149
Hôte : Mizuki ; 06h05 – Cour des Ashura, Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki, qui descend tranquillement le chemin longeant la maison. L’air frais de la brise souffle dans ses cheveux tout en balayant les feuilles des arbres non loin, ainsi que l’herbe basse. Quelques pas encore, elles arrivent au centre de la cour. Mon hôte s’arrête près du mannequin d’entraînement… Son regard serein fixe Shana, qui tient le panier de linge sale à la hauteur de sa taille.
— Je vais m’exercer un peu, tu veux essayer ?
— Peut-être plus tard… Peux-tu me dire où est le lavoir ?
— Tu n’es pas obligé de t’occuper de ça.
— Ne t’en fais pas, ça ne me dérange pas. En plus, j’en profiterai pour visiter le village.
De son index droit, Mizuki écarte un peu ses jambes, pointe le sud.
— En continuant tout droit, passe par le poste de garde pour atteindre la place centrale. Ensuite va vers le salon de coiffure, puis longe le chemin à l’est. Il sera à ta droite, avant le ponton.
— Merci ! Au fait, est-ce que je peux utiliser la cuisine, plus tard ?
— Tu peux faire comme chez toi.
— Merci.
Shana s’éloigne calmement, Mizuki se place face au mannequin. « Bon, d’abord… Il faut que je revoie la scène mentalement. » Elle pousse un soupir, des pas résonnent à l’ouest, ce qui la fait sourire. Sereine, mon hôte se tourne, guette les deux enfants qui courent dans sa direction. Les fillettes s’arrêtent, Alicia fixe Mizuki en sautillant.
— Dis, on peut prendre un bain dans le bassin ?
— Oui.
— Merci.
D’un regard espiègle, Charlotte observe aussi Mizuki tout en saisissant la main de son amie.
— Merci. Promis, pas de crapaud cette fois !
— Quel crapaud ?
— Celui que je t’ai mis sur la tête la semaine dernière, hé hé !
— Ça ne m’avait pas dérangée.
— Zut, j’avais cru que ma farce avait fonctionné.
— Oui, c’était amusant.
— Génial, à plus tard !
Rapidement, les petites courent en direction du bassin, Mizuki se recentre face au mannequin. Un premier coup de poing résonne sur le bois, puis une attaque du pied en retourné suit. Enchaînant ses frappes avec régularité, Mizuki limite sa force avec rigueur. « Je peux clairement faire mieux que ça, mais il faut que je contrôle chaque geste. » Sous ses coups, le bois tremble, elle ajuste sa portée, sa vitesse. Au nord, les rires des fillettes parviennent distinctement à ses tympans. Cependant, Mizuki garde sa concentration, pivote d’un demi-tour, frappe la nuque de sa cible d’entraînement, qui se met à vibrer.
— Retire ta culotte, Alicia !
— Papa, il m’a dit, un bain à l’extérieur se prend avec ses sous-vêtements !
— Ah bon ! Alors je remets la mienne !
Ses sensations s’effacent… Me revoilà dans mon bureau mnésique, Naya fixe l’image d’un bain…
— Je vote pour les bains nues ! Mais tu dois déjà filer, mon petit observateur.

Annotations
Versions