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Hôte : Mizuki ; 12h12 – Place centrale de Hanakaze
Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki, qui s’arrêtent devant le salon de coiffure. D’un regard, visualise la situation. « Michel est en difficulté, Shana également, mais Henri et Richard la protègent. » Soudain, un grikan caché sur le toit du bâtiment lui saute dessus avec une dague. Sa jambe gauche se soulève avec un léger mouvement de rotation. Son pied percute la tête de son adversaire avec force et vitesse. Il s’encastre la tête la première dans la vitre. « On dirait que presque tout le monde a reculé. » Ses yeux se déplacent sur Kenji et Chogar. « Papa se bat contre un adversaire puissant… » Encore présente cette dualité. « Je dois parer au plus urgent ! » Kenji utilise ses compétences avec ténacité, mais tombe à genoux en tenant fermement sa poitrine !
— Papa !
Michel hurle, pare une attaque Grags, une seconde de Grigi. Chogar profite de l’occasion, lève sa hache. Mizuki est encore à deux cents mètres… « Pas question que je perde Papa ! » Sa jambe droite se tend, ses muscles se contractent. Chogar sourit à Kenji…
— Ke erit uta plir uma.
« Ce fut un plaisir humain. » Il abat sa hache dans un mouvement brutal. Mizuki plie son genou, son pied vers l’arrière, se propulse d’un bond… L’arme frappe le sol… Elle soutient Kenji quelques mètres plus loin par la taille, alors qu’il semble incapable de tenir debout seul.
— Pose-moi ! Tu vas avoir besoin de toute ta liberté de mouvement pour combattre.
Il s’exprime d’une voix ferme, mais affaiblie. « Papa saigne… Michel aussi… Ils sont épuisés… Même Henri respire difficilement. » Chogar effectue une puissante frappe verticale avec sa hache. Mizuki appuie sur le sol de son pied gauche, ses muscles se contractent… D’une impulsion arrière, elle esquive tout en soutenant Kenji. « Je refuse de le perdre… Je ne le supporterais pas. »
— Je ne peux pas te laisser, tu es blessé.
La voix de mon hôte tremble. Elle guette Michel, qui tient tête à Grigi, Grags et Grog. « Michel ne tiendra pas longtemps, je dois agir et vite… » Son poing se resserre, ses ongles s’enfoncent dans sa chair. Kenji initie un mouvement de rotation rapide qui la force à le lâcher, puis recule d’un pas.
— Bats-toi librement, je compte sur toi.
Mizuki regarde un instant son père, se tourne vers Chogar, qui rit fortement sans la quitter des yeux.
— Fi fim qet ga Zakkar. Atta mota, fim !
« La femme que veut Zakkar. Attaque-moi, femme ! » Ses battements de cœur sont rapides… Elle expire une bouffée courte. Chogar frappe le sol d’un pas puissant.
— Tu t’en es pris à ma famille… Je vais te montrer à quel point tu as eu tort.
Son intonation est puissante, chargée, lente. Brusquement, une flèche transperce le cou de Grags, le laissant s’écrouler au sol comme une pierre. Michel fixe un court instant Shana.
— Merci du coup main, je t’en dois une.
Dès que la voix de Michel retentit, le corps de Mizuki se déplace d’une impulsion sur Chogar, qui effectue une puissante entaille horizontale. Elle esquive d’une glissade couchée à l’aide d’une flaque. Pousse sur ses mains, frappe le menton de son adversaire avec ses talons. Une pirouette lui permet de se remettre sur ses pieds. « C’est la première fois que j’affronte un opposant aussi fort, mais je n’ai aucune envie de reculer. » Ses sensations s’effacent… Non, c’est autre chose… Ce sont toujours les sens de Mizuki, mais il s’agit d’un souvenir d’un fragment rouge.

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