L'art de la parole
Ce qui se dit à haute voix
Peut devenir une lame sans qu’on la voie.
Même pour partager la joie,
Certains mots trahissent ce que l’on croit.
Parfois la pluie semble apaiser,
Mais la grêle peut tout briser.
Même le sens peut se dévier,
D’où l’art des mots bien pesés.
Gare à ceux qui savent choisir
Le souffle venin, le mot pour nuire.
Leurs armes sont comme un festin,
Ils frappent l’endroit le plus malin.
Même si le silence semble éternel,
Une réponse surgira du tunnel.
Le mesquin devient alors cruel,
Déclenchant une avalanche mortelle.
« Défense » n’est pas un miracle,
Mais le sage érige l’obstacle.
On préfère être l’oracle,
Plutôt que répondre pour le spectacle.
La douleur reste bien cachée,
Derrière un masque fissuré.
Dire « j’ai mal » nous a été volé,
Ce qu’ils voulaient : un mort-vivant éveillé.

Annotations
Versions