Divine couleuvre
Je peux être très dure, envers moi-même mais aussi, envers les autres. Je l’assume. Je ne suis pas un ange sur terre. Au contraire. Mais je ne prône pas mon mauvais côté comme un trait de caractère dont je veux vanter le mérite non plus. Je culpabilise même, quelques fois, selon les cas où j’ai dû être la pire version de moi-même.
Mais la vérité est que, grâce à cette part obscure – qui n’est pas tout ce qui me représente, ne commencez pas à préparer le bûcher ! - j’ai survécu. Ouais, parce que il faut survivre à la vie. Elle n’est pas rose et elle ne fait pas de cadeaux. Il faut encore plus survivre aux gens, aux « autres » qui la composent.
J’ai bien souvent remis en question cette part de moi qui me donnait cette impulsion, cette force, lorsqu’il fallait que je me batte. Je me disais que tout ne méritait pas une guerre, que je ne suivais pas la bonne voie, mais je me suis trompée. Tout le monde n’a pas les mêmes guerres. Et chaque guerre à sa manière de combattre. Cela, il faut en prendre conscience pour comprendre pourquoi telle ou telle personne agit de telle manière, à la place de juger.
Que ce soit pour le bien ou contre le mal, il faut se battre. Non pas forcément physiquement, mais à l’intérieur. En nous. Et pour nous. Et la rage aide souvent, du moment qu’elle n’est pas que le fruit d’une frustration ou autre émotion passagère.
Mais qu’est-ce que "la rage" pour moi ? Pour vous ?
Tout n’est qu’une question de perception, encore une fois.
La rage de vaincre. La rage de vivre. La rage de s’en sortir. La rage d’aimer, malgré tout. Et j’en passe.
Nous apprenons aux gens nos limites et comment nous traiter, il ne faut pas l’oublier. Il faut alors s’éduquer, se comprendre, s’apprendre pour ensuite donner les instructions aux autres, afin que nos relations ne soient pas qu’une suite de traumas et blessures qui se rajoutent à celles qui ne sont pas encore guéris.
Car si les limites sont continuellement dépassées et que nous le tolérons, cela se reproduira encore et encore. Et le seul fautif, c’est nous. Quand quelque chose, ou quelqu'un, détruit notre vie, il est impossible que les choses changent sans se battre.
Mais c'est quoi " se battre" pour moi ? Pour vous ?
Foutue perception, hein.
Certains comprendront et resteront peut-être silencieux, et d'autres penseront que j'appelle à la haine et que je n'ai rien compris. Car la vérité est toujours celle des autres, n'est-ce pas ? Non ? Ha...
Il ne faut pas poser des limites que dans ce qui pourrait nous blesser, mais aussi dans ce qui « pourrait » ( selon Pierre, Paul ou Jacques, qui l'a decidé un beau matin) nous faire du bien.
Parfois ceux qui m’ont voulu le plus de bien, m’ont fait le plus de mal. Paradoxe, n’est-ce pas ? Et moi, pauvre gosse trauma de trente ans que j’étais, perpétuellement en quête d’une âme charitable qui pourrait me montrer que le monde n’était pas aussi pourri, je courais, bêtement, avaler les couleuvres qui me rongeraient de l’intérieur pour mon soit-disant bien.
Mon bien, il est mien, il n’appartient à personne d’autre. Et Dieu sait que j’ai compris la leçon ces dernières années, je ne le laisserai plus dans les mains de quelqu’un d’autre.
Mon passé, ce que j’en fais, en pense, ne regarde que moi, sauf si je m’en sers comme excuse pour blesser les autres.
Mes combats, personne ne peut les juger utile ou pas.
Parce que leurs couleuvres, qui m’ont rongées de l’intérieur, ont fait des petits, mais c’est moi leur mère maintenant. Elles m’ont montré le vrai visage de beaucoup et m’ont apprise une nouvelle leçon de vie.
Et je les aime maintenant, oui, je leur dis merci.

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