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Les premiers rayons du soleil éclairaient les branches des grands pins quand les derniers invités partirent. Après avoir verrouillé le portail, Philippe se laissa tomber dans un transat au bord de la piscine, juste à côté de sa femme.
J’allais aider à débarrasser quand il me fit signe.
— Rémi, servez-nous une dernière coupe de Champagne… Et prenez-en une pour vous aussi. Vous le méritez.
Je déposai trois coupes sur une petite table à côté d’eux et fis sauter le bouchon d’une des rares bouteilles qui avaient survécu à la soirée. Pendant que je servais, il reprit.
— Vous avez été très bon dans la préparation de la soirée Rémi, et je ne parle même pas du piano.
Il s’interrompit quelques instants, prit la main de sa femme et me regarda dans les yeux.
— Il vous faut de l’aide Rémi, vous ne pouvez pas continuer à tout faire tout seul.
Je me figeai un instant, ne sachant pas si je devais répondre. Heureusement, il leva la main.
— Vous ne pourrez pas tout faire tout seul parce que je voudrais que vous vous prépariez pour un passage en commission de classement. J’en ai reparlé avec Hélène et on pense que c’est le bon moment pour vous et pour nous.
J’étais toujours immobile, la main crispée sur la bouteille.
— Merci monsieur, c’est un grand honneur pour moi que d’avoir votre confiance. Je ferai mon possible pour réussir et ne pas vous décevoir.
J’avais évidemment pesé chaque mot.
— J’ai discuté avec l’agence de location qui nous a fourni le personnel pour la soirée. Je vais prendre quelqu’un chez eux. C’est plus simple, il sera déjà formé, mais il faudra que vous lui montriez les rouages de la maison. Si on tombe d’accord sur le prix, il pourra être là dès la semaine prochaine.
J’acquiesçai d’un mouvement de tête.
— N’en parlez pas à Marc. Allez, trinquons.

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