L'union dans la douleur

Une minute de lecture

Ma vie est une chute lente dans l'obscurité des fibres. Pour unir, je dois déchirer. Une façon de disparaître pour que tout tienne. Je ne suis pas un lien, je suis une effraction qui dure.

Le marteau, lui, n’a pas d’attaches. Il possède la force souveraine de celui qui s'en va. Il s'abat avec la brutalité d'un destin, puis il rebondit, léger, déjà libre. Il ne connaît pas la morsure du bois qui se resserre, ni l'étreinte lente de la rouille. Il est le maître des adieux. Il frappe, il signe la douleur, et il retourne au repos dans l'ombre de sa boîte, le manche propre. C’est le privilège de ceux qui ordonnent les coups: ils sont les architectes du chaos, mais ils ne figurent jamais sur les ruines.

Puis il y a la Planche. La patience même. Elle se fend pour m’accueillir, mais dans sa déchirure, elle me dévore. Ses veines se referment sur mon corps froid. Elle me transforme en squelette. À nous deux, le supplicié et le transpercé, nous formons une structure. Nous sommes ceux qui restent, unis sous le poids des jours, soudés par le même traumatisme.

C’est là notre unique victoire sur le marteau : il nous a brisés pour nous assembler, mais il est resté seul, enfermé dans sa solitude immaculée.

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