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Hôte : Michel ; 10h50 – Grotte de Forgiennel

Mes perceptions se connectent aux sens de Michel. « Le passage est extrêmement étroit, aucune chance que je passe avec mon sac sur le dos. » De suite, sa pensée me parvient, tandis que d’un mouvement calme, son pied droit recule, sa main gauche saisit la lance de son sac pour la retirer. Il le replace face à lui sur le côté moins large. D’un pas lent, avance de nouveau… Ses épaules frottent les parois rocheuses, ses bras rappent la pierre en laissant sur sa peau de légères marques rougeâtres.

« J’aurais dû regarder s’il n’y avait pas d’autre chemin. » Les pas s’enchaînent difficilement… Son corps finit par s’extraire du passage rocheux. Malgré sa respiration dense et rapide, sa bouche reste fermée. Plus de deux minutes s’écoulent avant qu’il ne regarde devant lui pour apercevoir une large crevasse au fond noir. « Bon, il semblerait que tomber ne soit pas une bonne idée… »

Sur sa droite, un ruisseau clair s’élance en cascade depuis la voûte, l’eau percute les rochers, puis rebondit avant le grand plongeon. D’un geste vif, il récupère son grappin, fait tournoyer la pièce métallique, ce qui provoque un son énergique. « Allez, un seul jet, comme papa me l’a expliqué. » Vigoureusement, il effectue un lancer qui coince le métal entre deux stalagmites. « Super, la prise est bonne… Si elle avait gratté la roche, ça n’aurait pas tenu. » Il me faut rester prudent… Ses pensées se glissent dans les miennes, la fusion des consciences est plus difficile à empêcher à cause de la diminution de mon ERA… Sereinement, il accroche la corde de son côté avec un nœud solide… Son regard pivote sur son sac, un soupir s’échappe de ses lèvres alors que ses yeux fixent l’araignée qui s’y est installée. « D’accord petit mygale, j’espère que t’es bien accrochée. »

Avec lenteur, il place son sac sur ses épaules, saisit la corde d’un geste fluide, commence sa traversée en position du cochon pendu. Sous lui le vide est si profond que seul un noir intense est visible. L’écoulement d’une rivière reste audible grâce à la réverbération et, après plus de trois minutes dans cette situation, il pose un pied au sol, tandis que l’araignée descend tranquillement. D’un pas assuré, il s’approche d’une fissure, s’engouffre entre les roches étroites. « C’est vraiment pas agréable… Il y avait sûrement un meilleur chemin… Pourquoi je n’ai pas demandé à Manie ? Il a bossé dans cette mine pendant deux décennies… Au pire, Linda devait avoir des vieux plans… Moi et mon fichu orgueil… Bon, je n’en ai pas tant que ça, mais parfois juste trop pour bien me préparer, encore un truc qu’il faut que je corrige. »

Avec assurance, il débouche dans une vaste salle au haut plafond. Au loin, un lac cristallin, sur sa droite des fissures où poussent divers champignons et plantes grimpantes. L’écho de ses pas se répercute sur les parois rocheuses, tandis qu’il longe le mur sur sa gauche, puis soudain, s’arrête. « Génial ! Ce gisement est de bonne qualité, même s’il n’est pas très important. J’en ai pour un bon moment… Par contre, Mizuki doit avoir bien avancé, mais je suis dans les temps. Cependant, venir était vraiment difficile, et il reste le retour. Je devrais peut-être chercher un autre chemin, mais c’est prendre le risque de perdre encore plus de temps. »

Posant son sac au sol, il saisit sa pioche, puis frappe vigoureusement la roche argentée. Chaque coup se répercute violemment, l’écho fait vibrer fortement ses tympans. « J’espère que je ne vais pas me faire surprendre… Avec ce bruit, mon ouïe est… » Avant que sa pensée ne finisse, ses sensations s’effacent… Une expérience même difficile n’est pas dénuée d’intérêt, mais cela est plus facile à comprendre avec le recul que sur le moment où elle est vécue.

Qui déjà disait cela ? Mirina ? Peut-être bien… mais pas sûr… Il y avait des exemples crus de cela :

Un violeur met enceinte une femme, elle accouche et l’enfant devient sa force.

Un soldat perd une jambe et se découvre une passion pour l’art qu’il n’avait jamais vu.

Un enfant meurt, mais cela en sauve un autre par une opération.

En somme, la vie s’entrelace de malheurs, qui conduisent parfois à un bonheur plus vrai…

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