La corrida de l'âme
Il remet son masque fissuré,
On entend son souffle inspiré,
Dehors la foule l’attendait,
Une corrida qui se préparait.
Un grand sourire bien maquillé,
C’était sa peine qu’il voulait cacher,
Dehors, son destin l’attendait,
Devant la bête il va danser.
Son cœur tremblait, lourd et blessé,
Mais son masque restait figé,
Comme un éclat mal dessiné
Sur un visage trop usé.
La foule criait sans le voir,
Ignorant tout de son histoire,
Lui avançait dans le couloir,
Prêt à défier son propre miroir.
La bête, rugit de fureur,
Dressant son ombre sur ses peurs,
Mais lui, malgré ses vieilles douleurs,
Fit un pas de danse, un pas vainqueur.
Distraire la bête, c’était son devoir,
Ce n’était pas pour lui la gloire ;
Son passage n’était que provisoire,
Pour qu’un autre achève sa victoire.
Son retard devient ennuyeux,
Pour la bête et le courageux.
Pour elle, c’est presque honteux
D’être privée de ce petit morveux.
Il était son grand délice,
Le voir courir suffisant supplice.
Sa peur, pour elle, était service,
Un spectacle né d’un vieux caprice.

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