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Hôte : Shana ; 11h02 – Place centrale de Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Shana, qui depuis le toit de la forge observe. « Soixante-dix grikans, quatre Kariss et le Chog, mais je ne vois pas le Skar. » Son arc en main, elle scrute chaque ennemi.
— Ahhh !
Mon hôte tourne la tête vers la boulangerie. Noémie est assise sur le sol, maintient sa jambe gauche fermement. Son sang coule. Elias, près d’elle, extrait son épée de la poitrine d’un grikan. Il se rapproche et bande un tissu.
— Merci.
— Appuie-toi sur moi.
— Bon sang ça fait un mal de chien.
Henri les rejoint rapidement.
— Évacuer la zone. Je vais vous couvrir.
Alors qu’ils se soutiennent pour évacuer, Shana fixe Michel, qui affronte difficilement les trois Kariss. Elle décoche rapidement une première flèche qui transperce l’œil d’un grikan derrière lui.
— Je vais t’aider.
Elle glisse la main dans son carquois. « Mince ! J’ai été inattentive… C’est ma dernière flèche ! »
— Abats le Kariss qui attaque Henri et Richard !
La voix de Michel est vigoureuse et ferme. Shana pivote, observe, encoche, bande la corde. Le tir perfore le cou du Kariss, qui s’écroule dans un cri étouffé. Richard fait signe à mon hôte. Emma, Amélia reculent avec difficulté. Shana observe encore Michel.
— Je dois récupérer des flèches au poste de garde !
— Compris, profites-en pour soigner un maximum de personnes !
— D’accord, je ferai au plus vite, tiens bon.
« Je dois agir rapidement et ne pas épuiser mon ERA. » Elle descend par l’intérieur de la forge, tout est calme, son pas se presse… Ses sensations s’effacent… Encore un moment de vide, me voilà comme souvent dans mon… Ma chambre ? Celle de mon enfance… Naya est allongée sur le lit, les paupières closes… Dort-elle ? »
— Juste une sieste… mon petit observateur, mais ça ne m’empêche pas de t’entendre. En réalité je suis dans ma propre chambre, mais j’ai déplacé mon esprit ici. C’est fascinant par ailleurs le temps de sommeil que cela me fait gagner. Au passage, penses-tu que Shana va s’en tirer ?
Possible, mais aucune certitude…
— Exact, le monde n’en offre jamais, même quand tout devrait être prévisible. Pourtant, je prédis une chose intéressante sous peu… même palpitante…
Mizuki…
— Tu penses exactement comme moi sur ce point… Bon, j’ai un peu de travail à poursuivre.
Nous revoilà dans le bureau mnésique, Naya tape de nouveau sur le clavier. Les plantes vertes sont étrangement grandes comparé au début… La pièce aussi semble plus vaste, ma salle de recherche est mieux organisée… On dirait que mon Chishiki se permet des libertés avec les constructions de mon esprit…

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