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Hôte : Mizuki ; 08h27 – Cour des Ashura, Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki. Les feuilles dans les arbres bruissent, le soleil passe derrière un voile de nuages légers en projetant une lumière feutrée. Fixant le mannequin, elle ferme les yeux, sa respiration se bloque, son corps se relâche, ses muscles se détendent. Une brise caresse son visage. Elle place ses mains à divers endroits de sa cible d’entraînement. « Non ! »

Dans un mouvement fluide et contrôlé, elle effectue des gestes lents et précis. « Là, j’aurais dû mettre moins de force… Et ici, frapper un peu plus bas. Pourquoi ai-je été aussi violente hier ? Ce n’était pas vraiment moi… Je sais qu’il fallait protéger Shana des grikans, mais… J’aurai sûrement pu les neutraliser sans les tuer. Je dois me calmer, cela doit me servir pour progresser. » Mizuki commence à cogner lentement, évite les points vitaux, se concentre sur les articulations.

« Il y a énormément de façons de neutraliser sans blesser. Bloquer une articulation… Décourager l’adversaire… Une frappe douloureuse, mais sans conséquence… » Elle soupire, ses mouvements se font plus rapides. « Être fort ne signifie pas battre son opposant, mais protéger autrui. Si je m’entraîne, c’est dans ce but… Bien sûr, j’aime le côté exercice, mais… Il me répugne si ce n’est que pour faire du mal. Je dois encore progresser. » Ses sensations s’effacent…

Étrange… Ce lieu est la chambre de Mirina… Me voilà plongé dans l’un des fragments bleus de ma mémoire épisodique… Elle enfile sa blouse en me regardant, alors qu’assis dans le canapé, il me semble simuler l’impatience…

— Dépêche-toi un peu !

— Oh, monsieur est pressé d’apprendre de nouvelles méthodes d’études comportementales ?

Me voilà à tourner la tête… Neuf ans, mon âge à ce moment… Presque dix…

— Non…

— Ha, ha… Dans ce cas, et si on allait au parc plutôt qu’en salle d’étude ?

— Pourquoi ? Tu préfères étudier d’habitude !

— C’est ce que je fais en permanence, mais chut.

— Je ne vois pas ce que tu veux étudier là-bas.

Sans rien dire, Mirina quitte la pièce, et me voilà à la suivre, ses pas sont lents, les murs fléchés par différentes couleurs révèlent les directions à prendre. Nos chaussures nous permettent d’avancer sans même faire l’effort de marcher… Une des inventions de Mirina. Pendant le trajet, elle ne dit rien, et la suivre dans ce silence ne me provoque aucunes émotions, mais il m’est facile de simuler l’impatience. Finalement, après plusieurs minutes, nous arrivons au parc numéro trois du premier sous-sol, l’air artificielle est frais, le soleil factice lumineux ; les gens s’amusent, se détendent… Mirina s’assoit sur un banc et me fait signe de me mettre sur ses genoux. Machinalement, il m’est facile de jouer celui qui est obtus et refuse cette demande.

— Tu n’es pas toujours drôle, Noran.

— Je ne suis pas ici pour rire… Alors tu voulais me montrer quoi ?

— Le comportement humain et animal.

— On ne voit rien ici.

Mirina regarde un grand chêne, un chat perché sur une branche basse miaule, plus haut dans son nid, un rouge-gorge piaille, au pied une petite fille lève les yeux, tend la main.

— Observe les gens, par exemple que veut la petite près du chat qui est dans l’arbre.

— Le caresser !

Mon jeune moi se trompait lourdement, ce n’est pas le chat qui intéressait l’enfant, mais l’oiseau niché plus haut. Mirina appelait cela le piège de l’attention par la question…

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