Psaume à la mélancolie
Je me laisse aller à la tentation
Suivant cette rengaine, cette chanson
Qui me pousse vers un abîme sans fond
Et le cantique continue
Une fanfare au son aigu
Je vais craquer, je n’en peux plus
Cette complainte venue du fond des âges
N’a rien d’une berceuse bien sage
Elle enferme mon âme dans une cage
Cette folle impulsion
Plus sourde qu’une séduction
C’est un hymne, un orphéon
Je cherche une harmonie
Un air, une furie
Un refrain de jalousie
Louange à toi ô lune
Mère des étoiles et des brumes
Muse des chants célestes, des runes
Mais cette passion
Mieux qu’une ascension
Est pire qu’une tentation
Je te veux et t’espère
Comme l’enfant sa mère
Et l’absent, son père
Je voudrais éteindre ce feu
Qui me consume mieux
Que la raison ne le veut
En dépit de cette haine soignée
Que je garde au fond de mon cœur brisé
Je t’aime — à jamais condamné

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