Prologue
Coconut (nom provisoire ?)
À tous mes amis. Les anciens de maternelle, ceux du collège et de l’école primaire. Cette œuvre est créée pour vous, comme symbole de ce que nous avons pu vivre.
À tous mes amis actuels. Les plus proches comme les simples « connaissances » car, sans même le savoir, vous m’inspirez chaque jour et m’aidez à évoluer.
Aux fans de dark fantasy qui, j’espère, vont se réjouir de cet univers sombre mais addictif.
Et donc à toi, cher lecteur/trice, qui, je l’espère, va dévorer ce tome et lira les suivants avec autant de plaisir que j’en ai pris à l’écrire !
Attention : Ceci est une Urban fantasy. Les lieux et événements historiques anciens peuvent s’inspirer de la réalité, mais pour le reste, considérez cet univers et ses personnages comme issus d’une réalité alternative ou d’un monde parallèle. Tout événement ressemblant à la réalité est expressément exagéré, et toutes similitudes avec des personnalités célèbres ou influentes sont totalement fortuites.
Avertissement : Ce livre est une dark fantasy et contient des scènes à destination d’un public averti, incluant : meurtes, mutilations, tortures, gore graphique, possibles scènes érotiques, agression sexuelle, violence physique et verbale, violence psychologique, traumatismes, mafia, conflits intenses, conflits familiaux, maltraitance parentale (psychologique), traumatisme d’enfance, trafic. Certaines scènes peuvent être choquantes ou perturbantes pour un lectorat sensible.
Le lecteur est invité à entrer dans ce monde en toute connaissance de cause.
Je te souhaite une bonne lecture !
— — —
Prologue
21 ans plus tôt, Hokkaido University Hospital, Sapporo, Hokkaido, Japon
Ezéchiel traversa le couloir désert de l'hôpital.
Il tenta encore une fois, en vain, d’essuyer ses doigts tachés de sang sur sa chemise.
« Salle 234, salle 234, salle… » rumina-t-il en scrutant nerveusement les numéros de porte.
— Zec ! l’interpella une voix.
Ezéchiel s’arrêta en entendant son ami l’appeler. Il l'aperçut, au bout du couloir, agitant les bras pour se faire remarquer.
— Me voilà, Nath ! lâcha-t-il avant de piquer un sprint.
Il se stoppa près de son ami… et de la salle 234.
— T’es en retard, mon gars ! ricana Nathanaël avant de lui claquer le dos en guise de salut.
— T’as des serviettes ? demanda Ezéchiel en montrant ses mains ensanglantées à son ami.
Nathanaël secoua la tête et questionna sa femme du regard.
Ma, la jeune brune, écoutait la scène aux côtés de sa sœur Tayla – la femme d’Ezéchiel – tout en fouillant ses poches. Elle en sortit un paquet de Kleenex qu’elle tendit à Ezéchiel.
— Merci, la remercia-t-il avec un sourire.
Il sortit trois ou quatre mouchoirs et les frotta à ses mains rougeoyantes.
— Laissez moi deviner…, Daz est pas avec elle ? questionna Ezéchiel avant de s'asseoir près de sa conjointe.
Trois hochements de tête silencieux lui répondirent.
— Daz est quand même un bâtard, souffla Tayla, brisant le court silence. Encore hier, il courait dans les bras de cette Emiko alors que Rin était enceinte !
— Je crois qu'il l’a aussi mise en cloque, ricana grossièrement Nathanaël.
— Quoi ?! s’esclaffèrent les deux femmes en même temps.
— C’est sûr, lâcha Ezéchiel, il l’a pas lâché du voyage.
Elles étaient, elles aussi, toutes les deux enceintes de quelques semaines.
— Il va finir célibataire, un procès au cul et deux mioches à la garde ! ajouta Ma, en croisant les bras d’indignation.
— C’est un coureur de jupons, Rin l’a toujours su, soupira Tayla avec compassion.
Un silence pesant ne tarda pas à s’installer.
Silence que Nathanaël s’empressa de rompre.
— N’empêche, c’est un sacré veinard, c’lui-là !
Ezéchiel et les deux femmes le regardèrent, confus, alors qu'il continuait :
— C’est vrai, on compte plus le nombre de Japonaises bombasses qu’il a réussi à mettre dans son lit en quinze jours ! Et Rin n’en fait même pas partie.
La remarque de Nathanaël fut récompensée par un regard assassin de la part de sa femme.
— T’insinue quoi ? grogna-t-elle en se levant. Que tu voudrais être à sa place ? Que je suis pas assez jolie ? Que je suis pas…
— Mais non, mon amour, you’re my heart, my life ! s’empressa de la corriger Nathanaël.
Il attrapa Ma et la serra dans ses bras. Tayla, saisit la main d’Ezéchiel et la compressa, comme si elle attendait, elle aussi, un discours d’amour.
— Je pense la même chose que lui, amore mio, luce della mia vita. lui glissa Ezéchiel en se penchant pour lui baiser le front.
La porte de la salle 234 grinça et s’ouvrit sur un infirmier, interrompant les deux couples.
Les quatre jeunes gens se dévisagèrent, surpris, alors que le nouveau venu annonçait dans un anglais bancal :
— L’accouchement s’est merveilleusement bien passé, elle veut vous voir.
Tayla se redressa et Ma s’éloigna de son conjoint.
— C’est une fille ou un garçon ? s’empressèrent de demander les deux femmes.
— Une fille, c’est une belle petite fille ! rit l’homme.
Ezéchiel le regarda et serra les dents. Cet homme lui tapait déjà sur les nerfs..
« Si je n’avais pas déjà buté quelqu’un, je me serais défoulé sur lui. » songea-t-il avant de prendre une goulée d’air.
Comme s’il l’avait entendu, l'infirmier perdit son visage enjoué et le dévisagea avec appréhension.
« Oh, ça doit être un empathe » comprit Ezéchiel avant de rire silencieusement.
— Tu viens ou pas ? s’enquit soudain sa femme, le tirant de sa rêverie.
— Oui, oui, bafouilla-t-il en sursautant.
Il se leva et la rejoignit – elle était déjà entrée dans la chambre d'hôpital. En passant, il frôla l’empathe et se réjouit de le voir frémir.
Cependant, il ne put en profiter très longtemps.
À peine passa-t-il dans la pièce de la patiente, que l’ambiance changea.
Dans la salle blanche, Rin reposait au centre du lit, un bambin dans les bras.
Elle observait sa création derrière ses longs cheveux noirs, souriant sous le coup de l’émotion.
À côté d’elle, assises sur le lit, les deux sœurs félicitaient la jeune mère.
— Regardez ses beaux cheveux roux, s'extasia Ma en apportant sa main à sa bouche, émerveillée.
— Et ses beaux yeux turquoise ! renchérit Tayla.
Ce furent les deux seules phrases qu’entendit Ezéchiel avant que Rin ne se fasse noyée sous un flot de compliments.
— Assez, assez, les interrompit l'assaillie, d’une faible voix.
Dans le silence qui s’imposa, seuls les cris perçant du bébé résonnaient.
— Merde, souffla Ezéchiel en s’aprochant lentement, elle s’est réveillée… fait chier…
— Zec ! s’écria Tayla en le fusillant du regard, outrée. Il y a des enfants, je te signale !
Ezéchiel soupira et rouspéta, d’un ton boudeur :
— Oh c’est bon, elle s’en souviendra pas, de toute façon !
— C’est quoi son tout petit nom ? demanda Nathanaël, préférant ne pas s’attarder sur le sujet des insultes mémorisées.
Rin contempla le groupe devant elle, puis, son regard dériva vers la fenêtre dépourvue de rideaux.
Dehors, la neige tombait à verse.
La jeune japonaise passa sa main sur le front de sa fille et une sorte de sceau apparut.
« Une Ethérée » comprit Ezéchiel en reculant brusquement.
— Je vais l’appeler Yuki, souffla Rin, elle sera aussi pure que la blancheur de la neige qui tombe.
Elle fit une pause et ajouta d’un ton rageur :
— Pure comme ses origines, et surtout, plus pure que son infidèle de père…
— Je peux la prendre dans mes bras ? demanda Ma en tendant les mains vers l’enfant.
Rin hocha lentement la tête, silencieuse.
Son regard s’était posé sur Ezéchiel.
Elle le dévisagea pendant un long moment, scrutant la moindre de ses particules avec une telle intensité qu'il se demanda s’il avait toujours du sang sur les mains…. Ou même sur le visage.
— Tu veux la tenir ? lui proposa enfin Nath, rompant la tension gênante, après que Yuki soit passée dans tous les bras.
— Nan, refusa aussitôt le démon en reculant d’un pas. Daemonis–adulte plus Éthéré–bébé égale mauvais présage.
Devant son explication, Rin hocha la tête : elle le savait, elle aussi.
Ezéchiel regarda la petite Yuki, pensif.
Puis, son regard dériva jusqu’au ventre de Tayla. Elle le caressait discrètement de temps à autre. Parmi toutes ses folles pensées, une seule se détacha jusqu’à l’obséder.
« Mais... qu’est-ce qu’un Daemonis de son âge et elle pourrait accomplir ? »
• • •

Annotations
Versions