CHAPITRE 12 : La Capitale Etoile

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Nos deux protagonistes s’arrêtèrent devant la grande porte en chêne ouverte de la capitale. Un petit guichet gardé servait à payer la taxe d’entrée si besoin.
Devant eux se dressait une ville grandiose : à l’extérieur, des champs s’étendaient à perte de vue, tandis qu’à l’intérieur des murailles, la cité se déployait en une sorte d’étoile parfaitement dessinée, avec en son centre le palais royal.
De hautes murailles de pierre blanche encerclaient la capitale. Finement gravées de motifs géométriques, elles semblaient attirées par le cœur de la ville.
Une longue route de pavés blancs s’étendait droit devant eux, encadrée à droite et à gauche par des arbres de glycine. Leurs branches chargées de fleurs violettes formaient une sorte de tunnel naturel, élégant et lumineux, qui remontait l’avenue jusqu’à ce même palais.

Fripon : - bouche bée - WOOOOOOOOOOW !!

Riwalo : Oh woaw… C’est beaucoup plus grand que ce à quoi je m’attendais…

Un léger silence s’installa.

Riwalo : - regarde la porte - On dirait qu’il va falloir payer pour rentrer… Ils ne se font vraiment pas chier… Tu as pris ton passeport ?

Les deux garçons s’avancèrent vers le guichet, où trois gardes présents les arrêtèrent.

Garde : Halte-là ! Qui êtes-vous et que voulez-vous ?

Riwalo : Nous sommes de simples voyageurs de Sardon. Nous voulons nous inscrire à la guilde pour faire du profit.

Garde : Vous me semblez jeunes. Quel âge avez-vous ?

Riwalo : Douze ans. Mais nous voulons voyager pour découvrir le pays, or il nous faut de l’argent. Aventurier est ce qui colle le mieux à nos objectifs.

Garde : Le prix d’entrée est de deux pièces d’argent.

Riwalo : - d’un ton froid - Fripon, tu paies. (Jamais je ne débourse autant de mes précieux sous, il est malade lui.)

Fripon : HEIN ?! POURQUOI MOI…?! Bon, ok… (Avec autant d’argent, j’aurais pu m’acheter trois sandwichs dans un aéroport.)

Garde : - prend l’argent - C’est bon, vous pouvez passer. Quand vous aurez votre carte de membre de guilde, vous aurez des avantages sur le droit d’entrée. Bonne chance.

Les trois gardes s’écartèrent et laissèrent passer les jumeaux. Ils franchirent la porte et se retrouvèrent sur l’allée pavée blanche et fleurie.
Les yeux de Riwalo s’illuminèrent à la vue de toute cette glycine, un grand sourire se dessinant sur son visage.

Riwalo : C’est sublime ! Fripon, tu as vu cette allée ?! - le regardant avec des étoiles dans les yeux -

Fripon : - faisant l’aveugle - Non, non, je vois rien.

Riwalo : Bon, changement de plan ! On oublie la guilde pour aujourd’hui. Le palais est au bout de cette route. Quartier libre jusqu’à ce soir ! On se retrouve sur la grande place, au niveau de la fontaine ! Salut !

Avant même que Fripon ait eu le temps de répondre, Riwalo était déjà quasiment hors de son champ de vision.

Fripon : Il fait le mec mature… Mais dès qu’il voit un truc qui l’intéresse, c’est un vrai gamin…

Fripon resta immobile quelques secondes, les mains derrière la tête, observant l’avenue.

Fripon : …Et voilà. Abandonné. Dans une capitale géante. Génial.

Il soupira, puis commença à marcher au hasard, s’éloignant de l’allée principale pour s’enfoncer dans des rues plus étroites. Rapidement, les bâtiments devinrent plus serrés, les odeurs plus fortes et le bruit plus vivant.
Des marchands criaient pour vendre leurs produits, des enfants couraient entre les passants, et des aventuriers en armure discutaient bruyamment devant une taverne.

Fripon s’arrêta net, les yeux brillants.

Fripon : Ohhhhhh, il y a des aventuriers partout, le rêve !

Il sentit plusieurs flux de mana passer près de lui, certains faibles, d’autres nettement plus imposants. Un sourire rayonnant apparut sur son visage.

Pendant ce temps, Riwalo, lui, avançait d’un pas vif sur l’avenue bordée de glycines, mais ralentit progressivement. Plus il s’enfonçait dans la capitale, plus son regard quittait le palais pour se poser sur ce qui l’entourait vraiment.
Les routes pavées se ramifiaient en plusieurs directions, suivant la forme étoilée de la ville. Chaque artère menait vers un quartier différent, chacun avec sa propre ambiance.

Riwalo déambula dans la rue principale avant d’en atteindre l’extrémité. Ici se trouvait une grande place circulaire, au centre de laquelle se dressait le palais. Des dizaines de stands étaient disposés sur toute la place, vendant nourriture, bracelets et babioles en tout genre.

Riwalo : Génial, je vais me régaler !

Riwalo se mit alors à déambuler, passant d’étal en étal, achetant tout ce qui était comestible et nouveau pour lui. Brochettes de monstres, plats traditionnels, tout y passa. Il se retrouva finalement les bras chargés de nourriture et les mangea petit à petit en marchant.

??? : Hey gamin, tu t’es perdu ? Que fais-tu ici tout seul ?

Riwalo s’arrêta net. Comment ne l’avait-il pas remarqué… Ce flux de mana omniprésent émanant de cette personne, quasiment aussi intense que celui de sa mère Aliénore. Il déglutit avec difficulté et se retourna prudemment.
Il vit alors une femme elfe aux cheveux rouge ardent et aux yeux d’un rouge tout aussi intense. Elle avait la peau très pâle et portait une tenue de chevalier, une épée à la ceinture.

Riwalo : Je ne suis pas perdu, je fais seulement quelques emplettes. Mais qui êtes-vous, madame ? On ne voit pas d’elfes tous les jours ici.

Céléna Crimson : Moi, je suis Céléna Crimson. Tout le monde dans cette ville me connaît. Je suis la capitaine de la garde royale. Tu n’es clairement pas d’ici, gamin.

Riwalo : (Et merde, je suis cramé… Tant pis, autant être honnête.) Non, en effet, je viens d’arriver avec mon frère.

Céléna fronça les sourcils et posa la main sur le pommeau de son épée.

Céléna Crimson : Deux gamins qui viennent en ville sans accompagnateur ? Tu crois vraiment que je vais gober ça ? Donne-moi ton nom.

Riwalo : (Pas le choix… Si je ne lui donne pas mon identité, je sens que je vais finir en cellule d’interrogatoire…) Riwalo… Riwalo Charlorieux.

Céléna écarquilla les yeux avec étonnement.

Céléna Crimson : Des cheveux d’argent… Des yeux vairons, bleu océan et violet… Vous êtes en effet la fusion parfaite de Dame Aliénore et de Sir Vahélor…

Riwalo : (Bingo, elle les connaît !) Je suis étonné que vous connaissiez mes parents ! Mais cela peut-il rester entre nous ? J’aimerais ne pas trop attirer l’attention en ville.

Céléna Crimson : Oui, bien évidemment ! Je suis au courant de la raison de votre venue à la capitale. Tenez.

Céléna glissa dans la poche de Riwalo une lettre joliment pliée, sur laquelle était apposé le sceau royal.

Céléna Crimson : Une fois que vous serez inscrits à la guilde, présentez-vous à l’entrée du palais et donnez au garde le contenu de cette enveloppe. Il vous donnera accès à un entretien avec Sa Majesté. Je suis contente de vous avoir croisé aussi vite pour vous la remettre, j’avais peur d’y passer des jours.

Riwalo : Je vois, je vous remercie, capitaine. (Une entrevue avec la reine, rien que ça ? Ça sent encore les problèmes.)

Céléna Crimson : Faites bien attention à vous, le taux de banditisme a fortement augmenté en ville.

Céléna tapota l’épaule de Riwalo en signe d’au revoir, puis repartit se mêler à la foule.

Riwalo : - soupir - (Je m’en serais bien passé… Heureusement qu’elle ne me cherchait que pour ça… J’ai beau avoir progressé, je n’arrive pas à la cheville de mère, et cette elfe doit avoir à peu près le même niveau… Je me serais fait démolir…)

Riwalo s’engagea dans une ruelle vide de passage, puis sauta habilement sur les rebords de fenêtres en pierre pour se poser sur un toit à l’abri des regards. Il s’assit et continua de manger en lisant la lettre.

Riwalo : Donc en gros, si je résume ce pavé rempli de demandes courtoises qui sont en fait des ordres, on doit aller voir la reine, car au-delà d’être aventuriers, on aurait un rôle spécial à jouer… - soupir lourdement - (Sérieusement… Je pense que le tourisme est terminé pour aujourd’hui. Je vais rejoindre Fripon.)

Alors que Riwalo finissait tout ce qu’il avait acheté, Fripon, lui, se prenait la tête dans un stand d’artefacts avec un aventurier qui avait acheté le pendentif qu’il voulait.

Fripon : Oh le gros tas sans cervelle ! J’ai vu le collier en premier !

Aventurier : Hein ?! Elle vient de dire quoi, la demi-portion ?! Je vais te donner une correction, moi, tu vas voir ! Je suis un aventurier de rang Bronze ! Tu vas le regretter !

Quelques minutes plus tard, alors que Riwalo cherchait Fripon, il aperçut un attroupement accompagné de bruits de combat. Il décida donc d’aller voir ce qu’il se passait.
L’aventurier de Bronze était à terre, des bleus sur tout le visage.

Fripon : Bah alors ?! Je croyais que tu devais me corriger, le gros tas - lui fait un grand sourire -

Fripon lui fonça dessus pour lui donner le coup de grâce, mais il remarqua qu’il courait sur place, comme si quelque chose le retenait.

Riwalo : - tenant Fripon par le col d’une seule main - Je peux savoir à quoi tu joues, imbécile ?!

Fripon tourna la tête et croisa le regard noir de Riwalo. Il connaissait bien son frère : il n’était pas du genre à s’énerver, restant toujours calme. Donc, quand il lançait ce genre de regard… il y avait de quoi s’inquiéter…

Fripon : - bégayant - Ri-Riwalo… Haha, qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne visites pas la ville ?

Riwalo : - le regard assassin - Viens là. On va s’expliquer tous les deux.

Riwalo marcha en direction d’une ruelle en traînant Fripon par le col derrière lui. Après une légère correction, qui fut légèrement douloureuse pour Fripon, Riwalo lui expliqua sa rencontre avec Céléna.

Fripon : - les joues gonflées et rougies par la douleur - Attends ! Tu as rencontré une elfe sexy sans moi, espèce de traître !

Riwalo inspira calmement avant d’envoyer valser Fripon contre le mur de pierre de la ruelle.

Riwalo : Tu crois que c’est le moment de dire ce genre de connerie ?! Le tourisme, c’est terminé. On ne peut pas se permettre de faire attendre la reine. On va de ce pas à la guilde pour s’inscrire.

Fripon : - se relevant difficilement - Oui, pardon, excuse-moi, tu as raison. Très bien ! Allons-y, je te suis. Et ensuite, on rendra visite à la reine !

Les deux frères quittèrent alors la ruelle et marchèrent vers la guilde que leurs parents leur avaient indiquée avant de partir.
C’est ainsi que prit fin la découverte de la ville, et qu’une nouvelle vie allait enfin commencer pour eux.
Une vie d’aventurier.

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