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Hôte : Mizuki ; 11h17 – Forêt ouest près de Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki, et me voilà face au regard du lupis. « J’adore cette touche dorée ! » Autour d’eux, la forêt continue de vivre paisiblement sans se soucier de ce moment. D’un battement d’ailes, un papillon se pose sur une branche, l’araignée non loin, attentive, patiente. Une guêpe bourdonne près de son nid enfoncé dans le sol terreux vers le grand platane. Un couple de pies s’installe dans le nid au même instant qu’un félin grimpe avec agilité et silence. Soudain, l’animal incline légèrement la tête… Quelques secondes s’écoulent, il s’éloigne d’un pas feutré dans la direction opposée. « J’aurais aimé le regarder plus longtemps. » Alors que sa pensée se termine, elle émet un doux soupir, puis reprend sa marche sur le sentier avec un pas léger. Les arbres offrent un dôme ombragé… Il y a une grande variété de plantes… Beaucoup d’animaux courent dans les sous-bois. Elle observe les cerfs, les lièvres et tant d’autres. Énormément d’insectes grouillent un peu partout, scarabées, limaces, lucioles… Les sons et odeurs sont nombreux. Ses pas s’arrêtent, elle se gratte la tête…
« Mince ! J’ai presque oublié notre pari… Je ferais mieux de me dépêcher ! » Brusquement, elle démarre une course effrénée sur le sentier boueux… « Quelle idiote je suis, Michel va sûrement prendre de l’avance… » Une odeur fruitée… Son regard bascule vers la gauche… Sa bave coule sur sa joue gauche… « Des milltias… Non… Non non, ce n’est pas le moment… »
Ses pas ralentissent, elle pivote. « Juste une minute… » Elle s’arrête devant un petit buisson, puis s’agenouille avec un regard chargé de convoitise. D’une main, elle saisit une toute petite baie violacée aux teintes bleuâtres rougies. D’un geste fluide, le fruit glisse dans sa bouche et sans croquer, elle le laisse glisser sur son palais. « Hummm ! » Un goût frais, puis chaud, puis froid, une saveur sucrée, puis acide, puis douce…
« C’est génial ! C’est tellement le meilleur fruit du monde… » D’un œil attentif, elle scrute le buisson avec attention et regarde les pédoncules floraux… « Ah… zut, il n’y en avait qu’un, c’est si rare d’en trouver… » Une fleur non loin attire doucement son regard.
« Je n’y crois pas, c’est une perce-neige à cette époque… Elle semble tellement fragile… Même la nature peut parfois briser les codes… Oh ! Et là c’est une noix ? Il y a un noyer ? Hum… peut-être pas… Un écureuil aurait pu la perdre… Mais sinon, je vais regarder encore un peu cette jolie petite fleur… Après tout, elle ne reviendra pas avant l’hiver, hé, hé… »
Agenouillée, Mizuki observe avec attention la petite fleur blanche. Brusquement, un furvius grimpe dans le chêne près d’elle… « Mince, il m’a surprise… » Alors qu’elle regarde le petit animal, un corbeau au-dessus d’elle défèque, mais elle esquive facilement.
— Hé ! Regarde en dessous !
L’oiseau l’ignore poliment, puis gratte son plumage. « Ha, ha, il est mignon… Mince ! Je suis vraiment pas possible… » Vivement, mon hôte se relève, puis reprend le sentier au pas de course. « Si je continue de me laisser distraire, c’est sûr que je vais perdre… » En une nanoseconde, ses sensations s’effacent…
Retour donc dans mon bureau… Hum… un peu de changement me ferait du bien, imaginons donc un autre lieu, moins austère cette fois… Une large salle, de nombreuses tables, des gens mangent en discutant, les plateaux-repas sont simples, mais équilibrés. Les murs en béton sont sobres, toutefois des affiches les décorent, passant d’un chat à une note de service derrière un panneau, au menu du jour : tout est harmonisé pour qu’on se sente chez soi sans y être. C’est ici qu’on venait manger en famille et entre amis, l’un des réfectoires du laboratoire du premier sous-sol. Il m’est possible de le relier à mon hub, après tout le plan est présent dans les fragments verts de ma mémoire…

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