CHAPITRE 13 : La Guilde et la Reine

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C’est après quelques minutes de marche que nos deux protagonistes atteignirent la Guilde des Aventuriers. Elle était légèrement excentrée vers le nord de la ville. Si la façade ne l’indiquait pas, on aurait pu la méprendre pour une simple taverne.

Les deux frères entrèrent alors dans le bâtiment. L’intérieur ressemblait trait pour trait à une auberge. En face de la porte d’entrée, au fond de la guilde, se trouvait le comptoir d’accueil où une femme attendait de potentiels « clients ». Derrière elle se trouvait une porte menant visiblement à une cuisine. Il y avait également un grand tableau rempli de petits parchemins, certainement les quêtes.

Le reste de la bâtisse était occupé par des tables et des chaises pour manger et boire. La décoration était plutôt sobre, et seules les fenêtres ainsi que les bougies des lustres et des tables apportaient de la lumière au lieu.

Fripon : Je ne sais pas ce qui me pique le plus le nez… L’odeur de l’alcool ou celle de la cire fondue ? En fait, sûrement les deux.

Riwalo : – inspectant le lieu du regard – Prends sur toi.

Les deux jumeaux s’avancèrent jusqu’au comptoir pour s’inscrire.

Jeanne : Bonjour, enchantée de vous rencontrer ! Je m’appelle Jeanne et je suis la réceptionniste. Que venez-vous faire ici, les enfants ? Êtes-vous perdus ?

Fripon : Non, pas du tout ! Nous venons pour nous inscrire à la guilde !

La réceptionniste fut surprise.

Mais ce furent les rires d’un groupe de trois aventuriers qui attirèrent l’attention. Ils étaient assis à une table un peu plus loin, en train de boire des chopes de bière. Ils se levèrent et rejoignirent les jumeaux au comptoir.

Chef du groupe : Hey les moustiques, c’est pas un endroit pour les brindilles ici. Allez jouer ailleurs.

Fripon : HEIN ?! Il veut quoi le chauve ? Se battre ?

Riwalo : – d’une voix à peine audible – Fri-Fripon… Laisse-les parler… Inscrivons-nous et partons d’ici…

Fripon : – regardant son frère – (Ah oui, c’est vrai… Riwalo n’est pas à l’aise socialement… Il a toujours eu peur du contact humain, surtout dans ce genre d’endroit…)

Le chef du groupe caressa la tête de Riwalo comme on l’aurait fait avec un chiot.

Chef du groupe : Et bah alors, il a peur le petit à sa maman ?

En temps normal, Riwalo n’aurait jamais laissé passer ça. Se faire humilier et traiter comme un chien ? Absolument pas. La personne qui aurait agi de la sorte se serait retrouvée dans un lit d’hôpital. Mais pas cette fois. Son anxiété sociale l’empêchait de réagir.

Ce fut Fripon qui agrippa fermement le bras de l’aventurier. Le sourire avait disparu de son visage, remplacé par un sérieux presque militaire.

Fripon : Je t’interdis de lever la main sur lui. Ai-je été clair, le chauve ?

Chef du groupe : Pour qui tu te prends, sale mioche ?!

??? : Et toi, peux-tu arrêter de brailler ? Tu me casses tellement les oreilles que je n’arrive même plus à apprécier la contemplation de mon reflet.

Un homme tenant un miroir était assis à l’opposé du comptoir. Sa voix était familière aux jumeaux, et à juste titre.

Marius D. : De plus, tu la ramènes beaucoup, mais ces gamins sont largement assez forts pour te flanquer une bonne raclée. Ça se sent rien qu’à la densité de leur mana.

Chef du groupe : Ferme-la, Marius !

Le groupe d’aventuriers retourna à sa place en marmonnant des insultes. Marius se leva et s’appuya contre le comptoir.

Marius D. : Tu peux les inscrire, Jeanne. Je connais ces gamins, ils ont largement le niveau.

Jeanne : Très bien, si tu le dis…

Fripon : Merci, Marticus.

Marius ignora l’erreur.

Marius D. : D’ailleurs, ma chère Jeanne, quand allons-nous nous faire un petit rencard ?

Jeanne : – d’un ton glacial – Si tu n’as rien d’autre à dire, Marius, j’aimerais retourner à mon travail.

Marius D. : Voyons, ma douce, inutile de me rejeter, moi et ma magnificence.

Jeanne posa sa main sur le torse de Marius en lui faisant un grand sourire.

Jeanne : Aéromancie rudimentaire : Paume de la bourrasque.

Le vent produit par Jeanne envoya valser Marius dans le décor. Il retomba sur une table et perdit connaissance.

Jeanne : Veuillez excuser les problèmes causés par certains de nos clients. Je vais maintenant pouvoir vous inscrire. Il me faut une identité et vos affinités.

Fripon : Je m’appelle Fripon ! Je suis mage-épéiste, feu et roche.

Jeanne fut extrêmement surprise, mais remplit la carte d’aventurier de Fripon.

Jeanne : Très bien. Et toi, jeune homme ?

Un blanc s’installa…

Fripon : Oh ! Riwa ! – secouant l’épaule de son frère –

Riwalo sursauta avant de reprendre ses esprits.

Riwalo : Excusez-moi, j’étais dans mes pensées… Je me nomme Riwalo. Je suis mage-épéiste d’eau et de foudre.

Elle remplit également la carte de Riwalo, puis leur tendit deux pendentifs auxquels étaient accrochées de petites plaques en cuivre.

Jeanne : Décidément, vous êtes tous deux des enfants prometteurs… Des doubles mages maîtrisant l’épée, ça ne court pas les rues. Quant au fonctionnement de la guilde, c’est très simple : vous êtes payés en fonction des quêtes accomplies. Vous n’avez aucune obligation de présence ni de nombre minimum de quêtes par mois. Vous commencez au rang Cuivre, mais au fil de vos missions et de votre réputation, vous pourrez monter jusqu’au rang Saphir.

Fripon : D’accord ! Merci beaucoup, madame ! On repassera une prochaine fois pour prendre une quête.

Jeanne : Pas de souci. Prenez bien soin de vous. À une prochaine fois.

Les deux jumeaux quittèrent la guilde. À peine sortis, Fripon traîna Riwalo dans une ruelle toute proche.

Fripon : Je peux savoir ce qui t’a pris ?! Depuis quand tu te laisses faire comme ça ? Tu ne m’as même pas retenu ! Et en prime, tu avais l’esprit ailleurs, toi qui es constamment sur tes gardes !

Riwalo : Ferme-la… Allons voir la reine, elle nous attend.

Fripon : Tu n’as pas changé… Dans notre ancienne vie, te traîner hors de l’appartement était déjà un défi colossal. On est dans une nouvelle vie ! Un nouveau monde ! Pourquoi tu es toujours autant tétanisé devant les gens ?!

Riwalo : – serrant les poings – Je sais… Mais malgré ce nouveau corps, mon esprit reste le même. C’est dur de passer au-dessus de ça… Bref. Ne faisons pas attendre la reine plus longtemps, veux-tu ?

Il tourna rapidement les talons et marcha d’un pas décidé vers le palais. Fripon lui emboîta le pas, espérant que son frère parviendrait un jour à dépasser cette phobie sociale.

Après quelques minutes de marche silencieuse, les deux frères se présentèrent à l’entrée du palais.

Garde : Halte-là ! Vous n’avez pas le droit d’entrer, les enfants.

Riwalo sortit alors le laisser-passer que Céléna lui avait donné.

Riwalo : Nous avons été convoqués par Sa Majesté. Nous venons honorer cette demande.

Garde : Je vois… Allez-y. Mes collègues vous escorteront.

Riwalo et Fripon entrèrent donc dans le palais royal, accompagnés de quatre gardes. Le lieu était somptueux : un sol en marbre, des couloirs aux murs rouges ornés de tapisseries, de tableaux et de décorations en tout genre. Le plafond était très haut, presque trop. Le silence régnant ne laissait place qu’au bruit de leurs pas résonnant sur le sol marbré.

Au bout de quelques minutes à déambuler dans les couloirs, ils arrivèrent face à une immense porte en chêne noir.

Garde : La reine a été informée de votre arrivée. Vous pouvez entrer.

Les gardes ouvrirent la porte. La pièce derrière était splendide et bien plus lumineuse, grâce à de grandes baies vitrées et à un plafond voûté orné de magnifiques fresques.

Un long tapis bleu royal s’étendait de l’entrée jusqu’à l’estrade en pierre sur laquelle reposait un unique trône, occupé par la reine. Une rangée de soldats armés se dressait de part et d’autre du tapis, jusqu’aux trois quarts de sa longueur.

Les deux jumeaux s’avancèrent. Arrivé devant l’estrade, Riwalo s’apprêtait à s’incliner, mais…

Fripon : Salut la vieille ! Pourquoi tu nous as fait venir jusqu’ici ?

Tous les gardes furent choqués. Riwalo, lui, devint livide, aussi pâle qu’un mort. Il agrippa la tête de Fripon et l’écrasa contre le tapis tout en s’agenouillant.

Riwalo : Veuillez pardonner son insolence, Majesté… Je me chargerai moi-même de punir cet imbécile inconscient pour son acte…

Riwalo déglutit difficilement tandis que Fripon se débattait pour sortir la tête du tapis. Mais, à la surprise générale, la reine éclata d’un rire naturel.

Elemethia Sardonovak : – essayant de reprendre son calme – Inutile de t’excuser, mon cher Riwalo, ce n’est rien. Décidément, vous êtes le portrait craché de vos parents… Vahélor avait fait exactement la même chose que ton frère, et ta mère l’avait puni de la même manière lors d'une audience.

Un léger blanc s’installa.

Elemethia Sardonovak : Bien assez de nostalgie. Je vais maintenant vous expliquer pourquoi je vous ai fait venir ici.

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