Bull shit
Même lorsque j’inventais au gré de mon imagination une histoire, comme un exutoire, je devais constamment prendre en compte le risque qu'une personne que je connaisse IRL puisse me lire, se sente visée, que cela puisse être douloureux pour elle/lui, et que ce serait ma faute.
C’est toujours ma faute, soi-disant.
Paraît-il que j’ai un cœur de pierre et que je suis impitoyable. Que je ne sais qu'écrire mes sentiments sans jamais les montrer.
Paradoxe ; n'est-ce pas ce que l’on attend de moi ? Ne m'a-t-on pas appris à être ainsi ? On finit toujours par se permettre de me faire vivre quelque chose que l’on ne ferait pas à d’autres, juste parce que moi "je suis forte et j’encaisse".
Nous avons discuté sur ce sujet avec mon thérapeute et j’en viens à me demander :
Jusqu’où se trouve les limites que les autres ont fixées pour nous ?
Plus nous aimons les gens, qu’ils soient de notre famille ou nos amis, plus nous avons envie de les protéger, comme si cela était l’ultime preuve de notre amour pour eux. Les protéger de la vie, de la douleur, de nous-même aussi parfois. Mais, réellement, ne nous protégeons-nous pas nous même en prétextant les protéger eux ?
Mais le savent-ils au fond que l’amour que nous leurs portons nous empêche de leur dire vraiment ce que l’on pense, de faire ce qui nous paraît juste ? Et en jouent-ils ?
Au bout de trente-trois ans de vie sur cette terre, je ne peux que constater que oui, et ce n’est que mon avis, tout est relatif à chacun. Tout le monde peut devenir un manipulateur dans sa vie, et ce, à n’importe quel moment, dès lors que cela lui rapporte quelque chose. Qu’on me jette la première pierre si je l’ai pas déjà fait. Je le referai sûrement un jour d'ailleurs. Mais comme dit Socrate « Nul n’est méchant volontairement ». ( Enfin quoique...j’ai pas mal de doutes là-dessus.)
Mon thérapeute m’a orienté vers le Stoïcisme lors de notre dernier rendez-vous, plus précisément «Le manuel d’Épictète ». ( Il est vaillant mon thérapeute, il m'écoute sans jamais me couper et toujours attentivement, mais les minutes passent et il n'hésite jamais à me donner matière à réfléchir pour que je puisse poursuivre ma réflexion. Pas un de ces charlatans "to be continued"). Lecture qui fut des plus intéressantes, je l’avoue, et qui ne peut que résonner en chacun de nous tant tout y est logique. Suite à cela, ne disposant pas encore d’un autre livre que j’ai commandé, et n’étant pas très patiente (je suis un être rempli de tant de défauts, allumez le bûcher !), je me suis rendue sur Spotify et YouTube pour écouter des podcasts du Précepteur à ce sujet.
Au bout de plus de deux heures d’écoute, je tombe alors en mode aléatoire sur Peter Singer, et pour finir sur Socrate.
Pour résumer, j’ai passé des heures à lire et écouter de la philo, et j’aime comme elle donne une réelle définition au mot paradoxe. C'est beau, tristement beau, tant et si bien qu'à la fin nous avons l'impression d'avoir raison sur tout, et en même temps d'avoir constamment tort. Sans parler du fait, de n'être jamais d'accord sur rien, du moment que cela ne NOUS convient pas.
A la suite de tout ça, je me pose cette question :
Combien de livres faut-il que j’étudie, que ce soit de la philo ou de la religion, pour oser dire que j’ai déjà les réponses à toutes mes questions ?
Que nous avons sûrement déjà tous les réponses à toutes celles que nous nous posons, mais que nous n’avons que le besoin des autres pour être sûr que ce nous pensons, disons, analysons, n’est pas du total bull shit ?
Est-ce que je cherche quelqu’un qui donnerait de la valeur à mon bull shit et qui pourrait correspondre aux bull shit de quelqu’un d’autre en me faisant ressentir que « si un autre pense comme moi, je n’ai pas totalement tort »
Et si nous avions tous tort et raison en même temps, et que tout n’est qu’une question de perception ?

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