Chapitre 31 : Opération « Crêpes flambées »
Mardi 11 décembre, le matin
Après un excellent repas composé d’andouillettes arrosées de cidre brut dans une auberge chaleureuse, suivi d’une bonne nuit de sommeil, les deux policiers se dirigent vers la salle du restaurant.
À huit heures du matin, la salle à manger se remplit doucement des clients de l’établissement. Mandrin, en pleine forme, arrive le premier. Il s’installe à une table pour deux, au fond de la pièce, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, mais stratégiquement placée à proximité du buffet.
Garcia ne tarde pas à le rejoindre. Il paraît plus morose, même si le changement d’environnement lui fait indéniablement du bien.
Alors que le côté de la table de Mandrin déborde de croissants, confitures, œufs, lard et larges tranches de pain de campagne, le tout accompagné d’un grand bol de chocolat au lait, le capitaine se contente d’un café noir, bien serré. Il n’a pas faim ce matin — pas plus que la veille, d’ailleurs.
Mais voir son acolyte se goinfrer avec un enthousiasme sans retenue finit par l’inciter à céder. Il attrape une tartine beurrée, qu’il agrémente d’une confiture industrielle à la fraise.
— Non, Capitaine ! Goûtez plutôt les viennoiseries. Elles sont divines !
Mandrin lui tend un croissant encore chaud et moelleux. Garcia le prend presque à contrecœur et le trempe machinalement dans son café — une habitude typiquement française qui en rebute plus d’un.
Il doit se rendre à l’évidence : c’est délicieux.
Et, comme le veut le dicton, l’appétit vient en mangeant. Il se laisse finalement tenter par le buffet à volonté jusqu’à se sentir complètement repu.
Étrangement, la tristesse sourde qui le ronge en permanence semble s’atténuer, rendant son existence momentanément plus supportable.
Le capitaine observe ce grand dadais d’« adulescent » assis en face de lui, en train de s’empiffrer joyeusement. Il ne peut s’empêcher de ressentir une pointe de tendresse mêlée de reconnaissance.
Il est content de l’avoir avec lui.
La candeur joviale de Mandrin lui permet d’avancer malgré les épreuves — et cela n’a pas de prix.
Garcia reprend une attitude plus sévère et déclare :
— Bon, Mandrin. Vous avez terminé ?
— Mmmpf… répond le jeune officier en avalant son dernier morceau de croissant. Oui, chef ! Euh… Tonton Sylvain !
Le capitaine se lève, aussitôt suivi de Grégory Mandrin, qui en profite pour chiper une dernière viennoiserie « pour la route ».
Garcia lui lance un regard réprobateur.
— Ben quoi ? C’est buffet à volonté. Je fais des réserves !
Le capitaine lève les yeux au ciel, mais un sourire amusé se dessine malgré lui. L’attitude de son éternel gamin de collaborateur finit toujours par l’attendrir.
Après avoir descendu leurs maigres bagages et réglé l’addition — à leurs frais, pour une fois — les deux policiers rejoignent leur véhicule.
Le ciel est gris, lourd, chargé de nuages. Une bruine fine et persistante colle au visage.
Mandrin prend le volant : il connaît la région. Garcia, de son côté, semble s’accommoder sans difficulté de cette nouvelle organisation.
Lorsque le jeune homme démarre, le capitaine prend la parole :
— Bon, Grégory, il faut que je t’informe de certaines choses dont tu n’es pas forcément au courant.
— Oui ? répond Mandrin, aussitôt intéressé.
— C’est à propos de l’affaire de l’éventreur de Paris.
— Oui… il est de retour. Et sa dernière victime était Monsieur Lemaître, l’architecte.
Garcia se tourne vers lui, surpris.
— Comment tu sais ça, toi ?
— Eh bien… comme vous ne me dites rien, j’ai enquêté de mon côté. J’ai vu le docteur Sven et Antoine.
Puis, je pense qu’on est d’accord pour dire que le suspect… comment il s’appelait déjà, le pervers ?
— Morant. Jean-Claude.
— Voilà. Lui.
Mandrin marque une pause.
— Ce n’est pas le tueur en série.
— Non, effectivement.
— Donc on est confrontés à une bande de… monstres ? De démons ? D’extraterrestres ?
— Des démons.
Mandrin garde les yeux rivés sur la route. Il se tait quelques secondes, puis jette un coup d’œil en coin à son supérieur.
— Vous savez, Capitaine… les démons, tout ça, ce sont quand même des conneries.
Garcia soupire.
— Je ne sais plus, Mandrin…
Le jeune officier hésite, manifestement partagé. Puis il se lance :
— C’est Antoine. Il m’a raconté un truc vraiment bizarre.
Si c’est vrai, j’aurais des tonnes de questions à poser à notre ancien suspect de l’Est.
— Qui ? Guidrish ?
— Oui, lui. Vous imaginez si c’est un véritable Hun ?
— Oui… et alors ? Qu’est-ce que tu voudrais lui demander ?
— Si l’armée d’Attila était plus efficace en renforçant les lanciers ou les archers.
Et comment ils organisaient un siège avec une cavalerie légère.
Garcia se tourne lentement vers lui, totalement interloqué. Il est à deux doigts d’éclater de rire, mais se retient.
— Ah ben oui… J’aimerais bien voir sa tête si tu lui poses ce genre de questions.
Mais dis-moi, pourquoi tu lui demanderais ça ?
— C’est pour un jeu de stratégie sur PC.
Il y a une nouvelle extension où on peut jouer l’armée hunnique. Ils sont super balèzes, mais dès que j’attaque de grandes villes fortifiées, je me fais massacrer.
— Eh bien c’est peut-être parce que ta stratégie est nulle, Grégory.
— Justement ! Ce serait génial de demander conseil à un authentique guerrier hun de plus de mille ans.
Et puis savoir comment ils faisaient pour se faire des alliés… parce que quand on joue la faction des Huns, c’est compliqué.
Garcia regarde Mandrin, toujours aussi perplexe.
Ce garçon ne croit que ce qui l’arrange : les démons, impossible… mais un homme millénaire issu d’une civilisation disparue, voilà qui lui semble tout à fait plausible. Décidément, Garcia ne comprendra jamais ces jeunes et leur passion dévorante pour des univers totalement déconnectés de la réalité.
Bientôt, Mandrin ralentit, signe qu’ils approchent de leur destination. Il se gare sur le bas-côté, sur une place libre entre deux autres voitures.
La petite route départementale est bordée de plusieurs maisons, dissimulées derrière de grands arbres et des buissons touffus, qui doivent être verdoyants au printemps. De hautes barrières en bois quadrillent les propriétés.
Les deux policiers sortent du véhicule.
Le ciel s’assombrit progressivement. Un vent anormalement chaud pour la saison se met à souffler. Un orage se prépare.
Garcia observe le changement brutal de temps, puis demande :
— Bon. C’est quel numéro ?
— Le 7.
Mandrin scrute les maisons devant eux. Il y en a trois, mais aucune ne porte ce numéro. Ils avancent un peu plus dans la rue et découvrent alors un petit chemin menant à un vieux portail en bois, encadré par un muret de granit.
De grands arbustes bordent le jardin, longeant les murs. Au fond, se dresse une vieille maison en pierre, typiquement bretonne, dans un jardin peu entretenu. Derrière la bâtisse, on devine un vaste potager.
Sur le muret de droite, sous une branche d’arbre qui déborde au-dessus du portail, une petite plaque rectangulaire bleue affiche un chiffre blanc : 7. Juste à côté, une boîte aux lettres en fer gris, mangée par le temps. Une étiquette jaunie, à moitié effacée, laisse encore deviner :
« Famille Mauragnier ».
Un simple loquet ferme le portail. Il s’ouvre sans difficulté.
Les deux hommes pénètrent dans le jardin, remontent l’allée et frappent à la porte d’entrée.
Ils attendent.
Une minute passe.
Personne n’ouvre.
Garcia frappe à nouveau. Mandrin lui fait signe qu’il va faire le tour pour vérifier s’il y a quelqu’un.
Il contourne la maison et arrive au potager.
Un long étendoir à linge y est installé. Une vieille dame ramasse précipitamment les draps qu’elle avait mis à sécher.
Mandrin l’interpelle :
— Excusez-moi ! Madame Mauragnier ?
La vieille dame s’interrompt entre deux draps et penche légèrement la tête pour mieux voir qui l’appelle.
Elle est âgée, certes, mais étonnamment à l’aise dans son corps malgré les années. Les rides qui parsèment son visage, ses cheveux gris attachés en un chignon approximatif d’où s’échappent quelques mèches rebelles, son léger embonpoint qui lui arrondit les traits… tout en elle dégage une bonhomie chaleureuse et spontanément sympathique.
— Oui ?
Elle achève de plier le dernier drap, le range dans son panier à linge et le saisit à bout de bras. Mandrin, par réflexe, se précipite vers elle.
— Attendez, Madame. Je vais vous aider.
— Oh, ça, c’est gentil, jeune homme !
Elle le laisse faire, ravie de trouver une aide inespérée dans ses tâches ménagères, puis ajoute, curieuse :
— Mais… qui êtes-vous ?
— Je m’appelle Grégory. Grégory Mandrin. Je suis un ami de Lisa.
Il désigne d’un signe de tête le capitaine resté près de la porte.
— Je suis venu avec mon oncle Sylvain. C’est le monsieur là-bas.
La vieille dame fixe Garcia de ses yeux bleu perçant. Un léger sourire amusé se dessine sur ses lèvres.
— Vous avez été adopté ?
— Euh… non. Pourquoi ?
— Vous ne vous ressemblez pas du tout, vous et votre oncle, remarque-t-elle tandis qu’ils arrivent devant la porte.
Elle ouvre alors et invite les deux hommes à entrer. D’un geste, elle désigne une table dans la cuisine.
— Alors ce doit être par alliance, n’est-ce pas ?
Elle se tourne vers Mandrin.
— Tenez, posez ça là, jeune homme. Merci beaucoup pour votre aide. C’est très gentil.
La vieille dame les invite à entrer dans le salon, puis retourne aussitôt dans la cuisine. Les deux hommes l’entendent manipuler de la vaisselle et allumer le gaz.
— Je vous prépare un thé. Avec ce temps, ça va vous faire le plus grand bien.
Garcia et Mandrin s’installent chacun sur le vieux canapé aux motifs fleuris et échangent un regard inquiet.
Au bout de quelques minutes, elle revient, portant un plateau en argent sur lequel repose un service à thé en porcelaine délicatement ouvragé. Elle le pose sur la table basse avec précaution.
Elle saisit la théière et verse le liquide chaud et parfumé dans deux jolies tasses aux motifs floraux.
— C’est du thym, précise-t-elle. C’est très bon en cas de refroidissement.
Elle marque une pause.
— Je vous conseille de le prendre avec du miel de lavande. Vous en voulez ?
Ne sachant trop quoi répondre, les deux hommes acquiescent. Elle ajoute une cuillère de miel dans chaque tasse et les leur tend.
Assis côte à côte sur le canapé fleuri, Garcia et Mandrin remuent machinalement leur cuillère, chacun tenant sa tasse par l’anse. Il ne manquerait plus qu’ils lèvent le petit doigt pour parfaire cette image d’Épinal.
Ils attendent qu’elle prenne place dans son fauteuil, en face d’eux.
Ils ont pourtant interrogé des criminels endurcis, des déséquilibrés, des individus dangereux sans jamais vaciller. Mais, peut-être à cause des événements incompréhensibles récents, ils sont incapables de réagir normalement. Crispés, ils observent la vieille dame, dans l’expectative qu’il se produise quelque chose d’incroyable.
Lorsqu’elle s’installe enfin, droite dans son fauteuil, presque comme une reine sur son trône, elle les contemple avec son regard bleu turquoise perçant, manifestement amusée par l’effet qu’elle produit sur ces deux inconnus.
Puis elle déclare, avec un calme désarmant :
— Bien. Maintenant que nous sommes confortablement installés, Lieutenant Mandrin et Capitaine Garcia, nous allons pouvoir parler de la véritable raison de votre venue.
Les deux policiers se regardent, puis se tournent lentement vers elle, ahuris.
Mandrin, admiratif, laisse échapper :
— Wouah… Vous êtes vachement forte comme voyante !
La vieille femme pouffe de rire.
— Merci, Lieutenant. Mais j’avais vu votre collègue à la télévision, et Lisa m’a raconté ses mésaventures récentes. Quant à vous, vous vous êtes présenté, vous êtes plus jeune… j’en ai conclu que vous deviez être son subalterne. Lieutenant, donc.
Elle esquisse un sourire.
— L’observation est la première qualité d’une bonne voyante. Mais ce n’est pas ma spécialité.
Son regard s’assombrit légèrement.
— Je suis plutôt… rebouteuse. Ma fille, en revanche, était très douée dans ce domaine. Un peu trop, d’ailleurs.
Elle se tait brusquement. Une ombre traverse son regard. Puis elle se sert une tasse de thé, souffle sur le liquide brûlant et en boit une gorgée.
Lorsqu’elle relève les yeux, son sourire est revenu.
Elle répond tout de go :
« Bien, dit-elle. Vous êtes là, je suppose, pour votre enquête sur les doubles meurtres à Paris ?
— Oui », répond le capitaine Garcia.
Elle le contemple de ses yeux vifs. Lui la fixe avec gravité, puis reprend :
« Salomé… je peux vous appeler Salomé ? »
La vieille dame acquiesce d’un signe de tête.
« Nous ne sommes pas ici à titre officiel. Nous sommes venus parce que nous avons des questions.
— Et j’ai peut-être les réponses.
— Oui…
— Dites-moi. »
Garcia remue légèrement sur le canapé fleuri, mal à l’aise, puis reprend :
« Nous avons été confrontés récemment à d’étranges phénomènes. Ils semblent liés aux meurtres de la rue Demarquay, mais aussi à d’autres crimes commis il y a trois ans. »
Salomé l’écoute attentivement.
Il continue :
« Votre petite-fille, Lisa, a elle aussi été attaquée… mais elle s’en est sortie miraculeusement. Il y a deux jours… »
Garcia s’interrompt. Sa gorge se noue. Les mots refusent de sortir.
Mandrin prend alors le relais :
« La femme du capitaine a été agressée par les mêmes créatures que celles responsables de ces crimes abjects… et de la tentative d’assassinat de votre petite-fille. Madame Garcia est actuellement dans le coma. »
La vieille dame pousse un soupir d’effroi et porte la main à sa poitrine.
« Oh… je… je suis tellement désolée, Capitaine. Mais pourquoi ont-ils attaqué votre femme ? Elle n’est pas des nôtres !
— Non », répond-il froidement.
Elle reste silencieuse, choquée, la main toujours posée sur son cœur, comme pour apaiser les battements affolés.
Garcia reprend :
« Que sont-ils, Madame Mauragnier ? Et pourquoi vous attaquent-ils ? »
Elle répond sans détour :
« Les Dieux rouges. Quant à leurs attaques effrénées ces dernières années… je n’en ai aucune idée. »
Mais son visage est tendu. L’inquiétude se lit clairement dans son regard. Elle fixe les policiers avec une défiance maladroite.
Garcia la connaît trop bien, ce regard-là.
Elle ment.
Il arque un sourcil.
« Pourquoi vous attaquent-ils, Salomé ? Vous savez quelque chose et vous ne voulez pas nous le dire.
Répondez-moi, s’il vous plaît.
Pourquoi ont-ils attaqué ma femme ? Est-ce qu’ils vous ont laissé un message ? »
Salomé a perdu toute assurance. La terreur se lit désormais sans filtre sur son visage.
« Répondez-moi, Capitaine… je vous en supplie. Et je vous dirai ce que je sais. »
Mandrin intervient alors, d’une voix plus basse :
« Ils ont dit quelque chose… comme quoi ils avaient trouvé le maillon manquant.
Et qu’ils allaient arrêter la tuerie. »
À ces mots, Salomé se lève brusquement, la main plaquée sur le cœur, le souffle court.
Mandrin se lève aussitôt et se précipite vers elle. La vieille dame respire difficilement, le teint devenu blafard. Ses lèvres tremblent tandis qu’elle murmure un seul nom :
« Lisa… »
Mandrin l’aide à se rasseoir et lui tend sa tasse de thé, comme si une simple gorgée pouvait apaiser son malaise. Contre toute attente, elle boit quelques gorgées et reprend peu à peu des couleurs.
Elle lève alors les yeux vers Garcia.
Lui n’a pas bougé du canapé.
Il attend sa réponse.
D’une voix tremblante, le regard suppliant, elle finit par avouer :
« Lisa est en grand danger… Je ne sais pas comment vous pouvez faire, Capitaine, mais il faut la retrouver.
Je n’ai plus de nouvelles d’elle depuis trois jours. Ce n’est pas forcément inhabituel… elle est adulte maintenant, elle vit sa vie. Il m’arrive de rester plus longtemps sans nouvelles d’elle, sans que cela signifie quoi que ce soit.
Mais après ce que vous venez de me dire… et après ce qui lui est arrivé récemment… »
Garcia ne la lâche pas du regard.
« Et le fait qu’elle ait été agressée chez elle ne vous a pas plus inquiétée que ça ?
— Non. Parce qu’elle a ses propres pouvoirs… et ses gardes du corps.
— Pardon ?
— Oui. Les guerriers étaient censés la protéger. Mais visiblement… ils ont échoué. »
Salomé reprend une gorgée de thé pour se calmer. Ses mains tremblent encore.
Garcia enchaîne, la voix plus dure :
« Madame, de quoi parlez-vous exactement ? C’est quoi, cette histoire de guerriers ? »
Le capitaine commence à perdre patience.
Mandrin hésite, conscient de l’absurdité de sa question. Mais c’est peut-être l’occasion rêvée d’éclaircir la théorie invraisemblable que lui a racontée Antoine.
Il se lance :
« Est-ce que ce sont… des guerriers huns ? »
Si Salomé n’avait pas acquiescé, Garcia aurait probablement passé un savon mémorable à son subalterne pour une question aussi stupide.
À cet instant précis, un grondement de tonnerre éclate au-dehors, suivi d’une pluie battante qui s’abat sur la campagne armoricaine.
Mandrin, électrisé par la confirmation, se penche légèrement vers la vieille dame et murmure, comme pour ne pas se faire entendre de son capitaine :
« Et… est-ce qu’ils ont plus de mille ans ? »
Salomé hoche lentement la tête. Elle cligne des paupières et esquisse un léger sourire.
Mandrin s’affale contre le dossier du canapé, complètement estomaqué.
« Wouaaah… »
Un nouveau coup de tonnerre secoue la maison.
Puis, soudain, deux coups violents et successifs frappent la porte d’entrée.
Le silence retombe.
Quelqu’un vient de frapper.

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