CHAPITRE 24 : Les Qualifications : Une Formalité Signée Charlorieux

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Il existe des matins où l’univers semble décidé à tester la patience de certains. Pour nos deux frères, celui-ci commençait exactement comme ça : avec une main écrasante sur leurs têtes et une présence qu’ils auraient préféré éviter avant un tournoi.

Céléna Crimson les fixait, immobile, comme si elle attendait une réponse qui tardait beaucoup trop.

Céléna Crimson : Je répète. Vous participez… au tournoi ?

Riwalo tenta de reprendre contenance, mais il resta collé derrière Fripon comme s’il ne faisait plus qu’un avec lui.

Riwalo : On… oui. Techniquement.

Fripon hocha la tête si vite qu’on aurait dit qu’elle allait se détacher.

Fripon : C’est pour… euh… progresser ! Et gagner de l’argent ! Et… survivre ! Enfin non, pas survivre, mais… bref, c’est une bonne idée !

Céléna les observa longuement, trop longuement, avec ce regard calme qui donnait l’impression qu’elle analysait chaque cellule de leur corps. Puis elle soupira.

Céléna Crimson : Très bien. Je ne vous empêcherai pas d’y participer.

Les deux frères se détendirent d’un millimètre.

Céléna Crimson : Mais je vais vous accompagner.

Ils se retendirent instantanément.

Fripon : … On est morts !

Riwalo : Non. On est observés. C’est pire.

Céléna leur tapota l’épaule, un geste qui se voulait rassurant mais qui avait exactement l’effet inverse.

Céléna Crimson : Allez. Les qualifications vont commencer. Je veux voir ça de près. Et vous… vous restez devant moi.

Elle se plaça derrière eux, les mains jointes dans le dos, comme une professeure surveillant deux élèves turbulents.

Fripon la regarda du coin de l’œil, livide.

Fripon : Riwalo… tu crois qu’elle va nous tuer si on gagne trop vite ?

Riwalo : Non. Elle va nous tuer si on perd.

Fripon blêmit encore plus.

Fripon : … Je vais gagner. Je vais TOUT gagner. Je vais même gagner des trucs qui n’existent pas encore.

Riwalo : Parfait. Par contre, JE vais gagner, pas toi. Toi tu seras le deuxième. Tu sais, celui qu’on oublie là.

Fripon : T’es complètement fou, tu n’as aucune chance contre moi !

Riwalo : Hum… Electro—

Fripon : J’espère que le trophée de la deuxième place est beau ! J’ai hâte de l’avoir…

Derrière eux, Céléna esquissa un sourire.

Céléna Crimson : Continuez comme ça. Je sens que cette journée va être… divertissante.

Sous la surveillance la plus stressante de leur vie, les frères Charlorieux se dirigèrent vers l’arène.

Elle se dressait devant eux, immense, imposante, presque vivante. Construite en pierre blanche polie, elle reflétait la lumière du soleil comme un monument sacré. Des colonnes massives soutenaient les gradins, et des bannières aux couleurs de la capitale flottaient au vent, claquant comme des tambours de guerre.

À mesure qu’ils approchaient, le bruit devenait plus dense : des voix, des rires, des paris, des cris d’encouragement… et surtout cette tension électrique propre aux jours de combat.

Fripon ouvrit grand la bouche.

Fripon : Wooooah… On dirait un stade de foot.

Riwalo : C’est une arène, Fripon. Pas un terrain de sport…

Fripon : C’est pareil ! Y’a du public, y’a du bruit, y’a de la hype… Et y’a moi. Donc c’est un stade.

Céléna observait l’endroit avec un calme presque inquiétant.

Céléna Crimson : L’architecture est impressionnante. Mais j’espère que les combats le seront davantage. (Ça faisait longtemps que je n’étais pas rentrée dans l’arène.)

Les deux frères déglutirent en même temps.

Ils entrèrent dans le hall principal. Des aventuriers de tous niveaux s’y pressaient : certains affûtant leurs armes, d’autres récitant des sorts, d’autres encore se vantant bruyamment de leurs exploits imaginaires.

Un comptoir d’inscription se trouvait au centre, tenu par une femme aux cheveux courts, l’air blasé mais professionnel.

Elle leva les yeux.

Réceptionniste : Nom des participants ?

Riwalo : Riwalo et Fripon Charlorieux.

Elle nota les noms, puis leva un sourcil.

Réceptionniste : Ah. Les jumeaux dont Jeanne a parlé.

Fripon bomba le torse.

Fripon : Elle a dit quoi ? Qu’on était trop forts ? Trop beaux ? Trop—

Réceptionniste : Elle a dit : “Je les adore. Ils sont persuadés qu’ils peuvent gagner.”

Fripon se figea. Riwalo étouffa un rire. Céléna posa une main sur son épaule.

Céléna Crimson : Je confirme.

Fripon : … Je suis entouré de traîtres.

La réceptionniste leur tendit deux badges.

Réceptionniste : Vous êtes inscrits. Les qualifications commencent dans cinq minutes. Porte numéro trois.

Riwalo : Merci.

Ils se dirigèrent vers la porte indiquée. Derrière eux, Céléna les suivait comme une ombre.

Ils prirent place dans les tribunes pour regarder les premiers combats en attendant d’être appelés. L’arène vibrait sous les cris du public, et le sable doré au centre semblait presque scintiller sous la lumière.

Fripon tapotait nerveusement le rebord de son siège.

Fripon : J’suis trop excité. J’suis stressé. J’suis excité. J’suis stressé. J’suis… les deux.

Riwalo : C’est ce qu’on appelle être instable.

Fripon : Merci, docteur.

Céléna, assise juste derrière eux, observait calmement la scène, les bras croisés.

Céléna Crimson : Concentrez-vous. Analysez les combats. Ça vous évitera de mourir bêtement.

Fripon se figea.

Fripon : … Elle a dit “mourir” ?

Riwalo : Oui. Et elle a dit “bêtement”. Donc fais un effort.

Le mage-arbitre leva un cristal amplificateur lui servant de microphone.

Mage-arbitre : Premier combat des qualifications ! Que les participants se préparent !

Fripon se pencha en avant, les yeux brillants.

Fripon : Allez, allez, faites-nous rêver !

Riwalo : Ou faites-nous rire. Ça marche aussi.

Comme si l’univers avait entendu cette dernière phrase, une voix tonitruante jaillit soudain derrière eux.

??? : ÉCARTEZ-VOUS, SPECTATEURS ! LE PRODIGE EST ARRIVÉ !

Fripon se raidit.

Fripon : … Non. Non non non non non. Pas lui.

Riwalo ferma les yeux, déjà fatigué.

Riwalo : Si. L’univers nous déteste.

Marius Darvot descendait les marches des tribunes comme s’il marchait sur un tapis rouge. Cape trop longue, armure trop brillante, sourire trop confiant. Il saluait le public… qui ne le regardait même pas.

Marius Darvot : Ah ! Les Charlorieux ! Je vois que vous êtes venus admirer ma montée fulgurante vers la gloire !

Fripon se tourna vers Riwalo, paniqué.

Fripon : On peut changer de place ? On peut changer de tribune ? On peut changer de dimension ?

Riwalo : Non. On assume.

Céléna haussa un sourcil, perplexe.

Céléna Crimson : … Qui est-ce ?

Riwalo : Personne.

Fripon : Un PNJ.

Marius Darvot : JE VOUS ENTENDS !

Il se planta devant eux, posa un pied sur la rambarde comme un héros de théâtre, et pointa son épée vers l’arène.

Marius Darvot : Aujourd’hui marque le début de ma légende ! Le monde entier va enfin reconnaître mon talent ! Et vous, pauvres spectateurs, aurez la chance d’assister à ma victoire écrasante !

Fripon leva la main.

Fripon : On peut refuser la chance ?

Marius Darvot : NON !

Le mage-arbitre annonça alors les combattants.

Mage-arbitre : Premier combat : Marius Darvot, rang Fer contre Lira Ventdor, rang Bronze !

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