Chapitre 14 : Un départ inopiné

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Samedi 8 décembre, dans l’après-midi.

Lisa s’installe dans la Maserati grise. Elle est impressionnée, bien sûr : elle n’a jamais pris place dans un tel véhicule. Pourtant, elle reste sur ses gardes. Elle a défendu l’homme assis à côté d’elle, mais s’il avait trompé tout le monde ? Et s’il était le véritable tueur ?
Elle sera fixée dans quelques heures. Si elle est encore en vie.

Guidrish démarre la voiture, et le bolide accélère à une telle vitesse que Lisa reste collée au fond de son siège.

— Où logez-vous maintenant ? lui demande son chauffeur.

— Je suis dans un studio prêté par une amie. Elle est en vacances en ce moment.

— Et il est où, ce studio ?

— Dans le 12e, près de la gare de Lyon. J’y ai aménagé ce matin avant de me rendre au poste. Je n’aimais pas l’hôtel où la police m’avait logée. Trop bruyant. Et sale.

— Je vous comprends. Nous y serons dans une vingtaine de minutes, si la circulation nous le permet.

Guidrish bifurque vers une grande avenue et se dirige vers la gare de Lyon. Il ne quitte pas la circulation environnante des yeux, ce qui permet à Lisa de regarder plus attentivement son interlocuteur sans se faire remarquer ni paraître impolie.

Il est rasé de près. Des cheveux blancs agrémentent ses tempes. À y regarder de plus près, Lisa distingue des lignes rosâtres obliques sur son visage, qui ressemblent à d’anciennes cicatrices, étrangement droites et parallèles, comme si elles avaient été faites sciemment, sur les joues, sous les yeux. On ne les remarque pas au premier regard, comme des traces que le temps a presque effacées.

— Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

— C’est-à-dire ?

— Sur votre visage… On dirait des cicatrices. Quelqu’un vous a fait ça ?

— Non. Je me les suis faites tout seul.

— Pourquoi ? Vous étiez un jeune homme tourmenté ?

Guidrish sourit. Il est touché par la naïveté de la question, par son innocence.

— On peut dire ça, oui. Disons qu’elles sont la marque du deuil, pour pleurer la mort d’un ou de plusieurs frères.

— Oh… Je suis désolée. Toutes mes condoléances.

Guidrish lui jette un regard attendri, puis se reconcentre sur la route.

« Merci, Lisa. C’est gentil. »

Il refuse de lui donner plus d’informations. Pas maintenant. Elle n’est pas prête, et ne comprendrait pas. Du moins, pas encore.

Il décide cependant d’aller droit au but et de lui exposer ses véritables intentions.

— Lisa, je vais repartir chez moi, en Hongrie. Ce ne sera pas long. Quelques jours, tout au plus. Et vous allez m’accompagner.

— Quoi ?

— Vous n’avez rien prévu ce week-end, n’est-ce pas ? Vu les circonstances, vous serez plus en sécurité loin de Paris. Et puis, vous verrez : Budapest est magnifique à Noël, et la campagne hongroise sous la neige est magique. Vous allez adorer.

Son regard, qui pétillait à la vision de cette image féérique, se fait plus sérieux :

“ Notre avion part demain après-midi.

Reposez-vous aujourd’hui chez votre amie. Je reviendrai vous chercher demain. Profitez-en pour préparer vos affaires : un petit sac de voyage avec des vêtements chauds et confortables pour quelques jours. L’hiver est rude dans ces régions.

Et n’oubliez pas votre passeport, s’il vous plaît.”

Il tourne légèrement le visage vers elle, les sourcils froncés.

– Votre amie a un chat, ou tout autre animal domestique ?

— Euh… non ? Pourquoi ?

— Parfait. Ce sera un souci de moins à gérer, comme trouver un pet-sitter pour le week-end.

Diverses pensées se bousculent dans la tête de Lisa. Elle s’apprête à partir dans un pays totalement inconnu et, de toute évidence, Guidrish ne lui laisse pas vraiment le choix.

— Et si je refuse de partir ?

— Lisa, vous êtes en danger. Je me préoccupe de votre sécurité. Et puis, vous aurez des réponses à vos questions si vous venez avec moi. Je vous le promets.

— Comme pourquoi vous étiez chez moi en tenue d’Adam hier soir ?

— Par exemple…

— Donc vous étiez vraiment chez moi ??

— Oui. On en parlera une fois arrivés là-bas, voulez-vous bien ?

— Mais vous voulez faire quoi en Hongrie avec moi ? Me présenter à votre mère ?

Guidrish éclate de rire. C’est bien la première fois qu’elle voit tant de jovialité chez cet homme normalement si insondable. Cela la rassure quelque part, et le rire le rend un peu plus humain, plus accessible.

Elle sourit à son tour. Guidrish lui répond alors :

« Non, non. Ne vous inquiétez pas. Mes parents ne sont plus de ce monde depuis longtemps. Cela dit, ma mère vous aurait adorée ! Vous, en revanche… »

Lisa voit apparaître l’ange de la Bastille, statue posée sur une colonne immense, arborant sa flamme qui domine toute la place du même nom. Elle commence à donner des indications plus précises pour rejoindre l’appartement de son amie.

Après avoir trouvé une place non loin du logement temporaire de Lisa, celle-ci sort du véhicule et, à sa grande surprise, Guidrish en sort également pour l’accompagner.

— Qu’est-ce que vous faites ? Vous venez me surveiller pour être sûr que je ne m’échappe pas ?

— Ce serait une excellente idée, ma chère Lisa. Je pourrais dormir sur le canapé, mais je veux surtout m’assurer que votre nouveau logement est sûr et qu’il n’y a pas d’intrus, à nouveau.

Il marque une courte pause, puis reprend :

— Vous dormirez seule ce soir, je le crains. Je dois aussi préparer mes affaires pour le départ. Cette interpellation de ce matin a, disons, un peu précipité mes plans.

Il tourne légèrement la tête vers elle.

— Cependant, j’ose espérer que je peux vous faire confiance et que je vous retrouverai ici demain, n’est-ce pas ?

Lisa est dépitée. La panique commence à monter en elle. Et si elle s’était trompée ? Et si c’était lui, finalement, qui était impliqué dans son agression, et qui était en train de la piéger ?

Le traquenard est presque parfait. Il sait où elle se trouve. Il n’a plus qu’à prévenir ses amis pour achever sa vile besogne.

M. Guidrish, observant le désarroi de la jeune femme, tente aussitôt de la rassurer.

— Je vous enverrai un ami à moi pour assurer votre sécurité. C’est quelqu’un de tout à fait digne de confiance.

— Ah vraiment ? Vous êtes sûr que vous n’allez pas m’envoyer un assassin pour terminer le travail ?

Guidrish prend la remarque de plein fouet. Il se tourne vers elle, le regard grave. Il ne sourit plus.

Il pose ses mains sur ses épaules et plonge son regard mordoré dans ses yeux noisette, comme pour sceller sa sincérité.

« Lisa, je n’ai rien à voir avec ces horribles meurtres. »

Puis il ajoute, la voix étranglée par une colère sourde qu’il ose à peine laisser éclater :

« Je n’ai rien fait à ces pauvres filles. Jamais. Vous m’entendez ? »

Lisa ne sait pas quoi répondre. Soit elle a réussi à le blesser en l’accusant, à tort, d’un double meurtre et d’une tentative d’assassinat qu’il n’a absolument pas commis, soit il est un excellent acteur.

Mais il n’attend pas sa réponse. Il lâche son emprise, saisit machinalement ses clés de voiture et les glisse dans sa poche. Puis il déclare :

« Je vais devoir y aller. Je veux d’abord voir votre appartement, pour m’assurer que tout est en ordre. Je serai plus rassuré ainsi. »

Lisa ne dit rien. Elle l’invite simplement à la suivre jusqu’à son nouveau refuge.

Dès que l’homme pénètre dans l’appartement, il inspecte chaque pièce, les placards, regarde par les fenêtres et surveille la rue. Il a l’air de prendre des repères.

Puis, son inspection terminée, il reprend ses clés de voiture et se dirige vers la porte. Avant de partir, il lui déclare :

— À dix-huit heures, mon ami sera là. Il sonnera à votre porte. Ouvrez-lui et faites-lui bon accueil. Il passera la nuit chez vous.

— Et il dormira où ?

— Installez-le sur votre canapé. Et si vous vous souciez de son confort, sachez que c’est un véritable carnivore. Mais pas de sucre. Il ne le supporte pas. Il partira à neuf heures pile demain matin. Pas besoin de l’accompagner, il se débrouille tout seul.

La jeune femme reste circonspecte face à ces étranges déclarations. Elle regarde Guidrish se retourner et partir, se demandant quel genre d’homme peut bien avoir de telles exigences.

Au moment de refermer la porte de son appartement, M. Guidrish la retient et ajoute :

— Un petit détail : à partir de maintenant, vous ne sortez plus d’ici, vous comprenez ?

— Euh… ok ?

— Mon ami vous apportera ce que vous voulez. Vous avez besoin de quelque chose avant que je m’en aille ?

— Non… Ah si ! Eh bien, s’il pouvait venir avec son repas de ce soir, ce serait sympa. Ça m’évitera des corvées de cuisine.

— Entendu. Autre chose ?

— Non, j’ai tout ce qu’il faut ici.

— Très bien. Soyez prête demain matin à dix heures. Ainsi, nous serons dans les temps pour l’avion. Et n’oubliez pas votre passeport !

— Oui, Monsieur.

— Bien. Sur ce, passez une bonne nuit, et à demain.

M. Guidrish la laisse seule sur le palier. La jeune femme ferme la porte derrière lui à double tour et s’assure que chaque issue de l’appartement est bien verrouillée.

À dix-huit heures pile, on sonne à la porte.

C’est, espère-t-elle, le mystérieux ami de Guidrish venu assurer sa sécurité. Elle se sent à la fois rassurée et inquiète. Quel genre d’invité va-t-elle recevoir ? D’après les propos de Guidrish, ce type a l’air rustre, avec un côté sauvage.

Elle se souvient aussi qu’il ne doit certainement pas être français, mais de la même origine que Guidrish : un type de l’Est. Décidément, elle n’est vraiment pas au fait des us et coutumes de ces gens.

Elle regarde dans l’œilleton de la porte pour voir à quoi ressemble cet étranger, mais ne distingue personne. Son pouls commence à s’accélérer. Peut-être est-ce à nouveau un piège ?

Elle s’assure que la chaînette du battant est bien en place et ouvre doucement la porte. Elle se risque à jeter un coup d’œil à l’extérieur et, avec un cri de surprise, s’exclame :

— « CHAUSSETTE !!! »

Le grand loup gris est là, assis devant elle, sur le paillasson de l’entrée. Il tient dans sa gueule un sac en plastique contenant un bon gros morceau de viande, enveloppé dans du papier, ainsi qu’une bouteille de muscat. Il dépose le tout aux pieds de la jeune femme et remue la queue, tout fier de son exploit.

Un petit mot, griffonné sur une carte volante et scotché sur la bouteille, attire son regard :

« En espérant que le vin vous plaira. Chaussette ne boit que de l’eau. Bonne soirée ! »

Le mot est signé : Egon.

Lisa relit le message plusieurs fois. Comment M. Guidrish connaît-il ce chien ? Et comment sait-il que, la veille au soir, elle l’a appelé Chaussette ?

Mais, emportée par l’enthousiasme de retrouver son ange gardien, elle ne peut s’empêcher de faire des papouilles à l’animal et l’invite à entrer.

Chaussette commence aussitôt à renifler chaque recoin de l’appartement. Il passe par la chambre, la salle de bain, les placards, inspecte tout endroit où quelqu’un — ou quelque chose — pourrait se cacher. Il va même jusqu’à la fenêtre pour surveiller la rue.

Puis, considérant sans doute que tout est sécurisé, il s’installe tranquillement sur le canapé et observe sa nouvelle maîtresse, comme s’il attendait de nouvelles directives.

En voyant tout ce manège, Lisa éclate de rire :

— « Eh bien, mon loulou, tu es vraiment un super chien de garde ! »

Le canidé se met à chanter une sorte de hululement aigu en guise de réponse, ce qui ajoute encore à l’hilarité de Lisa.

Après s’être calmée, elle s’approche de lui, lui dépose un baiser sur la tête et lui annonce le programme de la soirée :

« Je te propose ce soir une soirée cinéma-canapé. Moi, ce sera une pizza accompagnée de ce délicieux muscat, et pour toi, une belle pièce de viande pendant qu’on se mate un super film. Qu’en penses-tu ? »

Le loup répond par un grognement, bientôt ponctué de « ahouuuu ! » enthousiastes.

Et c’est ainsi qu’après une partie de la journée passée dans un poste de police, et l’autre à préparer un sac pour un voyage vers une destination inconnue, Lisa et Chaussette se détendent devant une comédie légère. Elle déguste sa pizza et son verre de muscat, tandis que l’animal savoure sa grosse pièce de viande rouge, accompagnée d’eau fraîche.

Après une nuit calme et reposante, passée dans un lit douillet dont Chaussette aura lui aussi profité — par instinct de protection, et parce qu’un lit reste décidément bien plus confortable qu’un canapé — les deux nouveaux amis se réveillent sous les premiers rayons du soleil.

Comme prévu, à neuf heures tapantes, Chaussette commence à tourner en rond devant la porte d’entrée, puis se dresse contre elle en appuyant sur la poignée de sa patte.

Voyant l’animal insister pour sortir, et faisant confiance aux instructions laissées par M. Guidrish, Lisa lui ouvre la porte, non sans une certaine inquiétude.

Chaussette se faufile aussitôt à l’extérieur, tel un voleur qui ne veut pas se faire attraper, et se précipite dans l’escalier à toute vitesse.

Lisa ne peut s’empêcher de le suivre pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien, mais c’est déjà trop tard. La porte de l’immeuble était, comme par hasard, ouverte au moment où le grand chien a dévalé les étages et disparu dehors.

Mince…, se dit Lisa. J’espère qu’il ne va rien lui arriver. Egon m’a dit qu’il se débrouillait tout seul.

Elle secoue la tête, encore surprise. Elle n’a jamais vu un chien aussi bien dressé.

On dirait presque un être humain dans un corps de chien.

Dix heures. Lisa a son sac à côté d’elle. Elle est prête à partir.

À ce moment-là, on sonne à la porte. Elle regarde dans l’œilleton, inquiète. C’est bien M. Guidrish. Rassurée, elle lui ouvre.

Il est toujours aussi élégant, vêtu d’un de ses costumes trois-pièces taillés sur mesure. Il porte également un long manteau de laine noire.

— Bonjour, Mademoiselle. Bien dormi ?

— Oui, très bien. Chaussette et moi avons passé une merveilleuse soirée.

— J’en suis très heureux.

— Ce chien est incroyable !

— Oui, c’est vrai. Il est plein de ressources.

— Vous vous rendez compte qu’il m’a sauvé la vie le soir de mon agression ?

— Parfois, les anges gardiens prennent les formes les plus surprenantes.

Egon ne donne pas plus d’explications. Il tend la main pour se saisir du sac de Lisa et l’invite à lui tenir le bras lorsqu’ils se dirigent vers la rutilante voiture de sport de l’homme d’affaires.

Arrivés derrière le véhicule, Guidrish place le sac de Lisa dans le coffre. Un autre sac de voyage s’y trouve déjà. Il referme le coffre, contourne la voiture, ouvre la portière côté passager et, d’un geste, invite Lisa à monter avant de refermer derrière elle.

Tout en observant les alentours, il prend place derrière le volant et démarre le véhicule en trombe.

Ils quittent la capitale sans encombre et arrivent à l’aéroport. Guidrish jette un rapide coup d’œil à sa montre.

— C’est bon. On est dans les temps.

Il gare la Maserati dans un parking sécurisé, sort de la voiture et saisit les deux sacs de voyage. Lisa n’attend pas qu’il lui ouvre la porte. Elle sort à son tour, se dirige vers lui et lui tend la main pour récupérer son sac. La galanterie, ça va cinq minutes, mais elle n’est pas handicapée non plus !

Il le lui tend, et elle s’en empare aussitôt.

— Ne vous inquiétez pas, maintenant que j’ai fait tout ce chemin, je ne vais pas vous laisser en plan. Et puis, je ne suis jamais allée dans un pays de l’Est.

— Europe centrale. Nous n’allons pas en Russie.

Puis Guidrish lui tend la main.

« Votre passeport, vous l’avez ? »

Lisa fouille dans son sac à main, puis relève les yeux, le visage faussement blême.

« Quoi ?! Vous ne l’avez pas ? »

Elle éclate de rire et lui tend son passeport. Mais lui ne rigole pas du tout.

— Bon. On y va.

— Monsieur Guidrish, c’était juste une petite blague… pour détendre un peu l’atmosphère !

— Egon. Appelez-moi Egon. Et c’est gentil de vous soucier de mon bien-être. Mais là, abstenez-vous, s’il vous plaît.

Effectivement, Guidrish épie absolument partout : derrière eux, devant, sur les côtés, tout au long du trajet, jusqu’à l’enregistrement, où ils s’arrêtent à un comptoir qui ne correspond à aucune compagnie.

Lisa consulte le tableau des départs et remarque que la destination de Budapest est prévue pour le soir.

— Egon ? On prend l’avion de 22 h ?

— Non. Le départ est prévu pour 15 h.

— Quinze heures ? Ce sont les vols pour Dubaï, New York ou Tokyo… On va où, finalement ?

— Budapest. En jet privé.

— Ah… Ben oui, forcément…

Une hôtesse les invite à la suivre dans un long couloir qui les mène au contrôle de sécurité. Puis, cette étape franchie, ils débouchent dans un salon privé aux canapés de cuir, avec des buffets en libre-service proposant les mets les plus raffinés.

Lisa a l’impression que Noël est arrivé en avance. Son regard pétille devant tant de luxe et de profusion de desserts.

Mais Guidrish l’invite déjà à quitter la somptueuse salle de repos, à sa grande déception, pour embarquer dans le jet privé qui les mènera vers une destination encore inconnue pour Lisa — et vers des aventures totalement inédites, dont elle se délecte déjà à l’avance.

Alors que le loup et la jeune fille embarquent dans l’appareil, personne n’a encore découvert les trois corps à moitié nus, entassés derrière la porte d’un placard à balai.

Le sang coule de leurs orbites, teinte leurs poitrails, et les drape déjà de l’uniforme de la faucheuse.

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