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Hôte : Mizuki ; 06h27 – Chambre de Mizuki, maison des Ashura, Hanakaze

Me voilà connecté aux sens de Mizuki. Ses avant-bras effleurent le rebord en bois lisse pendant que son regard suit au loin Michel. « Il est déjà si proche du poste de garde. » Cette impression qu’avec elle mes perceptions s’élargissent me perturbe. Shana et Michel m’offrent déjà un grand champ de possibilités sensorielles, mais… Mizuki est un cran au-dessus. Ses sensations dépassent les limites humaines. Doucement, ses paupières se ferment, un rayon de lumière effleure son visage souriant. « Le soleil levant est vraiment agréable sur ma peau. »

Les battements d’ailes s’arrêtent, le soleil me semble plus chaud. « J’aime aussi le chant gracieux des moineaux et le coassement des crapauds. » Un son puissant retentit, les oiseaux s’envolent avec brusquerie. « Kuroki frappe l’acier tellement fort. » Un crissement régulier au loin. « On dirait que les pales du moulin crissent. » Un bourdonnement à l’opposé. « Les apinas butinent déjà. » Un clapotis long, mais stable. « L’écoulement de la rivière est toujours si agréable à écouter. » Un autre bruit lointain à l’opposé. « Visiblement les firins ont bien rejoint les grottes. »

Ses poumons inspirent lentement. « Les cocins ont toujours cette douce effluve terreuse et je suis certaine que les cochons se roulent dans la boue. Il y a également cette douce senteur florale qui se dégage de la rosée matinale. »

Les ressentis sont tellement nombreux et le monde si vaste. Savoir les choses est important, mais les vivre concrètement est très différent. Depuis les sensations de mon hôte, il m’est possible de me sentir plus réel que jamais. Ici, il n’y a pas que l’observation, c’est un vécu complet qui m’est offert. Un microscopique fragment de l’univers, mais qui est déjà plus existentiel que nombre de savoirs.

Brusquement, le souvenir d’un autre fragment rouge me revient… Mizuki est âgée de huit ans, elle court… Les cochons sont facilement identifiables, les cocins leur ressemblent, mais ont de la fourrure. Alors que les premiers se couvrent de boue, les seconds, eux, ne salissent que leurs sabots. Alice, épuisée s’arrête, Chloé fait un signe à Mizuki pour encercler un cocin.

Alors que tout semble joué, Chloé saute… Elle finit dans la boue à plat ventre, Mizuki se déplace rapidement sur l’animal, mais… Au dernier moment, celui-ci freine sa course et elle glisse pour se retrouver les fesses boueuses. Sonia, derrière la clôture rit fortement.

— Perdu, pas de gâteau les filles.

Mizuki se relève, fixe le cocin, s’élance de nouveau, s’étale à plat ventre. Avalant au passage un peu de boue, mais surtout de la déjection qu’elle recrache en toussant.

— Je n’ai pas dit mon dernier mot !

— Crois-tu que tu vas y arriver ?

— Je ne sais pas !

Elle se redresse puis guette l’animal. Un pas vers la droite, elle se rétracte, un pas à gauche… Alice et Chloé quittent l’enclos, s’approchent de Sonia. Mizuki observe, fixe l’animal… « Il est malin, faut que je le sois plus que lui… non, que je fasse comme lui… Anticiper avant de me déplacer… » Ses sensations s’effacent… Voyons plus en détail les fragments rouges, une large part est connectée à Mizuki dans ceux qui sont récents… En tout cas… Les liens entre les habitants de Hanakaze se font de plus en plus clairs. Il va être temps d’établir un tableau reliant les connexions des différentes personnes…

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