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Hôte : Aya ; 10h28 – Ruchers, près du vignoble de Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens d’Aya. Sous le soleil matinal, les apinas bourdonnent, butinent, rentrent chargées de pollen, au milieu des ruchers, mon hôte profite du subtil effluve sucré de lavande, qui se mélange à la menthe. Non loin, Katsumi cultive du trèfle et de la camomille qui se mêlent en harmonie aux primevères, violettes et muscaris. Tant d’autres éclosent au cœur des habitats multiples. Le jardin luxuriant de vies en tout genre rayonne par la douce brise qui caresse ses cheveux. Aya observe sa mère, dont chaque geste est lent et méticuleux. Tout comme elle, me voilà à profiter de ses sensations.

— Maman ! Est-ce que je peux préparer un pot de miel pour Michel ?

Riant avec légèreté, Katsumi tapote légèrement le sol terreux où grouillent des vers de terre et autres coléoptères, puis relève la tête de ses fleurs.

— Bien sûr, fais comme je t’ai appris.

— D’accord !

« Même si papa n’aime pas, maman attache encore ses cheveux en queue de cheval. » Rapidement, Aya s’accoude à la table, prépare méticuleusement une petite boite parfumée avec un mélange de fleurs imitant l’odeur d’une reine… Elle se déplace, la dépose sur un meuble proche d’une ruche.

— Prenez votre temps, mes jolies, je ne suis pas pressée !

Après un court instant, les phéromones attirent les apinas dont les ailes feutrées se couvrent d’un éclat iridescent pendant qu’elles courent sur la table. Aya soulève tranquillement le couvercle, puis le troisième cadre. « Le deux est plus aromatisé, mais incomplet. » Sa pensée traverse la mienne, tandis qu’elle en installe un neuf, puis, d’un pas tranquille, s’éloigne vers un établi. Derrière elle, près de la maison, une odeur de vin fruité se répand, Raymond goûte une bouteille. « Papa travaille dur lui aussi. » Aya saisit un petit couteau, coupe les opercules en souriant. Il me faut rester prudent, la fusion des consciences peut-être très dangereuse… Avec calme, elle prépare l’extracteur manuel, tandis que ses iris vert clair, dont la teinte est identique à ceux de Katsumi, s’y reflètent. « Il ne faut pas que je me précipite, c’est un travail de patience. » Sa main droite tourne la manivelle avec un mouvement lent et régulier.

— C’est parfait, prends ton temps.

— D’accord, maman !

Au rythme lent du tournis, du miel brut s’écoule dans une large casserole couverte d’un tamis. Sereinement, Katsumi pose ses mains sur les épaules d’Aya.

— Continue… des mouvements lents et réguliers.

— Oui, maman.

D’un pas calme, Raymond se rapproche, un verre de vin à la main. Il le tend doucement à sa femme, qui le goûte avec lenteur. « Avoir maman derrière moi me rend plus confiante et papa est tête en l’air, l’orange avec le raisin… »

— Alors, qu’en dis-tu ?

— C’est de l’orange que je sens en arrière-goût ?

— Oui, j’ai distillé pour varier, mais j’ai un doute sur la qualité…

— Encore heureux, ça ne mélange pas et tu le sais !

— En effet, mais pratiquer permet parfois de débloquer ce que l’on pense impossible.

— Ou juste de créer des anomalies culinaires !

Ses sensations s’effacent…

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