CHAPITRE 8 : Le Conseil De Sardon

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Pendant ce temps, à la capitale du pays, Vardecia, sous un soleil éclatant et une brise secouant les feuillages des arbres. Un conseil se tenait au Palais royal de la ville que l’on surnommait la “Capitale Étoile”. Les menaces de l’Empire de Pyranxine étaient devenues préoccupantes. C’est dans ce but que tous les ministres de Sardon, les chefs des grandes familles dont Vahélor, ainsi que la reine, se réunirent pour ce conseil.
Cependant, les tensions entre les différents partis vont compliquer cette réunion.
D’un côté, les ministres ne pensaient qu’à leur réputation, de l’autre, les chefs de famille à leurs terres et leur fortune.
C’est en plein milieu de ce chaos que nous suivons Vahélor.

Ministre de l’économie : - se levant de sa chaise - Le plus important, c’est de préserver notre stabilité économique !

Ministre des armées : Balivernes ! Nous devons écraser l’Empire, peu importe les sacrifices !

Edmond Rossini : - fumant un cigare - En tant que chef de famille, je dois assurer ma lignée. Peu importe l’Empire, nous devons faire du profit, le reste n’a pas d’importance.

Vahélor : (Et dire que je suis venue en urgence pour voir des abrutis s’étriper pour leurs intérêts personnels, au lieu de penser au peuple…)
Allons messieurs, calmez-vous… Nous devons mettre nos intérêts personnels de côté et trouver une solution.

Un ricanement se fit entendre, mettant fin à la dispute. Assis un peu plus loin que les autres à la table ovale, se trouvait un homme chauve et engraissé jusqu’au bout des doigts. Son visage boudiné et son nez imposant laissaient peu de place pour voir sa petite bouche, qui crachait plus de venin qu’un serpent, et ses petits yeux de rapace. Son nom ? Razan Dante.

Razan Dante : - un sourire vil sur le visage - Tiens tiens, Vahélor essaierait-il de faire bonne figure maintenant ?

À ces mots, le visage de Vahélor se vida de toute émotion bienveillante. Son regard, qui s’était tourné vers Dante, ne reflétait que haine, mépris et dégoût.

Vahélor : Je ne suis pas venue écouter une langue de vipère. Vous êtes donc prié de la fermer, Razan. - dit-il avec froideur et autorité -

Razan Dante : - se levant tant bien que mal de sa chaise et frappant la table de son poing boudiné - COMMENT OSEZ-VOUS ?! N’oubliez pas que la famille Charlorieux ne fait partie des grandes familles que parce que vous avez su agiter votre épée, Vahélor ! À nos yeux, vous n’êtes qu’un vulgaire roturier ! ALORS NE ME DONNEZ PAS D’ORDRE, SOUS-RACE !

Vahélor : - une veine de colère se dessinant sur son front - Je ne suis pas partisan de la violence, Dante. Mais si vous tenez à la vie, surveillez votre langage ! - serrant les poings -

Connaissant Vahélor, tous les ministres et chefs de familles assis près de lui s’étaient reculés par peur d’être des dommages collatéraux.

Razan Dante : Comme si un gueux comme toi pouvait m’ordonner quoi que ce soit ! Si ça ne tenait qu’à moi, je t’aurais exécuté et fait de la putain qui te sert de femme une esclave ! - son visage boudiné rougissant de colère -

À peine Razan eut le temps de finir sa phrase qu’une chaise vola à toute vitesse à travers la salle, frôlant l’oreille de Dante et se fracassant sur le mur derrière lui.
Vahélor, rouge de colère, laissait son mana couleur braise s’échapper de son corps, l’enveloppant telle une aura.

Vahélor : Insulte-moi autant que tu le souhaites, Razan. Mais ne manque de respect ne serait-ce qu’une seule fois de plus à ma famille, et encore plus à ma femme… Et tu peux être sûr que je t’égorge comme le porc que tu es avant de te rôtir !

Un silence retomba brutalement.
La grande porte principale en chêne de la salle du conseil s’ouvrit. Une femme élégante, la peau pâle, une robe de couleur pourpre, un éventail noir à la main, des cheveux ondulés d’un noir profond, des lèvres fines avec un rouge à lèvres aussi pourpre que sa robe, des yeux avec une iris rouge comme des rubis et une coiffe d’argent incrustée de pierres d’améthyste et de rubis.

Tout le monde se leva instinctivement, Vahélor arrêta de diffuser son aura imposante à la venue de cette femme.

Razan Dante : Nous vous souhaitons la bienvenue, Votre Majesté.

Elemethia Sardonovak : - d’une voix froide, agitant son éventail - Tu appelles ça une bienvenue, Razan ? J’écoutais à la porte depuis quelques minutes. Et crois-moi que pour tes paroles, je pourrais te faire exécuter.
Veuillez l’excuser, mon cher Vahélor. Il sera réprimandé pour le manque de respect qu’il a eu envers l’une des grandes familles.

Vahélor : - s’inclinant légèrement - Je vous en remercie, Votre Majesté.

Elemethia Sardonovak : Cet incident est clos. Reprenez vos places, messieurs. Nous avons fort à parler.

Elemethia prit place au bout de la table ovale.

Elemethia Sardonovak : L’Empire de Pyranxine ne menace plus seulement nos frontières, nos espions confirment des mouvements de troupes inhabituels et une concentration de mana jamais vue depuis la grande guerre Elfique.

Un léger frisson parcourut l’assemblée.

Ministre de l’économie : Votre Majesté… Cela signifie-t-il que la guerre est inévitable ?

Elemethia Sardonovak : La guerre est probablement déjà en marche, la seule question est de savoir si nous la subirons ou si nous la préparerons.
Vahélor, toi qui es un aventurier de rang Saphir, tu as souvent dû voyager au sein de l’Empire Pyranxien ?

Vahélor : Je ne l’ai pas visité, mais je m’y suis rendu à plusieurs reprises. Je ne voudrais pas miner le moral, mais pour avoir vu leur force armée… Je ne vois clairement pas comment nous pourrions gagner une guerre contre eux.

Un silence pesant suivit les paroles de Vahélor.

Ministre des armées : Impossible… Vous exagérez. Sardon possède des mages puissants et des fortifications solides !

Vahélor : Des fortifications n’arrêtent pas une armée qui n’a pas peur de mourir. Pyranxine ne cherche pas une guerre rapide. Ils épuiseront nos ressources, nos hommes… et notre peuple.

Elemethia Sardonovak referma lentement son éventail.

Elemethia Sardonovak : C’est précisément pour cette raison que nous n’entrerons pas en guerre. Pas encore.

Un murmure parcourut la salle, un ensemble de soulagement et d’incompréhension.

Edmond Rossini : Votre Majesté… si nous ne frappons pas les premiers, Pyranxine le fera.

Elemethia Sardonovak : Peut-être. Mais une guerre déclarée unirait leur empire. Une guerre évitée… les forcera à attendre. Et pendant qu’ils attendront, Sardon se préparera.

Ministre de l’économie : Sans lever d’armée ? Sans mobilisation ?

Elemethia Sardonovak : Si nous mobilisons officiellement, Pyranxine en fera autant. Ce serait leur offrir une excuse parfaite.

Vahélor comprit alors où la reine voulait en venir.

Vahélor : Vous voulez renforcer le royaume, sans que cela ressemble à une préparation militaire.

Elemethia Sardonovak : Exactement.

Razan Dante fronça les sourcils.

Razan Dante : Et comment comptez-vous faire cela, Votre Majesté ?

Elemethia Sardonovak : En usant d’un outil que personne ne pourra critiquer.

Elle posa son regard sur l’ensemble des chefs de famille.

Elemethia Sardonovak : Les aventuriers.

Un silence étonné suivit.

Elemethia Sardonovak : Nous ouvrirons de nouveaux contrats à travers tout le royaume. Sécurisation des routes, exploration de zones instables, élimination de créatures, etc.

Ministre des armées : Des missions civiles…

Elemethia Sardonovak : Officiellement, oui. Officieusement, une sélection.

Vahélor : Une génération entière entraînée sur le terrain, sans lever de drapeau de guerre alors.

Elemethia Sardonovak : Oui, et sans attirer l’attention directe de Pyranxine.

Elle fixa les chefs de familles.

Elemethia Sardonovak : Chaque grande famille devra envoyer ses héritiers suivre cette voie. Pas maintenant : ils sont encore trop jeunes. Mais lorsque leur génération aura atteint l’âge requis. Nous avons encore quelques années avant que Pyranxine ne soit prête à frapper.

Edmond Rossini : Vous demandez à nos enfants de quitter le royaume ?

Elemethia Sardonovak : Je leur offre une chance de survivre à ce qui viendra.

Un long moment de réflection eut lieu.

Elemethia Sardonovak : Ceux qui refuseront seront notés. Et lorsque la guerre éclatera réellement… je saurai qui a choisi son or plutôt que Sardon.

Vahélor baissa légèrement la tête.

Vahélor : Une décision lourde… mais sage.

Elemethia Sardonovak : Ce n’est pas une guerre que je prépare. C’est l’avenir.

Son regard se durcit.

Elemethia Sardonovak : Le Conseil est levé. Prévenez vos familles. Les temps changent.

Alors que les membres du conseil se levaient un à un, Vahélor sentit un poids familier dans sa poitrine.

Vahélor : ( Ils sont si jeunes… Heureusement, il reste encore du temps. Mais ce temps-là, il faudra l’utiliser pour les préparer. )

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