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Hôte : Mizuki ; 05h13 – Chambre de Mizuki, maison des Ashura, Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki. Pour le moment il me faut laisser cela de côté… Mon observation est ma seule priorité, même si mon envie de savoir ne s’efface pas. Son dos reste parfaitement aligné pendant que ses paumes et ses orteils retiennent son poids… Lentement, son nez vient frôler le tapis en laine, tandis que ses triceps sont contractés de manière à exercer une pression soutenue. Remontant vivement, ses mains se décollent du sol avec une poussée avant de revenir à son contact ce qui me fait ressentir l’intensité de l’effort. Un court soupir, sa colonne se voûte en arc, la plante de ses pieds se replace à plat. Ses doigts en appuient, elle soulève sa masse avec vigueur, tandis que son corps se redresse avec souplesse. Ses bras se croisent pendant que son reflet se projette dans le miroir et que son visage se contracte.

« Même en passant la centaine, je ne transpire toujours pas. » Ses jambes se resserrent avant que ses genoux ne se plient. Ses fesses descendent au contact du sol. Ses pieds poussent en appui et son corps se relève. Les mouvements rapides s’enchaînent avec calme malgré la tension de ses muscles. Pendant qu’elle pratique, il m’est possible de réfléchir… Son patrimoine génétique maternel est déjà confirmé par son apparence, mais au vu de sa réaction physique, il serait envisageable que ses gènes paternels soient ceux des Eien, d’où son ERA interne non plus dans le sang, mais dans chaque organe… Cependant, cela implique une nouvelle espèce vraiment spéciale.

— Je ne vais pas tarder à descendre, tu devrais commencer à t’habiller !

La voix détendue de Michel résonne derrière la cloison, mais mon hôte reste calme et continue son activité physique. « Trente-huit, Trente-neuf… Quarante… »

— Je veux d’abord terminer mes abdominaux et mes squats.

— D’accord, mais ne viens pas te plaindre si je pars avant toi et que je mange trop de brioche.

— On se retrouve à la croisée des chemins de toute façon ! Et laisse-moi ma part !

Brusquement, sans quitter les sensations de Mizuki, mon point de vue change… Un souvenir me revient devant le miroir de cette même chambre des années plus tôt… au moins vingt-cinq ans… l’an 395… Émilie fixe son reflet ; esquisse un sourire léger, fronce les sourcils, contracte ses lèvres.

— Le chat qui chasse est un chasseur chassant.

D’une voix calme elle prononce chaque mot. Ces expressions varient rapidement en passant d’un tendre sourire, aux pleurs larmoyants, avant d’exprimer une lourde colère, puis son désintérêt dans la même phrase, qu’elle répète de nombreuses fois.

— Le chat qui sasse…

Elle expire légèrement et son pied s’avance un peu.

— Le chat qui chasse est un chasseur chassant.

Son rythme ralentit ; une larme sur sa joue.

— Le chat qui chasse est un chasseur chassant.

Puis accélère, plus vif.

— Le chat qui chasse est un chasseur sassant.

« Je dois encore m’entraîner ! C’est très dur de conserver une bonne diction quand on accélère en alternant ses expressions. Toutefois, négocier requiert de s’adapter à l’autre… » Me revoilà dans le présent à regarder de nouveau le reflet de Mizuki, ses sensations s’effacent…

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