ÉPILOGUE

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« Et maintenant ? » cette question tournait dans la tête de Veñ depuis vingt minutes. Assis là, sur la patte de son ancienne némésis, il était enfin libre. Pourtant, il n’arrivait plus à réfléchir, que devait-il faire ? Les flashes de cette nuit fatidique lui revenaient en mémoire, puis les corps calcinés, le suicide avorté et le début de cette aventure… Depuis quinze années, sa vie n’était tendue que vers un seul but. Et maintenant ?

Il s’était vengé, le monstre responsable de ses malheurs gisait là, misérable, sur le sol poussiéreux. Que lui restait-il maintenant ? Peut-être, pensa-t-il en posant les yeux sur son harpon, peut-être pourrait-il reprendre sa vie là où il l’avait laissé. Après tout, pourquoi devrait-il rester ?

- Tu hésites ?

Veñ détourna les yeux de son harpon et regarda Héol qui avançait vers lui.

- Quinze ans… et c’est maintenant que tu me tutoies.

- J’ai pensé que le moment était venu.

Il rejoignit Veñ sur la patte de Claque-Langue.

- Loár et moi rentrons dès aujourd’hui.

- Divouezh et Daspren vous accompagnent ? Demanda-t-il en souriant.

- Non ils vont rester ici. Il me semble que quelqu’un attend Divouezh avec impatience et Daspren aurait trouvé un emploi.

- Un emploi le canalisera peut-être.

- Peut-être. Si je ne m’abuse, reprit l’Elfe. Quelqu’un t’attend aussi.

- Elle ne remplacera pas ma fille Héol.

- Au même titre que la nouvelle Neventi ne remplacera pas notre ancienne cité. Pourtant, cela ne nous empêchera pas de l’aimer et de la protéger.

Héol se leva et tendit la main à Veñ qui la serra.

- Adieu mon ami, dit Héol d’une voix tremblante qui ne lui était pas familière.

Puis, il s’en alla dans la direction de sa femme, Daspren et Divouezh qui s’étreignaient.

Et maintenant ?


***


Les tomates étaient bien mûres et Goanag les retirait des plans avec une dextérité à couper le souffle. Grignous et elle avaient un jeu : celui ou celle qui en récoltait le plus, gagnait. Gagnait quoi ? ils ne le savaient pas, mais il gagnait. La petite fille n’arrivait pas à le prouver, mais elle soupçonnait le Korrigan de tricherie.

- Goanag !

C’était Gwelladen. Il était probablement l’heure de sa leçon de lecture et Goanag en était ravie. En quelques mois elle avait fait d’énormes progrès. Elle se rinça alors les mains dans le lavoir et s’en alla en direction de Gwelladen, tandis que malicieusement, Grignous la dépouillait de ses tomates.

Gwelladen l’attendait, le sourire aux lèvres. Elle se tourna vers l’entrée du jardin et l’expression de Goanag changea.

Il était là, il était revenu pour elle. Veñ avait changé : sa barbe avait été rasée, ses cheveux coiffés. Il ne cachait plus le bas de son visage sous un manteau et les cicatrices qu’ils portaient semblaient moins profondes.


Elle lui sourit.

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