Chapitre 15 : Un départ inopiné

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Samedi 8 décembre, dans l’après-midi.

Lisa s’installe dans la Maserati grise. Elle est impressionnée, bien sûr, car elle n’a jamais été dans un tel véhicule. Cependant, elle reste sur ses gardes. Elle a défendue l’homme à côté d’elle, mais s’il avait trompé tout le monde et était le vrai tueur ? Elle sera fixée dans quelques heures, si elle est encore en vie.

Guidrish démarre la voiture, et le bolide accélère à une telle vitesse que Lisa reste collée dans le fond de son siège.

- Où logez-vous maintenant ? Lui demande son chauffeur

- Je suis dans un studio prêté par une amie. Elle est en vacances en ce moment.

- Et il est où ce studio ?

- Dans le 12ème, proche de la gare de Lyon. J’y ai aménagé ce matin avant de me rendre au poste. Je n’aimais pas l’hôtel où la police m’avait logée. Trop bruyant. Et sale.

- Je vous comprends. Nous y serons dans une vingtaine de minutes si la circulation nous le permet. »

Guidrish bifurque vers une grande avenue et se dirige vers la gare de Lyon. Il ne quitte pas la circulation environnante des yeux, ce qui permet à Lisa de regarder de plus près son interlocuteur sans se faire remarquer et paraître impolie. Il est rasé de près, des cheveux blancs agrémentent ses tempes. Maintenant, à y regarder de plus près, Lisa constate des lignes rosâtres obliques sur son visage, qui ressemblent à d’anciennes cicatrices étrangement droites et parallèle, comme si elles avaient été faites sciemment, sur les joues, sous ses yeux. On ne les voit pas, en temps normal, ce qui indique qu’elles ont été faites il y a longtemps.

- Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

- C’est-à-dire ?

- Sur votre visage, on dirait des cicatrices. Quelqu’un vous a fait ça ?

- Non. Je me les suis faites tout seul.

- Pourquoi ? Vous étiez un jeune homme tourmenté ? »

Guidrish sourit. Il est touché par la naïveté de la question, et son innocence.

- On peut dire ça oui. Disons qu’elles sont la marque du deuil, pour pleurer la mort d’un ou de plusieurs frères.

- Oh ! Je suis désolée. Toutes mes condoléances. »

Guidrish esquisse un regard attendrit vers elle puis, se reconcentre sur la route.

« Merci Lisa. C’est gentil. »

Il refuse de lui donner plus d’informations. Pas maintenant, elle n’est pas prête et ne comprendrait pas. Du moins, pas encore. Il décide cependant d’aller droit au but et lui donner ses réelles intentions.

- Lisa, je vais repartir chez moi, en Hongrie. Ce ne sera pas long. Pour quelques jours, tout au plus. Et vous allez m’accompagner.

- Quoi ?

- Vous n’avez rien prévu ce week-end n’est-ce pas ? Vu les circonstances, vous serez plus en sécurité loin de Paris. Et vous verrez, Budapest est magnifique à Noël et la campagne hongroise sous la neige est magique. Vous allez adorer ! Notre avion part demain après-midi. Reposez-vous aujourd’hui chez votre amie. Je reviendrais vous chercher demain. Profitez aussi pour préparer vos affaires : un petit sac de voyage avec des vêtements chauds et confortables pour quelques jours. L’hiver est rude dans ces régions. Et n’oubliez pas votre passeport s’il-vous-plait. Votre amie a un chat ou tout autre animal domestique ?

- Euh…non ? Pourquoi ?

- Parfait. Ce sera un point en moins à s’occuper, comme trouver un pet-sitter pour le week-end. »

Diverses pensées se bousculent dans la tête de Lisa. Elle part dans un pays totalement inconnu, et apparemment, Guidrish ne lui laisse pas le choix.

- Et si je refuse de partir ?

- Lisa, vous êtes en danger. Je me préoccupe de votre sécurité. En outre, vous aurez des réponses à vos questions si vous venez avec moi. Je vous le promets.

- Comme pourquoi vous étiez chez moi en tenue d’Adam hier soir ?

- Par exemple…

- Donc vous étiez vraiment chez moi ??

- Oui. On en parlera une fois arrivés là-bas vous voulez bien ?

- Mais vous voulez faire quoi en Hongrie avec moi ? Me présenter à votre mère ? »

Guidrish éclate de rire. C’est bien la première fois qu’elle voit tant de jovialité chez cet homme normalement si insondable. Cela la rassure quelque part, et le rend un peu plus humain, plus accessible. Elle sourit à son tour. Guidrish lui répond alors :

« Non, non. Ne vous inquiétez pas. Mes parents ne sont plus de ce monde depuis longtemps. Cela dit, ma mère vous aurait adoré ! Vous, en revanche… »

Lisa voit apparaitre l’ange de la Bastille, statue posée sur une colonne immense, arborant sa flamme qui domine toute la place du même nom. Lisa commence à donner des indications plus précises sur l’appartement de son amie. Après avoir trouvé une place non loin du logement temporaire de Lisa, cette dernière sort du véhicule et, à sa grande surprise, Guidrish en sort aussi pour l’accompagner.

- Qu’est-ce que vous faites ? Vous venez me surveiller pour être sûr que je ne m’échappe pas ?

- Ce serait une excellente idée, ma chère Lisa. Je pourrais dormir dans le canapé, mais je veux m’assurer que votre nouveau logement est sûr et qu’il n’y a pas d’intrus à nouveau. Mais vous dormirez seule ce soir, je le crains : je dois aussi préparer mes affaires pour le départ. Cette interpellation de ce matin a, disons, un peu précipité mes plans. Cependant, j’ose espérer que je peux vous faire confiance et que je vous retrouverais ici demain, n’est-ce-pas ? »

Lisa est dépitée. La panique commence à monter en elle : et si elle s’était trompée ? Et si c’était lui qui était impliqué dans son agression et qui était en train de la piéger ? Le traquenard est presque parfait. Il sait où elle se trouve et il n’a plus qu’à prévenir ses amis pour achever sa vile besogne. M. Guidrish, observant le désarroi de la jeune femme, tente de la rassurer aussitôt.

- Je vous enverrais un ami à moi pour assurer votre sécurité. C’est quelqu’un tout à fait digne de confiance.

- Ah vraiment ? Vous êtes sûr que vous n’allez pas m’envoyer un assassin pour terminer le travail ? »

Guidrish prend la remarque de plein fouet. Il se tourne vers elle, le regard grave. Il ne sourit plus. Il pose ses mains sur ses épaules et plonge son regard mordoré dans ses yeux noisette, comme gage de sa sincérité :

« Lisa, je n’ai rien à voir avec ces horribles meurtres. » Puis il rajoute, la voix étranglée par une colère sourde qu’il ose à peine faire éclater : « Je n’ai rien fait à ces pauvres filles. Jamais ! Vous m’entendez ? »

Lisa ne sait pas quoi répondre. Soit, elle a réussi à le blesser en l’accusant à nouveau d’un double meurtre et d’une tentative d’assassinat qu’il n’a absolument pas commis ou bien il est un excellent acteur. Mais il n’attend pas sa réponse. Il lâche son emprise sur elle et prend machinalement ses clefs de voiture entre ses mains qu’il replace dans sa poche. Il lui dit alors :

« Je vais devoir y aller. Je veux d’abord voir votre appartement, pour m’assurer que tout est en ordre. Je serais plus rassuré ainsi. »

Lisa ne dit rien. Elle l’invite juste à le suivre jusqu’à son nouveau refuge. Dès que l’homme pénètre dans l’appartement, il inspecte chaque pièces, placards, regarde les fenêtres et surveille la rue. Il a l’air de prendre des repères. Puis son inspection terminée, il reprend ses clefs de voiture et se dirige vers la porte. Avant de partir, il lui déclare :

- A dix-huit heures, mon ami sera là. Il sonnera à votre porte. Ouvrez-lui et faites lui bon accueil. Il passera la nuit chez vous.

- Et il dormira où ?

- Installez-le dans votre canapé. Et si vous vous souciez de son confort, sachez que c’est un véritable carnivore. Mais pas de sucre ! Il ne le supporte pas. Il partira à neuf heures pile demain matin. Pas besoin de l’accompagner, il se débrouille tout seul. »

La jeune femme reste circonspecte par ces étranges déclarations. Elle regarde Guidrish se retourner et partir. Elle se demande bien qui est cet homme étrange qui a de telles exigences. Au moment de fermer la porte de son appartement, M. Guidrish la retient et ajoute :

- Un petit détail : A partir de maintenant, vous ne sortez plus d’ici, vous comprenez ?

- Euh… ok ?

- Mon ami vous apportera ce que vous voulez. Vous avez besoin de quelque-chose avant que je m’en aille ?

- Non… ah si ! Eh bien s’il pouvait venir avec son repas de ce soir, ce serait sympa ! Ça m’évitera des corvées de cuisine.

- Entendu. Autre chose ?

- Non, j’ai tout ce qu’il faut ici.

- Très bien. Soyez prête demain matin à dix heures. Ainsi nous serons dans les temps pour l’avion. Et n’oubliez pas votre passeport !

- Oui Monsieur.

- Bien. Sur ce, passez une bonne nuit et à demain ! »

M. Guidrish la laisse sur le palier de la porte, seule. La jeune femme ferme alors la porte derrière lui à double tour et s’assure que chaque issue de l’appartement est bien verrouillée.

A dix-huit heures pile, on sonne à la porte. C’est, espère-t-elle, le mystérieux ami de Guidrish qui vient pour sa sécurité. Elle se sent à la fois rassurée mais aussi inquiète. Quel va être le type d’invité qu’elle va recevoir ? D’après les propos de Guidrish ce type a l’air d’être rustre avec un côté sauvage. Elle se souvient qu’il ne doit certainement pas être français mais de la même origine que Guidrish : un type de l’Est. Décidément, elle n’est vraiment pas au fait des us et coutumes de ces gens. Elle regarde dans l’œillet de sa porte pour voir à quoi ressemble cet étranger, mais elle ne voit personne. Son pouls commence à s’accélérer. Peut-être est-ce à nouveau un piège ? Elle s’assure que la chaînette du batant est bien fermée et ouvre doucement la porte. Elle se risque à jeter un coup d’œil à l’extérieur et avec un cri de surprise, elle s’exclame :

- « CHAUSSETTE !!! »

Le grand loup gris est là, assis devant elle, sur le paillasson de l’entrée. Il tient dans sa gueule un sac en plastique contenant un bon gros morceau de viande enveloppé dans du papier ainsi qu’une bouteille de muscat, qu’il dépose aux pieds de la jeune femme et remue la queue, tout fier de son exploit. Un petit mot sur une petite carte volante est scotché sur la bouteille : « En espérant que le vin vous plaira. Chaussette ne boit que de l’eau. Bonne soirée ! » Le mot est signé « Egon. »

Lisa relit le mot plusieurs fois. Comment M. Guidrish connait-il ce chien ? Et comment sait-il, que la veille au soir, elle l’a appelé Chaussette ? Mais prise par l’enthousiasme de revoir son ange-gardien, Lisa ne peut pas s’empêcher de faire des papouilles à l’animal et l’invite à rentrer chez elle. Ce dernier commence à se promener et renifler tous les recoins de l’appartement. Il se permet de rentrer dans la chambre, la salle de bain, les placards et tous les recoins où quelqu’un ou quelque-chose pourrait être caché. Il va même à la fenêtre et surveille la rue. Puis considérant certainement que tout est sécurisé, il s’installe tranquillement dans le canapé et contemple sa nouvelle maitresse comme s’il attendait de nouvelles directives. En voyant tout ce manège, Lisa éclate de rire :

« Eh bien, mon loulou, tu es vraiment un super chien de garde ! »

Le canidé se met à chanter une espèce de hululement aigu en guise de réponse, ce qui rajoute à l’hilarité de Lisa. Après s’être calmée, elle s’approche de lui, lui dépose un baiser sur sa tête et lui annonce le plan qu’elle prévoit pour la soirée :

« Je te propose ce soir une soirée cinéma-canapé. Moi ce sera une pizza accompagnée de ce délicieux muscat et pour toi ce sera une pièce de viande de choix pendant qu’on se matte un super film. Qu’en penses-tu ? »

Le loup pousse une espèce de grognement puis le ponctue avec des « ahouuuu ! » enthousiastes. Et c’est ainsi qu’après une partie de la journée passée dans un poste de police, et l’autre à préparer un sac pour un voyage vers une destination inconnue, Lisa et Chaussette se détendent devant une comédie légère à déguster une pizza, dont l’animal aura aussi droit à quelques morceaux avec sa grosse pièce de viande rouge, arrosés de muscat et d’eau fraiche.

Après une nuit calme et reposante passée dans un lit douillet dont Chaussette aura aussi profité, certainement par instinct de protection et parce que décidemment un lit reste toujours plus confortable qu’un canapé, les deux nouveaux amis se réveillent sous les premiers rayons de soleil de la journée.

Comme prévu, à neuf heures tapantes, Chaussette commence à tourner en rond devant la porte d’entrée et se dresse devant elle en appuyant sur la poigné avec sa patte. Voyant l’animal insister pour sortir et faisant confiance aux instructions laissées par M. Guidrish, Lisa lui ouvre la porte non sans une certaine inquiétude. L’animal se faufile à l’extérieur, tel un voleur qui ne veut pas se faire attraper et se précipite pour descendre les escaliers à toute vitesse. Lisa ne peut s’empêcher de le suivre pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien, mais c’est trop tard : la porte de l’immeuble était comme par hasard ouverte au moment où le grand chien a dévalé les étages et a disparu à l’extérieur. Mince… Se dit Lisa. J’espère qu’il ne va rien lui arriver ! Egon m’a dit qu’il se débrouillait tout seul. Je n’ai jamais vu un chien aussi bien dressé. On dirait presque un être humain dans un corps de chien !

Dix heures. Lisa a son sac à côté d’elle et est prête à partir. A ce moment-là, on sonne à la porte. Elle regarde dans l’œillet, inquiète. C’est bien M. Guidrish. Rassurée, elle lui ouvre. Il est toujours aussi élégant dans un de ses costumes trois pièces taillés sur mesure. Il porte aussi un grand manteau en laine noir.

- Bonjour Mademoiselle ! Bien dormi ?

- Oui, très bien. Chaussette et moi avons passé une merveilleuse soirée.

- J’en suis très heureux.

- Ce chien est incroyable !

- Oui, c’est vrai. Il est plein de ressources.

- Vous vous rendez-compte qu’il m’a sauvé la vie le soir de mon agression !

- Parfois les anges-gardiens prennent les formes les plus surprenantes. »

Mais Egon ne donne pas plus d’explications et tend sa main pour décharger Lisa de son sac et l’invite à lui tenir le bras lorsqu’ils se dirigent vers la rutilante voiture de sport de l’homme d’affaire.

Arrivés derrière le véhicule, Guidrish place le sac de Lisa dans le coffre. Un autre sac de voyage se trouve là aussi. L’homme ferme le coffre, se dirige vers la portière côté passager, l’ouvre et invite Lisa, d’un geste de la main, à monter et la referme derrière elle. Tout en observant les alentours, il monte à son tour, se place derrière le volant et démarre le véhicule en trombe.

Ils quittent la capitale sans encombre et arrivent à l’aéroport. Guidrish regarde rapidement sa montre. « C’est bon. On est dans les temps. » Il gare la Maserati dans un parking sécurisé, sort de la voiture, prend les deux sacs de voyages. Lisa n’attend pas qu’il lui ouvre la porte. Elle sort à son tour et se dirige vers lui et lui tend la main en direction de son sac à elle. La galanterie, ça va cinq minutes, mais elle n’est pas handicapée non plus !

Il lui tend alors le sac, qu’elle prend précipitamment.

- Ne vous inquiétez pas, maintenant que j’ai fait tout ce chemin, je ne vais pas vous laisser en plan. Et puis je ne suis jamais allée dans un pays de l’Est.

- Europe centrale. Nous n’allons pas en Russie. » Puis Guidrish lui tend une main :

« Votre passeport, vous l’avez ? »

Lisa fouille dans son sac à main, puis lève les yeux le visage faussement blême :

« Quoi ?! Vous ne l’avez pas ? »

Lisa se met à rire et lui sort son passeport. Mais lui, ne rigole pas du tout.

- Bon. On y va.

- Monsieur Guidrish, c’était juste une petite blague… Pour détendre un peu l’atmosphère !

- Egon. Appelez-moi Egon. Et c’est gentil de vous soucier de mon bien être. Mais là, abstenez-vous s’il-vous-plait. »

Effectivement Guidrish épie absolument partout, derrière eux, devant, sur les côtés tout le long du trajet, jusqu’à l’enregistrement où ils s’arrêtent à un comptoir qui ne correspond à aucune compagnie. Lisa regarde le tableau de départ des avions mais remarque que la destination de Budapest est prévue pour le soir.

- Egon ? On prend l’avion de 22h ?

- Non. Le départ est prévu pour 15h.

- 15h ? Ce sont les vols pour Dubaï, New York ou Tokyo. On va où finalement ?

- Budapest. En jet privé.

- Ah… Ben oui, forcément… »

Une hôtesse les invite à la suivre dans un long couloir qui les mènent à la sécurité. Puis cette étape passée, les voici dans une espèce de salon privé comprenant différents canapés en cuir, buffets au service à volonté présentant les mets les plus sophistiqués. Lisa a l’impression que Noël est arrivé en avance. Elle a le regard qui pétille devant tant de luxe et de profusions de desserts, mais Guidrish l’invite à quitter déjà la merveilleuse salle de repos classe business, à sa grande déception, pour déjà embarquer dans le jet privé qui les mènera vers une destination complètement inconnue pour Lisa, mais aussi vers de nouvelles aventures absolument inédites, dont elle se délecte à l'avance.

Alors que le loup et la jeune fille embarquent dans l’appareil, personne n’a encore découvert les trois corps à moitié nus, entassés derrière la porte du placard à balai. Le sang qui coule depuis leurs orbites, et colore leurs poitrails, les habille d’un nouvel uniforme horrifique : celui que confère la faucheuse.

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