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Hôte : Shana ; 14h17 – Forêt ouest près de Hanakaze, abords de la rivière

Mes perceptions sont déjà connectées aux sens de Shana. Ses doigts crispés abaissent son short et sa culotte. Elle s’accroupit juste avant que le liquide chaud ne s’écoule d’entre ses cuisses. Ses joues rougissent au son brut qui frappe l’herbe. Après plusieurs secondes, elle fait glisser un tissu entre ses jambes. Puis, d’un geste rapide, en saisit une sèche dans son sac, la glisse sur ses fesses. « J’aurais aimé avoir un vêtement de rechange. » Dernièrement, bien séparer les pensées de mes hôtes m’est presque impossible, mais ma conscience semble s’être adaptée. Le profond soupir que pousse mon hôte me sort de ma réflexion… Il m’est possible de sentir le tremblement de ses mains.

« Si Mizuki n’était pas venue, je serais aussi morte que les autres, ou pire encore… Je n’ose même pas imaginer ce que j’aurais subi, mais je ne me pardonnerai jamais leurs morts. » Me voilà plongé dans un souvenir qui visiblement date… Shana est encore jeune, dans le restaurant de sa famille. Il est tard, tout est clos. Alaric fixe Ester. La petite est cachée derrière le comptoir. Sa mère enlace son père, tous deux s’embrassent pendant qu’elle écarquille les yeux.

« Maman et Papa se font des bisous ? » Une fille est à côté de Shana.

Je te l’ai dit, les adultes qui s’aiment le font ! Et, t’as pas vu le meilleur. Quand ils sont seuls…

Le murmure est léger, Shana l’écoute sans quitter la scène des yeux, puis plaque soudain ses mains sur ses oreilles et secoue la tête.

Je ne veux pas savoir.

D’accord.

Les filles se prennent la main, se faufilent dans le couloir, montent les marches en silence, entrent dans la chambre douillette et décorée de Shana.

On en parle plus, promis.

Merci…

Rapidement, elles vont se coucher dans des lits séparés, l’amie de mon hôte la fixe.

On joue à quoi demain ?

Je ne sais pas… à la marelle ?

Aux cuisinières !

Je vote pour !

Elles se mettent toutes deux à rire très fort… Quelques secondes, des pas résonnent.

Chut !

Chut !

Les filles ferment leurs paupières, se blottissent sous les couettes, la porte s’entrouvre.

Ne faites pas semblant de dormir, bandes de chipies !

La voix d’Esther résonne, mais me voilà de retour dans l’instant présent. « Tu me manques Callie, si seulement… Je préfère ne plus y penser. » La pensée de Shana est visiblement douloureuse même si ce souvenir est ancien. Est-il possible que mon accès ait influencé mon hôte… C’est peu probable… Voire impossible, mais pourquoi mon Chishiki me montre cela ? Shana semble prendre son temps et s’assied dans l’herbe. « Je dois me calmer avant de retourner vers Mizuki… » Le soleil passe sur sa peau, la force à fermer ses paupières. Elle commence à respirer plus lentement, mais tremble encore légèrement. « Quelle journée pourrie… la seule bonne chose c’est Mizuki… » Ses sensations s’effacent… Il est possible que les fragments que me montre mon Chishiki lui permettent de me localiser…

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