Romain & Céline

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C’était, je me rappelle, dans une ruelle sombre d’une ville dont le nom, pour le moment, m’était complètement égal.

Eh oui, il fallait croire que je n’en avais rien à foutre de là où je me trouvais du moment que j’étais proche de cette femme au regard émeraude, Céline. Bras contre le mur, je lui sommais de rester d’une voix ferme et autoritaire. Cependant rien à faire, Céline était une vraie teigne.

— Putain ! Fais pas chier, Romain, laisse-moi partir !

Je n’avais pas su pourquoi elle m’avait excité durant cette altercation et lorsqu’elle parvint à se dégager de mon emprise, j’avais remarqué à la commissure de ses lèvres, un sourire. Cela m’avait, je m’en souviens, bien agacé, je le lui avais fait comprendre :

— Vas-y grosse salope ! Et avoue-le que ça t’excite, que t'aimes que je t’agresse !

À cela, elle m’avait jeté l'un de ses regards significatifs de son tempérament puis l’instant d’après, elle m’avait lancé :

— Je t’emmerde, sale connard ! suivi d’un crachat bien épais qui se logea sur mon t-shirt tout neuf.

Même si j’étais vif, directif et colérique, il y avait des comportements que je ne pouvais supporter. Ainsi, je lui avais envoyé une balayette qui m’avait moi-même surpris tant son corps s’était incliné suivi d’un « grosse connasse ! » qui avait accompagné mon coup.

Mais comme je vous l’avais dit plus haut, Céline était une vraie teigne et sans attendre, elle s’était relevée avec un regard qui en aurait, je crois, fait fuir plus d’un. Et elle me provoqua plus encore, jusqu’à lui loger un direct et elle tomba à la renverse.

Soudain, des flashs me revinrent — nos souvenirs — ils s’embrasaient comme brûle le papier. Pris de rage, je lui avais attrapé ses cheveux aux reflets dorés et l’avait traînée vers le fond de cette ruelle.

Dis-le-moi, Romain. Oui amour. Dis-moi encore, je t’aime.

Elle hurlait si fort, mais moi j’avais déjà perdu mon cœur.

Te rappelles-tu, Céline, notre promesse ?

Ses pleurs se faisaient de plus en plus intenses et ma froideur aussi.

À la vie à la mort, et ce, même si je dois mourir de tes propres mains. Sache-le mon amour que je t’appartiendrai pour l’éternité.

Ses hurlements devenaient de plus en plus atroces et quand je repris conscience. Elle était recouverte de sang, mais étrangement ce n’était pas le sien et je tombais à mon tour à la renverse.

Loin de moi tous mes tourments… Loin de toi, je serais tien infiniment.

*

Le problème, étant, je pense, d’accepter que nous ne sommes pas à notre place et surtout que nous ne savons pas aimer non plus, et cela nombre de personnes ne pourront se soustraire à cette pensée. Aimer ce n’est pas regarder l’autre, la prendre dans ses bras, ou encore offrir un présent. Aimer s’est briller ensemble.

Vous voyez ce que la passion peut faire quand le cœur n’est plus en mesure de parler, la vaisselle y passe, les cris retentissent, les colères s'accentuent, les larmes coulent, et c’est souvent que l’on trouve un réconfort, chez ses amis, mais personne, ou presque, n’est amour propre. Aimer l’autre d’une certaine manière, c’est ne plus souffrir quand on perd la personne des yeux, non. C’est avancer en confiance avec l’autre, sans se retourner, sans préjugé et autre bien-fondé de la raison.

Cette histoire Céline & Romain est écrite pour vous signifier qu’il existe plusieurs manières de s’aimer et que la leur n’a plus laissé de place à leur cœur qui s’est remplie de raison. Peut-être auraient-ils pu s’aimer s’il avait appris, peut-être, peut-être pas : car lorsque l’on sait aimer, on ne cherche pas l’autre, il vient à nous : aussi étrangement que cela puisse le paraître, on attire toujours la personne qui nous est destinée.

Parfois cela peut prendre du temps et la vie nous fait chuter, nous relever et on avance encore même si bien amoché. Si vous apprenez à aimer comme voudrait le présenter la volonté de cet essai : vous verrez, la vie vous fera un cadeau, un amour de vie. Cela peut être ce que vous voulez, mais si au fond de vous, vous chercher l’amour, alors, il viendra. Mais pour cela, il faut faire acte de patience et c’est souvent que le mental nous pousse à nous mettre en couple aussi vite qu’un coup de foudre.

Pour ces deux personnes Romain & Céline, c’était en quelque sorte le coup de foudre, tous deux vouaient un culte tout entier à leur union, un culte si fort qu’ils savaient que l’un l’autre pourrait en mourir, mais à cause de l’autre. Leur première dispute avait commencé à cause d’un regard mal placé. Céline avait pour habitude d’être souriante et un homme avait été enchanté par son sourire, et lors d’une soirée. L'inconnu l’avait accostée en toute impunité, car Céline était bien avec elle-même. Elle savait que Romain était-là. Elle profitait de son moment de bonheur. Les deux personnes se parlèrent et rirent de bon cœur comme deux amis d’antan. Or, Romain l’avait aperçu du coin de l'œil, lui-même était avec ses amis, ses compagnons, il n’avait rien fait sur l'instant. Ceci dit, au fond de lui, sa raison l’avait harcelé disant, tu vas la perdre : comme qui dirait, femme qui rit...

Cette expression commune qui tambourinait dans son esprit, l’avait fait perdre confiance, mais en lui, et non en Céline. Et quand toute la soirée se finit ; il attendit le moment où il allait être seuls pour la questionner sur sa soirée. Et la raison est forte pour provoquer, manipuler. Au final, elle aura emporté ce couple dans la discorde, et Céline commença à souffrir, mais sa propre raison lui disait : mais non ça va s’arranger, tu verras, fais-moi confiance.

On pourrait, par analogie religieuse, se dire que c’est par là que le mal entre en nous. Alors, pour s’en protéger, il n’y a qu’une seule méthode : la symbiose, l’unité de soi. Trancher la poire en deux, pour voir si elle est mûre ou pas. Dans les deux cas, il faudra accepter ce que l’on y voit et garder son fruit pour soi et c’est là que l’on peut récupérer l’amour porté et devenir un amour propre.

Néanmoins, ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car c’est un long chemin à parcourir pour y parvenir. En premier, il faut se destituer, se détacher de son ego, sa raison, son mental et se dire que l’on ne sait pas aimer, ou du moins, que l’on n’a pas eu le bon manuel, et c’est le plus difficile pour un homme, une femme dotée d'une grande raison dont les croyances personnelles sont fortes, dominatrices.

Je ne sais pas aimer. C'est dur à dire et à accepter : c'est la fin du monde, non ?

C'est difficile d'ouvrir son cœur : c'est le plus difficile pour l'Homme. Or, si vous y parvenez, libre d'être un autre et l'amour vous viendra de mille et une manières et vous serez réchauffé par la force de l'espérance. On y reviendra plus tard sur cela

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