le sol. Son adversaire manqua sa tête. La surprise la fit reculer. Ce n’était pas le genre de combat auquel elle s’attendait visiblement.

Carson se releva aussitôt, et rejoignit Ba'al.

Sa manière de se battre contrastait totalement avec celle de son compagnon, mais cela ne semblait nullement entraver celui-ci dans ses mouvements, au contraire.

L'instant suivant, sans trop savoir comment, il s'était retrouvé à voler dans les airs au-dessus du faux dieu qui le rattrapa entre deux ripostes pour éviter qu’il aille se noyer dans le bassin boueux.

Grâce à lui, il était retombé sur ses pieds de son autre côté, pour se retrouver en face d’une autre guerrière à laquelle, par réflexe de survie, il donna un coup de poing dans la figure suffisamment fort pour l'étourdir en lui éclatant le nez.

La femme chancela à peine et tenta de lui asséner un coup de massue qu'il amortit avec peine.

Il ressentit néanmoins un choc violent à l'épaule droite. Il devait se ressaisir, et vite.

Les autres n’hésiteraient pas à l’achever.

Les combattantes étaient en nombre, mais en face d’elles, de toute évidence, il y avait un adversaire plus que coriace, et un autre qui l’était, au moins, à moitié autant.

Il vit Ba'al qui sabrait, tranchait, quand il ne fonçait pas carrément dans le tas. Il utilisait autant son sabre que ses poings, ses jambes et ses pieds, ou encore sa tête.

Son emblème, le taureau, n’était pas usurpée, à cet instant.

Il donnait parfois l'impression de voler tant il se montrait souple dans ses enchaînements. Et chacune de ses attaques faisait généralement mouche.

Tant et si bien que sur le nombre de jaffas qui les avaient attaqués, il n’en restait plus que six capables de se battre.

Carson vit arriver une hache qui lui parut énorme.

Sûr qu’il ne faisait pas le poids face à cet engin ! Il baissa la tête et roula sur le côté au sol.

Encore une fois, Son assaillante ne s'y attendait pas. Elle se prit les pieds dans les jambes du médecin. Cela la déséquilibra à peine, mais suffisamment pour laisser une ouverture à Ba'al.

L'écossais vit la lame du sabre passer au travers du corps de la jaffa sans rencontrer la moindre résistance.

La femme s'écroula à côté de lui.

Cinq.

Ba'al tendit la main vers lui.

Il la saisit à l'instant où l'une des guerrières survivantes fondait sur lui avec un bâton qu'elle planta exactement à l'endroit où il se trouvait une seconde plus tôt.

Le Goa’uld et la guerrière se retrouvèrent côte à côte.

Avant que celle-ci ne s'en rende compte, sans même se tourner vers elle, Ba'al lui planta une dague dans les côtes, au niveau du cœur, lui infligeant une blessure mortelle.

Il la retira d’un coup sec.

Un flot de sang jaillit de la blessure.

La guerrière mourut instantanément.

Quatre.

Dans son champ de vision, Carson vit les trois dernières combattantes, dont une était blessée à la cuisse, prendre le relais.

La blessée avait une masse, les deux autres tenaient des haches.

Carson se baissa comme il l'avait fait la première fois lorsqu'une hache passa au-dessus de sa tête.

Le sabre de Ba'al faucha l'autre hache et l’envoya percuter sa lanceuse. Il trancha net la massue, mais non la détermination de sa propriétaire qui parvint à percuter son adversaire de plein fouet.

Pour la première fois depuis le début de l'attaque, le faux dieu se retrouva au sol, un poignard fiché dans son épaule droite, là où la balle qu'il avait reçue au marché aux esclaves s'était déjà logée quelques semaines plus tôt.

La guerrière à la masse avait plus d’un tour dans son sac.

Il lâcha un juron en langue goa'ulde que Carson ne comprit pas.

L'écossais fit la seule chose qui lui vint à l'esprit sur le moment. Il saisit une lame brisée qui gisait sur le sol, restant de l’épée brisée par Ba’al au début de l’assaut, et la planta dans le pied gauche de la femme.

Il vit alors la dague de Ba'al dans la cendre.

Elle avait dû glisser de sa botte lorsqu’il était tombé.

Sans réfléchir, Carson la saisit et la planta dans la nuque de la guerrière alors qu'elle était occupée à retirer la pointe de la lance de son pied.

Elle s’écroula sur le sol, morte. Il se releva et arracha la dague de l'épaule de Ba'al sans le ménager.

Grimaçant de douleur, l’ancien dieu se releva prêt à reprendre le combat.

Une.

Où était-elle ?

Carson eut à peine le temps de se le demander. Il sentit le froid glacial d’une lame et le souffle chaud de la guerrière sur sa gorge . Son sang se figea dans ses veines. Il ressentait la peur. Celle de la femme et la sienne.

Arriver au bout d’une première difficulté et mourir juste avant sa résolution seraient vraiment la chose la plus stupide qu'il ait faite durant sa courte vie.

Annotations

Vous aimez lire Ihriae ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0