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Hôte : Mizuki ; 06h02 – Chambre de Mizuki, maison des Ashura, Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki. Face à son reflet, elle caresse la douceur de son ventre plat, ses sourcils fins se froncent, son regard fixe sa culotte… Un léger silence, un court soupir. « Mes muscles sont fermes, mais tellement discrets et j’ai saigné un peu, mais ce n’est pas très grave. » Un merle se pose soudain sur sa commode, ses lèvres s’étirent sans qu’elle ne se retourne. « Je déteste cette période, mais je ne suis pas encore dans la phase douloureuse donc ça va. Par contre, je ferais mieux de mettre une protection pour éviter que plus de sang ne tache. Ce n’est pas évident d’être une fille, mais je suppose que les garçons aussi ont leurs problèmes. » Son corps pivote… Ses pas sont lents, l’oiseau chante doucement, sans bouger. Devant sa commode ses mains plongent dans la vasque, me laissant percevoir l’eau parfaitement tempérée… Cependant, les aquinas s’éloignent instantanément… Le merle décolle pour rejoindre une branche, ses doigts serrés forment un puits. Le liquide entre en contact avec son visage, les petits poissons reprennent leur position rapidement. « Ils repèrent ma présence à chaque fois ! » Elle sourit, s’approche de son bureau, s’assoit.
— Je vais d’abord relire la chanson que j’ai commencée pour Yuki…
« Telle la neige qui tombe en hiver, tu fêtes un nouveau printemps au soleil. Déjà plus haute que trois pommes, tu n’es encore qu’une enfant. Derrière les ombres, tu te caches, cependant les adultes te voient. Sache qu’à tes côtés nous sommes là, tout comme la nature veille sur toi. Telle la neige, qui tombe en hiver, ton prénom évoque ce symbole. Tel le soleil du printemps, tu réchauffes nos cœurs à présent. Les mots te sont bien délicats, c’est aussi mon cas. Regarde, l’été est déjà là, et quand le sol oranger pointera, ton nom évoquera, les perles blanches de l’hiver, qui nous amuseront. »
— C’est encore un peu court, mais je pense être sur la bonne piste.
« Cette mélodie discrète, sera mon offrande, à la petite fille qui en jour deviendra femme… Hi, hi… ça me plaît bien. » Mizuki écarte la feuille, puis en prend une autre partiellement remplie. « Voyons pour celle de Tom. »
« Un nuage dans le ciel, tu es différent des autres. Plus petit, plus discret, pourtant pas moins important. Sache que je te vois ; sache que tu comptes pour moi. Telle une étoile filante, qui revient constamment, un regard, un sourire, une main tendue. J’offre cela, à celui qui est mon ami, sans hésiter, je te le dis… »
« Hum… il faudrait que je rééquilibre un peu mieux les paroles… Je vais chanter directement »
— Comme le discret nuage, tu ne passes pas inaperçu. Plus petit c’est sûr, mais pas moins important. Quand la pluie mouille, il en fait tout autant, et sache que je te vois, que tu comptes pour moi. Telle une étoile filante, qui revient constamment, un regard, un sourire, une main tendue. J’offre cela, à celui qui est mon ami, sans hésiter, je te le dis… Tu fais intégralement partie de ma vie. Ne doute jamais, et même si cela t’arrive, je serai là… toujours pour toi. Bon, c’est mieux… Hum… Il faudra encore que je peaufine les deux textes… C’est bien, mais loin d’être complet… Cependant, je trouve qu’ils représentent bien Yuki et Tom.
Toujours de façon brusque et instantanée, ses sensations s’effacent… Retour à mon bureau, déjà deux heures depuis mon éveil… Il est temps de refaire un résumé. J’étais un Chishiki, Hana était probablement mon observateur, elle m’a demandé de la chercher mais comment faire ? Naya devrait être mon gardien des connaissances… ou gardienne ? C’est techniquement invariable, qu’importe, c’est un détail. Mirina… Il est clair que ce nom est celui qui m’obsède le plus… Pourquoi ? Comme aurait dit ce vieux penseur : Arrête de penser, tu ne penses à rien. Inutile d’insister pour le moment. Il reste Mizuki… Elle possède une chose attirante…

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