CHAPITRE 16 : La Chasse aux Gobelins
Les deux jumeaux se retrouvèrent à l’entrée de la forêt. C'était une immense étendue d’arbres dont les branches et les feuilles montaient si haut qu’elles filtraient la lumière du soleil. Le sol était tapissé de feuilles mortes et humides.
Ils continuèrent d’avancer. L'ambiance était pesante, l’air plus frais, chargé d’une odeur de mousse et de terre mouillée. Contrairement à la ville encore proche, aucun bruit humain n’y venait ; seuls quelques chants d’oiseaux et le froissement du vent dans les feuillages troublaient le silence.
Fripon s’arrêta un instant, observant la forêt avec méfiance, comme si elle pouvait l’engloutir au moindre faux pas. Riwalo, lui, resta immobile, évaluant calmement le terrain, les racines apparentes, la densité des arbres et les possibles chemins empruntables.
Devant eux, la forêt s’étendait comme un tunnel sans fin, promettant autant de dangers que de réponses.
Les gobelins, eux, se cachaient quelque part là-dedans.
Il ne restait plus qu'à y entrer.
Fripon : - complètement figé - Bien… Riwa, t-t-t- t’es sûr que c’est ici ? - se cachant derrière Riwalo -
Riwalo jeta un regard en coin à son frère, totalement désespéré.
Riwalo : - soupir - Oui Fripon, à moins que les gobelins aient décidé de déménager en plein centre-ville, c’est bien ici.
Fripon : - chuchotant - Ouais mais… regarde cet endroit… On dirait le début d’un film d’horreur. Il manque juste la musique flippante.
Riwalo fit un pas en avant, posant le pied sur le sol humide de la forêt. Un léger craquement de branches se fit entendre.
Riwalo : Allez. Rappelle-toi le plan. On avance prudemment, on observe, et on n’y va pas trop fort.
Les deux jumeaux échangèrent un regard bref avant de s’enfoncer lentement entre les arbres, disparaissant peu à peu dans l’ombre de la forêt.
Bien qu’en apparence Riwalo ait le regard fixe, il analysait chaque centimètre carré de son champ de vision, cherchant les gobelins, un potentiel danger, mais surtout… de potentiels espions de la reine.
Fripon : - agrippant fermement le bras de son frère - Tu es sûr que l’on doit continuer… ?
Riwalo : Je peux savoir depuis quand tu es une telle flipette ? Pour quelqu’un qui avait hâte, je te trouve bien peu téméraire.
Fripon : J’ai hâte ! Mais pourquoi les forêts c’est aussi terrifiant… Tu sais je pense…
Avant que Fripon ne puisse terminer sa phrase, Riwalo le tira dans une direction, lui faisant éviter de peu une lance en pierre mal aiguisée.
Riwalo : Ne baisse pas ta garde, idiot ! Tu me raconteras ta dissertation plus tard. Les gobelins sont là.
Un groupe de trois gobelins armés… modestement ? se jeta devant eux.
Fripon : Ok, je m’en occupe !
Riwalo : Oublie pas ce que je t’ai dit, vas-y doucement !
Fripon : - retenant son coup de poing - Pas de problème ! AYAAAA !
Le poing de Fripon atteignit le gobelin de droite, mais ce dernier ne bougea pas. Un blanc s’installa pendant quelques secondes, jusqu’à ce que…
Fripon : AH BORDEL ! ÇA FAIT UN MAL DE CHIEN !
Le gobelin tenta de riposter, mais Riwalo lui asséna un coup de pied au visage, le projetant contre un arbre et le faisant tomber inconscient.
Riwalo : Je t’ai dit d’y aller doucement… Mais si tu pouvais éviter de te contenter de les caresser, ça serait pas mal.
Fripon : Oui bah il faudrait savoir, monsieur je-sais-tout !
Fripon attrapa les deux autres gobelins par la gorge et les plaqua au sol, les faisant tomber inconscients.
Riwalo : Bah tu vois quand tu veux !
Riwalo sortit de son sac magique l’une des deux dagues offertes par Vahélor et trancha la gorge des trois gobelins. Il leur arracha ensuite leurs boucles d’oreille. Mais il laissa échapper un léger frisson.
Fripon : Riwa, ça va ?
Riwalo : Oui, oui… C’est juste que… ça fait bizarre de se dire que je viens de tuer un être vivant qui n’est foncièrement pas si différent d’un être humain…
Les jumeaux restèrent un moment immobiles.
Fripon : Je ne pense pas qu’ils soient si proches de l’humain, moi - regardant les cadavres de gobelins - Ah si pardon, ils te ressemblent comme deux gouttes d’eau !
Riwalo : - mettant la dague sous la gorge de Fripon - Ils te ressemblent aussi. Ce serait bête que je te confonde et t’égorge à leur place. - dit-il en lui lançant un regard noir -
Un silence lourd retomba aussitôt. Seuls les bruissements de la forêt venaient troubler l’instant.
Fripon : - levant lentement les mains - Oookay… message reçu ! J’arrête les blagues… enfin, pour cinq minutes.
Riwalo hota la dague de la gorge de Fripon et la rangea lentement dans le sac, les yeux toujours fixés sur son frère, s’assurant qu’il avait compris le message.
Riwalo : - soufflant - Bon… on continue, et cette fois, tu me suis sans râler.
Fripon : Oui chef !
Ils s’enfoncèrent plus profondément dans la forêt. Le silence oppressant était ponctué par des craquements lointains et des bruissements dans les buissons. Soudain, un froissement léger attira leur attention.
Fripon : - sur le qui-vive - Tu as entendu ça ?
Riwalo : - fixant les ombres entre les arbres - Oui… et je ne pense pas que ce soit un oiseau cette fois.
Quelques instants plus tard, une dizaine de gobelins surgirent des buissons, armés de massues et de pierres. Certains semblaient hésiter, comme surpris par la présence des jumeaux.
Fripon : - crispé - Ok… plan B ?
Riwalo : - serrant ses poings - Il n’y en a pas.
Fripon : - murmure - Pourquoi ils ont l’air encore plus nombreux que tout à l’heure ?
Riwalo : Parce qu’ils le sont, probablement, idiot.
Fripon arrêta d’avoir peur de cette forêt sombre quelques instants et bondit sur les gobelins, pendant que Riwalo envoyait plusieurs électrosphères.
Fripon : - hurlant en frappant les gobelins - ET BIM, ET BAM, ET BOOOOOOOM !!
Riwalo : Mais ne tape pas partout, concentre-toi sur un à la fois !
Fripon : Enfin tu dis ça, mais… - regardant tous les gobelins à terre, tués par Riwalo -
Riwalo : - soupira - …je te jure, Fripon, tu ferais mieux de prendre des notes sur ma technique plutôt que de hurler comme un troll en plein carnaval.
Fripon : Oui, mais… regarde un peu le spectacle ! J’ai l’air cool, non ?
Riwalo : Tu as surtout l’air de quelqu’un qui va se faire embrocher dès que le vrai danger arrive.
Après quelques combats incessants, les deux frères éliminèrent 46 gobelins au total.
Un fracas retentit soudain plus loin, parmi les arbres. Les gobelins encore en vie prirent peur et se cachèrent dans les buissons, tandis que le bruit se rapprochait et que la terre tremblait.
Fripon : - un sourire aux lèvres - Mhhh, le boss final ?
Riwalo : Tu as l’air ravi… Tant mieux, je te laisse te débrouiller alors, salut ! - commence à partir dans la direction opposée -
Fripon : QUOI ! NON, NE ME LAISSE PAS SEUL ICI !!
Les deux jumeaux marchèrent le plus loin possible, sentant les bruits se rapprocher.
Riwalo : Hum… bon, on court ? - sans attendre la réponse de Fripon, il se mit à courir -
Fripon : MAIS RIWALO, JE SUIS ASMATHIQUE !
Riwalo : Mais arrête de dire des conneries, c’est pas ton ancien corps !
Fripon : Ah oui, c’est vrai ! - et il se mit à sprinter à toute vitesse -
Les deux jumeaux sortirent en trombe de la forêt et ne s’arrêtèrent pas avant d'atteindre la capitale.
Fripon : - essoufflé - On valide la quête et je ne remettrai plus jamais les pieds dans cette forêt de détraqués mentaux !
Riwalo : - reprenant son souffle - Ne dis pas n’importe quoi, on y retournera à la prochaine quête… en évitant soigneusement cet endroit.
Fripon et Riwalo marchèrent donc en direction de la guilde, n’ayant cette fois-ci pas besoin de payer l’entrée, étant sous ordre d’une quête officielle.
Fripon : On ne sort plus de cette ville sans être sous quête officielle !
Riwalo : - rigole diaboliquement - Cette fois, on ne vous a pas payé bande d'escrocs ! HAHAHA !

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